Chapitre 417
Des flots interminables d’énergie sanguine jaillirent et s’entrechoquèrent, sans parvenir à percer la Grande Muraille démoniaque.
Poc, poc, poc, poc, poc !
Le dernier flot d’énergie sanguine, qui avait jailli comme sous l’effet d’une compression, se dissipa entièrement.
La dizaine d’artistes martiaux qui s’étaient élancés dans les airs et avaient sacrifié presque tout leur sang dans une attaque suicide finirent tous étendus au sol, le torse percé de trous.
La Grande Muraille démoniaque ne disparut pas aussitôt. Elle continua de luire sous le soleil, révélant sa forme majestueuse.
Le Démon Ivrogne tourna lentement la tête.
Geommugeuk, qui se tenait derrière lui, se trouvait à présent à ses côtés, l’Épée du Démon Noir tendue devant lui.
« Je ne pouvais pas vous laisser être blessé par une attaque pareille. »
Ce n’était pas une attaque ordinaire, ni un ultime recours lancé dans le feu du combat. C’était une attaque suicide déclenchée dès qu’on les apercevait. Bien qu’on la qualifiât de technique, on ne pouvait pas vraiment parler d’arts martiaux.
Geommugeuk avait déployé la Grande Muraille démoniaque parce qu’il ne voulait pas qu’un seul cheveu du Démon Ivrogne fût touché par une attaque pareille.
La scène avait quelque chose de symbolique.
― La seule existence du monde des arts martiaux capable d’éliminer le mal vil et infâme d’une manière encore plus vile et infâme. Je crois que c’est là que nous devons trouver notre raison d’être. Car nous pouvons arrêter le mal que les gens ordinaires ne peuvent pas combattre.
Le Démon Ivrogne s’inclina respectueusement devant la Grande Muraille démoniaque. C’était un hommage à l’Art démoniaque des Neuf Calamités. Alors seulement, la Grande Muraille démoniaque s’effaça lentement.
Il regarda ensuite Geommugeuk et lui parla avec déférence.
« Merci, Jeune chef du Culte du Démon Céleste. »
À cet instant, celui que l’Art démoniaque des Neuf Calamités venait de sauver n’était plus son frère, mais le Suprême Démoniaque face au Jeune chef du Culte. Geommugeuk lui témoigna à son tour sa gratitude.
« Je n’oublierai jamais que le Grand Démon Ivrogne s’est interposé pour me protéger. »
Il le disait du fond du cœur. Lorsque le Démon Ivrogne avait tenté de faire barrage à l’attaque suicide de son propre corps, Geommugeuk en avait été profondément touché.
Après cet échange sincère, Geommugeuk rassembla son énergie pour vérifier s’il restait quelqu’un. Il n’y avait plus personne. Ceux qui s’étaient dissimulés près de la salle principale en ruines avaient tous été éliminés.
À cet instant, la grande porte qui donnait sur l’extérieur s’ouvrit et le Maître du Palais de glace entra.
Au loin, derrière elle, plusieurs corps gisaient au sol. Ils étaient entièrement gelés.
« Quelques-uns ont attiré mon attention, alors je m’en suis occupée. »
Elle avait essayé de ne pas intervenir dans ce combat, si possible. Elle avait promis de laisser la priorité au Démon Ivrogne, et c’était pour cela qu’elle était restée dehors.
Son regard se posa sur la dizaine de corps étendus au sol.
« Ils ont lancé leurs attaques suicide tous en même temps. »
Elle regarda au-delà de la muraille et aperçut le rempart de qi qui s’élevait vers le ciel. Comment aurait-elle pu ignorer le niveau extraordinaire nécessaire pour créer une telle chose ?
« Le Jeune chef du Culte maîtrise bel et bien l’Art démoniaque des Neuf Calamités. »
Si les arts martiaux du Jeune chef du Culte atteignaient un tel niveau, elle frissonnait à l’idée de la puissance que devait avoir le Démon Céleste.
Geommugeuk s’adressa à elle.
« Ils ont corrompu les anciens du Palais de glace de la Mer du Nord, se sont alliés à la Porte du Sang du Nord et n’ont pas hésité à recourir à des attaques suicide. »
Le Maître du Palais de glace comprit que la situation était plus grave qu’elle ne l’avait imaginé. Elle avait toujours suivi de près les affaires du monde des arts martiaux pour ne pas se laisser distancer, mais elle n’avait jamais entendu parler de ces gens avant aujourd’hui.
Le Maître du Palais de glace s’approcha de Seo Nak, qui gisait à terre.
Frappé par l’attaque du Démon Ivrogne, il avait le corps brisé et ne tenait plus qu’à un fil.
« Avec qui as-tu donc lié ton sort ? »
Le Maître du Palais de glace le dévisagea froidement, puis se détourna sans un mot. Elle ne voulait même pas lui accorder un dernier adieu.
Comme elle s’éloignait, Seo Nak prit la parole.
« … Han I-gyeong. »
Le Maître du Palais de glace tressaillit et se figea un instant.
Elle se retourna lentement et baissa les yeux vers Seo Nak.
Étendu au sol, il éclata de rire. Sa bouche pleine de sang rendait la scène macabre.
Han I-gyeong.
C’était la sœur aînée du Maître du Palais de glace.
Autrefois, elle avait disputé la succession à sa sœur, qui avait alors quitté la Mer du Nord pour elle, le cœur trop tendre. Elle lui avait cédé la place d’héritière.
Depuis, elle ne l’avait pas cherchée.
En partie parce qu’elle pensait que renouer avec elle ne lui ferait pas de bien.
À vrai dire, c’était surtout une blessure qu’elle avait choisi de ne pas rouvrir. Elle avait craint qu’en préservant leur relation, sa sœur ne convoite à nouveau la place de Maître du Palais. À l’époque, cette idée l’avait véritablement effrayée.
Alors, elle avait laissé les choses en l’état. D’abord délibérément, puis elle avait fini par l’oublier naturellement.
Elle ne s’était souvenue de sa sœur que grâce à Geommugeuk.
Lorsqu’elle avait appris que Geommugeuk avait réglé la succession sans verser une goutte de sang, elle avait repensé à sa sœur, oubliée depuis si longtemps.
Avec le recul, une autre voie avait peut-être été possible. Ils auraient pu désigner un successeur en paix, comme Geommugeuk l’avait fait.
Qu’avait-elle donc tant redouté, à l’époque ? À présent, elle se rendait compte qu’il n’y avait jamais eu de véritable problème entre sa sœur et elle ; c’étaient ceux qui les entouraient qui avaient paniqué.
Quoi qu’il en soit, le Maître du Palais de glace se sentait redevable envers sa sœur.
Tout ce dont elle jouissait aujourd’hui aurait pu appartenir à sa sœur.
Et voilà que Seo Nak, mourant sous ses yeux, venait de parler d’elle.
« Pourquoi ? »
Soutenant son regard glacial, Seo Nak reprit :
« Je t’ai choisie, toi, pas I-gyeong. »
Ce n’était pas le délire d’un homme à l’article de la mort. Les yeux de Seo Nak, illuminés par l’ultime éclat de la vie, étaient limpides.
« Tu ne veux pas la revoir ? »
Ne voulant pas en entendre davantage, le Maître du Palais de glace vit sa main blanchir d’une lueur éclatante.
Alors qu’elle tendait le bras pour en finir avec lui…
« Il se pourrait qu’elle ait encore de la famille. »
Seo Nak sourit d’un air entendu. Le sang qui lui emplissait la bouche se mit à couler.
« Est-ce donc ça ? Sa dernière vengeance ? »
Connaître un secret, mais refuser de le révéler.
À cet instant, il savait que parler de sa sœur lui porterait le coup le plus dur. Quoi qu’il eût pu dire d’autre, elle n’aurait pas cillé.
« Et si elle avait une fille ? Elle passerait toute sa vie sans savoir que sa tante est le Maître du Palais de glace, non ? Peut-être a-t-elle perdu ses parents jeune et souffre-t-elle quelque part comme servante. Ou bien elle est devenue courtisane et vend son rire. »
Le Maître du Palais de glace lui répondit calmement, les yeux plongés dans les siens :
« Ça ne m’intéresse pas. Qu’elle vive comme servante ou courtisane. »
Le Maître du Palais de glace ne s’emporta pas contre l’Ancien Seo. Elle resta polie, comme si aucune de ses provocations ne pouvait l’atteindre.
« Tu croyais qu’après l’avoir oubliée si longtemps, je me mettrais soudain à m’intéresser à elle ? Tu pensais que tes paroles minables me feraient culpabiliser ? Tu restes un imbécile jusqu’à ton dernier souffle. »
Les paupières de Seo Nak tressaillirent et son sourire s’effaça.
Une énergie d’un blanc pur se répandit depuis la main du Maître du Palais de glace et enveloppa le corps de Seo Nak. Une douleur atroce le submergea.
« Aaaah ! »
Son corps tout entier se glaça. Il se débattit en hurlant, suppliant qu’on le tue.
« Même si tu sais où elle est, ne me le dis pas. Ça ne ferait que m’ennuyer. Tais-toi ! »
Seo Nak continua de se tordre de douleur, incapable de la supporter.
Il mourut en se débattant, après avoir enduré une souffrance pire que tout ce qu’il avait connu de son vivant.
Le Maître du Palais de glace contempla son cadavre, le regard traversé d’émotions contradictoires. Au fond d’elle, elle avait espéré. Elle avait espéré qu’il la supplierait, qu’il lui promettrait de tout lui dire si seulement elle le délivrait de sa douleur.
Mais, le voyant mourir sans prononcer un mot malgré cette souffrance, elle se dit qu’il n’avait évoqué sa sœur que pour la tourmenter une dernière fois. Même si ce n’était pas le cas, elle choisirait de le croire. Elle n’avait pas l’intention de se laisser entraîner dans son jeu.
Le Maître du Palais de glace s’adressa à Geommugeuk.
« J’ai fini par vous dévoiler un côté peu reluisant de moi-même. »
« Qu’y a-t-il de peu reluisant ? Vous aussi, vous avez réglé la succession sans verser le sang de votre famille, Maître du Palais de glace. »
« C’est ma sœur qui était admirable. »
« Avec une sœur aussi sage, elle doit vivre heureuse, où qu’elle soit. »
Elle savait que c’était une formule de politesse, mais les paroles de Geommugeuk lui apportèrent malgré tout un peu de réconfort.
Le Maître du Palais de glace changea de sujet.
« Que comptez-vous faire maintenant ? »
« Je pense attaquer la Porte du Sang du Nord. »
Elle aurait voulu mener ses subordonnés et anéantir aussitôt la Porte du Sang du Nord, mais elle savait que cela entraînerait trop de pertes.
À cet instant, Geommugeuk prononça des paroles inattendues.
« Si vous m’y autorisez, Maître du Palais de glace, j’aimerais aller reconnaître la Porte du Sang du Nord avec le Maître du Palais. »
Envoyer sa fille dans la Porte du Sang du Nord ? Le Maître du Palais de glace garda le silence un moment. L’ennemi était écrasant, et elle hésitait.
« Très bien. »
Quand la guerre éclaterait, sa fille serait plus en sécurité auprès de Geommugeuk. Elle avait vu le rempart de qi derrière la muraille et partagé du thé avec sa fille. Tout cela avait été possible grâce à lui, et c’était pour cela qu’elle lui faisait confiance.
« Laissez-moi m’occuper de les balayer, Maître du Palais de glace. Cette fois, nous vous laisserons la priorité. »
Le Maître du Palais de glace acquiesça. Le Démon Ivrogne et le Jeune chef du Culte étaient venus découvrir la cause de la mort de l’Ancien Maître brasseur. À présent qu’ils avaient révélé la vérité et même vengé sa mort, ils auraient pu simplement repartir.
Et pourtant, ils proposaient de rester et de combattre l’ennemi avec elle. Le Maître du Palais de glace se sentit reconnaissante et rassurée par Geommugeuk.
« Alors, à bientôt. »
Le Maître du Palais de glace salua Geommugeuk, puis prit également congé du Démon Ivrogne avec déférence.
Après son départ, Geommugeuk se tourna vers le Démon Ivrogne.
Le Démon Ivrogne lui tendit la Gourde de Sang.
« Bois. »
Il ne confiait jamais sa Gourde de Sang, son arme unique et redoutable, à qui que ce soit.
Geommugeuk était le seul à qui il l’autorisait.
Geommugeuk but une gorgée rafraîchissante d’Alcool de glace contenu dans la Gourde de Sang.
« Ah, quel délice ! C’est le meilleur Alcool de glace du monde ! »
La Gourde de Sang de nouveau entre les mains du Démon Ivrogne, celui-ci en but une gorgée à son tour.
« Vraiment délicieux ! »
Tous deux parlèrent exprès à voix haute. Celui qui avait brassé l’alcool devait les entendre, quelque part là-haut, dans le ciel.
Après avoir vidé le reste de l’alcool de la Gourde de Sang, ils se tinrent côte à côte et levèrent les yeux vers le ciel.
Le Démon Ivrogne sourit de toutes ses dents.
Geommugeuk se dit que l’Ancien Maître brasseur leur souriait peut-être du haut des cieux.
* * *
« Ne t’inquiète pas. »
À ces mots venus de derrière elle, Lee Ahn détourna la tête de la fenêtre près de laquelle elle se tenait. Celle qui venait de parler était Han Seol, assise au bord du lit.
« Mère est partie avec eux. »
Apparemment, Lee Ahn avait l’air soucieuse tandis qu’elle regardait par la fenêtre sans rien voir.
Lee Ahn répondit franchement :
« À vrai dire, j’étais perdue dans mes pensées. Je ne m’inquiète pas pour le Jeune Maître. Rien que de veiller sur moi, j’ai déjà assez de soucis. Pourquoi m’inquiéterais-je de savoir si le soleil se lèvera demain ? »
Après l’avoir observée un instant, Han Seol demanda :
« Parce que c’est un être transcendant ? »
Lee Ahn crut que Han Seol se moquait d’elle. De toutes les expressions possibles, pourquoi avait-elle choisi celle-là, pour la faire souffrir sans fin ?
« Oui, pour moi, c’est un être transcendant. »
Espérant pouvoir un jour parler sérieusement de tout cela, Han Seol reprit :
« Si le Jeune chef du Culte te demandait de mourir, tu le ferais ? »
Han Seol pensait que la question serait difficile, mais Lee Ahn répondit sans hésiter :
« Oui. Je pourrais mourir. J’ouvrirais grand les portes de l’enfer et je crierais : “Notre Jeune Maître m’a envoyée !” Ah, si c’était le Jeune Maître, il se ferait probablement des amis parmi les rois de la Mort et obtiendrait une exemption. Pendant ce temps, moi, je brûlerais dans les flammes. »
Han Seol secoua la tête, retenant de justesse les mots qui lui montaient aux lèvres. Après avoir passé quelques jours ensemble, elle s’était attachée à elle et ne pouvait pas le lui dire à voix haute.
Lee Ahn prit la parole à sa place.
« Tu me prenais pour une folle, pas vrai ? »
Han Seol lui lança un regard qui signifiait : « Au moins, tu le sais. »
Lee Ahn rayonna et se tourna de nouveau vers la fenêtre.
« En fait, c’était la question la plus facile à laquelle répondre. Parce qu’il ne me demanderait absolument jamais de mourir. C’est le genre de question qui me permet de me vanter en disant que je mourrais pour lui. »
Han Seol observa son dos. Un lien aussi profond pouvait-il vraiment se nouer entre deux personnes ?
« Si tu es comme ça, le Jeune chef du Culte ne risque-t-il pas de se sentir accablé ? »
À sa place, elle se serait sentie accablée. Si quelqu’un la regardait avec autant d’admiration et d’attentes, elle se sentirait obligée de faire mieux, de montrer une meilleure version d’elle-même. Le poids serait immense.
« Je ne crois pas. »
« Pourquoi en es-tu si sûre ? »
« Parce qu’il n’est pas assez idiot pour prendre ça pour un fardeau. Il serait simplement heureux. Il se dirait : “Alors, toute sa souffrance en valait la peine.” »
À vrai dire, Han Seol enviait Geommugeuk. Gagner la confiance et le soutien absolus de quelqu’un n’avait rien de facile.
Juste à ce moment-là, Geommugeuk et le Démon Ivrogne regagnèrent leurs quartiers. En les voyant, Han Seol demanda aussitôt :
« Et ma mère ? »
« Le Maître du Palais est rentrée au Palais de glace. »
La nouvelle leur parvint : l’Ancien Seo avait bel et bien été un traître, et il était mort.
Han Seol éprouva un sentiment étrange. Ce n’était pas sa trahison qui la troublait, mais le fait que quelqu’un d’autre ait tiré les ficelles.
Depuis son enfance, elle l’avait considéré comme un oncle, une sorte de grand ancien. Et pourtant, quelqu’un avait été capable de manipuler un homme pareil, qui lui avait toujours semblé si fort.
Han Seol commença à s’inquiéter pour sa mère. Elle avait dû faire profondément confiance à l’Ancien Seo et s’appuyer sur lui.
Soudain, elle comprit que c’était la première fois qu’elle éprouvait une telle émotion.
« Je… m’inquiète, en ce moment. »
À sa grande surprise, elle se rendit compte qu’elle ne s’était jamais inquiétée pour sa mère de toute sa vie. Celle-ci avait toujours été forte. Rien ne s’était jamais produit qui aurait pu lui donner matière à s’inquiéter. Pourtant, elle venait tout juste de demander des nouvelles de sa mère en premier, et voilà qu’elle craignait à présent qu’elle ait été blessée. Une chaleur nouvelle lui remua le cœur.
Les sentiments pouvaient-ils changer si facilement ? Ou plutôt, était-il seulement bon qu’ils changent ainsi ?
Si l’on pouvait changer de cette façon… cela ne signifiait-il pas aussi que l’on pouvait éprouver une haine encore plus profonde ?
Han Seol eut soudain envie de demander à Geommugeuk ce qu’il en pensait. Elle avait comme l’impression qu’il lui donnerait sans hésiter une réponse claire et catégorique : « C’est comme ça. » Malgré tout, elle ne posa pas la question.
« Que comptez-vous faire maintenant ? »
« Nous avons tué l’Ancien Seo. C’était notre déclaration de guerre. »
Le véritable combat venait de commencer.
« La Porte du Sang du Nord est notre prochaine cible. Avant de frapper, il est urgent de découvrir pourquoi ils recherchaient la Constitution de froid extrême. Le mieux serait de réussir à infiltrer leurs rangs. »
Han Seol se souvint alors de quelque chose et prit la parole avant même que Geommugeuk ne lui pose la question.
« Quand j’ai rencontré le Jeune Maître Yang de la Porte du Sang du Nord, je lui ai dit que je reviendrais avec le Jeune chef du Culte. Allons-y ensemble. »
Geommugeuk lui exposa franchement la situation.
« Ce sera extrêmement dangereux. La personne avec qui nous parlions à l’instant aurait pu déclencher une Technique d’Annihilation de soi juste devant nous. »
Était-ce parce qu’elle ressentait une chaleur nouvelle dans son cœur ? Pour une raison ou une autre, Han Seol n’avait pas peur. Puisque cette affaire concernait le Palais de glace, elle estimait devoir prendre les devants et la régler elle-même.
« Il paraît que certains ouvrent même les portes de l’enfer. »
En voyant le sourire de Lee Ahn, Han Seol ajouta d’un ton résolu :
« C’est moi qui ouvrirai les portes de la Porte du Sang du Nord. »