Chapitre 492
À peine Hui eut-il fini de parler qu’il dégaina son épée en un éclair.
Le Roi des Tueurs cracha du sang et bascula en arrière. Avant même que son corps ne touche le sol, il était déjà mort, debout.
À l’époque, il n’était rien de plus que le chef de la pègre. Pourtant, c’était bien là que le Roi des Tueurs — futur souverain des assassins et membre des Douze Rois du Zodiaque — avait trouvé la mort.
Hui ne s’attarda ni sur la mort de cet homme ni sur le combat à mort qu’il venait de livrer.
Floc.
Hui secoua le sang de son épée, puis la rengaina.
Comme si le sang avait emporté avec lui toute trace du combat, il n’accorda pas même un regard au cadavre du Roi des Tueurs.
Le massacre était terminé. Hui avait retrouvé son rôle de protecteur.
Geommugeuk s’approcha de lui, s’inclina avec un respect sincère et se contenta de dire ce qu’il fallait en cet instant — un moment où un garde du corps n’avait pas besoin de paroles superflues.
« Merci de nous avoir protégés. »
Hui observa Geommugeuk en silence pendant un instant. À vrai dire, c’était lui qui aurait dû le remercier.
Si Geommugeuk n’avait pas déployé l’Art démoniaque des Neuf Calamités lorsque le Roi des Tueurs avait foncé sur lui avec ses assassins, Hui aurait perdu la vie sur-le-champ.
Et ce n’était pas la seule façon dont le Jeune chef du Culte l’avait aidé. Il s’était battu sans relâche, résolu à protéger Hui. Lui aussi donnait le meilleur de lui-même lorsqu’il se battait pour protéger quelqu’un.
Myungshin les regardait.
Geommugeuk, bavard, et Hui, taciturne.
Ils étaient si différents, et pourtant Myungshin les trouva soudain étrangement semblables.
Pourquoi éprouvait-il cette impression ?
Alors, sans crier gare, il se rappela Geommugeuk, debout après avoir abattu les assassins.
Cette silhouette solitaire lui évoquait l’aura que Hui dégageait à présent.
Myungshin leur fit part de ses réflexions.
« Pour une raison ou une autre, vous vous ressemblez tous les deux. »
Geommugeuk répondit d’un ton enjoué :
« Nous avons beaucoup de points communs, mon cher monsieur et moi. Nous sommes beaux, élégants et silencieux. »
Hui esquissa un léger sourire, tandis que Myungshin le regardait, ahuri, en entendant le mot « silencieux ».
Dans cette atmosphère détendue, les trois hommes échangèrent un regard.
Hui regardait Myungshin avec moins de sévérité qu’avant le combat. Il n’aimait toujours pas les assassins, mais, au moins aujourd’hui, ils avaient risqué leur vie côte à côte, comme des compagnons d’armes.
Geommugeuk s’enquit de l’état de Hui.
« Mais ça va ? Tu n’es pas blessé ? »
Il savait que Hui avait évité les blessures graves, mais son corps était couvert de sang.
« Ça va. Heureusement, ce ne sont que des égratignures. »
Hui ouvrit sa tunique.
« Grâce à ça, le cadeau que m’a offert le Jeune chef du Culte, j’ai pu me battre plus librement. »
Hui n’avait pas remporté le combat grâce à la seule Étoffe du Ver à soie suprême, mais il en attribua tout de même le mérite à Geommugeuk.
C’était bien là tout Hui.
Un homme qui laissait les autres récolter les honneurs et vivait discrètement, protégeant les gens dans l’ombre.
C’était cette manière de vivre qui avait mis fin aux jours du Roi des Tueurs.
« Tu as été incroyable, mon oncle. »
Hui esquissa un léger sourire. Geommugeuk avait voulu le couvrir d’éloges, mais Hui se sentait visiblement mal à l’aise dans ces moments-là.
Il changea donc rapidement de sujet.
« Je vais laisser cette antenne locale s’occuper du nettoyage. »
« Je vous en prie. »
Myungshin se tourna alors vers Geommugeuk et lui demanda :
« Que dois-je faire ? »
« Pourquoi me demandes-tu ça ? »
La décision lui appartenait. Si Geommugeuk lui avait demandé de devenir son subordonné, il l’aurait fait. Si Geommugeuk lui avait ordonné de mourir, il l’aurait accepté.
Bien sûr, cette pensée venait de ce qu’il ignorait encore qui était vraiment Geommugeuk.
« À partir de maintenant, tu devrais mener ta propre vie. »
Myungshin hésita un instant, puis demanda prudemment :
« Ça ne vous dérange vraiment pas que je parte comme ça ? »
Geommugeuk acquiesça. Myungshin le sentait : Geommugeuk avait sincèrement l’intention de le laisser partir.
Alors, sans le vouloir, Myungshin murmura à voix haute :
« Qu’est-ce que je vais bien pouvoir faire de ma vie, maintenant ? »
Il ne s’adressait pas à Geommugeuk. Il se posait la question à lui-même.
Et cette incertitude réjouissait Geommugeuk.
« N’est-ce pas le meilleur moment ? Celui où rien n’est encore décidé. C’est exaltant de choisir ce qu’on veut poursuivre et amusant de préparer l’avenir. Alors, profite de cet instant. »
Tu es vraiment…
Myungshin ne savait pas combien de fois il avait pensé exactement la même chose à propos de Geommugeuk.
Il lui répondit avec franchise :
« Vous m’avez dit un jour que ce serait bien qu’il existe un grand assassin, quelqu’un qui accepterait une seule pièce d’un enfant injustement privé de ses parents et tuerait un homme mauvais pour lui. Mais vous vous êtes trompé sur mon compte. Je ne suis pas le genre d’homme à accepter une pièce en guise de récompense par pure générosité. Même lorsque je vivais selon un idéal de justice, je courais après l’argent. »
Geommugeuk le regarda d’un œil clair et calme.
Mais dans la vie que j’ai connue, tu as vécu ainsi. Cela dit, rien ne garantit que tu feras de même dans cette vie.
C’était avant sa régression. Dans cette vie, ils suivaient une autre voie.
« Prends le temps de décider comment tu veux vivre. »
« J’ai déjà décidé. »
Geommugeuk cligna des yeux, surpris.
« Tu as pris une décision aussi importante comme ça, d’un coup ? »
« Justement. C’est tellement important que trop réfléchir ne m’aidera pas à trouver la bonne réponse. Je finirais par faire le mauvais choix à force de tergiverser. Dans ces moments-là, la première idée est souvent la bonne. »
C’était ce qui était venu à l’esprit de Myungshin.
Il avait passé toute sa vie comme assassin. Quel autre genre de vie pouvait-il bien mener, à présent ? Tenir une maison de thé ou ouvrir une auberge pour couler des jours paisibles ? Les clients pénibles ne feraient que le mettre hors de lui.
« Je me dis… que je pourrais tenir une petite forge. »
Après tout, fabriquer des armes et des mécanismes était quelque chose qu’il aimait vraiment.
« Ça te va bien. »
Geommugeuk l’imagina travaillant dans une modeste forge. Un homme qui avait traversé tant de tempêtes ne serait sûrement pas épargné par le destin. Peut-être qu’un jour, dans cette forge même, il rendrait justice pour une seule pièce.
« Si un jour tu te retrouves à marteler le métal et que tu te dis soudain : “Ce n’est pas ce qu’il me faut”, va voir l’Artisan Gwak de la forge de notre culte. Dis-lui que je t’envoie et il te recevra. Il saura te répondre, que tu en aies assez de la monotonie du travail ou que la vie te pèse. »
Les yeux de Myungshin brillèrent d’une vive lueur devant cette attention délicate de Geommugeuk.
« Pourquoi en faites-vous autant pour moi ? »
« Ce n’est pas seulement pour toi. Avec tes compétences, tu inspireras sûrement notre Artisan Gwak d’une manière ou d’une autre. Et si vous y trouvez tous les deux votre compte, ce ne sera pas une bonne chose pour notre culte aussi ? »
Geommugeuk disait cela, mais Myungshin sentait bien qu’il le faisait véritablement pour lui. Il ne répondit pourtant pas par des mots comme « Je n’oublierai pas votre bonté ». La gratitude se témoignait par des actes, pas par des paroles.
« Si je fabrique quelque chose de bien de temps en temps, je vous l’enverrai. »
« Nous ne sommes pas du genre à refuser un cadeau. Je l’accepterai avec plaisir. »
Ils échangèrent un sourire.
Myungshin joignit les poings et s’inclina profondément. Ses adieux furent empreints d’un respect tout particulier.
« Je crois que le Jeune chef du Culte deviendra un Démon Céleste comme le monde du Murim n’en reverra jamais. J’espère que vous accomplirez votre grande cause. »
Touché par la sincérité de ses paroles, Geommugeuk s’inclina à son tour avec gravité. Après tout, Myungshin avait passé toute sa vie au service d’une organisation.
« J’espère sincèrement que tu vivras désormais en toute liberté. »
Après avoir acquiescé, Myungshin se tourna vers Hui et lui adressa un salut formel.
« À votre contact, j’ai compris qu’une vie consacrée à protéger était bien plus difficile — et bien plus précieuse — qu’une vie consacrée à tuer. »
Hui lui rendit son salut avec respect.
« Que la vie vous soit douce, où que vous alliez. »
Sur ces mots, Myungshin s’éloigna.
Geommugeuk le suivit du regard jusqu’à ce qu’il disparaisse complètement.
« Voir quelqu’un commencer une nouvelle vie… rien que d’en être témoin, ça fait du bien. »
Hui perçut une certaine nostalgie dans le regard de Geommugeuk. Peut-être le Jeune chef du Culte aspirait-il lui aussi, plus que quiconque, à une vie aussi libre.
Geommugeuk se tourna vers Hui. Avant qu’ils s’en rendent compte, la nostalgie qui emplissait ses yeux s’était évanouie sans laisser de trace.
« Mon oncle, rentrons maintenant. »
Ainsi, Geommugeuk et Hui repartirent côte à côte.
* * *
Père travaillait sur quelque chose dans sa résidence, au domaine secret du Culte du Démon Céleste.
Il était si absorbé par son ouvrage, le dos tourné, que je ne parvins même pas à le saluer correctement.
« Ne me dites pas… que vous fabriquez une arme capable de conquérir le Murim ? »
C’était presque l’impression qu’il donnait.
Père se tourna alors vers nous. Quand je vis ce qu’il tenait dans les mains, j’éclatai de rire.
« Non, laissez tomber. Vous cherchez plutôt à conquérir les poissons, n’est-ce pas ? »
Ce qu’il fabriquait, c’était une canne à pêche.
Sur la route du Shaanxi, j’avais battu Père deux fois à la pêche. Il m’avait promis une revanche au retour, et il semblait déjà s’y préparer. Bien sûr, il était convaincu que nous rentrerions sains et saufs.
« Nous sommes de retour, Père. »
« Mission accomplie, chef du Culte. »
Comme nous lui présentions nos salutations officielles, Père, fidèle à lui-même, s’occupa d’abord de Hui, avant même de se soucier de son propre fils.
« Tu es blessé. »
Avant d’entrer, Hui avait troqué son uniforme martial taché de sang, mais Père le remarqua aussitôt.
« Ce ne sont que quelques égratignures. »
Je ne pouvais pas laisser passer ce regard inquiet que Père posait sur Hui.
Je levai la main et lançai à Père :
« Votre fils est juste là ! Je pourrais avoir des blessures internes invisibles ! »
Père fit comme s’il ne m’avait pas entendu, se leva et s’approcha d’un côté de la pièce.
Il fouilla dans la bourse à artefacts qui s’y trouvait. D’ordinaire, il se servait de la Télékinésie du Vide pour récupérer les objets. Qu’est-ce qui était si important pour qu’il aille le chercher lui-même ?
Ce qu’il en sortit et tendit à Hui était un petit flacon d’un blanc immaculé.
« Applique ça. »
C’était le Remède des Blessures Dorées réservé au Démon Céleste. Il n’avait évidemment rien à voir avec les remèdes ordinaires du même nom.
« Je ne peux pas. Je ne saurais prendre le remède du chef du Culte. »
« Applique-le. »
Face à ce seul mot, prononcé d’un ton ferme par Père, Hui ne put plus refuser.
« Merci. »
Père contempla Hui qui s’inclinait, le regard grave. S’il était aussi blessé, le combat avait dû être d’une violence extrême.
« Père ! Moi aussi, j’ai une coupure ! »
Père me tendit la main avec un sourire légèrement amusé.
La bourse à artefacts s’ouvrit d’elle-même et, cette fois, un autre flacon s’envola pour atterrir devant moi.
« C’est la démonstration la plus désinvolte de Télékinésie du Vide que j’aie jamais vue. »
Et ce n’était pas fini. Après avoir examiné le flacon, je m’écriai de nouveau :
« C’est trop ! J’ai déjà ce genre de Remède des Blessures Dorées ! »
Celui que Père avait donné à Hui était le remède de la plus haute qualité, réservé au Démon Céleste, tandis que le mien était une version inférieure de la même préparation.
Hui croisa mon regard et baissa la tête, gêné.
« Si tu n’en veux pas, rends-le-moi. »
Père me tendit de nouveau la main, mais je glissai aussitôt le flacon dans mes vêtements.
« C’est quand même le premier Remède des Blessures Dorées que vous m’offrez, Père. Je veillerai à l’appliquer… encore et encore. »
Père se leva.
« Tu as laissé cet homme se faire blesser, alors tu dois être puni, tu ne crois pas ? Viens avec moi. »
Si tu places Hui sous ta responsabilité, c’est à toi de le protéger. De ce point de vue, il avait manqué à sa promesse.
« Vous avez mal compris ! J’ai fait tout mon possible pour ne pas être blessé, parce que je savais que ça l’inquiéterait ! Enfin, oui, peut-être que j’en ai fait un peu trop… mais quand même ! Père ! »
Père l’emmena dans une clairière isolée, près du domaine secret du Culte du Démon Céleste.
Là, il dégaina son épée et déclara :
« Faisons en sorte que tu n’aies plus besoin d’appliquer de remède. »
Je compris. Père allait lui donner une leçon à travers un échange martial. Ce n’était pas une punition, mais une récompense. Une récompense pour leur retour sain et sauf à tous les deux, et une manière pour Père de leur exprimer sa joie, à sa façon.
Merci, Père.
Je pris place à une dizaine de pas de Père.
Et l’entraînement d’aujourd’hui ne ressemblait à aucun autre.
Père ne manifesta aucune intention meurtrière. Pourtant, sa puissance dominait entièrement l’espace.
C’était l’aura de l’Épée du Démon Céleste.
Comme si Père lui disait de ne ressentir que l’énergie de l’épée.
Dans ce cas…
Moi aussi, je réprimai toute mon intention. Il ne resta pas la moindre parcelle d’énergie. Je m’efforçai de dissimuler jusqu’à la plus légère trace de ma présence, puis dégainai lentement l’Épée du Démon Noir.
La sensation de l’aura de l’Épée du Démon Céleste.
La sensation de l’aura de l’Épée du Démon Noir.
Cela faisait longtemps que je ne m’étais pas concentré avec autant d’intensité pour ressentir l’énergie de l’Épée du Démon Noir.
Maintenant que j’y pense, j’ai été bien trop négligent.
Je m’étais consacré à maîtriser l’Art démoniaque des Neuf Calamités, à utiliser l’Art secret du Temps Céleste, à accroître mon énergie interne…
J’avais accordé de l’attention à tant d’autres choses que j’avais négligé l’Épée du Démon Noir.
Soudain, je me rappelai la première fois où j’avais rencontré Lee Ahn, avant ma régression.
À l’époque déjà, j’avais fait la même réflexion.
J’avais tenu sa présence pour acquise, comme on tient l’air pour acquis sans se rendre compte de sa valeur.
C’était pareil avec cette épée. J’avais affronté d’innombrables ennemis avec l’Épée du Démon Noir, mais je l’avais considérée comme allant de soi au lieu de l’apprécier.
« J’ai été bien sot. Merci pour cette leçon, Père. »
Un léger sourire se dessina sur les lèvres de Père. C’était sans aucun doute un sourire satisfait.
Ainsi, Père ne cessait de m’enseigner et de m’inspirer.
Et la leçon du jour ne s’arrêta pas là.
« Montre-moi l’Art démoniaque des Neuf Calamités. »
Je déployai l’Art démoniaque des Neuf Calamités devant Père, sans rien retenir ni cacher de mes progrès.
Père devait voir l’étendue de mes capacités actuelles. Et j’espérais que cette démonstration lui inspirerait de nouvelles idées et le pousserait à aller encore plus loin.
Père, à quel point mon Art démoniaque des Neuf Calamités a-t-il évolué par rapport au vôtre ?
Après m’avoir observé, Père se mit de nouveau à m’expliquer les formules fondamentales de l’Art démoniaque des Neuf Calamités.
Bien qu’il s’agît du même art martial et que j’eusse entendu cet enseignement maintes fois auparavant, il me parut différent aujourd’hui.
Mon niveau avait changé, tout comme celui de Père. Les mêmes paroles prenaient désormais un sens entièrement nouveau. Chaque échange avec mon père semblait faire progresser mes compétences.
Poser une question, répondre, réfléchir, recommencer à s’exercer : à force de répéter cet entraînement, la nuit finit par tomber.
À un moment, la lune s’était élevée haut dans le ciel. Je me tenais à côté de Père et contemplais silencieusement sa pleine rondeur.
Puis Père me demanda soudain :
« Qu’est-ce qui t’inquiète ? »
C’était la première fois qu’il me posait cette question. Depuis ma régression, Père avait dû remarquer les changements chez son fils et sentir la profonde inquiétude qui se cachait derrière.
« Vous avez donné naissance à un fils parfait, mais je garde une inquiétude. »
« Laquelle ? »
« Je crains qu’un grand mal, jaloux de nous deux, ne finisse un jour par nous dévorer. »
Père semblait ne pas comprendre.
« Tu n’as pas dit que nous étions les seuls à pouvoir dévorer pareil mal ? »
Mon père s’en souvenait parfaitement : il n’avait pas oublié les paroles que j’avais prononcées au sujet de la voie démoniaque.
« J’imagine que j’ai peur d’en rencontrer un trop gros pour être avalé. »
Comment Père interpréterait-il cette inquiétude ?
Après m’avoir contemplé un instant en silence, Père se leva et dégaina son épée.
« Alors, il faut que tu agrandisses ta bouche et ton estomac. »
Cette réponse simple et limpide résumait parfaitement la voie que je devais suivre. Oui, il fallait faire taire l’inquiétude par la force.
Je bondis sur mes pieds, un grand sourire aux lèvres.
« Oui ! Quelle que soit sa taille, je l’avalerai tout entier ! »
Et l’entraînement martial avec Père se poursuivit toute la nuit.
La lune qui veillait sur nous descendit dans le ciel, laissant place aux étoiles de l’aube. Puis les étoiles s’effacèrent à leur tour et la lumière du matin commença à gagner le ciel.
Alors que cette lumière éclatante, teintée de rouge, éveillait la terre, l’ombre d’un homme s’étirait longuement sur le sol.
Toute la nuit, tandis que je m’entraînais, un homme était resté là, le dos tourné, à veiller silencieusement sur nous deux.