Chapitre 448
Ils étaient tous de mèche.
L’escroc qui faisait étalage de son adresse, les gens qui misaient leur argent, les complices qui mettaient l’ambiance autour de lui, et même le rabatteur qui nous avait amenés ici : ils étaient tous dans le coup.
Tous les autres étaient soit des gens qui avaient déjà perdu leur argent, soit des gens qui n’allaient pas tarder à le perdre.
« Bien, si vous devinez sous quel bol se trouve le dé, vous remportez le triple de votre mise ! »
L’escroc était un homme de petite taille, d’âge mûr, mais son regard était aussi perçant que celui de n’importe quel artiste martial.
Mon père me demanda :
« Tu as de l’argent ? »
« Tu n’en as pas ? »
Il hocha la tête.
« Je ne me promène pas avec de l’argent sur moi. »
Ce n’était pas faux. Le Démon Céleste n’avait aucune raison de sortir une bourse.
Impossible de laisser passer cette occasion si rare de taquiner mon père.
« Si tu me perds, moi et oncle Hui, tu n’auras même plus personne pour t’acheter à manger. Tu devras donc soit filer sans payer, soit laisser ton épée en gage pour pouvoir manger. »
Rien que d’imaginer mon père dans cette situation m’amusait.
« Tu as fini de te moquer de moi ? Donne-moi de l’argent. »
Mon père tendit la main.
Je sortis un nyang de la bourse glissée dans ma robe et le lui tendis.
« Faites vos jeux ! Cet homme est le Dieu de l’Épée et le Dieu de la guerre de cette ruelle. Sa main va plus vite que nos yeux ! »
Bien sûr, aucune main n’était assez rapide pour tromper les yeux de mon père. Mais ça, c’était pour que les escrocs l’entendent.
« Bon, je vais les mélanger. »
L’homme souleva chaque bol l’un après l’autre pour montrer qu’ils étaient vides, puis glissa le dé sous l’un d’eux.
Il le souleva, le reposa, le déplaça ici et là. Ses gestes n’étaient pas particulièrement rapides, ce qui les rendait d’une certaine façon encore plus déroutants et suspects.
Enfin, la main de l’homme s’immobilisa.
« Bien, sur lequel voulez-vous miser ? »
Mon père posa un nyang devant le bol du milieu.
C’était peut-être la première fois de sa vie qu’il jouait aux dés dans la rue.
« Quelqu’un d’autre veut miser ? Alors, je vous le montre. »
Quand l’homme souleva le bol du milieu, le dé était là.
Sa main n’allait pas plus vite que l’œil.
« Vous avez un sacré regard. »
L’escroc gardait un air détendu.
N’avait-il pas encore dévoilé toute sa technique ? Ou était-ce une stratégie consistant à laisser les gens gagner un peu au début avant de les dépouiller jusqu’au dernier sou ?
Le rabatteur qui recrutait les joueurs s’approcha et flatta mon père sans raison.
« Artiste martial, votre regard est vraiment perçant. »
Mon père ne lui accorda même pas un regard. Ce qui l’intéressait désormais, c’étaient ces trois bols blancs.
« Bien, on recommence ! »
L’escroc mélangea de nouveau les dés. Le dé passa rapidement d’un bol à l’autre.
Cette fois, mon père choisit celui de droite.
« Quelqu’un d’autre veut miser ? »
Une fois encore, mon père fut le seul à miser.
Quand il souleva le bol qu’il avait choisi, le dé était dessous.
En voyant mon père deviner juste plusieurs fois de suite, les spectateurs laissèrent échapper des exclamations étouffées.
Mon père fit son troisième choix.
Il choisit encore le bol qui cachait le dé.
C’est alors que je le vis : l’escroc affichait une légère expression de surprise.
Il avait clairement essayé d’induire mon père en erreur pour le pousser à choisir le mauvais bol, mais ça n’avait pas marché.
Au même instant, je remarquai autre chose : un sourire joyeux se dessinait au coin des lèvres de mon père. Il s’amusait vraiment avec ces gens.
« Père ! Ça fait trois victoires d’affilée ! »
Même les spectateurs commencèrent à s’y intéresser sérieusement.
L’escroc se remit à mélanger les dés. Cette fois, ses gestes étaient encore plus prudents.
« Il a encore deviné juste ! »
Des acclamations admiratives jaillirent de la foule. Cette fois, ce n’étaient plus des complices, mais de véritables spectateurs.
Du rabatteur aux complices, leur panique était désormais évidente. Cet escroc n’avait probablement jamais laissé qui que ce soit gagner quatre fois de suite.
Tandis que leurs regards fusaient d’un côté à l’autre, les dés furent de nouveau mélangés.
Pour la cinquième manche, d’autres commencèrent à miser en suivant l’exemple de mon père.
Et mon père devina encore juste. Les applaudissements fusèrent de toutes parts. Même les passants s’étaient attroupés pour regarder.
Jusqu’ici, mon père n’avait reçu que des regards empreints de respect et de crainte. Avait-il déjà été la cible de regards aussi pleins d’espoir, lancés par de simples badauds ? Bien sûr que non. Ces gens n’auraient jamais osé s’approcher autant de lui.
« Bien, on recommence ! »
Mon père s’amusait vraiment. S’il leur en avait voulu, il n’aurait pas continué à miser un nyang à la fois.
Il aurait pu leur faire subir bien pire.
Et s’il avait perdu exprès au début, misant dix nyang, puis vingt, avant de sortir soudain un billet à ordre de mille nyang ? Et s’il avait ensuite deviné juste ?
Le problème n’aurait pas été seulement la somme qu’ils auraient perdue : en essayant de ne pas payer, ils auraient pu y laisser la vie.
Mais mon père n’en fit rien. Il continua simplement à miser un nyang à la fois.
Quand il devina juste à la sixième manche, la foule rugit. Et lorsqu’il remporta aussi la septième, le visage de l’escroc se figea complètement.
Finalement, le rabatteur s’approcha et lui murmura :
« Euh… monsieur, si on s’arrêtait là ? »
Mon père le regarda. Quelles pensées pouvait-il bien avoir au sujet de ces gens ?
Je l’ignorais. Mais une chose était claire : il n’avait pas fait ça pour les tourmenter. Il s’était littéralement joint au jeu pour s’amuser.
« D’accord. »
Mon père me tendit l’argent qu’il avait gagné jusque-là.
« On dînera avec ça. »
« Avec une telle somme, on pourrait se payer un festin. »
C’est alors que l’escroc prit la parole.
« Et si on jouait une dernière manche, en misant tout ce que vous avez gagné aujourd’hui ? »
À ces mots, le rabatteur tressaillit de surprise et se hâta de lui murmurer quelque chose. Il semblait lui dire de ne pas s’emporter et d’en rester là, mais l’escroc ne céda pas.
Mon père ne pouvait pas refuser une occasion pareille.
« Mélangez-les. »
Vu l’enjeu, l’escroc allait-il sortir sa technique secrète ? Une astuce qui lui garantissait de ne pas perdre.
Trois bols retournés.
Mon père choisit celui du milieu. Comme il risquait tous ses gains, la somme était considérable.
À en juger par l’air excessivement détendu de l’escroc, le dé ne se trouvait clairement pas sous le bol du milieu.
« Bien, je vais vous le montrer. »
Quand l’homme souleva le bol du milieu, ses yeux s’écarquillèrent.
Le dé, qui n’aurait pas dû se trouver là, était bien à sa place.
Même sa technique ultime avait échoué.
L’escroc, le rabatteur et la foule semblaient tous stupéfaits. Personne ne s’était attendu à ce qu’il devine juste, même cette fois. Les spectateurs éclatèrent en acclamations.
« Comme prévu ! Père, tu es le meilleur ! »
Je me tournai vers l’escroc et lui lançai :
« Maintenant, paye. »
Pendant un instant, l’escroc resta hébété sans rien dire.
« Un instant, s’il vous plaît. »
Le regard du rabatteur s’agitait nerveusement. S’ils hésitaient maintenant, regrettant l’argent qu’ils devaient céder, leur destin basculerait à cet instant même.
Finalement, l’escroc sortit une bourse de sa robe et nous tendit l’argent.
« Le voilà. »
Il avait perdu la partie où l’argent était en jeu, mais gagné celle où sa vie l’était.
« Comment avez-vous fait ça ? »
Mon père prit l’argent et répondit :
« Avez-vous déjà révélé vos astuces à quelqu’un ? Moi non plus. »
La réponse de mon père me fit éclater de rire. C’était la première fois que je l’entendais parler ainsi à un escroc.
Mais ce ne fut pas tout.
Mon père rendit la moitié de l’argent à l’escroc.
« Pourquoi me rendre la moitié ? »
Mon père lui répondit à voix basse :
« Il y aura parfois des gens qu’il faudra laisser partir en leur rendant leur argent. Quand ce moment viendra, rends-leur la moitié et laisse-les s’en aller. »
À cet instant, le regard de mon père changea. Le doux regard qu’il avait eu en jouant avec les escrocs avait disparu.
À sa place, un regard si lourd qu’un simple escroc ne pouvait le soutenir.
Dès qu’il croisa ses yeux, l’escroc baissa la tête.
« Je tiendrai cette promesse, quoi qu’il arrive ! »
Nous nous remîmes en route, laissant derrière nous l’homme qui s’était profondément incliné.
« Tu as été incroyable. »
« Incroyable ? Allons donc. Il ne tiendra pas cette promesse de toute façon. »
Mon père ne croyait manifestement pas au serment de l’escroc.
« Si, il la tiendra. »
« Peut-être une ou deux fois. Mais il finira par oublier la peur qu’il a ressentie à l’instant. »
Mon père ne croyait pas aux gens, pour commencer. Encore moins à un escroc des rues.
Tu as raison, père. C’est peut-être ainsi que les choses tourneront. Mais peut-être qu’il tiendra cette promesse toute sa vie. Tu dis ça parce que tu ignores à quel point ton regard peut être terrifiant.
« Alors, pourquoi lui avoir donné sa chance ? »
Après un court silence, mon père répondit :
« Parce que j’étais de bonne humeur, aujourd’hui. »
À ces mots, je m’arrêtai net.
Qui pouvait être de meilleure humeur que moi ?
Je n’avais jamais vu mon père aussi heureux. C’était moi qui l’avais vu. C’était moi qui l’avais entendu exprimer ce qu’il ressentait.
« Puisque j’ai gagné de l’argent, je vous invite à dîner. »
« Et si on achetait à manger pour le dîner et qu’on le prenait dans la voiture ? »
Mon père me regarda, puis hocha la tête.
Il avait compris ce que je voulais dire.
L’escroc avait cédé sans difficulté, mais le rabatteur ne laisserait peut-être pas si facilement filer cet argent. Il pourrait envoyer des voyous à nos trousses pendant la nuit. Sans compter qu’ils avaient vu que notre bourse était pleine.
Et si nous nous occupions de ces hommes, quelqu’un d’autre tirerait les ficelles derrière eux. Alors, la situation que redoutait le Stratège en chef pourrait se produire. Il y a toujours quelqu’un derrière celui qui tire les ficelles.
Nous risquions inévitablement de nous retrouver mêlés à ce genre d’affaires au cours de notre voyage, mais pas maintenant. Nous n’en étions qu’au deuxième jour.
Père, peu importe à quel point le destin essaie de t’entraîner dans ses filets, nous pouvons toujours nous écarter et l’éviter, pour commencer.
Le lendemain, nous roulions en voiture en direction du Shaanxi.
Mon père était assis, les yeux fermés, plongé dans le silence, tandis que je contemplais le paysage.
En admirant les fleurs sauvages qui poussaient le long de la rivière, je lui demandai soudain :
« Père, tu es doué pour la pêche ? »
Les yeux toujours fermés, mon père hocha la tête, l’air si sûr de lui qu’il semblait dire : « Qu’est-ce que je ne sais pas faire ? »
« Et si on mangeait du poisson ce soir ? On fait un pari : le perdant devra s’occuper du poisson, du nettoyage à la cuisson. Ah, et il faudra aussi faire la vaisselle. Si tu n’es pas sûr de toi, tu peux déclarer forfait tout de suite. »
Sans ouvrir les yeux, mon père s’adressa à Hui :
« Arrête la voiture près de la rivière. »
Mon père avait laissé derrière lui toute hésitation dès l’auberge.
Hui arrêta la voiture sur la rive.
« Quel est le plus gros poisson que tu aies jamais pêché ? »
Mon père cita un nom à faire frémir.
« La Carpe étoilée aux écailles dorées. »
Un poisson spirituel légendaire. Il était probablement plus grand qu’un homme.
« Ça existe vraiment ? »
« Je l’ai pêchée moi-même et j’ai même absorbé son essence centrale. »
« Ah ! Impossible de rivaliser avec une Carpe étoilée aux écailles dorées. »
Bon, je perdrais en taille, mais pas en rareté.
L’essence centrale d’une Carpe millénaire.
La reine des poissons spirituels.
Bien sûr, je ne pouvais pas la pêcher maintenant. L’essence centrale d’une Carpe millénaire ne se trouvait qu’à un endroit précis, à un moment précis, quand je tomberais finalement dessus.
« Moi aussi, je suis plutôt doué pour la pêche, tu sais. »
Je ne plaisantais pas. J’avais tellement cherché cette essence centrale de Carpe millénaire sous l’eau que j’avais bien failli en éclater.
« Très bien, commençons par fabriquer des cannes à pêche. »
Grâce à ma technique de légèreté, j’explorai les environs et trouvai du bambou. J’abattis les deux plus belles tiges que je dénichai, une pour moi et une pour mon père.
« Laquelle veux-tu ? »
« Choisis d’abord. »
« Tu as confiance en toi, hein ? Je ne vais pas te faire de cadeau. »
Malgré mes paroles, je choisis la moins belle des deux tiges. Quoi qu’il arrive, je ne pouvais pas prendre la meilleure à mon père.
Je sortis mon poignard et taillai le bambou pour en faire une canne à pêche.
« Ne viens pas te plaindre du matériel après. »
« Pareil pour toi. »
« Oncle Hui, tu as entendu ? Tu dois être un juge impartial. Ne va pas rallonger le poisson de père avec tes arts martiaux, après coup ! »
Hui rit à mes paroles. Franchement, si le poisson de mon père s’avérait plus petit que le mien, il risquait vraiment d’essayer de le rallonger avec ses arts martiaux.
« Mais, père, tu ne t’en fabriques pas une ? »
Il s’était contenté de me regarder faire la mienne.
« Tu ne comptes pas utiliser tes arts martiaux pour attraper des poissons, quand même ? C’est interdit. On fait ça comme il faut, avec des cannes à pêche. »
« Je sais. »
« Alors, pourquoi tu ne t’en fabriques pas une ? Tu peux me regarder aussi longtemps que tu veux, je ne vais pas faire la tienne. Tu dois la fabriquer de tes propres mains. Ou tu comptes rejeter la faute sur ta canne, après ? »
Pourtant, mon père ne bougea pas.
Finalement, je cédai dans un soupir.
« J’abandonne. Tu as gagné. »
Je posai mon ouvrage et me mis d’abord à fabriquer la canne de mon père. Naturellement, je la travaillai avec encore plus de soin que la mienne.
Mon père me regarda en silence.
Quand la canne fut terminée, je pris du fil de pêche et des hameçons dans mon sac, puis achevai le montage.
Nous avions ainsi deux cannes à pêche.
« Tiens, père. Voilà ton arme. Choisis en premier. »
Je lui présentai les deux cannes avec emphase.
« Pas besoin. »
Mon père tendit la main vers la voiture.
Quel geste inquiétant !
Alors, le grand sac de voyage qu’il avait laissé dans la voiture s’ouvrit tout seul et quelque chose fusa vers nous.
C’était une canne en bambou longue comme l’avant-bras d’un adulte.
Chhhhhk…
Mon père manipula le bambou, qui s’allongea comme le Bâton à volonté.
Incroyable, c’était une canne à pêche. Elle avait l’air souple et solide à la fois et, au premier coup d’œil, on voyait qu’elle n’avait rien d’ordinaire.
« Qu’est-ce que c’est ? »
Il me donna alors un nom si stupéfiant que j’en restai figé.
« C’est l’arme secrète du Fisherman de la mer de l’Est. »
Le Fisherman de la mer de l’Est était un maître des arts martiaux qui avait parcouru les Plaines centrales avec pour seule arme une canne à pêche. On disait qu’elle était un chef-d’œuvre de perfection ; une légende prétendait même que, si quelqu’un pouvait attraper une baleine géante avec une canne à pêche, ce serait la sienne.
« Pourquoi est-ce toi qui l’as, père ? »
« Il a perdu un duel d’arts martiaux contre moi, il y a longtemps, et m’a laissé sa canne à pêche. »
« C’est toi qui l’as poussé à prendre sa retraite ? »
« C’est son orgueil qui l’a poussé à prendre sa retraite, pas moi. »
J’en fus ému. Mais ce n’était pas parce que mon père avait vaincu le Fisherman de la mer de l’Est dans sa jeunesse. Ce n’était pas non plus parce que je voyais cette canne à pêche parfaite de mes propres yeux.
Ce qui m’émouvait… c’était que mon père l’ait emportée avec lui.
Je l’imaginai, tard dans la nuit, rangeant cette canne à pêche du Trésor du Démon Céleste dans son sac de voyage.
En la rangeant, il avait dû penser : « Je pourrais bien pêcher avec mon fils. »
« Allez, si tu avais cette canne, tu aurais pu le dire. Tu essayais juste de te moquer de ton fils ? »
Peut-être… peut-être même avait-il pris plaisir à regarder son fils lui fabriquer une canne.
« Et une canne à pêche du Fisherman de la mer de l’Est ? C’est de la triche ! »
« Qui a dit qu’il ne fallait pas se plaindre du matériel ? »
Mon père et moi nous plaçâmes côte à côte au bord de la rivière.
Notre concours pour pêcher le plus gros poisson commença.
« On s’y met ? »
« Aujourd’hui, tu sentiras le poisson. Dors loin de moi. »
« C’est moi qui devrais dire ça. Je supporterai ton odeur, père. Et je te prouverai qu’un véritable artisan ne se plaint pas de ses outils. »
Je le pensais vraiment : même avec cette canne, tu ne gagneras pas facilement.
Nos lignes filèrent au-dessus de la rivière et scintillèrent sous le soleil.
La courbe qu’elles dessinèrent dans les airs était plus belle que n’importe quel mouvement d’une technique martiale. Quand les appâts touchèrent l’eau, de douces vaguelettes se propagèrent, puis s’effacèrent pour laisser place au calme.
Le léger clapotis de l’eau emplissait l’air. Le bruissement des oiseaux aquatiques résonnait dans la brise qui venait du fleuve.
Tout autour de nous était serein, d’une paix absolue.
C’était la première fois que je pêchais avec mon père.