Chapitre 477
Ma confiance ne s’adressait pas à mes ennemis.
C’était à mon père que je voulais dire cela.
Que j’avais une telle confiance en lui.
J’ignorais à quel point cela pourrait lui réchauffer le cœur.
Après tout, son enfant ne lui avait sans doute jamais dit pareille chose.
En aurait-il encore l’occasion, dans cette vie ?
« J’ai confiance en vous, Père. Alors je vais m’occuper des choses tranquillement, à ma manière. »
Voilà ce qui était au cœur de cette opération au Shaanxi.
Mais c’était ma façon de voir les choses. Mon père, lui, les voyait autrement.
« Va t’occuper du nettoyage. »
« Compris. »
Le visage de Hui s’illumina à cet ordre.
Le « nettoyage » consistait à effacer toute trace de la Bande des Cent Immortels.
Il fallait faire croire qu’ils avaient quitté les lieux et disparu.
Au bout du compte, la mission de Hui était d’assurer le retour sain et sauf de Père au Culte divin. En toute discrétion, sans attirer l’attention, exactement comme il le souhaitait. C’était sans doute pour cela qu’il avait espéré pouvoir lui-même lui en faire la demande.
J’avais envie de plaisanter.
Allez, pourquoi tant de prudence quand on veut affronter tout le Murim ?
Les mots me démangeaient, mais je me retins. Mieux valait ne rien dire qui ait un rapport avec l’unification du Murim.
Je parlai plutôt à Père de la situation présente.
« Ce résultat va faire sortir de l’ombre celui qui tire les ficelles. Il ne tardera pas à agir. Impossible qu’il renonce à la Famille du Dragon Doré, sa source de financement. »
Ils pourraient s’en prendre à moi ou à Père, ou tenter quelque chose d’imprévisible. Impossible de savoir comment ils allaient s’y prendre.
« Reste sur tes gardes. »
« Oui ! »
C’était lui qui détenait le pouvoir le plus redoutable de tout le Murim.
« Par hasard… est-ce que toute cette prudence serait à cause de moi ? Parce que vous vous inquiétez pour votre fils ? »
Et alors, je le vis.
Ce sourire en coin qui se dessinait au bord des lèvres de Père.
Depuis que nous avions quitté le Culte ensemble, nos rapports étaient au beau fixe. Peut-être était-ce pour cela que je n’avais pas vu ce sourire depuis un moment. J’avais oublié à quel point il me rendait heureux.
« Vous exagérez ! Vous ne pourriez pas au moins vous inquiéter un peu pour votre fils ? »
Sans un mot, Père s’approcha de la fenêtre et contempla le ciel.
Je regardai son dos, puis le ciel bleu et sans nuages qui s’étendait au-dessus de lui.
Il n’y avait rien de particulier à voir, pourtant la solitude qui émanait de nous deux se ressemblait.
Je sais très bien que vous faites ça pour moi.
Père n’était pas du genre à faire le ménage par souci pour qui que ce soit. Dans ce cas-là, il n’aurait même pas dégainé son épée.
Je resterai prudent. Ne vous inquiétez pas.
* * *
Geum Cheonbang baissa les yeux en silence sur le billet à ordre d’un million cinq cent mille nyang. Ce n’était pas qu’une somme d’argent. C’était le signe que le destin de chacun commençait à changer.
« Il a vraiment reçu cet argent de la Bande des Cent Immortels ? »
Surprise par la question de son père, Geum Arin lui répondit calmement :
« Pourquoi êtes-vous si étonné ? Vous me l’avez confiée parce que vous pensiez que je réussirais, non ? »
Elle regrettait de parler ainsi à son père. Car elle-même avait été bien plus stupéfaite.
« Et qu’en est-il de la Bande des Cent Immortels ? »
À ce regard incrédule, elle apporta une réponse encore plus sidérante.
« Il a dit qu’elle avait disparu de ce monde. »
Geum Cheonbang n’en croyait rien. Il lui avait confié cette tâche avec une lueur d’espoir, en se disant qu’il réussirait peut-être vraiment, comme il l’avait prétendu. Le gain potentiel était bien trop important pour être ignoré.
Mais avait-il réellement anéanti la bande et rapporté l’argent ?
« C’est impossible. »
Il devait y avoir une entourloupe.
« Et lui ? Pourquoi n’est-il pas venu ? »
Il voulait voir cet homme et l’interroger directement.
« Il est sous mes ordres. Cette mission était entièrement la mienne. Si vous avez des questions, posez-les-moi. »
Geum Arin était venue seule exprès. À partir de là, la lutte pour la succession entre son père et elle commençait.
« As-tu vérifié ce qui est arrivé à la Bande des Cent Immortels ? »
Geum Arin eut un bref mouvement de recul.
« Tu ne l’as pas fait, n’est-ce pas ? »
« J’ai confiance en mon subordonné. »
Mais ce n’était pas la véritable raison. Elle n’avait même pas songé à vérifier.
Était-ce parce qu’elle faisait confiance à Geommugeuk ?
Non. Il ne s’agissait pas de confiance.
Le résultat l’avait tellement bouleversée, elle était si accaparée par le fait qu’un homme du nom de Geommugeuk avait réussi, qu’elle avait complètement oublié d’envoyer quelqu’un vérifier ce qu’était devenue la Bande des Cent Immortels.
Comme il avait dit qu’elle avait disparu, elle avait présumé à la légère qu’ils avaient tous été tués. Mais si c’était un mensonge ? Si toute cette affaire avait été montée de concert par la Bande des Cent Immortels et Geomyeon ?
C’était peu probable, mais il n’en restait pas moins que ne pas avoir vérifié avait été une grave erreur.
Je ne peux pas laisser cela se reproduire.
Si elle y réfléchissait avec autant de sérieux, c’était parce qu’elle avait compris que cet homme, Geommugeuk, l’avait ensorcelée. Durant tout le trajet pour rejoindre son père, il n’avait occupé que ses pensées.
« J’ai autre chose à vous rapporter. »
Geum Arin informa son père de la mission que Geommugeuk lui avait confiée : il avait récupéré l’argent auprès des maisons de commerce rançonnées par la Bande des Cent Immortels et en avait gardé la moitié en paiement. La veille et le jour même, elle avait déjà rendu visite à chacune d’elles pour leur restituer le reste des fonds.
Geum Cheonbang ne fut pas le moins du monde surpris. Sa réaction lui apprit qu’il était déjà au courant. Naturellement, certains chefs de maisons de commerce qui lui avaient demandé de les aider à récupérer leur argent avaient dû le contacter séparément pour s’en assurer.
« Pourquoi ne me l’as-tu pas dit plus tôt ? »
« Je comptais vous en parler une fois le résultat connu. Même si un problème survenait ensuite, j’étais prête à en assumer la responsabilité. »
Elle avait parlé d’un ton sérieux, mais, en réalité, elle ne lui avait rien dit parce qu’elle craignait qu’il ne l’arrête. Si elle réussissait, c’était elle qui tirerait le plus grand bénéfice de la situation. Elle avait voulu lui présenter ses résultats une fois la tâche accomplie.
Ainsi, après avoir rendu leur argent à chacune des maisons de commerce, elle s’était rendue chez son père en dernier.
En entrant ici, elle avait marché comme un général victorieux.
Elle ne s’était pas attendue à être interrogée de la sorte. Même s’il ne lui disait pas « Bravo, ma fille », elle espérait au moins recevoir une marque de reconnaissance.
« Grâce à cela, de nombreuses maisons de commerce et sectes qui ont souffert de la Bande des Cent Immortels auront une profonde reconnaissance envers la famille principale. Si vous en tirez parti, les bénéfices seront considérables. Cet argent n’aura pas été dépensé en vain, n’est-ce pas ? »
Pourtant, son père resta glacial.
« Est-ce que j’ai commis une erreur ? »
Elle avait cru qu’il était en colère parce qu’elle ne l’avait pas prévenu, mais ce n’était pas le cas.
« Veux-tu devenir l’héritière ? »
Geum Cheonbang avait déjà compris pourquoi elle ne l’avait pas averti à l’avance.
Elle répondit honnêtement :
« Oui. »
Alors, tel un coup de tonnerre, son père prononça des paroles inimaginables.
« Renonce à devenir l’héritière. »
« ! »
Elle n’aurait jamais imaginé qu’il lui dirait une chose pareille aussi directement.
« Pourquoi ? »
Geum Cheonbang ne lui donna aucune explication.
« Va-t’en. »
« Père ! »
Geum Cheonbang regarda sa fille d’un air glacial. D’ordinaire, quand il se mettait en colère ainsi, elle prenait peur et se retirait sans discuter. Mais pas aujourd’hui.
« Êtes-vous en colère parce que je ne vous ai pas prévenu, ou parce que je convoite la place d’héritière ? »
Geum Cheonbang ne répondit pas.
« N’avez-vous jamais envisagé de faire de moi votre héritière ? »
Sa voix s’éleva, mais Geum Cheonbang garda le silence.
À ses oreilles, ce silence sonnait comme un aveu. Le ressentiment l’envahit.
Parce que je suis une fille ? Parce que je ne suis pas à la hauteur ? Parce que tu préfères mon frère ?
Ce ressentiment obscurcit son jugement.
« Je deviendrai l’héritière. Quoi qu’il arrive. »
Elle prononça ces mots comme une déclaration de guerre, puis quitta la pièce.
Le regard de Geum Cheonbang, toujours debout, le dos tourné, s’assombrit. Si elle l’avait vu, elle se serait dit : « Il y a donc vraiment une raison à tout cela. »
En sortant des quartiers de son père, Geum Arin s’arrêta au milieu de la cour et s’efforça de reprendre ses esprits. La douleur et la colère la submergeaient.
À cet instant, quelqu’un lui vint à l’esprit. Elle ignorait pourquoi elle pensait à lui dans un moment pareil, mais ses pieds la portèrent d’eux-mêmes vers ses quartiers.
Quand Geum Arin arriva, Geommugeuk se trouvait dans sa chambre.
« Avez-vous un moment ? »
« Bien sûr. Si vous me le demandez, je trouverai du temps même si je n’en ai pas. »
Les vêtements d’entraînement de Geommugeuk étaient trempés de sueur.
« Attendez un instant, je vais me laver et me changer. »
Geum Arin fut perplexe.
Qu’a-t-il bien pu faire là-dedans pour transpirer autant ?
Puis elle eut soudain un mouvement de recul.
Ne me dites pas que…
Debout dans la cour, elle ne put réprimer sa curiosité et entra dans le bâtiment.
Sans faire de bruit, elle remonta le couloir et arriva devant la chambre de Geommugeuk. Elle jeta un coup d’œil à l’intérieur par l’entrebâillement de la fenêtre. La pièce était vide. La literie soigneusement arrangée sur le lit inoccupé lui inspira un étrange soulagement.
Alors qu’elle s’apprêtait à s’éloigner, elle sursauta, stupéfaite.
Quelqu’un se tenait derrière elle, sans qu’elle ait remarqué son arrivée.
C’était Geom Woojin.
La vue de son regard posé droit sur elle la surprit tant qu’elle faillit crier.
« Ah, je ne vous espionnais pas, ou quoi que ce soit. Je suis venue voir Geomyeon. Il… euh… il est allé se laver, à l’instant. Non, ce n’est pas ce que je voulais dire… »
Décontenancée, elle se mit à bredouiller des paroles incohérentes.
« Entre et attends. »
« Non, je peux attendre dehors. Je vous verrai une prochaine fois. »
Elle baissa la tête et s’éloigna précipitamment, comme si elle fuyait.
Dans la cour, elle poussa un long soupir. Elle ne savait pas pourquoi il lui était si difficile d’affronter Geom Woojin. En plus, il l’avait surprise en train de regarder dans la chambre.
Un peu plus tard, Geommugeuk revint.
Dans son esprit, les vêtements d’entraînement propres qu’il portait à présent se superposèrent à ceux, maculés de sang, qu’il avait sur le dos le jour de son retour.
Laquelle de ces deux apparences est la vraie ?
Elle ne savait pas vraiment qui il était. Cette confusion, cette agitation, cette frustration l’avaient poussée à venir le trouver.
« Vous avez beaucoup transpiré. »
« Je m’entraînais aux arts martiaux. »
« Dans votre chambre ? »
« L’entraînement dans un espace confiné est en réalité plus difficile et épuise davantage le qi. Vous devriez essayer un jour, Dame. »
Bien sûr, ce n’était pas toute la vérité. Il venait d’achever son entraînement en utilisant la Technique de transfert spatio-temporel, puis même l’Art secret du Temps Céleste.
Il ne perdait pas la moindre minute. Pour Geommugeuk, le temps libre n’existait pas.
« Vous avez l’air abattue. Il s’est passé quelque chose ? »
Geum Arin lui fut reconnaissante de savoir lire son humeur avec autant de justesse. Grâce à lui, elle n’eut pas à chercher comment aborder le sujet : elle pouvait simplement lui dire pourquoi elle était venue.
« Tout cela n’a servi à rien. Mon père n’a pas l’intention de faire de moi son héritière. »
Geommugeuk ne manifesta aucune réaction particulière.
« Pourquoi n’êtes-vous pas surpris ? Ne me dites pas que vous aussi, vous pensiez que je ne deviendrais pas l’héritière ? »
Elle s’emporta, puis le regretta aussitôt. Elle comprit qu’elle s’en prenait à lui à cause de son propre sentiment d’infériorité. Geommugeuk, lui, resta calme.
« Si c’était facile, m’auriez-vous payé une somme aussi exorbitante pour vous aider ? »
En l’entendant, Geum Arin se calma. Il avait raison. Rien n’allait être facile. Elle s’était comportée comme si elle était déjà l’héritière.
« On dirait vraiment quelqu’un qui a traversé une lutte de succession brutale, alors que ce n’est pas le cas. »
Geommugeuk rit. Si elle savait à quoi avait ressemblé le combat contre son frère, elle comprendrait que sa propre lutte ne méritait même pas d’être qualifiée d’affrontement officiel.
« Pourriez-vous au moins me dire pourquoi je ne peux pas devenir l’héritière ? »
Geum Arin secoua la tête.
Il lui avait confié une organisation secrète. Cela prouvait clairement qu’il lui accordait une certaine confiance. Et pourtant, elle ne pouvait pas devenir l’héritière ?
Geommugeuk se demanda si cela avait un rapport avec ceux qui tiraient les ficelles.
Il l’avait compris après avoir rencontré Geum Arin. Elle ignorait où partait l’argent qu’elle avait gagné. Quant au deuxième fils, Geum Ajong, il semblait lui aussi entièrement absorbé par la lutte pour la succession.
Ceux qui tiraient les ficelles se trouvaient donc probablement auprès du chef de la Famille du Dragon Doré ou du fils aîné, Geum Ahyuk.
Où te caches-tu ?
À cet instant, un nouveau visiteur arriva.
C’était Geum Ajong, le deuxième fils.
« Que nous vaut cette visite, mon frère ? »
Quand il vint chercher Geommugeuk, Geum Arin se méfia aussitôt.
« Il y a des choses sur lesquelles les hommes s’entendent sans en parler à leurs petites sœurs. »
Geum Ajong regarda Geommugeuk en parlant.
« Vous n’avez pas oublié notre accord : nous devions boire un verre ensemble, n’est-ce pas ? »
Il ne pensait qu’à présenter cet escroc à son frère aîné, coûte que coûte. S’il pouvait se servir de cet homme pour nuire à la fois à sa petite sœur et à son frère aîné, il le porterait sur son dos et le promènerait dans tout le Shaanxi.
Mais avant de mettre son plan à exécution, il devait dissiper un doute qui lui trottait dans la tête. Il était venu ce jour-là bien décidé à obtenir une réponse.
« Et si on buvait ce soir ? »
« Ça me va. Allons-y. »
Geommugeuk accepta l’invitation sans hésiter.
« Je viens aussi. »
Elle ne voulait pas laisser Geommugeuk seul avec son frère. Elle n’avait aucune idée du genre de manigance que Geum Ajong pourrait tenter.
Mais Geum Ajong l’écarta.
« C’était un rendez-vous convenu à l’avance. »
Elle lança à Geommugeuk un regard suppliant, mais il fit semblant de ne pas le remarquer. Il serait de toute façon plus facile de s’occuper de Geum Ajong en tête à tête.
* * *
Ainsi commença une soirée de beuverie entre eux deux seulement.
Comme chacun avait un objectif bien précis, l’atmosphère autour de la table était étonnamment détendue.
Geommugeuk savait parfaitement que Geum Ajong le prenait pour un escroc.
À l’époque, Lee Chui, le subordonné de Geum Ajong, était venu inspecter la voiture et s’était fait prendre par Geommugeuk, qui avait retourné la situation à son avantage. Il s’en était servi pour faire croire à Geum Ajong qu’il était bel et bien un escroc.
À ce moment-là, Lee Chui avait rapporté à Geum Ajong qu’il avait surpris une conversation où l’on parlait de plumer la famille et de faire fortune.
Voilà pourquoi Geum Ajong était à présent convaincu qu’il avait affaire à un escroc.
De son côté, Lee Chui avait secrètement rapporté à Geommugeuk les intentions de Geum Ajong.
— Il compte vous présenter au Grand Jeune Maître et le ruiner.
Geum Ajong leva bien haut sa coupe et déclara :
« Si vous avez encore de vieilles rancunes contre moi, oubliez-les. »
À cette remarque, Geommugeuk répondit comme si elle ne l’avait pas le moins du monde dérangé.
« S’il y a de vieilles rancunes, bâtissons de nouveaux liens par-dessus et enterrons-les. »
« Quelle belle formule ! »
« Alors, trinquons ! »
Et tous deux se mirent à boire de bon cœur.
Geommugeuk étala ses talents de buveur, enchaînant les coupes. Il savait que l’autre cherchait à le saouler pour lui tirer les vers du nez, alors il jouait le jeu.
Après avoir bu un moment, lorsque Geommugeuk commença à bredouiller comme s’il était ivre, Geum Ajong lui demanda d’un ton détaché :
« Qu’avez-vous fait des Punaises d’argent, à l’époque ? »
C’était la question qu’il devait éclaircir.
Il devait bien y avoir une raison pour que ces types féroces soient soudain devenus dociles et aient tout nettoyé sans broncher.
Il ne pouvait pas obtenir de réponse directement des Punaises d’argent. Leur orgueil avait pris un sacré coup et, s’il abordait le sujet, ils risquaient de sortir leur lame. À moins que son père ne le leur demande, ils n’avaient aucune raison de lui répondre franchement.
Ces escrocs étaient-ils vraiment si doués, ou avaient-ils utilisé une autre ruse ?
Geum Ajong était déterminé à le découvrir. Même quand on cuisine, il faut au moins savoir quels ingrédients on utilise.
« Ça vous intrigue ? »
« Bien sûr. Tout ça appartient au passé. Vous pouvez bien me le dire, non ? »
Le visage rougi par l’alcool, Geommugeuk leva le poing.
« C’est ça. Quelle autre raison pourrait-il y avoir ? »
Si c’était vrai, alors une inquiétude s’imposait.
Et s’il ne partait pas après avoir fait fortune avec son frère ? Et s’il essayait de s’emparer de toute la famille ? Et si ces escrocs étaient vraiment si doués ?
C’est alors que la transmission vocale de Lee Chui lui parvint. Pendant l’absence de Geommugeuk, il était allé fouiller ses quartiers.
— J’ai trouvé des flacons de médicaments vides dans ses quartiers. J’ai examiné les résidus, et je connais cette substance.
— De quel médicament s’agit-il ?
— Avez-vous déjà entendu parler de la Pluie Noire ?
Geum Ajong en avait entendu parler. L’Alliance des voies démoniaques avait concocté un Poison disperseur d’énergie terrifiant qui portait justement ce nom : la Pluie Noire.
Voilà. Leur énergie interne avait été anéantie, ce qui expliquait pourquoi les Punaises d’argent n’avaient pas pu résister.
Le secret venait d’être révélé !
Tout s’éclairait. Comme si le destin lui-même soutenait sa prétention à la succession, Geommugeuk lui posa nonchalamment une question.
« Quel genre d’homme est le Grand Jeune Maître ? »
Libre de ses mouvements et prêt à passer à l’étape suivante de son plan, Geum Ajong eut un sourire radieux.
Quel adorable petit escroc !