Chapitre 481
Les assassins qui n’auraient jamais dû échouer échouèrent.
On disait que le combat d’un artiste martial et celui d’un assassin étaient deux choses différentes. Qu’aussi doué soit-on, nul ne pouvait résister à une lame dissimulée.
Alors pourquoi cette lame n’avait-elle pas réussi à transpercer le dos de ce salaud au sourire narquois ?
Quoi qu’il en soit, il avait décidé que fréquenter cet homme lui porterait préjudice et avait froidement ordonné son expulsion.
Tu crois savoir qui a engagé l’assassin ?
C’était une provocation à laquelle personne ne pouvait résister.
« Qui est-ce ? »
Geommugeuk le fixa et prit la parole.
— On dirait que tu es enfin curieux.
Geum Ahyuk répondit avec calme.
— Cette tentative d’assassinat est, je crois, liée à ta rancune. Je ne suis donc pas curieux de connaître le commanditaire. Je suis venu voir quel genre d’homme tu es. À quel point tu es honnête.
Se tenir aussi effrontément et avec autant d’assurance devant l’homme qu’on avait tenté de tuer, peu en étaient capables. Surtout quand les arts martiaux de l’adversaire étaient écrasants. Autrement dit, cela prouvait que quelqu’un le protégeait.
Il rencontre directement celui qui tire les ficelles.
À la réaction de Geum Ahyuk, Geommugeuk déduisit qu’il avait un lien avec le cerveau de l’affaire.
— Alors, parle.
Entre les deux hommes, le cadet, Geum Ajong, était pris dans un malentendu.
Ce petit escroc insolent a même monté toute une mise en scène ?
Geum Ajong croyait que l’intrusion de l’assassin, la nuit précédente, était une comédie orchestrée par Geommugeuk.
Comment des assassins auraient-ils pu s’introduire tout à coup dans la Famille du Dragon d’Or, qui avait toujours vécu en paix ?
Il n’imaginait même pas que son père ou son frère ait pu les engager. Il s’était toujours cru le plus colérique de la famille, mais en réalité, il en était le plus naïf.
Il a quand même réussi à attirer l’attention de mon frère.
Geum Ajong avait hâte de voir comment cet escroc allait manipuler son frère.
Geum Ahyuk insista.
« Si tu ne veux pas parler, alors pars. Et ne viens plus jamais me voir. »
Geommugeuk sourit.
— Je souhaite me rapprocher du jeune maître aîné. Tu ne t’en es pas rendu compte quand je suis venu te présenter mes respects, aujourd’hui ?
Geommugeuk s’installa à la table réservée aux visiteurs, dans le bureau.
— Ah, ce genre de conversation se tient vraiment mieux autour d’un verre, dans une auberge au bord de la route. On peut boire dans des établissements luxueux ou des maisons de plaisir, mais on trouve parfois de véritables perles, comme l’auberge Jangbo, parmi ces bouges miteux.
— Si tu n’as que des sottises à raconter, fiche le camp !
Geum Ahyuk lança un regard noir à son cadet. Ses yeux disaient clairement : fais-le sortir d’ici, tout de suite.
Ah, même pour mon frère, ce type n’est pas facile.
Ces derniers temps, son frère avait beaucoup changé. Il ne l’avait jamais apprécié, mais désormais, il le trouvait même gênant et étrange.
— Ne le brusque pas trop. S’il dit tout ça, c’est qu’il doit savoir quelque chose.
À cet instant, Geommugeuk prit soudain la parole.
— Toi.
Un instant de silence s’écoula.
— C’est toi qui as engagé les assassins.
Geum Ahyuk ne s’était jamais attendu à être désigné. Surtout pas aussi directement, en face.
En entendant cela, Geum Ajong éclata de rire.
— Tu es vraiment un sacré comique.
Mais ni Geommugeuk ni Geum Ahyuk ne rirent. Le sourire de Geum Ajong s’effaça aussi vite qu’il était apparu.
— Quoi ? Ne me dis pas que tu étais sérieux ?
Geommugeuk hocha la tête. Un « Espèce de malade ! » lui échappa aussitôt.
— Pourquoi le soupçonner ? Surveille tes paroles. Tu accuses le jeune maître aîné de la Famille du Dragon Doré d’avoir engagé des assassins.
Geommugeuk le fixa. Le trouble se lisait dans ses pupilles vacillantes. Aussi fort qu’on essaie, il n’était pas facile de garder son calme dans une situation pareille.
Alors Geommugeuk lança une autre déclaration stupéfiante.
— Un des assassins a avoué que c’était toi, juste avant de mourir.
Geommugeuk mentit sans laisser paraître la moindre émotion.
En revanche, le mot « avoué » déstabilisa clairement Geum Ahyuk. Le coin de son œil tressaillit à peine.
En le voyant, Geum Ajong sentit son cœur sombrer. Quand son frère était touché au vif ou pris en flagrant délit de mensonge, son œil tressaillait toujours ainsi. C’était le cas depuis leur enfance.
— Si tu as entendu quelque chose de pareil, pourquoi me le dire ?
Geommugeuk lui répondit avec un sourire, d’un ton calme.
— Je pense que notre jeune maître aîné a été accusé à tort. Le successeur de la Famille du Dragon Doré aurait-il vraiment pu faire une chose pareille ? Et maintenant que je fais partie de cette famille, ne devrais-je pas transmettre une telle information à l’héritier ?
Geum Ahyuk ne répondit pas.
Comme la conversation n’allait pas plus loin, Geommugeuk se leva.
— Tu dois être occupé, et je t’ai déjà assez dérangé. Je vais te laisser.
Avant de partir, il ajouta une dernière chose :
— Réfléchis bien à qui aurait intérêt à te faire accuser.
Sur ces mots, Geommugeuk sortit le premier.
Geum Ajong regarda son frère. Geum Ahyuk s’était approché de la fenêtre et ne lui prêtait même pas attention.
À cet instant, le doute envahit son cœur.
Est-ce qu’il a vraiment engagé les assassins ? Non, quand même ?
Si c’était vrai, ce serait l’occasion rêvée de déloger son frère de sa position d’héritier.
Pourtant, cela ne lui faisait pas vraiment plaisir.
Ce fou pourrait bien essayer de me faire tuer ensuite.
Cette nuit-là, dans un petit Atelier de fer, un homme d’âge mûr martelait une pièce de métal rougie sur une enclume.
Clang ! Clang !
Chaque coup de marteau était net et puissant. L’homme, torse nu, était maigre et de petite taille. Difficile de croire qu’un corps qui semblait n’être fait que d’os puisse renfermer une telle force.
À cet instant, Geum Ahyuk entra.
Il attendit en silence que le martèlement cesse. Cet homme pouvait tout pardonner, sauf qu’on le dérange pendant qu’il travaillait.
Clang !
Quand le long tintement du marteau se fut éteint, l’homme releva la tête et regarda Geum Ahyuk.
— Tu es venu ?
« Monsieur, comment allez-vous ? »
L’homme d’âge mûr s’appelait Myungshin.
C’était celui dont Geum Ahyuk avait parlé à son père en disant simplement « lui ».
Geum Ahyuk éprouvait un profond respect pour Myungshin.
Un homme fort et intelligent, à l’opposé de ces artistes martiaux ignorants.
Sa compagnie lui faisait du bien. Il apprenait auprès de lui les choses du monde des arts martiaux et de la vie elle-même. Mais surtout, quand il était avec Myungshin, il se sentait à l’abri de tout danger.
Comme on dit, le sang ne ment pas : la peur maladive de son père, Geum Cheonbang, à l’égard des artistes martiaux s’était transmise à son fils, Geum Ahyuk.
— Tu as encore maigri. Veille à bien manger.
À présent couvert de sueur et semblable à n’importe quel ouvrier d’un Atelier de fer, il n’en devenait pas moins, une fois vêtu d’une robe blanche de lettré et muni d’un éventail, l’homme le plus intelligent du monde. Et, de fait, il l’était.
De temps à autre, il forgeait des épées et des dagues pour se distraire, et son talent était exceptionnel.
— La tentative d’assassinat a échoué ?
— Comment le savez-vous ?
Au lieu de répondre, Myungshin se contenta d’acquiescer d’un air équivoque.
Geum Ahyuk avait commandité l’opération par l’intermédiaire de la pègre et dépensé une grosse somme, pour Myungshin.
— Même si cette fois, ça a échoué, je vous protégerai, monsieur, quitte à vendre tout ce que je possède.
Son père se serait évanoui en entendant ces paroles, mais Geum Ahyuk était sincère. Il suivait Myungshin comme un homme embrigadé dans une secte.
Après avoir affirmé sa détermination, Geum Ahyuk aborda prudemment un sujet.
— Mais il y a une chose qui me tracasse.
— Quoi donc ?
— On dit que l’assassin a avoué, juste avant de mourir, que c’était moi qui avais commandité l’opération.
— Qui a dit ça ?
— Un homme nommé Geomyeon.
À la mention de Geomyeon, Myungshin se tut. L’expression qu’il affichait alors, Geum Ahyuk ne l’avait jamais vue auparavant.
Une tension étrange flottait dans l’air, et cette impression lui était inconnue. Geum Ahyuk éprouvait à présent envers Myungshin la même émotion étrangère que son père avait autrefois ressentie à son égard.
— C’est un mensonge. Les assassins qui acceptent un contrat ne savent jamais qui est leur client.
Geum Ahyuk prit un air qui disait : je le savais. C’était exactement ce qu’il avait pensé, lui aussi.
— Alors, pourquoi m’aurait-il menti ?
Myungshin le regarda. Son regard semblait dire : tu ne comprends toujours pas ? Mais Geum Ahyuk n’arrivait pas à deviner. Myungshin, lui, connaissait la réponse.
— J’attends un invité ce soir. Tu ferais mieux de rentrer.
Un invité, à cette heure-ci ? Impossible. Il ne voulait sans doute plus le voir après l’échec de l’opération.
Geum Ahyuk fut déçu. Par une nuit pareille, il aurait voulu rester plus longtemps avec lui.
Avec cette angoisse, rien n’ayant été éclairci, il ne dormirait pas de la nuit.
— Je reviendrai.
Geum Ahyuk s’inclina respectueusement et se détourna.
Puis, se retournant, il ajouta :
— Ne vous inquiétez pas pour ce qui s’est passé. Je vais régler ça comme il faut.
— Tu es vraiment quelqu’un sur qui l’on peut compter.
Myungshin sourit largement.
Quand Geum Ahyuk fut parti, quelqu’un d’autre entra dans les lieux.
C’était Geommugeuk, qui l’avait suivi jusque-là.
Geum Ahyuk avait pris un chemin détourné pour éviter d’être suivi, mais il n’avait aucune chance d’échapper au regard de Geommugeuk.
— J’espère que vous me pardonnerez d’avoir eu recours à une ruse un peu grossière pour vous rencontrer.
— Comment pourrait-elle être grossière si elle vous a permis d’atteindre votre cible ?
Si Geum Ahyuk avait entendu cela, il en aurait été profondément blessé, mais Myungshin ne manifesta aucune émotion particulière en répondant.
Leurs regards se croisèrent.
À l’expression de Myungshin, Geommugeuk comprit une chose.
— Vous savez qui je suis.
Un sourire se dessina sur les lèvres de Myungshin.
— En effet. Bienvenue, Geommugeuk, Jeune chef du Culte du Démon Céleste.
Bien qu’il ne se fût pas présenté, Geommugeuk avait déjà deviné l’identité de l’homme. Le lieu y était pour quelque chose.
Myungshin.
Le bras droit du Roi des Tueurs.
Un assassin classé au deuxième rang du monde des arts martiaux.
Autrefois, il aurait pu rivaliser avec le Roi des Tueurs pour le titre du plus grand homme sous les cieux, mais, pour une raison inconnue, il avait choisi de devenir le bras et les jambes du Roi.
Le monde des arts martiaux ignorait tout de leur histoire. On supposait seulement que Myungshin avait peut-être une dette de vie envers le Roi des Tueurs.
Mais Geommugeuk connaissait la vérité. Dans sa vie d’avant la régression, on l’avait appris après la mort de Myungshin : celui qui avait tué Myungshin, qui lui était resté fidèle jusqu’au bout, était le Roi des Tueurs lui-même.
— Vous ne me demandez pas qui je suis ?
— Les assassins ont-ils seulement un nom ? Quel numéro vous donne-t-on ?
Malgré la provocation, Myungshin resta impassible.
Que Geommugeuk ait compris d’emblée qu’il était un assassin fit briller une lueur de surprise dans les yeux de Myungshin.
Myungshin était un genre d’assassin que Geommugeuk n’avait encore jamais rencontré. Même son énergie différait de celle des assassins ordinaires.
Son énergie était chargée d’émotion.
Geommugeuk balaya du regard les objets accrochés dans l’Atelier de fer.
— Vous avez fabriqué tout ça vous-même ?
— Oui.
— Puis-je les toucher ?
— Autant que vous voulez.
Myungshin était réputé pour son talent à fabriquer des armes dissimulées. On disait que même le Roi des Tueurs utilisait souvent ses créations. Ce qui lui plaisait dans ces armes n’était pas seulement leur létalité : elles se distinguaient aussi par leur apparence et leur imprévisibilité.
Malheureusement, les armes exposées ici n’étaient que des dagues et des lames ordinaires. Mais leur équilibre était irréprochable, à la hauteur du savoir-faire de leur créateur.
— Vous les vendez ?
— Ce n’est qu’un passe-temps. Je ne les vends pas.
— Quel dommage. Si vous les vendiez, j’achèterais tout ce qu’il y a ici.
Myungshin esquissa un sourire.
— Les rumeurs disaient vrai.
— Qu’avez-vous entendu à mon sujet ?
Myungshin s’avança lentement vers Geommugeuk.
Le deuxième meilleur assassin du monde des arts martiaux approchait.
Geommugeuk aiguisait ses sens tout en gardant son calme intérieur.
Après avoir observé Geommugeuk en silence, Myungshin prit la parole d’une voix posée.
— Je ferais mieux d’oublier toutes les rumeurs.
Il comptait donc se faire sa propre opinion. Geommugeuk répondit avec un soupçon de déception :
— Il devait bien y avoir quelques rumeurs flatteuses. Quel dommage.
Ils étaient assez proches pour qu’un coup d’épée atteigne sa cible.
— C’est impressionnant. Vous saviez que nous venions, et pourtant, vous ne vous êtes pas enfui. Vous vous êtes montré ainsi, au grand jour.
— C’est moi qui suis surpris. Je n’aurais pas cru qu’on vous laisserait seul aussi longtemps.
Sa remarque sous-entendait que quelqu’un aurait déjà pu tuer le Jeune chef du Culte du Démon Céleste, qui se promenait seul.
— Mon père m’a élevé pour que je devienne fort. Il était du genre à me jeter du haut d’une falaise en me disant d’inventer une technique de déplacement pendant la chute.
Myungshin rit, prenant la plaisanterie avec philosophie. Il semblait parfaitement à l’aise, d’un calme nourri par sa force et son assurance.
— Vous deviez vous attendre à ce que je retrouve Geum Ahyuk. Pourquoi avoir attendu ?
Myungshin planta son regard dans celui de Geommugeuk et répondit :
— J’ai attendu pour vous dire de partir.
Un avertissement calme, mais menaçant.
— Si vous savez qui je suis, vous savez aussi qui m’accompagnait. Cette personne partira-t-elle parce que vous le lui demandez ? Pourquoi ne pas aller le lui dire vous-même ?
Myungshin eut l’air de trouver cela bien ennuyeux et tenta une dernière fois de le convaincre.
— Convainquez-le. Alors, il ne se passera rien.
Bien sûr, cela ne pouvait pas marcher.
— Je suis encore jeune. Une vie où rien ne se passe serait bien trop ennuyeuse.
Myungshin, comme s’il s’y était attendu, se dirigea vers le mur d’en face.
— Nous comptons régler cette affaire avec de l’argent.
Il saisit une poignée qui dépassait du mur, à côté du brasero.
— Vous savez ce que c’est ?
— Qu’est-ce que c’est ?
— Un mécanisme qui permet d’envoyer un message à tous les assassins du monde des arts martiaux. Dès que je tirerai dessus, mes subordonnés se chargeront de répandre la nouvelle.
— Quelle nouvelle ?
Ce qui suivit fut tout à fait inattendu.
— Une prime sur votre tête.
Le regard de Geommugeuk s’assombrit.
— Pour décider quelqu’un à tuer le Jeune chef du Culte du Démon Céleste, il faut offrir une somme conséquente.
— C’est pour ça que j’ai proposé beaucoup d’argent.
Myungshin annonça alors une somme colossale.
— Dix millions de nyang.
— !
Même Geommugeuk ne put cacher sa surprise devant ce montant.
— Depuis la fondation du monde des arts martiaux, c’est la plus grosse prime jamais offerte. Elle ne récompense pas le meurtre du Jeune chef du Culte du Démon Céleste : c’est une somme qui vaut la peine de plonger en enfer pour trouver la cible.
Myungshin le fixa froidement.
— Dès que je tirerai, ta vie sera beaucoup plus mouvementée à partir d’aujourd’hui. Malgré ça, tu ne partiras toujours pas ?
Une tension palpable s’installa entre eux.
Geommugeuk s’avança lentement vers lui.
La réaction de Geommugeuk rendit Myungshin nerveux.
— Fais encore un pas, et je tire.
Mais Geommugeuk ne s’arrêta pas, comme s’il le défiait de le faire.
Quand Geommugeuk arriva enfin à côté de Myungshin, il fit quelque chose d’inattendu.
Il saisit la poignée que Myungshin tenait déjà. Leurs mains se superposèrent.
Un combat à outrance aurait pu éclater à tout moment, pourtant Myungshin se contenta d’observer ce que Geommugeuk allait faire.
Leurs actes comme leurs réactions défiaient le bon sens, et pourtant, tous deux restaient calmes et maîtres d’eux-mêmes.
Avec un sourire narquois, Geommugeuk tira brusquement sur la poignée.
Clac.
La porte du brasero s’ouvrit dans un claquement. La poignée n’était qu’un simple loquet.
— Comment l’avez-vous deviné ?
Geommugeuk lui répondit par un léger sourire.
— Vous êtes tous ici pour l’argent, pas vrai ? Alors, dépenser une telle fortune juste pour me tuer, ça ne tenait pas debout.
Myungshin ne dissimula pas son admiration.
— Vous êtes plutôt malin.
— Vous avez dû entendre les rumeurs. Je ne suis pas seulement malin, je suis brillant. Et pas seulement brillant : je suis un génie.
Myungshin gloussa.
— Jeune chef du Culte de génie, à la prochaine.
Mais la poignée ne servait pas uniquement à ouvrir le brasero. Un second mécanisme s’enclencha avec un temps de retard.
Clac.
Le plancher s’ouvrit sous Myungshin, qui disparut dans le trou. Au même instant, une volée d’aiguilles dissimulées fusa vers l’endroit où se tenait Geommugeuk.
Fchiou, fchiou, fchiou, fchiou, fchiou, fchiou, fchiou, fchiou, fchiou !
Tching, tching, tching, tching, tching, tching, tching, tching, tching !
Quand Geommugeuk eut dégainé son épée et dévié toutes les aiguilles, Myungshin s’était déjà enfui par le passage secret.
Pour une raison inconnue, Geommugeuk ne le poursuivit pas dans le trou.
À la place, il cria dans l’ouverture :
— Vous n’avez pas l’air d’avoir ne serait-ce que mille nyang, alors dix millions… !
Du fond du trou, il lui sembla entendre le rire de Myungshin résonner faiblement.