Chapitre 478
Lee Chui suivait à la lettre les instructions de Geommugeuk.
— Maintenant, il va te demander si tu peux te procurer l’antidote au Poison disperseur d’énergie. Réponds que tu peux l’obtenir.
— Compris.
Comme Geommugeuk l’avait prédit, Geum Ajong lui adressa un message télépathique.
— Cet antidote au Poison disperseur d’énergie, tu peux te le procurer ?
— Je pense que oui.
— Trouve un moyen de l’obtenir le plus vite possible !
— Compris.
— Qu’est-ce que tu fais ? Pourquoi tu n’y vas pas tout de suite ?
Alors que Lee Chui s’apprêtait à partir, il se retourna vers les deux hommes.
La façon dont ils buvaient lui rappelait Geum Ajong dansant sur la paume d’un fantôme démoniaque peint sur la paroi d’une charrette.
Il ne s’inquiétait pourtant pas pour Geum Ajong. Ce n’était pas parce que celui-ci l’avait mal traité.
« Lui ou moi. »
Il avait plutôt l’impression de danser lui aussi, peut-être, sur la gigantesque paume d’un démon si immense qu’il ne se rendrait même pas compte qu’il se tenait dessus.
« Vous m’avez demandé quel genre d’homme était mon frère ? »
Geum Ajong remplit la coupe de Geommugeuk.
Depuis qu’il avait découvert le secret de la défaite des « Insectes à argent », Geum Ajong ne lui paraissait plus aussi intimidant.
Le Poison disperseur d’énergie ne tuait pas sur-le-champ : il empêchait seulement d’utiliser son énergie interne pendant un certain temps. Avec l’antidote préparé à l’avance, il était facile à contrer. Un poison taillé sur mesure pour un escroc.
« Mon frère est un homme admirable. Intelligent, travailleur et beau garçon. C’est lui qui succédera au chef de famille. »
Geommugeuk le remarqua. Alors qu’il débitait ces louanges creuses, Geum Ajong laissa brièvement transparaître ses émotions en évoquant la beauté de son frère. Se sentait-il peut-être inférieur à lui sur ce point ?
« Maintenant que vous en parlez, j’aimerais le rencontrer. Pourriez-vous me le présenter ? »
Geum Ajong se dit que son intuition ne l’avait pas trompé.
« Alors, c’était bien mon frère qu’il visait ! »
Ces salauds étaient venus au domaine familial dans l’espoir de faire un gros coup, et leur cible était son frère.
« S’ils mettent la main sur mon frère… »
Alors, ce serait lui qui, au dernier moment, arrêterait les escrocs qui avaient dépouillé les deux frères.
Mais ce ne seraient pas les escrocs qu’il arrêterait : ce serait la place d’héritier qu’il s’adjugerait.
À la demande de Geommugeuk, Geum Ajong se recula discrètement.
« Vous n’avez pas besoin que je vous le présente. Si vous voulez le rencontrer, allez le voir. Vous faites partie de la famille, maintenant, non ? »
Geommugeuk remplit sa coupe à son tour et demanda :
« Il m’accueillerait si je me présentais comme ça ? »
« Avec son caractère, il ne vous apprécierait probablement pas. Il pense que vous avez escroqué deux millions de nyang à la famille. Ah, ne vous méprenez pas. Ce n’est pas ce que je pense, moi. »
Geum Ajong commença alors à dévoiler peu à peu son vrai visage.
« Puisqu’on parle de mon frère… À votre place, j’aurais aidé l’aîné plutôt que la cadette. »
« Puis-je vous demander pourquoi ? »
« Eh bien, un vrai homme ne devrait-il pas viser de grandes choses ? Ma petite sœur n’a de toute façon aucune chance de devenir l’héritière. »
Geommugeuk fixa Geum Ajong avant de lui demander :
« Et vous, alors ? Vous pensez ne pas pouvoir devenir l’héritier ? Vous avez pourtant l’air d’avoir de grandes ambitions. »
Comme on pouvait s’y attendre d’un escroc : il était vif et perspicace.
« Je suis simplement né sous une étoile malchanceuse. Écrasé par mon frère aîné, écrasé par ma petite sœur… La vie n’est pas tendre. »
« Quand on a de grandes ambitions, on a souvent les ailes tout aussi larges, n’est-ce pas ? »
Geommugeuk le regarda comme s’il voyait une paire d’ailes gigantesques déployées dans son dos.
Geum Ajong gloussa. Ce n’était rien de spécial, mais il ne trouvait pas cela désagréable. Quand quelqu’un vous disait que vos ambitions étaient grandes, pourquoi s’en vexer ?
« À quoi bon aider quelqu’un qui serait de toute façon devenu l’héritier, pour qu’il le devienne ? Il n’y a rien à y gagner. Et s’allier à quelqu’un qui ne le sera jamais, c’est une impasse. Si seulement je vous avais rencontré plus tôt. »
La pointe de regret dans la voix de Geommugeuk troubla Geum Ajong. Il fut soudain tenté de tout lui révéler et de s’allier à lui pour échafauder un plan. Il avait l’impression qu’ensemble, ils pourraient y arriver.
Mais Geum Ajong tressaillit.
« Qu’est-ce qui me prend ? »
Un escroc restait un escroc. Sans même s’en rendre compte, il s’était mis à envisager des idées absurdes, comme unir ses forces à celles de cet homme.
Il se surprit à penser que ce type avait un visage, une voix et des expressions naturellement séduisants. Il suffisait de l’écouter pour baisser sa garde.
« Allons-y ensemble demain. Je vous présenterai à mon frère. »
« Merci. »
« Je vais même vous confier un secret. »
Ce n’était pas seulement parce qu’il était de bonne humeur. Si cet homme comptait s’en prendre à son frère, il devait apprendre à le connaître.
« Il y a une chose que mon frère ne supporte absolument pas. »
« Laquelle ? »
Geum Ajong vida son dernier verre et répondit :
« Perdre de l’argent. »
* * *
Au même moment, le rapport tant attendu était remis au chef de la Famille du Dragon Doré, dans la salle du conseil.
« La Bande des Cent Immortels était complètement déserte. »
Geum Cheonbang réagit avec stupeur au rapport de son subordonné.
« Pas un seul cadavre ? »
« Non. Pas un seul. »
« Des traces de combat ? »
« Il y en avait partout. Seuls les corps avaient été entièrement débarrassés. Impossible de déterminer comment le combat s’est déroulé ni quelle en a été l’issue. »
Lorsqu’il avait envoyé l’éclaireur, il n’aurait jamais imaginé, même en rêve, poser de telles questions.
« La Bande des Cent Immortels aurait-elle pu tout mettre en scène elle-même ? »
La disparition de tous les corps lui avait inspiré ce soupçon. Et si ses membres avaient simplement feint d’être anéantis avant de disparaître ?
« C’est possible. Ils sont peut-être tous morts… ou bien ils ont simulé le combat, laissé quelques traces, puis se sont volatilisés. »
Voyant l’expression de Geum Cheonbang se crisper devant cette réponse inutile, le subordonné s’empressa d’ajouter :
« Si la bande a effectivement été anéantie, une chose est certaine. Ceux qui ont nettoyé les lieux n’ont pas dû disposer de beaucoup de temps, et pourtant tout a été remis en ordre avec soin. Cela signifie que la personne chargée de faire disparaître les traces possède une grande maîtrise des arts martiaux ou qu’elle est spécialisée dans ce genre de besogne. »
Le rapport du subordonné s’acheva là.
« Je vais me retirer. »
« Bien. »
Geum Cheonbang sentait que cette affaire n’avait rien de simple.
« La Bande des Cent Immortels a-t-elle tout mis en scène ? Ou est-ce l’œuvre de la Compagnie commerciale de la Galaxie ? »
Il avait encore du mal à croire que Geommugeuk ait pu accomplir un tel exploit.
À cet instant…
« Ni l’un ni l’autre. »
Celui qui venait d’entrer était Geum Ahyuk, le fils aîné.
Il avait l’allure du jeune maître d’une famille prestigieuse.
Il dégageait une aura de droiture et de noblesse.
Alors que le second fils, Geum Ajong, affichait ouvertement sur son visage et dans son comportement sa nature rusée et égoïste, Geum Ahyuk, lui, se dissimulait entièrement derrière l’aura d’un grand héros.
« Faites sortir tout le monde. »
Geum Cheonbang renvoya jusqu’aux subordonnés dissimulés.
Ils ne furent bientôt plus que tous les deux dans la salle du conseil.
« Ni l’un ni l’autre ? Qu’est-ce que tu veux dire ? »
« Un homme nommé Geomyeon a tué tous les membres de la Bande des Cent Immortels. »
« Comment le sais-tu ? »
Geum Ahyuk ne répondit pas, mais Geum Cheonbang comprit.
« C’est lui qui te l’a dit, n’est-ce pas ? »
L’expression de son fils en disait long.
« Je ne t’avais pas dit de ne pas entrer en contact avec lui ? Je t’avais dit que je m’en chargerais moi-même. »
Geum Ahyuk le regarda d’un air perplexe.
« Pourquoi tu ne l’aimes pas ? »
Même dans cette atmosphère grave, le fait qu’il dise « lui » plutôt que « cet homme » mit Geum Cheonbang hors de lui. Sa voix monta d’elle-même.
« Parce qu’il est dangereux ! »
Au départ, cet homme ne lui avait pas semblé dangereux. Il s’était montré posé et calme. Peu à peu, il avait donné l’impression qu’on pouvait lui faire confiance, au point qu’il avait envisagé de s’allier à lui.
Comme un vêtement lentement imbibé par la bruine, il s’était infiltré sans bruit dans la famille.
Ce n’est qu’une fois leurs vêtements trempés qu’ils avaient compris : ce n’était pas de la pluie, mais du sang.
« Nous devons accepter ce risque ! Plus que n’importe quelle faction, cet homme nous a apporté des profits considérables. Quelle raison plus convaincante un marchand pourrait-il demander ? »
Geum Cheonbang avait passé toute sa vie dans le commerce. Il était assez âgé pour évaluer d’un simple regard les affaires du monde ou les gens, deviner leur valeur et ce qu’ils étaient susceptibles de devenir.
Et pourtant, ces derniers temps, il y avait deux choses — non, deux personnes — qu’il ne parvenait pas à comprendre.
Son fils, et cet homme.
Il ne comprenait pas son fils, et encore moins celui que son fils appelait « lui ». Il l’avait étudié et évalué en profondeur lors de leur première rencontre, mais après plus de dix ans, il avait l’impression de le comprendre de moins en moins.
Tout comme le cœur de son fils, qui vieillissait avec lui.
« Si tu parles de danger, ceux qu’Arin a ramenés de la Secte Seodo sont bien plus dangereux. Ils sont clairement venus pour s’en prendre à cet homme. »
« Comment peux-tu en être aussi sûr ? »
Geum Ahyuk ne répondit pas.
« Il te l’a encore dit, n’est-ce pas ? »
Geum Ahyuk soutint le regard de Geum Cheonbang. Depuis quelque temps, son fils le regardait ainsi, avec des yeux qui lui étaient devenus étrangers.
Depuis l’enfance, Geum Cheonbang avait toujours été fier de son fils aîné. Il s’était souvent demandé comment un homme aussi petit et insignifiant que lui avait pu engendrer un fils pareil. Chaque fois, sa fierté n’en était que plus grande.
Quand il l’emmenait quelque part, tout le monde le complimentait et l’enviait. Alors, sans même s’en rendre compte, il se vantait souvent, au point d’éprouver parfois de la culpabilité envers son second fils.
Et il avait vécu en croyant…
Que la nature de son fils serait à l’image de son apparence noble et droite.
Il le croyait sincèrement. Et, de fait, son fils avait grandi sans causer de problèmes majeurs.
Mais les choses avaient changé, à un moment donné. Il aurait aimé pouvoir dire que c’était depuis l’arrivée de cet homme dans leur vie, mais il savait que ce n’était pas le cas. Il avait commencé à sentir quelque chose d’étrange chez son fils bien avant.
À ce point sans cœur ?
À ce point égoïste ?
À ce point avide d’argent ?
Ces pensées l’avaient amené à soupçonner que cet homme s’était peut-être rapproché d’eux pour cette raison.
Malgré tout, il croyait en son fils.
Même s’il n’avait pas répondu à la question qu’il venait de lui poser, il croyait en lui. Parce qu’il était son fils. Avec un peu plus d’âge, il apprendrait sûrement à évaluer les situations avec davantage de sang-froid.
« Père, vous n’avez pas dit un jour que vous vouliez devenir l’homme le plus riche des Plaines centrales ? Que c’était votre rêve ? »
« Si, c’est vrai. Mais… »
« Qu’est-ce qui vous effraie ? Nous sommes en train de suivre le chemin qui mène à ce rêve, non ? »
Il ne niait pas que la Famille du Dragon Doré avait prospéré plus vite grâce à son partenariat avec cet homme. Ils avaient réalisé d’immenses profits avec son aide.
Mais l’argent que cet homme exigeait en retour grossissait comme une boule de neige.
« Un jour, il pourrait nous avaler tout entiers. »
« S’il le fait, ce sera après avoir fait de nous les meilleurs. »
C’était ce que disait le regard de son fils.
Si tu as peur, écarte-toi.
C’était à cause de ce regard qu’il avait dit à sa fille qu’elle ne pourrait jamais devenir l’héritière. Ce regard appartenait à quelqu’un qui n’hésiterait pas à sacrifier jusqu’à son propre frère ou sa propre sœur si cela lui barrait la route.
« Ceux que le cadet a fait venir de la Secte Seodo… Avant la fin de la nuit, ils auront tous disparu. Comme la Bande des Cent Immortels. »
« Non ! »
Le cœur de Geum Cheonbang s’emballa. Tuer quelqu’un, c’était risquer de se faire tuer à son tour. Comment pouvait-il prendre une telle décision avec autant de légèreté ? Bon sang, nous sommes des marchands !
« Si ce sont bien eux qui ont fait disparaître la Bande des Cent Immortels, il ne faut surtout pas les toucher à la légère ! »
« Père, vous ne l’avez pas toujours dit ? »
Geum Ahyuk ajouta avec un sourire décontracté :
« Il n’y a rien au monde que l’argent ne puisse acheter. »
Geum Cheonbang resta sans voix, car il avait effectivement souvent prononcé cette phrase.
Malgré tout… jamais il n’aurait imaginé qu’un jour pareil arriverait.
* * *
Après avoir bu avec Geum Ajong, il alla rendre visite à son père.
Son père et Hui avaient déjà quitté leur résidence privée pour s’installer dans le domaine de la Famille du Dragon Doré.
Comme ils en avaient discuté dans la résidence privée, ils avaient jugé que s’en prendre à la Bande des Cent Immortels provoquerait bientôt une riposte générale. Après tout, on ferait tout pour protéger leur immense source de revenus, la Famille du Dragon Doré.
Il hésita un instant devant la chambre de son père.
Était-ce à cause du brouillard d’alcool qui lui embrumait l’esprit ? Il était venu simplement parce que son père lui manquait, mais, à la réflexion, l’heure du coucher était déjà passée.
« Père, c’est votre second fils ! »
C’était une de ces nuits où il avait envie de tambouriner à la porte et de débiter des absurdités sous l’effet de l’alcool, mais bien sûr, il n’aurait jamais osé.
« Le monde martial ne le saura jamais : le Démon Céleste se couche si tôt. Enfin, un Démon Céleste, ça devrait être du genre à veiller jusqu’à l’aube, non ? »
Alors qu’il s’éloignait en silence, sans faire le moindre bruit…
La porte s’ouvrit.
Surpris, il se retourna. Son père se tenait là.
Avant même de pouvoir lui demander « Vous êtes encore debout ? » ou de s’excuser de l’avoir réveillé, il lâcha :
« Encore des fleurs ? Combien de pyjamas comme ça avez-vous ? »
Son père portait un pyjama à motifs floraux.
Qui aurait cru que le Démon Céleste porterait un pyjama pareil ? Un modèle de la meilleure qualité, conçu pour offrir une protection d’élite contre les assassins, qui plus est.
Il ne l’avait pas su pendant leurs séjours en camping, car son père ne les portait pas. Et, dans les auberges, il ne l’avait jamais vu le soir.
On aurait pu croire qu’il serait gêné ou embarrassé, mais Geum Woojin n’éprouvait pas la moindre honte à porter ces pyjamas.
Pouvait-il vraiment les porter fièrement devant le chef de l’Alliance orthodoxe ou le Chef de l’Alliance des voies démoniaques ?
« Qu’est-ce qu’il y a ? »
Devant la question sèche de son père, il ne sut que répondre. Il était vraiment venu sur un coup de tête, un peu ivre, parce qu’il avait envie de le voir.
« Je voulais simplement vous souhaiter bonne nuit. »
« Tu réveilles quelqu’un juste pour lui souhaiter de bien dormir ? »
Face à l’air perplexe de son père, il s’inclina profondément. C’était tout ce qu’il trouvait à dire, pour le moment.
« Merci. »
Au cours de ce voyage, je ne cesse de sentir que Père prend sur lui.
Il n’avait fait que rester au quartier général et cela faisait une éternité qu’il n’était pas parti en voyage comme celui-ci. Comment aurait-il pu en profiter sans réserve ?
Et moi, je faisais tout ce que nous n’avions jamais pu faire ensemble, j’agissais à ma guise. Même le réveiller en pleine nuit comme ça devait mettre sa patience à l’épreuve.
Je pensais qu’il allait me donner une tape derrière la tête, alors que j’étais toujours courbé.
Mais, après m’avoir regardé un instant, Père se contenta de refermer la porte et de rentrer.
Je l’avais réveillé, mais rien que de voir son visage m’avait rendu heureux.
Cette brève rencontre n’avait rien d’extraordinaire, mais elle deviendrait un souvenir pour moi. Je l’appellerais quelque chose comme Un petit caprice nocturne sous l’emprise de l’alcool.
Parce que, dans ma vie, la vraie victoire ne consistait pas à tuer mes ennemis : elle tenait à des moments comme celui-ci.
« Même si Père trouve ça pénible, je continuerai à créer ces petits souvenirs. »
Même si Hwa Moogi tirait son épée juste devant moi, je plaisanterais encore avec Père. Je créerais des souvenirs avec mes Suprêmes Démoniaques et avec mes subordonnés aussi.
Ainsi, je consolerais celui que j’étais autrefois, celui qui s’endormait seul, dans une solitude misérable, en ne rêvant que de ces instants. Une résolution que je gardais toujours au fond du cœur.
« Pas pour Père, mais pour moi. »
Parce que je savais bien que ce n’était qu’en le faisant pour moi-même que cela devenait vraiment quelque chose pour l’autre.
Je me tenais devant la fenêtre du couloir, à l’extérieur de la chambre de Père, les yeux rivés sur le ciel nocturne. Les nuages cachaient les étoiles et la lune.
Puis, comme une étoile filante, mon regard descendit vers la cour, plongée dans l’obscurité.
Lentement, je posai mon index sur mes lèvres et chuchotai :
« Chut. Père dort. »