Chapitre 400
Traducteur : FenrirTL
Éditeur / relecteur qualité / notes : Saphartlantis
Chapitre 400 : Si vous vous étiez rencontrés, vous auriez simplement fini ivres[a]
La Salle du Maître du Palais de glace de la Mer du Nord se trouvait au sommet de la tour.
Semblable à un glaçon pointé vers le ciel, la tour paraissait mystérieuse au premier regard.
À l’entrée, Han Seol se rappela soudain ce que Geommugeuk lui avait dit.
— Je suis quelqu’un qui accorde plus d’importance aux raisons de mes subordonnés qu’à l’organisation.
Elle se tourna brusquement vers Chan, qui l’avait accompagnée jusqu’à l’entrée.
« Toi aussi, tu as tes raisons ? »[b]
Chan lui répondit d’un air perplexe, comme s’il se demandait ce qu’elle voulait dire.
« De quelles raisons parlez-vous ? »
« Des raisons que je devrais comprendre, par exemple. »
Il ne comprit même pas tout de suite la question.
« Je n’en ai pas. »
Chan répondit brièvement. Han Seol le laissa derrière elle et pénétra dans la tour.
Chan la regarda s’éloigner, l’air étrange. À cette question qu’on ne lui avait jamais posée, une autre pensée lui vint à l’esprit.
« Jeune Maître du Palais, y a-t-il quelque chose que je devrais comprendre ? »
Han Seol gravit les marches de glace. Tout ce qu’elle voyait semblait fait de glace. La tour avait été bâtie selon la technique de construction unique du Palais de glace de la Mer du Nord : de la glace, sans en être vraiment. La lumière qui pénétrait par les fenêtres se réfractait en mille couleurs et renforçait le mystère des lieux.[c]
Elle montait dans cet espace féerique, mais ses pensées, elles, étaient très terre à terre.
« C’est normal. Pourquoi faudrait-il qu’un chef et son subordonné se comprennent ? Même les parents et les enfants n’y parviennent pas. »[d]
Au sommet de la tour, sa mère l’attendait.
Han Seogyeong, Maîtresse du Palais de glace.
Une femme de fer, réputée avoir un cœur de glace.
Elle passait aussi pour la plus éminente artiste martiale de ces dernières générations de Maîtres du Palais de glace. Bien sûr, comme elle n’avait jamais révélé ses arts martiaux au grand jour, personne ne connaissait précisément son niveau.
La force du Palais de glace résidait donc dans sa puissance cachée et son aura mystérieuse.
« Maître du Palais. »
Pour Han Seol, elle n’était pas maman, mais sa mère ; et pas seulement sa mère, mais le Maître du Palais de glace.
Il en avait toujours été ainsi, depuis son enfance. Sa mère ne l’avait jamais serrée tendrement dans ses bras. Chaque fois que Han Seol faisait un pas vers elle, sa mère en faisait deux en arrière. Elle avait été élevée avec une rigueur absolue pour devenir le Maître du Palais, et sa mère n’était à ses yeux que le Maître du Palais de glace, sévère et inflexible.
Si leurs visages ne s’étaient pas ressemblé au point que n’importe qui aurait reconnu leur lien de parenté, Han Seol aurait pu croire que sa mère n’était pas sa mère biologique.
À présent, moins de cinq pas les séparaient, mais nul n’aurait pu mesurer la profondeur du gouffre entre elles. Du bord de cette falaise, elles se regardaient.[e]
« Comme prévu, celui qui a enlevé le second fils du Maître de la Porte du Sang du Nord était un artiste martial du Culte du Démon Céleste. »
Bien que ce rapport fût important — il révélait l’implication du Culte du Démon Céleste dans les affaires de la Mer du Nord —, le Maître du Palais de glace ne manifesta guère d’émotion.
« C’était une initiative personnelle de son subordonné, et le Jeune chef du Culte semblait même chercher à couvrir son acte. »
Le Maître du Palais de glace lui demanda du regard pourquoi, mais Han Seol ne sut que répondre. Elle-même n’arrivait pas à le comprendre.
« Il semblait tenir à ce subordonné. »
Alors, le Maître du Palais prit un ton calme.
« Cela ne change rien : nous ne pouvons pas laisser le sang de la Porte du Sang du Nord s’éteindre entre leurs mains. »
La Porte du Sang du Nord avait demandé de l’aide, et sa mère comptait accéder à sa requête.
Han Seol ignorait quel accord sa mère avait conclu avec le Maître de la Porte du Sang du Nord.
« Pour l’instant, j’ai demandé au Jeune chef du Culte de me révéler où se trouve son subordonné. »
« S’il tient à lui, comme tu le dis, le livrera-t-il aussi facilement ? »
« Je ne pense pas. »
Le Maître du Palais lui lança de nouveau ce regard qui exigeait qu’elle formule la réponse qu’elle avait en tête.
Le Maître du Palais — non, sa mère — savait-elle combien il était parfois étouffant de se retrouver dans une telle situation ?
Depuis son enfance, rien n’avait changé. Sa mère estimait qu’il fallait trouver soi-même les réponses pour devenir plus fort, comme si c’était la seule bonne façon d’agir.
« Mère, cette réponse est mauvaise. »
Elle aurait voulu pouvoir se réfugier dans les bras de sa mère, ne serait-ce qu’un instant, loin de ce monde qui exigeait qu’elle trouve des réponses. Elle avait espéré qu’au bout de ce chemin, sa mère l’attendrait, les bras grands ouverts.
Et pourtant, désormais, même ce regret persistant avait disparu du cœur de Han Seol.[f]
« Je trouverai une solution. »
Elle s’inclina avec respect et s’apprêtait à partir lorsqu’elle ajouta, comme si elle venait de s’en souvenir :
« Ah, si le Jeune chef du Culte est venu avec le Grand Démon Ivrogne, c’est à cause de l’ancienne Maîtresse de la Cour enneigée des Cent Alcools. »
« Comment le Grand Démon Ivrogne a-t-il réagi à sa mort ? »
« Il semblait incapable de croire qu’elle s’était donné la mort. »
« Dans ce cas, le Grand Démon Ivrogne ne repartira pas de sitôt. »
Le Maître du Palais de glace connaissait déjà la nature des liens entre le Grand Démon Ivrogne et la Maîtresse de la Cour enneigée des Cent Alcools.
« Je vais prendre congé. »
Une nouvelle fois, Han Seol s’inclina respectueusement et fit volte-face. Elle avait beau être sa fille, son rapport n’avait rien de différent de celui de n’importe quel subordonné.
Une telle situation aurait pu être regrettable, mais ni l’une ni l’autre ne le laissa paraître.
Derrière elle, le Maître du Palais de glace l’appela :
« Jeune Maître du Palais. »
Han Seol se retourna.
« C’est le Jeune chef du Culte qui a conclu l’alliance entre les factions orthodoxe, non orthodoxe et démoniaque. Ne le sous-estime pas. »
Quand sa mère s’exprimait avec autant de formalité, c’était qu’elle voulait souligner quelque chose de vraiment important.
Han Seol n’avait pas encore compris que Geommugeuk était un homme de cette trempe, mais elle inclina respectueusement la tête.[g]
« Je m’en souviendrai. »
À travers le sol de glace transparent, le Maître du Palais de glace suivit du regard la silhouette indistincte de Han Seol qui contournait la tour pour redescendre l’escalier.
* * *
Dans la plaine couverte de neige se tenaient Geommugeuk et Song Sa-Hyuk.
Après un long moment, le Grand Démon Ivrogne prit soudain la parole.
« C’est ici. C’est là que la Maîtresse m’a dit pour la première fois qu’elle m’aimait. »
À l’époque, ils étaient encore jeunes, et il n’était pas encore devenu le Suprême Démoniaque.
« Pourquoi n’as-tu pas accepté ses sentiments ? »
Song Sa-Hyuk tourna la tête vers Geommugeuk.
« À l’époque, un seul verre suffisait à bouleverser toute ma vie. »
« Qu’est-ce que tu veux dire ? »
« Ceux qui espéraient devenir le Grand Démon Ivrogne étaient tous obsédés par l’alcool. Moi, en revanche… »
« Tu n’aimais pas boire autant qu’eux. »
Song Sa-Hyuk acquiesça docilement.
C’était la première fois que Geommugeuk l’apprenait. Il s’était imaginé que le Grand Démon Ivrogne avait aimé l’alcool plus que quiconque depuis toujours.
Eh oui, parfois, la vie nous entraîne dans des situations inattendues. Celui qui ne ferait pas de mal à une fourmi peut devenir un tueur à gages, et celui qui tremblait à la vue d’une lame peut se transformer en épéiste célèbre.[h]
Et puis, comme si de rien n’était, ils s’adaptent beaucoup trop bien.
« Pourtant, maintenant, tu aimes boire, non ? »
Song Sa-Hyuk eut un petit rire.
« Aimer boire ? C’est toute ma vie. »
Geommugeuk rit avec lui.
« C’est en grande partie grâce à elle que j’ai fini par tant aimer l’alcool. Au début, nous étions gênés l’un avec l’autre, puis nous avons peu à peu échangé des lettres qui ne parlaient que de boissons. Elle m’écrivait au sujet de celles qu’elle avait découvertes, et nous partagions nos histoires sur toutes sortes d’alcools des Plaines centrales. »
Geommugeuk le sentait bien : elle avait été une véritable amie, liée au Grand Démon Ivrogne par leur amour de l’alcool.
« C’est grâce à elle que j’ai atteint cette position, que j’ai pu maîtriser mes arts martiaux. Elle m’a tant aidé. Même si je savais à quel point je lui étais redevable, je ne suis venu que maintenant. Je suis vraiment un égoïste de merde. »
Voilà pourquoi Song Sa-Hyuk était en colère : il avait perdu une véritable amie, et cette réalité était irréversible.
C’est comme ça, la vie.[i]
Geommugeuk faillit le dire, mais se ravisa. Ce n’était pas ce que son frère aîné avait besoin d’entendre, là, tout de suite.
« Espèce d’ordure ! »
Le Grand Démon Ivrogne hocha la tête.
« Ouais. Je suis une ordure. »
Comme si elle avait attendu cet aveu, la neige se mit à tomber. Tandis que des pétales de fleurs pleuvaient sur les Plaines centrales, ici, c’était la neige qui tombait.
Song Sa-Hyuk leva les yeux vers le ciel.
« Je suis une ordure ! »
Son cri résonna dans la plaine enneigée.
Geommugeuk leva lui aussi les yeux vers le ciel chargé de neige.
« Y a-t-il un seul bon démon dans ce monde ? On est tous des ordures. Elle aurait compris. Elle devait être heureuse rien qu’à t’envoyer des boissons. Peut-être même valait-il mieux que vous échangiez des lettres sans vous rencontrer. Si vous vous étiez vus, vous auriez juste fini ivres et fait un scandale. Tu as bien fait. C’était mieux pour elle. »
Le Grand Démon Ivrogne regarda Geommugeuk. Il ne se rendait probablement même pas compte à quel point ces mots le réconfortaient.[j]
En voyant ses yeux tremblants, Geommugeuk hocha silencieusement la tête, puis passa à l’étape suivante.
« Malgré tout, on doit retrouver l’ordure qui a fait ça, non ? »
Puisque Song Sa-Hyuk était convaincu qu’elle ne s’était pas suicidée, quelqu’un devait l’avoir poussée à mourir.
« Pour enquêter sur cette affaire, il va falloir entrer au Palais de glace. »
Tandis que le Grand Démon Ivrogne s’inquiétait, Geommugeuk avait déjà échafaudé son plan.
« Si le Palais de glace de la Mer du Nord s’est mêlé des affaires de la Porte du Sang du Nord, c’est qu’il y a une raison assez grave pour qu’il accepte d’intervenir. »
« Ça doit être ça. »
« Alors, si nous réglons cette affaire, ils nous laisseront sans doute enquêter sur la mort de la Maîtresse. »
Song Sa-Hyuk comprit où Geommugeuk voulait en venir. Il comptait ramener le second fils du Maître de la Porte du Sang du Nord, puis s’en servir comme levier pour obtenir l’autorisation d’enquêter.
« Et si elle l’a déjà tué ? »
« Si elle avait voulu le tuer, elle n’aurait pas pris la peine de l’enlever. Si elle l’a kidnappé, c’est qu’elle avait besoin de sauver quelqu’un. »
« Tu sais où elle se trouve, en ce moment ? »
Comme prévu, Geommugeuk répondit sans hésiter.
« Si elle a fait quelque chose d’aussi grave, elle a forcément informé Gowol de leur emplacement par l’intermédiaire de la Lune Cachée, même si personne d’autre n’est au courant. Il suffit de voir que ni la Porte du Sang du Nord ni le Palais de glace ne les ont trouvés, malgré leurs recherches. Ils sont probablement dans une planque de la Lune Cachée, dans la Mer du Nord. »[k]
Geommugeuk connaissait mieux que quiconque la méticulosité de Gowol. La planque de Gowol était une véritable planque.
« Tu connais bien ton subordonné, hein ? »
« Un cœur qui ne bat pas, est-ce encore un cœur ? Allez, on y va. »
Geommugeuk et le Grand Démon Ivrogne se mirent à avancer lentement dans la neige, qui tombait de plus en plus dru.
* * *
« Jusqu’à l’heure convenue, la Porte du Sang du Nord n’a donné aucun signe de vie. »
Lee Ahn ne s’était pas attendue à ce que le Maître de la Porte du Sang du Nord abandonne son fils.
« On dit que le monde des arts martiaux est impitoyable. Là, c’est vraiment trop. »
À sa place, elle aurait donné sa vie pour son enfant. Allait-il vraiment agir ainsi ?[l]
Il s’y était attendu, mais la réalité n’en plongea pas moins Yang Joong dans le désespoir. Son père avait échangé l’honneur de la Porte du Sang du Nord contre la vie de son fils.
« Tue-moi ! »
Il aurait voulu le crier fièrement, mais n’en avait pas le courage. Il voulait vivre.
« Si vous me tuez, la Porte principale se vengera, c’est certain. »
Il continuait de supplier pour sauver sa vie, mais s’y prenait de la mauvaise façon.
De leur côté, Joo Gyu et Hwang Chu ne s’accrochaient pas à une fierté inutile.
« Je vous en prie, épargnez-nous ! »
Tous deux avaient toujours les yeux fermés. Leur instinct de survie brûlait en eux.
« Allez, ouvrez les yeux, vous aussi. Il est temps que nous réfléchissions tous ensemble. »
Joo Gyu et Hwang Chu finirent par ouvrir les yeux. Grâce à la lanterne que Lee Ahn avait allumée dans la pièce sombre, ils purent voir son visage.
Tous deux furent stupéfaits. Jamais ils n’auraient imaginé que la femme qui les avait capturés serait aussi belle.
« Putain de folle ! Qu’est-ce que tu es, au juste ? »
Les mots faillirent jaillir de la bouche de Joo Gyu. Il n’y comprenait rien. Avec une beauté pareille, elle aurait pu mener une vie palpitante sans avoir à enlever les proches de la Porte du Sang du Nord.[m]
« Les menaces n’ont rien donné. Qu’est-ce qu’on fait, maintenant ? »
Lee Ahn s’approcha d’eux. De près, elle était encore plus belle.
« Je vous coupe les mains et je les renvoie ? »
Joo Gyu, qui la regardait fixement, hocha distraitement la tête, puis sursauta.
« De qui vous parlez ? »
Yang Joong lui lança un regard noir. De qui croyait-il qu’elle parlait ? Évidemment, de ses mains à lui. Comment pouvait-il poser une question aussi stupide ?
« Ça ne changera rien ! J’ai déjà fait une croix sur ma vie. Qu’est-ce que ça changerait que vous me coupiez la main ? »
Sans même s’en rendre compte, Yang Joong avait caché ses deux mains derrière son dos. Lee Ahn lui faisait peur.
« Ça pourrait être du bluff, tu sais. Tu te dis peut-être qu’elle n’osera pas vraiment me tuer. »
Lee Ahn murmura d’un ton espiègle à Yang Joong :
« Je vais te couper la main gauche, celle qui ne tient pas l’épée. »
Elle saisit la poignée de son épée, comme si elle allait frapper sur-le-champ. Yang Joong poussa un cri de terreur.
« Je vous dis que ça ne changera rien ! »
Lee Ahn lâcha son épée.
« Ah oui ? Alors, qu’est-ce que je devrais faire ? Je devrais vraiment vous couper la tête et la leur envoyer ? »
Les paroles qu’elle prononçait de sa voix douce et mélodieuse étaient glaçantes.
« Et alors ? Qu’est-ce que vous y gagneriez ? »
« Au moins, je me sentirais un peu mieux. »
Yang Joong trembla de peur et ne répondit rien. Joo Gyu prit alors la parole à sa place.
« Tous ceux que vous essayez de sauver seront tués. »
Lee Ahn le fixa avant de répondre :
« Tant pis pour eux, non ? Quoi, tu pensais vraiment que ça me ferait culpabiliser ? Même si ce n’est pas moi, ils mourront misérablement, de toute façon. Tu ne crois pas ? Tu ne les as quand même pas amenés ici juste pour leur trouver gentiment du travail ? »
Évidemment, ils ne purent rien répondre.
« Voilà, j’ai donné ma réponse. À vous de me donner la vôtre. Sinon, je vous tue tous, j’envoie vos corps à la Porte du Sang du Nord, puis je disparais comme une volute de fumée. »
Lee Ahn avait une raison de chercher à leur faire peur.
Elle se disait qu’en les poussant à répondre, ils finiraient peut-être par trouver une solution. Le moindre indice lui suffirait.[n]
« Qu’aurait fait le jeune maître, à ma place ? »
Elle y réfléchit de toutes ses forces, mais ne fit que constater combien elle était encore loin d’atteindre ce niveau.
Il devait bien exister une solution à ce problème. Une solution si évidente qu’en repensant à cet instant, des années plus tard, elle se frapperait la tête contre sa couverture en se disant : « J’aurais dû faire comme ça. »
Mais pour l’instant, elle ne savait pas quoi faire. Elle étouffait, comme si cette même couverture lui recouvrait le visage.
« Relâchez-moi, je vous en prie ! Je vais aller convaincre le Maître de la Porte ! »
Joo Gyu se débattait désespérément pour survivre, quitte à ne sauver que sa peau.
Bien que cette démarche n’aurait eu aucune chance d’aboutir, même s’ils avaient essayé de le convaincre ensemble, Yang Joong lui barra le passage.
« Tu crois vraiment que ça marcherait ? »
Sans tenir compte de la proposition de Joo Gyu, il en formula une autre.
« Enlevez mon frère. Alors, mon père capitulera. »
Lee Ahn en resta bouche bée. Le père ou le fils, franchement ! Il devait penser ce qu’il disait au moins à moitié. L’autre moitié s’expliquait sans doute ainsi :
« Ton frère doit être entouré d’experts, en ce moment. Tu veux que je me fasse capturer ? »
Yang Joong tressaillit comme si elle l’avait frappé en plein cœur.
« Je ne faisais que proposer une idée. »
« Mauvaise réponse. Bien, la suivante ? »
Les trois prisonniers se creusèrent la tête de toutes leurs forces.
En réalité, Lee Ahn avait déjà décidé de ce qu’elle allait tenter.
« Il va falloir que je leur fasse une autre proposition pour les convaincre. »
Il y avait des gens qu’elle devait sauver.
Mais dès qu’elle ferait une nouvelle proposition, elle leur céderait l’initiative. Ces gens-là ne clignaient même pas des yeux quand elle menaçait de tuer leurs enfants.
« C’était tellement plus facile quand je n’avais qu’à rester aux côtés du jeune maître, sans réfléchir, et à jouer les gardes du corps. »
Elle cherchait une réponse lorsqu’un événement survint.
Quelqu’un frappa à la porte, de l’extérieur.
Lee Ahn et les trois prisonniers sursautèrent.
Yang Joong jeta un regard aux deux autres et afficha un sourire triomphant. Joo Gyu et Hwang Chu s’éclairèrent eux aussi.
« C’est bon ! Ils sont venus nous sauver ! »
« T’es morte ! »
Ils ricanèrent froidement. Joo Gyu lui fit signe des yeux de rester silencieux et de ne pas agir à la légère. Après tout, elle pouvait tous les tuer avant d’affronter leurs sauveteurs.
Mais inutile de les prévenir. Yang Joong tenait à vivre autant que Joo Gyu. Il n’osait même plus respirer.
Lee Ahn dégaina son épée et demanda à voix basse :
« Qui est là ? »
Alors, de l’autre côté de la porte, une voix familière et réconfortante se fit entendre.
« La bonne réponse. »
[a] Bon sang, je viens de voir qu’on en était déjà au chapitre 628.
Je suis à la bourre~~
Urgh, la vraie vie m’a complètement mis à terre.
Enfin bon, doucement mais sûrement. Les fourmis accomplissent bien plus de choses en travaillant ensemble qu’un tigre tout seul.
Est-ce que ça a le moindre sens dans ce contexte ? Pas vraiment XDXDXD
[b] Hé hé, ça commence déjà ^^
[c] En gros, un igloo, mais construit grâce aux arts martiaux.
Je me demande s’ils font aussi des sculptures de glace, mais avec l’aura de l’épée plutôt que des tronçonneuses.
[d] Eh bien oui, mais la plupart des gens essaient au moins. Comprendre les autres demande un effort constant. Les êtres humains sont des créatures sociales, et ne pas éprouver d’empathie pour autrui est anormal.
Cela dit, si elle avait des tendances sociopathes, ça expliquerait beaucoup de choses.
[e] Ça me rappelle beaucoup la relation entre Mugauk et son père, au début du roman.
La négligence affective, c’est effrayant.
[f] Donc, pas de tendances sociopathes : elle a simplement manqué d’éducation émotionnelle à cause d’une enfance trop stricte.
Pousser son enfant à trouver ses propres réponses est bon pour son développement intellectuel, à condition de lui montrer souvent qu’on l’aime.
Sinon, il risque de développer de l’anxiété à force de ne pas répondre aux attentes de ses parents.
[g] Le mot important, ici, c’est « encore » ^^
[h] Les humains sont des créatures infiniment adaptables. C’est leur principale caractéristique dans les romans de science-fiction ^^
[i] Encore un exemple d’une amitié confortable qui creuse un fossé entre deux personnes, jusqu’à ce qu’il soit trop tard pour le combler.
[j] Oh non, il est au courant.
Ce sont ceux qui ont le plus souffert qui peuvent guérir les blessures les plus profondes chez les autres.
Parce qu’ils connaissent cette douleur et qu’ils ont assez de bonté pour vouloir les en protéger.
[k] La Lune Cachée s’est vraiment bien développée en seulement quelques mois. Ils ont dû y engloutir une sacrée somme XDXDXD
[l] Bon, s’il a donné son accord à un plan visant à sacrifier des civils dotés d’une constitution spéciale, c’est le genre d’ordure que nous, les démons, devons traquer. Ce n’est donc pas si étonnant.
[m] Mais ça aurait été deux fois moins amusant ^^
[n] Un remue-méninges avec vos vies en jeu