Chapitre 434
De retour au culte, je me rendis à la salle du chef du Culte du Démon Céleste avec le Démon ivre.
À l’idée de rencontrer mon père, le Démon ivre semblait légèrement nerveux.
Autrefois, dans un moment d’ivresse, il avait supplié mon père de ne pas le détester autant. Même si le malentendu avait été dissipé à l’époque, cela ne semblait pas l’avoir rendu plus à l’aise à l’idée de se retrouver face à mon père.
« Tu n’entres pas le premier ! Je vais le saluer avant d’y aller. »
Il voulait clairement éviter de se retrouver seul avec mon père.
« Où est donc passé le mystérieux et redoutable Démon ivre des brumes ? »
— Il a probablement rampé sous une carriole et cuvé son vin.
Il avait tout de même apporté un cadeau à mon père. Avant de quitter la Mer du Nord, il s’était arrêté dans une célèbre distillerie pour lui acheter de l’alcool.
À bien y réfléchir, le Démon ivre voulait sincèrement faire bonne impression sur mon père.
Nous entrâmes donc ensemble dans la salle du chef du Culte du Démon Céleste.
Mon père siégeait sur le Trône, comme toujours. Chaque fois que je pénétrais en ces lieux et le voyais garder fidèlement cette place, sans jamais changer, j’en étais ému.
« Père ! Votre fils est de retour ! »
Au même instant, une pointe d’effroi s’éveilla en moi.
Et si ce Trône venait un jour à rester vacant ? Et si c’était à moi de le garder ? Serais-je vraiment capable de lui témoigner la même loyauté inébranlable que mon père ?
Ce n’est pas de manquer de confiance qui me fait peur. C’est de savoir que j’en suis capable. Voilà ce qui m’effraie.
Car ma vie passée m’a prouvé que moi aussi, je peux protéger cette place en silence, comme mon père. Et parce que, dans cette vie, je veux vivre libre et pleinement.
« J’ai réglé les affaires de la Mer du Nord et je suis de retour ! »
Je saluai mon père d’une voix forte.
À mes côtés, le Démon ivre s’inclina respectueusement.
« Je suis de retour, chef du Culte. »
En le regardant, mon père comprit aussitôt qu’il était blessé.
« Tu es blessé ? »
« J’ai été légèrement touché, mais je vais bien, maintenant. »
Le Démon ivre était déjà tout réjoui que mon père se soit enquis de son état. Il avait les joues rouges sans même avoir bu.
« Le stratège m’a raconté ce qui s’est passé dans la Mer du Nord. »
Je saisis l’occasion et m’avançai.
« Le Démon ivre a vaincu à lui seul le chef d’une force secrète qui cherchait à s’emparer du Palais de glace. »
J’avais décidé de lui faire de belles louanges devant mon père, aujourd’hui.
« Il n’aurait pas pu en être autrement. »
À ces mots, le Démon ivre leva vers mon père un regard surpris.
Mon père, lui, me regardait en parlant.
« Ce n’est pas le genre d’homme à perdre un combat et à revenir, pas vrai ? »
Je le compris : mon père savait déjà à quel point le Démon ivre était fort.
Sans même me retourner, je sentis combien le Démon ivre était touché. C’était peut-être la première fois que mon père le reconnaissait ainsi, et surtout devant d’autres personnes.
« Grâce à lui, je suis rentré sain et sauf. C’était la première fois que je le voyais combattre, et il était vraiment impressionnant. Et surtout… »
Je cessai de regarder mon père pour me tourner vers le Démon ivre. Lui aussi semblait tendu, se demandant ce que j’allais dire.
« Tu as été admirable. La façon dont tu as vengé ton ami. »
Je le disais pour le louer devant mon père, mais c’était aussi la vérité.
Je racontai en détail tout ce qui s’était passé dans la Mer du Nord. Bien sûr, mon père avait probablement déjà reçu, par le Pavillon de la Communication Céleste, des rapports sur le déroulement et l’issue de l’affaire. Mais il ne devait pas connaître les petits détails qui s’étaient glissés entre les événements.
C’était ce que je faisais toujours au retour d’une mission après avoir été renvoyé. Chaque fois que je bavardais ainsi avec lui, lui racontant les événements comme de simples anecdotes, je sentais notre lien se renforcer.
Aujourd’hui, je mis surtout l’accent sur les exploits du Démon ivre. Je racontai l’histoire avec tant d’entrain que je doutais qu’il s’ennuie. Je la rendis même plus vivante qu’elle ne l’avait été en réalité.
« …Et c’est ainsi que, pour le remercier, la Maîtresse du Palais de glace a offert le Calice du Palais de glace au Démon ivre. »
Même si je ne l’avais pas mentionné, mon père aurait reconnu le Calice du Palais de glace au premier regard. Une aura d’un blanc pâle scintillait autour de la coupe comme un halo ; impossible de la manquer.
J’avais dit qu’on lui avait offert en guise de remerciement, mais le Démon ivre ne laissa pas passer cela si facilement.
« Le Jeune chef du Culte du Démon Céleste a renoncé à son propre cadeau pour recevoir le Calice du Palais de glace en mon nom. »
Mon père aurait très bien pu se tourner vers moi avec un regard qui aurait dit : « Ce n’est pas le genre d’homme à renoncer à quelque chose qui lui appartient pour quelqu’un d’autre. » Mais, au lieu de cela, il dit quelque chose d’inattendu.
« Cela te dérangerait si je buvais moi aussi dans cette coupe ? »
« Bien sûr que non. Je vous ai même acheté une célèbre liqueur de la Mer du Nord, chef du Culte. »
D’un pas assuré, le Démon ivre s’approcha du tapis devant le Trône.
Il versa l’alcool qu’il avait apporté dans le Calice du Palais de glace et le tendit à mon père. Chacun de ses gestes était prudent et posé. Quelques instants plus tôt, rien qu’à entendre le nom de mon père, il tremblait encore avant d’entrer dans la salle du chef du Culte du Démon Céleste ; mais en de pareils moments, il restait un Suprême Démoniaque.
Mon père vida la coupe d’un trait.
« L’alcool est bon, et la coupe aussi. Le goût est excellent. »
Le Démon ivre s’illumina de joie sous les compliments de mon père.
« En voulez-vous encore ? »
« Au lieu de cela, viens boire avec moi. Cela fait longtemps. »
Les yeux du Démon ivre tremblèrent de surprise. C’était sans doute une première, là aussi : mon père venait de l’inviter à boire avec lui.
« Avec plaisir. »
Il répondit avec un sourire radieux, puis me jeta un regard en m’indiquant des yeux que je pouvais partir.
Naturellement, je n’allais pas laisser passer une occasion pareille de le taquiner.
— N’étais-tu pas celui qui disait qu’il devait entrer le premier ?
— Va-t’en ! Allez, file !
— Buvons tous les trois. Non, je vais appeler aussi tous les autres Suprêmes Démoniaques !
— N’y pense même pas ! Tu n’imagines pas depuis combien de temps j’attends ça !
Après l’avoir un peu taquiné, je m’inclinai respectueusement devant mon père.
« Je vais vous laisser. J’ai peut-être beaucoup parlé de lui dans son dos, mais quand même… Ne profitez pas de mon absence pour parler de moi derrière mon dos, tous les deux ! »
Alors que je m’apprêtais à me retourner pour partir, mon père prit soudain la parole.
« Est-ce que ça va ? »
Je tressaillis et me tournai vers lui.
Que voulait-il dire par là ?
Nos regards se croisèrent. En plongeant les yeux dans son regard silencieux, posé sur moi, je compris pourquoi il m’avait posé cette question. S’il avait prononcé les mots qu’il avait tus, il aurait dit :
Tu as beaucoup trop de sang sur les mains, ces derniers temps. Est-ce que ça va vraiment ?
Je sentis toute l’inquiétude de mon père.
Les méchants avaient beau mériter la mort, verser du sang sans cesse laissait des blessures dans le cœur et dans l’âme.
J’avais beau paraître capable de tout, aux yeux de mon père, je restais son benjamin idiot d’une vingtaine d’années.
« C’est pour ça que je ne cherche pas à tout régler seul et que je demande de l’aide aux Suprêmes Démoniaques. Je le fais pour me protéger. »
Le Démon ivre, lui aussi, écoutait mes paroles d’un air grave.
« Je vais encore bien. Si jamais ça devient trop dur, je viendrai vous voir. »
Mon père acquiesça en silence.
« Sur ce, je vais vous laisser. »
Je quittai la salle du chef du Culte du Démon Céleste d’un pas lent.
Père, ne t’inquiète pas. Je suis allé aussi loin avec des dizaines de fois plus de sang sur les mains.
Et surtout…
« Jeune chef du Culte du Démon Céleste ! »
Au loin, Seo Daeryong accourait vers moi, le visage illuminé d’un grand sourire. Il était si heureux de me voir que je percevais son émotion d’ici.
Avec des gens comme lui autour de moi, si je prétendais encore ne pas aller bien, ne ferais-je pas injure à ma propre vie ?
Seo Daeryong m’accueillait comme si un mort était revenu à la vie.
« J’avais tellement envie de te voir. »
Il s’était inquiété pour moi. Je lui avais manqué.
Même après être devenu le seigneur du Pavillon des Enfers et le disciple du Démon Lame du Ciel de Sang, même en essayant de profiter pleinement de sa propre vie, il avait eu l’impression qu’elle avait perdu toute sa saveur sans Geommugeuk.
Et voilà qu’il venait de recevoir un rapport annonçant le retour de Geommugeuk. Imaginez sa joie ! Il avait accouru tout droit à la salle du chef du Culte du Démon Céleste.
« Comment vas-tu ? »
À la question de Geommugeuk, Seo Daeryong répondit :
« Comme d’habitude. Entraînement le matin, repas, gestion des affaires du Pavillon des Enfers, entraînement avec mon maître, encore un repas, puis au lit. Tous les jours se ressemblent tellement que personne ne verrait la différence si on les mélangeait. La vie d’une personne peut-elle vraiment être aussi monotone ? Je préfère te le dire tout de suite : ne te mets pas à prêcher que le bonheur, c’est la vie ordinaire, s’il te plaît. »
Quel bavard ! Comme ça avait dû être difficile pour lui de jouer les seigneurs dignes du Pavillon des Enfers !
« Tu es peut-être le seul à ne pas t’en rendre compte. »
« De quoi ? »
« Que chaque jour est différent. Tu es peut-être le seul à croire qu’ils sont tous pareils. »
Pendant un instant, Seo Daeryong ne sut que répondre. À vrai dire, ses journées étaient les mêmes, et en même temps, pas tout à fait. Mais il ne l’admit pas si facilement.
« C’est juste que les affaires que je traite sont toujours les mêmes. »
« Les prisonniers, eux, sont tous différents, non ? Leur caractère, les raisons de leurs crimes… »
« Je m’occupe tous les jours des mêmes subordonnés. »
« Même eux changent d’humeur chaque jour, leurs pensées évoluent, leurs rêves diffèrent et ils ne mangent pas les mêmes choses. »
« Après le travail, je ne fais que m’entraîner avec mon maître. C’est ça, ma vie. »
« Tes arts martiaux n’ont-ils pas beaucoup progressé depuis que tu as ouvert tes Méridiens Ren-Du ? Forcément, ton entraînement aussi a dû changer. »
Geommugeuk avait raison. Ces derniers temps, les techniques que j’apprenais auprès de mon maître avaient changé. À mesure que je devenais plus fort, l’entraînement se faisait plus difficile.
« Tu vois ? Chaque journée est différente. »
« C’est toujours pareil. Je n’ai jamais gagné une dispute contre toi, Jeune chef du Culte. »
« Ça ne changera jamais, pas dans cette vie. »
« Et tes vantardises sans fin non plus, Jeune chef du Culte ! »
Nous nous regardâmes et éclatâmes de rire.
« Maintenant, je sens vraiment que tu es de retour, Jeune chef du Culte. Personne d’autre ne me dit ce genre de choses. C’est seulement quand je t’entends que je me dis : “Ah, c’est donc ça”, et que je hoche la tête au fil de la vie. À partir d’aujourd’hui, chacune de mes journées sera différente. C’est décidé ! Je vais commencer à interroger mes subordonnés : Qu’est-ce que tu as mangé au petit-déjeuner ? Tu as fait caca ? Tu as rêvé de quoi, hier ? Qu’est-ce qui te trotte dans la tête, en ce moment ? »
Seo Daeryong et moi levâmes les yeux vers le ciel. De magnifiques nuages aux couleurs des fleurs y flottaient nonchalamment. En revoyant Daeryong, je sentis vraiment que j’étais de retour au culte.
« Allez, retourne travailler. »
« Où vas-tu, maintenant ? »
« Maintenant que j’ai vu ton visage, je vais aller saluer les Suprêmes Démoniaques. »
« Tu ne te fatigues jamais, Jeune chef du Culte ? »
Daeryong, ce n’est pas une question de nombre. Une seule personne pénible suffit à vous épuiser.
« Sérieusement, qu’est-ce qu’on aurait fait si le culte avait compté seize Suprêmes Démoniaques ? »
Geommugeuk répondit à la plaisanterie de Daeryong en poursuivant son chemin.
« Alors, notre frère le Démon ivre aurait eu le cœur deux fois plus lourd. »
* * *
« Aîné ! »
Je courus vers le Démon Lame du Ciel de Sang, les bras grands ouverts.
Il lisait dans sa chambre et, par réflexe, dressa le Sabre qui éteint le Ciel devant lui comme un bouclier.
« Tu exagères ! »
J’entendis sa voix derrière l’immense lame qui venait de s’interposer entre nous.
« Tu ferais mieux de te reposer chez toi. Qu’est-ce qui est si excitant à l’idée de revoir quelqu’un que tu vois tout le temps ? »
Il disait toujours des choses pareilles qu’il ne pensait pas. Je passai devant le Sabre qui éteint le Ciel et m’assis avec légèreté au bord de son lit.
« Alors, qu’est-ce qu’il y a d’amusant à relire sans cesse les mêmes livres ? »
« C’est différent. »
Le Démon Lame du Ciel de Sang me lança un regard d’avertissement, comme pour me défendre de m’allonger sur son lit.
« Je suis rentré sain et sauf. »
Bien qu’il ne m’ait rien demandé, je lui racontai ce qui s’était passé.
Plus tôt, j’avais raconté l’histoire à mon père en mettant le Démon ivre au premier plan. Cette fois, je parlai surtout de moi.
« Et voilà pourquoi mon père boit en ce moment avec le Démon ivre. »
« Le chef du Culte boit avec cet ivrogne ? »
Était-ce de la jalousie ? Une lueur étrange passa dans les yeux du Démon Lame du Ciel de Sang.
Mais le Démon Lame du Ciel de Sang reporta bientôt son attention sur le livre qu’il lisait.
« La lecture te plaît vraiment tant que ça ? »
« Oui. »
« Tu en as lu tant que ça. Il y a encore des choses que tu ignores ? »
« C’est pour ça que j’aime lire. Plus je lis, plus je me rends compte de tout ce que j’ignore. »
Le Démon Lame du Ciel de Sang leva les yeux et fixa Geommugeuk.
« Quand tu auras un enfant, fais-lui lire beaucoup de livres. S’il tient de toi, il aura déjà des prédispositions naturelles pour le maniement de l’épée. »
Est-ce que je vivrai vraiment, dans cette vie, en élevant un enfant ? Je n’y songe pas pour l’instant.
« Tu me conseilles de vivre une vie que tu n’as même pas vécue, Aîné ? »
Avec un air qui disait « Bien vu », le Démon Lame du Ciel de Sang esquissa un sourire.
Je l’observai un instant tourner les pages en silence, puis lui posai soudain la même question que mon père m’avait posée.
« Est-ce que j’ai l’air d’aller bien ? »
Toujours plongé dans son livre, le Démon Lame du Ciel de Sang répondit :
« Non. »
« Pourquoi ? »
« Ceux qui vont vraiment bien ne posent pas ce genre de questions. »
Peut-être était-ce pour cela qu’il me surprit complètement en ajoutant :
« Reste dormir ici. »
C’était pourtant le même homme qui me disait toujours de rentrer chez moi et d’aller dormir. Le même qui ne me laissait même pas m’allonger sur son lit sans que je me sois lavé.
« Qu’est-ce qui te prend ? »
« Tu n’as pas l’air d’aller bien. »
Je souris et me jetai sur le lit.
« Avec plaisir ! »
Je m’étais attendu à ce qu’il me rattrape en plein vol avec la Télékinésie du Vide, mais le Démon Lame du Ciel de Sang ne m’arrêta pas.
« Ah, qu’est-ce qu’on est bien ! »
Rien ne valait une bonne sieste dans ce lit. C’était sans doute l’apaisement que m’apportait cet homme… le Démon Lame du Ciel de Sang.
Qui aurait cru que ce vieil homme bourru serait celui qui me mettrait le plus à l’aise ? Qu’il serait le premier que j’aurais envie de voir à mon retour ?
Allongé sur le lit, je répondis à une question qu’il ne m’avait pas posée.
« Je vais bien, Aîné. »
« Je sais. »
Puis il lança une phrase qui me stupéfia.
« Celui qui ne va pas bien, c’est le chef du Culte. »
« ! »
Je me redressai d’un bond et fixai le Démon Lame du Ciel de Sang. Je ne comprenais toujours pas ce qu’il voulait dire.
« J’ai l’impression que le chef du Culte s’est réveillé et commence à s’étirer. »
Je savais déjà ce qu’il sous-entendait, mais le Démon Lame du Ciel de Sang prit la peine de le reformuler.
« Je crois que le chef du Culte a enfin commencé à agir pour réaliser son rêve. »
Le rêve de mon père : unifier le monde des arts martiaux.
« Maintenant qu’il t’a choisi comme successeur, il pense probablement que le moment est venu d’agir. »
« Le sommet tripartite ne s’est pas tenu il y a si longtemps que ça. »
Ce moment était encore gravé dans ma mémoire. Il suffisait d’entendre une musique derrière un mur pour que je le revive.
« S’il était du genre à s’en soucier, il ne nourrirait pas de tels rêves. Il était peut-être même sûr de pouvoir les tuer tous les deux, ce jour-là. »
« Tu prends le fait que mon père boive avec le Démon ivre pour un signe ? Un homme ne peut donc pas simplement boire un verre ? »
Si c’était tout, le raisonnement me semblait un peu tiré par les cheveux. Mais il n’y avait pas que cela.
« Il n’y a pas si longtemps, le chef du Culte a rencontré le Démon au Sourire Maléfique en privé. »
« ! »
Mon père avait rencontré le Démon au Sourire Maléfique ?
Si cela avait été le Roi Démon du Poing, je ne me serais peut-être pas autant méfié. Cet homme obéissait aveuglément à mon père.
Mais le Démon au Sourire Maléfique, lui, serait toujours de mon côté, même s’il devait pour cela défier mon père.
Et pourtant, mon père l’avait rencontré lui, en particulier ? Et maintenant, il buvait pour la première fois avec le Démon ivre ? Forcément, ce genre de soupçons venait à l’esprit.
« Le chef du Culte a commencé à rassembler les Suprêmes Démoniaques en prévision de la guerre. »