Chapitre 473
Geum Arin en fit l’expérience pour la première fois.
Elle découvrit qu’une intention meurtrière pouvait être aussi calme.
« Tu comptes tous les tuer, pas vrai ? »
Elle comprit alors.
Pourquoi Geommugeuk avait accepté la requête de son père et exigé la moitié de la somme. Pourquoi il lui avait demandé d’avertir les autres maisons de commerce et les sectes qu’il réclamerait également le remboursement de leurs dettes.
« S’il ne s’agissait que d’argent de poche, peut-être. Mais ils ne te remettront jamais une somme pareille sans se battre, et tu le sais. »
Geommugeuk prit alors la parole.
« Le problème, ce n’est pas de récupérer l’argent. Le vrai problème viendra après. »
« Qu’est-ce que tu veux dire ? »
« Tu l’as dit toi-même, non ? Ils sont du genre à se venger en exterminant toute une famille. À ton avis, que feront-ils s’ils perdent autant d’argent ? »
« Ils riposteront, c’est certain. »
Geommugeuk acquiesça calmement.
« Ce n’est pas moi qui les tue. C’est la manière dont ils ont vécu qui les tue. »
Elle sut alors que son intuition ne l’avait pas trompée. Une question lui restait pourtant :
« Comment ? »
Cet homme était-il à lui seul assez fort pour anéantir la Bande des Cent Immortels ?
Geommugeuk lui dit :
« Maintenant, va récupérer tout ce que tu peux. À toi de les convaincre. Considère que cela fait partie du chemin qui te mènera à la succession. »
Geommugeuk lui tendit une feuille où figuraient les noms des maisons de commerce et des sectes, puis la poussa vers la sortie.
« Pars tout de suite. Commence par ceux qui doivent le plus. »
« Attends, ne me pousse pas. On peut encore discuter un peu. »
« J’ai beaucoup à faire. La nuit, je suis un homme très occupé. »
Et voilà qu’elle se retrouvait dehors, chassée de la pièce.
De l’autre côté de la porte close, elle éleva la voix.
« C’est moi, la cheffe. C’est moi qui donne les ordres. »
Avez-vous déjà été mise à la porte par un subordonné qui vous avait coûté deux millions de nyang ?
La voix de Geommugeuk lui parvint alors depuis l’intérieur.
« Rester assise à donner des ordres ne rend pas une cheffe très impressionnante. Allez, cheffe, du balai. »
Durant les quelques jours qui suivirent, Geum Arin se rendit avec assiduité dans les maisons de commerce et les sectes.
Comme Geommugeuk le lui avait conseillé, elle agit en secret, obtint leur accord et régla l’affaire discrètement.
« Je compte récupérer l’argent que doit la Bande des Cent Immortels. Je réglerai aussi votre créance au passage ; en échange, vous nous en donnerez la moitié comme commission. »
Si elle avait exigé des contrats écrits, ils auraient refusé. Ils craignaient les représailles de la Bande des Cent Immortels. Mais elle ne leur demanda aucun contrat. Elle se contenta de vérifier les reconnaissances de dette pour confirmer les sommes prêtées.
Une promesse orale, c’était facile. S’ils niaient ensuite, tant pis. Ils pourraient toujours prétendre que la Famille du Dragon Doré les avait entraînés là-dedans pour justifier leurs actes.
Si quelqu’un d’autre leur avait fait cette demande, ils n’auraient jamais accepté, même oralement.
Mais si cette personne appartenait à la Famille du Dragon Doré ? La famille la plus riche du Shaanxi et l’une des cinq — non, des trois — plus grandes des Plaines centrales ? Et si une parente de sang de la Famille du Dragon Doré venait en personne leur faire cette promesse ?
Tous placèrent leurs espoirs en elle. Elle ne se serait sûrement pas lancée si les chances de réussite n’étaient pas réelles.
C’est ainsi que Geum Arin obtint l’accord de ceux à qui l’on avait extorqué de grosses sommes. Certains avaient vu leur foyer ruiné par les prélèvements répétés de ces salauds. Ils fondèrent leurs espoirs sur sa promesse.
À son retour, Geum Arin remit une feuille indiquant les montants prêtés par les maisons de commerce et les sectes.
« Alors, quel est ton plan ? »
Geommugeuk se leva.
« Je pars. »
Geum Arin se plaça devant lui.
Il comptait vraiment y aller seul, dans un repaire de scélérats, pour affronter près d’une centaine de maîtres d’arts martiaux d’élite.
« Tu partiras quoi que je dise, pas vrai ? »
Elle aurait voulu l’accompagner. Mais elle savait bien qu’elle ne ferait que l’encombrer.
« Gagner de l’argent, c’est si difficile que ça, hein ? »
Sur ces mots, Geommugeuk se détourna et partit.
Elle ne trouva rien à lui répondre. D’ordinaire, elle lui aurait dit de « faire attention », mais une autre pensée ne cessait de lui revenir et l’en empêchait.
« Je préférerais que tu t’enfuies, tout simplement. »
Étonnamment, c’était ce qu’elle avait envie de lui dire.
Même si cela signifiait qu’elle ne pourrait jamais devenir son successeur, même si elle devait porter toute sa vie la marque de celle à qui on avait soutiré deux millions de nyang.
Alors pourquoi voulait-elle lui dire une chose pareille ?
Oui, cet homme… Au moins, il ne devait pas mourir sous les coups de scélérats comme ceux de la Bande des Cent Immortels. Ces ordures ne devaient pas déchirer son sourire lumineux et détendu.
Geum Arin soupira et regarda par la fenêtre.
Elle avait le pressentiment que l’attente de son retour lui semblerait interminable. Elle regrettait de ne pas lui avoir dit au moins ceci :
« Oublie l’argent. Reviens-moi sain et sauf. »
* * *
« Quelqu’un de la Famille du Dragon Doré est arrivé. »
À cette annonce d’un subordonné, Yeom Je, chef de la Bande des Cent Immortels, releva la tête.
Avec sa longue barbe et sa robe blanche, il ressemblait vraiment à un immortel.
Mais ni sa barbe blanche et majestueuse ni ses vêtements ne parvenaient à dissimuler l’éclat froid et rusé de son regard.
S’il avait vraiment eu le cœur d’un immortel, il n’aurait pas pris pour subordonnés les scélérats réunis dans cette grande salle.
De plus, il aurait déjà été tué à plusieurs reprises par l’un des hommes présents. Cet endroit était un enfer, où nul autre qu’un démon ne pouvait survivre.
« Qui est venu ? »
« Un jeune blanc-bec. Je ne l’ai jamais vu. »
Yeom Je inclina légèrement la tête. La Famille du Dragon Doré leur envoyait un inconnu ?
« Qu’a-t-il dit sur la raison de sa visite ? »
« Il a dit qu’il vous l’expliquerait en personne. »
« Trouve une excuse et renvoie-le. »
« Bien, chef. »
Yeom Je était contrarié. Même si le chef de la famille s’était présenté en personne, il aurait peut-être refusé de le recevoir. Et voilà qu’on lui envoyait un bleu dont il ne connaissait même pas le visage ! Peu importait la raison de sa visite : il était déjà de mauvaise humeur.
« On dirait qu’il va falloir remettre un peu d’ordre dans la Famille du Dragon Doré. »
Le Premier Immortel, assis au pied du Trône du Zénith Céleste, lui répondit :
« Je dirai au chef de famille de venir en personne prochainement. »
À côté du Premier Immortel se tenaient neuf autres hommes, alignés. C’étaient les Dix Immortels, toujours aux côtés de Yeom Je. Ils occupaient les dix premiers rangs de la hiérarchie de la Bande des Cent Immortels.
Mais ils n’étaient pas les seuls présents ce jour-là. La vaste Grande Salle était remplie des Immortels de la Bande des Cent Immortels.
« Le rapport du dix-septième rang est terminé ! »
C’était le jour du bilan de fin de mois. Chaque membre rendait compte de ses gains et les remettait à Yeom Je. Une fois les comptes terminés, on passerait au banquet et aux boissons.
Yeom Je organisait exprès ces rassemblements pour attiser la rivalité.
La Bande des Cent Immortels était une organisation strictement hiérarchisée.
Sous les ordres du chef de bande venaient les Dix Immortels, puis les Immortels du onzième au quatre-vingt-dix-neuvième rang, chacun occupant une place déterminée.
Yeom Je avait solidement établi ce système de rangs. C’était à la fois la plus grande force de la Bande des Cent Immortels et le fondement même de l’augmentation de ses profits.
Le désir de gravir les échelons.
Plus leur rang était élevé, plus leur part des profits était importante. Tous s’efforçaient donc de s’illustrer et de monter dans la hiérarchie. Les rangs étaient révisés une fois par an.
Et, à cet instant, tout commença. Une seule phrase retentit, qui allait bouleverser le destin de toutes les personnes présentes.
« Vous en avez, de l’argent. »
Tous se tournèrent vers la voix inconnue qui résonnait dans la Grande Salle.
Un jeune homme avait parlé en contemplant les piles de reconnaissances de dette rassemblées pour le bilan.
« Avec tout cet argent, pourquoi ne remboursez-vous pas vos dettes ? »
Un Immortel, tout près, demanda, surpris :
« Qui êtes-vous ? »
Personne n’avait remarqué l’arrivée de l’inconnu, ni qu’il s’était mêlé à eux. Certes, ils étaient occupés par les comptes, mais, vu leur niveau martial, cela aurait dû être impossible. Sur une centaine de guerriers, au moins un aurait dû le repérer.
Sous le regard de tous, le jeune homme avança vers le centre de la salle.
Puis il salua respectueusement Yeom Je, assis sur le Trône du Zénith Céleste.
« Je salue le chef de bande. Je suis Geom Yeon, de la Famille du Dragon Doré. »
À la mention de la Famille du Dragon Doré, la tension retomba aussitôt dans la salle. On entendit çà et là des exclamations comme : « Ouf, quelle peur ! »
Après tout, dès qu’il s’était présenté, le mystérieux expert n’était plus qu’un simple guerrier envoyé par la Famille du Dragon Doré.
Mais Yeom Je, le chef de bande, ne se détendit pas. Même dans le brouhaha, le fait qu’il n’ait pas remarqué lui-même l’entrée du jeune homme le préoccupait.
Et si c’était un assassin ?
Cela signifiait qu’on aurait pu le prendre par surprise à n’importe quel moment.
Il leva la main pour empêcher le Premier Immortel d’avancer, puis interrogea Geom Yeon lui-même. Si le jeune homme appartenait à la Famille du Dragon Doré, autant régler l’affaire directement.
« Je ne vous ai jamais vu. »
« J’ai récemment noué des liens avec la Famille du Dragon Doré. »
Yeom Je trouva cela étrange. Ils avaient envoyé quelqu’un qui venait tout juste de rejoindre leurs rangs ? Cela ne s’était encore jamais produit.
« Que me vaut votre visite ? »
Tous les regards convergèrent vers Geom Yeon. Personne n’aurait pu deviner ce qui allait sortir de sa bouche.
« Je suis venu récupérer l’argent que vous avez emprunté. »
Un lourd silence s’abattit sur la salle.
Était-il fou ? Avait-on bien entendu ?
Ces deux pensées envahirent la pièce, puis quelqu’un éclata de rire. Son rire se propagea aussitôt et jaillit bientôt de toutes parts.
Voilà longtemps que personne n’avait osé venir leur réclamer de l’argent en personne. Quelle malchance ! Il avait fallu qu’il débarque le jour du bilan, alors que tout le monde était réuni.
« Vous avez accumulé trois millions de nyang de dettes. Avec les intérêts, la somme serait plus élevée, mais je me contenterai du principal. »
La salle éclata de nouveau de rire.
Yeom Je se surprit même à penser :
Ils l’ont envoyé ici pour qu’il se fasse tuer ?
Peut-être que le chef de la Famille du Dragon Doré ne voulait pas se salir les mains. Voilà qui expliquerait une initiative aussi téméraire. Sinon, pourquoi aurait-il fait une chose aussi stupide ? Quel genre d’homme était-ce donc ?
« Et vous, qui êtes-vous au juste ? »
« Je suis Geom Yeon. Yeon comme la fumée, pas comme le destin. Quand le destin s’achève, la fumée devrait se dissiper, mais il arrive que des regrets persistent. Comme l’ivresse de celui qui aime le vin et voudrait rester encore un peu dans cette douce chaleur. Mais aujourd’hui, je crois que je disparaîtrai sans regret. »
Mais qu’est-ce que c’était que ce charabia ?
Tous échangèrent des regards perplexes. Leurs yeux reflétaient des émotions diverses, mais l’une d’elles dominait :
Un fou venait d’arriver !
C’est pourquoi leurs regards brillaient d’impatience. Comment allaient-ils pouvoir s’amuser avec lui ?
Tout semblait insignifiant, pourtant Yeom Je éprouvait un étrange malaise.
Parce que la situation était inédite. Pourquoi aujourd’hui, justement, le jour du bilan, alors que tout le monde était réuni ?
« Vous savez seulement où vous êtes ? »
« N’est-ce pas l’endroit où s’ébattent une centaine d’Immortels ? »
Geom Yeon baissa légèrement la voix.
« Entre nous, vous ne trouvez pas qu’il est un peu exagéré de vous appeler Immortels alors que vous n’en êtes pas ? J’ai entendu dire que vous aviez commis quantité d’atrocités. »
À en juger par son insolence, ils l’avaient vraiment envoyé ici pour qu’il se fasse tuer.
Yeom Je adressa un geste discret à l’un de ses hommes.
C’était le Quatre-vingt-dix-neuvième Immortel, le dernier de la hiérarchie. Dans ce genre de situation, Yeom Je donnait toujours ses ordres en respectant scrupuleusement les rangs.
« Qu’est-ce que tu racontes, espèce de grande gueule ? »
Le Quatre-vingt-dix-neuvième Immortel s’avança d’un pas assuré. C’était l’occasion rêvée de se faire bien voir du chef de bande et de se débarrasser de son titre de dernier de la hiérarchie.
Bien sûr, les choses ne se passèrent pas comme il l’espérait. Geom Yeon lui demanda son nom.
« Quel est votre nom, Immortel ? »
« Pourquoi tu me le demandes ? »
« J’ai quelque chose à vérifier. »
Geom Yeon sortit une reconnaissance de dette de son vêtement. Elle s’élevait à cent mille nyang.
« Si vous me répondez, je vous la donne. »
Cent mille nyang, juste pour lui donner son nom ? Personne ne pouvait croire une chose pareille à la légère.
« Tu te fiches de moi avec un faux billet ? »
La main du Quatre-vingt-dix-neuvième Immortel remonta d’elle-même vers la poignée de son épée.
« Elle est authentique. Qu’avez-vous à perdre ? Si elle est vraie, vous me donnez votre nom et repartez avec cent mille nyang. Si elle est fausse, vous aurez une excellente raison de me punir. »
Il jeta un regard à Geom Yeon, puis à la reconnaissance de dette, avant de se tourner vers Yeom Je. Celui-ci acquiesça : vas-y.
« Je m’appelle Jo Goong. »
Geom Yeon sortit alors une feuille et la consulta.
« Jo Goong, Jo Goong… Ah, vous voilà. Vous avez emprunté de l’argent à un ami de votre ville natale, puis refusé de le rembourser. À la place, vous l’avez tué et avez pris la fuite. Vous avez mené une vie d’errance avant de vous entraîner auprès d’un vagabond martial. Plus tard, vous avez rejoint le Trio aux Yeux Noirs, assassiné deux frères, puis pris de nouveau la fuite. On dirait que notre Immortel a un don pour poignarder ses proches dans le dos. »
Le regard de Jo Goong se glaça. Son adversaire était venu en sachant exactement qui il était.
« Qu’est-ce que tu manigances ? »
Son regard débordait désormais d’intentions meurtrières.
« Je vérifie si ce qui est écrit ici est vrai. J’ai confiance en ces renseignements, mais je voulais en confirmer au moins un de mes propres yeux, pour avoir l’esprit tranquille. »
L’un des Dix Immortels, debout derrière lui, prit alors la parole.
« C’est faux. Il ne s’est pas contenté de tuer les frères : il a exterminé toute leur famille pour ne laisser aucun témoin. »
Jo Goong ne manifesta pas la moindre honte. Tous ceux qui se trouvaient là étaient pareils. En vérité, plus on était malfaisant et méprisable, plus on avait de chances de survivre.
Jo Goong dégaina son épée et s’avança vers Geom Yeon.
« Tu as trop parlé. Cette langue-là — et ces cent mille nyang — sont à moi. »
Il lança une attaque d’assassin. Sa lame fila droit vers la bouche de Geom Yeon, dans le but évident de lui trancher la langue.
Mais la langue de Geom Yeon n’était pas à portée de l’épée de Jo Goong.
Geom Yeon esquiva la lame qui fonçait sur lui et riposta d’un geste léger.
D’un seul coup, il transperça le cœur de Jo Goong, qui s’effondra, mort sur le coup.
Une odeur de sang envahit l’air et le silence recouvrit la salle.
La technique dont venait de faire preuve Geom Yeon était d’une banalité absolue. Il n’avait utilisé aucune forme particulière pour tuer : il s’était contenté d’esquiver l’attaque, puis de frapper de son épée.
Les réactions furent donc partagées, selon le niveau de chacun.
Il est mort d’une attaque pareille ?
Il a tué Jo Goong avec un mouvement aussi ordinaire ?
Bien sûr, personne ici n’avait réellement peur. Après tout, seul le moins bien classé avait péri, le Quatre-vingt-dix-neuvième Immortel, et il en restait encore quatre-vingt-dix-neuf.
Geom Yeon joignit les poings et s’adressa à Yeom Je.
« Veuillez m’excuser. Comme vous l’avez vu, je n’avais pas d’autre choix. »
Yeom Je lui répondit d’un ton calme.
« Ce n’est rien. Quand des hommes armés d’épées se rassemblent, il est naturel qu’un peu de sang coule. »
« Vous êtes vraiment généreux. Si vous me rendez simplement l’argent emprunté, je repartirai aussitôt. »
Mais Yeom Je n’était pas du genre à remettre trois millions de nyang sous prétexte qu’un de ses hommes venait de mourir.
« J’avais l’intention de vous rembourser. Mais la maison mère traverse une période difficile, j’ai donc dû repousser l’échéance. Retournez dire au chef de famille que je rendrai l’argent bientôt. »
Bien sûr, il n’en avait pas la moindre intention. Il allait tuer cet homme, quoi qu’il arrive, et la Famille du Dragon Doré devrait régler l’affaire avec de l’argent. Elle aurait à préparer une somme bien supérieure à tout ce qu’elle lui avait déjà versé.
Il aurait été préférable que Geom Yeon se contente de dire : « Comme vous voudrez », puis s’en aille.
À la place, Geom Yeon tourna la tête vers les piles de reconnaissances de dette.
« Il y a beaucoup d’argent, là-bas, non ? Voyons… Si vous avez amassé de telles sommes chaque mois, votre trésor doit déborder. »
À la mention du trésor, le visage de Yeom Je tressaillit.
« Pourquoi ne pas simplement payer ? »
Les mots le mettre en pièces remontèrent jusqu’à la gorge de Yeom Je, mais il les ravala. Son instinct le mettait en garde. Pas encore. Même s’il le tuait, il le ferait plus tard. Cet homme n’avait-il pas quelque chose d’étrange, à bien y regarder ?
Yeom Je sourit en balayant ses subordonnés du regard.
« Comme vous le voyez, j’ai beaucoup de bouches à nourrir. »
Les Immortels dévisagèrent Geom Yeon, des sourires narquois et rusés aux lèvres.
Geom Yeon les regarda et proposa une solution.
« Rien de plus facile. »
Tout en dégainant lentement son épée, il ajouta :
« Réduisons le nombre de bouches. »