Chapitre 377
Traducteur : FenrirTL
Éditeur / relecteur / notes : Saphartlantis
Chapitre 377 : La flatterie à l’oreille jadis paisible
« Qu’est-ce que vous regardez ? »
Yoon, la belle-mère de Jo Chunbae, s’approcha d’un jeune homme qui observait quelque chose dans un coin de la cour de la villa.
Le jeune homme suivait des yeux un petit insecte qui rampait dans le parterre de fleurs. Elle ne l’avait jamais vu depuis son arrivée ici.
Comme il restait silencieux, les yeux toujours fixés sur l’insecte, Yoon s’excusa.
« Cette vieille dame vous dérange ? Pardonnez-moi, guerrier. »
Yoon traitait avec le plus grand respect tous ceux qui travaillaient à la villa. Pas seulement les guerriers, mais aussi les serviteurs et les servantes : elle les saluait tous avec politesse. Ce n’était pas par crainte, mais par gratitude.
Elle avait mené une vie difficile, pleine d’épreuves, mais ces derniers temps, elle goûtait à un confort qu’elle n’avait jamais connu. À chaque repas, on lui servait des mets rares et luxueux. On lui fournissait de nouveaux vêtements. Pour la première fois de sa vie, elle portait de la soie. Elle pouvait même faire la grasse matinée et se reposer tranquillement, ce qui ne lui était jamais arrivé. Comment aurait-elle pu ne pas être reconnaissante envers les gens d’ici ?
Alors qu’elle se tournait pour partir, le jeune homme prit la parole.
« C’est un Insecte venimeux du dragon. On n’en trouve que dans cette région. » 1
« Oh, vraiment ? »
Yoon s’accroupit à côté de lui.
Il avait l’air jeune, mais son attitude et sa voix dégageaient une certaine maturité.
Lorsque l’insecte s’enfonça dans l’herbe, Yoon jeta un coup d’œil à la taille du jeune homme et fit remarquer :
« Cette bourse est toute mignonne. » 2
Le jeune homme portait plusieurs bourses, chacune ornée d’un animal du zodiaque. Les marchands ambulants en avaient souvent sur eux, mais puisqu’il se trouvait ici, ce n’était probablement pas un commerçant.
Le jeune homme lui dit alors quelque chose d’inattendu :
« J’ai déjà goûté à la cuisine de votre gendre. »
Yoon fut surprise.
« Vraiment ? Comment ça ? »
« J’habite dans le coin. »
« Oh, je vois. Venez nous voir souvent. Notre Jo est vraiment gentil et travailleur. »
Apprendre qu’il était client à la taverne de son gendre rendit Yoon sincèrement heureuse.
« Vous avez faim, par hasard ? Il y a de quoi manger dans la cuisine. Voulez-vous que je vous apporte quelque chose ? »
Comme il paraissait si jeune, elle supposa qu’il faisait des petits travaux dans les environs. Et même s’il était un guerrier, elle l’imagina d’un rang modeste.
« Non, merci. »
« Mais si, c’est l’heure idéale pour manger. Attendez un instant. »
Yoon se hâta de rentrer dans le bâtiment.
En la regardant s’éloigner, le jeune homme marmonna pour lui-même :
« Cette époque est déjà révolue. »
Quelques instants plus tard, Yoon revint avec un plateau de nourriture.
Mais le jeune homme avait disparu.
« Où est-il donc passé si vite ? Il aurait pu attendre un peu. »
Elle semblait vraiment déçue.
À cet instant, Jo Chunbae s’approcha.
« Mon cher Jo, tu n’as pas faim ? Je pourrais te préparer quelque chose. »
Elle faisait partie de ces belles-mères qui cherchaient toujours à lui donner à manger dès qu’elles le voyaient.
« Ça va. Et puis, c’est plutôt à moi de m’occuper de toi. »
« Non, tu as passé toute ta vie à prendre soin des autres. Tu devrais enfin pouvoir te reposer. »
N’était-elle pas la belle-mère dont tout le monde rêvait ? Malgré les épreuves bien plus nombreuses qu’elle avait traversées, elle se souciait toujours davantage des autres que d’elle-même.
Pendant son séjour à la villa, Jo Chunbae passa par plusieurs états d’âme.
Au début, il était étourdi, mais heureux. Il aurait aimé que ses enfants, qui vivaient loin depuis leur mariage, soient là eux aussi ; c’était son seul regret.
Mais, au fil des jours, le malaise s’installa. Était-il vraiment raisonnable de vivre dans un tel luxe ? Pouvait-il laisser la taverne sans surveillance aussi longtemps ?
Finalement, il cessa de s’inquiéter et décida de se reposer. Plus que tout, il était heureux que sa belle-mère, sa femme et la famille de sa belle-sœur vivent confortablement. Et puis, même s’il voulait rentrer, il ne pouvait pas le faire à sa guise.
« Mais qu’est-ce que c’est, cette nourriture ? »
« Il y avait ici un jeune homme qui m’a beaucoup plu, alors je voulais lui en donner. Mais il est déjà parti. »
« Qui était-ce ? »
« Un joli jeune homme, très beau. »
Jo Chunbae pencha la tête, perplexe. Il n’avait vu personne de ce genre.
« Oh, il a dit qu’il était déjà venu dans ta taverne. »
« Quoi ? Dans ma taverne ? Ça ne peut pas être ça. »
À cet instant, le jeune homme revint, les mains chargées d’herbes dont Yoon ignorait le nom.
« J’ai remarqué que vos genoux semblaient vous faire souffrir. » 3
« Quand on est vieux, tout fait mal. Mais comment avez-vous su que c’étaient mes genoux ? »
Il était vrai que ses genoux la faisaient souffrir depuis longtemps.
« Faites-en infuser une tisane et buvez-la. Vous devriez marcher plus facilement. »
« Vous n’auriez pas dû vous donner tant de peine. Merci, vraiment, merci beaucoup. »
Yoon fut submergée de gratitude.
« Notre guerrier n’est pas seulement beau, il est gentil aussi. Allez, posez ça et goûtez donc à cette nourriture. »
Yoon traitait le jeune homme comme son petit-fils.
En voyant la scène, Jo Chunbae pâlit, les yeux écarquillés et la bouche béante. Il était si stupéfait qu’il ne parvenait pas à parler.
Sa belle-mère tapotait le dos du Roi Poison pour l’inciter à manger davantage, tout en le félicitant d’être l’un de ces rares jeunes gens au grand cœur.
« Aaaah ! Non ! Arrêtez ! »
Jo Chunbae cria en agitant les bras comme s’il voulait désespérément s’envoler.
Le Roi Poison et Yoon se tournèrent vers lui.
« Qu’est-ce qui te prend ? »
demanda Yoon. Jo Chunbae s’inclina devant le Roi Poison.
« Je vous en prie, pardonnez-moi, Roi Poison ! »
Comment aurait-il pu ne pas reconnaître le Roi Poison, qui avait même fait graver son nom sur le mur de la taverne ?
Yoon comprit alors que le jeune homme était quelqu’un de haut rang et paniqua.
« Oh là là ! Je n’avais pas reconnu une personne aussi distinguée. Je vous en prie, punissez-moi ! »
Le Roi Poison l’arrêta alors qu’elle s’apprêtait à se prosterner jusqu’au sol, puis lui tendit les herbes.
« Je ne peux pas accepter quelque chose d’aussi précieux. »
« Je vous les donne parce que j’ai une dette envers votre gendre. Ne vous en faites pas trop. »
Sur ces mots, le Roi Poison rentra directement dans le bâtiment.
Lorsqu’il était arrivé la veille, l’artiste martial qui gérait la villa lui avait appris que la famille de Jo Chunbae s’y trouvait également. Mais il ne révéla pas qu’il était venu en personne, afin qu’ils puissent continuer à se détendre sans se sentir sous pression.
Il savait qu’on leur avait attribué la meilleure chambre et que, s’ils apprenaient sa présence, Jo Chunbae insisterait pour la lui céder. La chambre n’était pas le seul problème : cela leur aurait aussi imposé un lourd fardeau moral.
Ainsi, sans révéler son identité, le Roi Poison passa deux jours tranquilles avec ses subordonnés dans les quartiers des invités.
Il avait fait cela parce qu’il savait combien Geommugeuk tenait à Jo Chunbae, et qu’il voulait l’aider à garder sa dignité devant sa belle-mère.
« Merci, merci beaucoup, Roi Poison ! »
Quand le redoutable Roi Poison lui remit les herbes avant de partir, Jo Chunbae fut submergé par l’émotion.
« Jo, je me demande si je n’ai pas fait quelque chose de mal. »
« Mais non, bien sûr que non. Il ne nous aurait pas donné quelque chose d’aussi précieux, sinon. »
« C’est vraiment quelqu’un de généreux. »
Yoon s’inclina en direction du bâtiment où le Roi Poison était entré.
« C’est trop de luxe pour quelqu’un comme moi. »
« Je vais préparer les herbes moi-même. »
Jo Chunbae prit les herbes, le cœur battant. Des herbes offertes en personne par le Roi Poison ? Ses mains tremblaient. Il prit soin de ne pas laisser tomber la moindre feuille.
Il y avait quelqu’un qui lui manquait terriblement. Tout ce bonheur et toute cette joie, c’était grâce à lui.
« Jeune chef du Culte du Démon Céleste, revenez sain et sauf. Quand vous reviendrez, je… ! »
C’est alors que…
« Que ferez-vous pour moi ? »
Jo Chunbae se retourna, surpris. Geommugeuk venait d’arriver. Il avait quitté l’Alliance des voies démoniaques et foncé ici comme le vent grâce au Pas de la Lumière Stellaire. 4
« Jeune chef du Culte du Démon Céleste ! »
Au cri de Jo Chunbae, le Roi Poison apparut à la fenêtre qu’il venait d’ouvrir.
« Tu es revenu plus vite que je ne le pensais. »
« J’ai filé comme le vent parce que vous me manquiez, Roi Poison. »
« Tu veux dire que c’est le tavernier, là-bas, qui te manquait. »
Geommugeuk adressa un sourire à Jo Chunbae.
« Eh bien, bien sûr que notre tavernier m’a manqué aussi. »
En voyant Geommugeuk revenir sain et sauf, Jo Chunbae fut submergé de joie.
Un immense soulagement l’envahit. Comme s’il avait flotté dans un rêve, il retrouvait enfin la réalité.
« Je ne sais pas comment je pourrai un jour vous rendre la pareille. »
« Il y aura bien un moyen. »
« Pardon ? »
« Bientôt, un invité très important viendra dans ta taverne. Le moment venu, montre-lui de quoi tu es capable. » 5
Au regard pétillant et au sourire énigmatique de Geommugeuk, Jo Chunbae cligna des yeux, perplexe. Il ne lui avait même pas parlé de cette façon lorsque le Suprême Démoniaque était venu. Qui pouvait bien être ce nouvel invité ?
À ce moment-là, Yoon et le reste de la famille de Jo Chunbae sortirent à leur tour pour accueillir chaleureusement Geommugeuk.
« Grâce à vous, notre famille a vécu des moments qu’elle n’oubliera jamais, même dans la mort. Merci, Jeune chef du Culte du Démon Céleste. »
Geommugeuk prit doucement la main de Yoon et lui répondit avec chaleur :
« Prenez bien soin de votre santé, madame. »
Le lendemain, ils décidèrent de quitter la villa. Ce soir-là, Jo Chunbae prépara lui-même le repas. Il voulait servir personnellement ceux envers qui il était redevable.
Il servit à manger et à boire non seulement à Geommugeuk, au Roi Poison et aux Crocs du Poison, mais aussi aux guerriers, aux serviteurs et aux servantes de la villa.
Tandis que Jo Chunbae dévoilait ses talents culinaires, sa femme allait remercier un à un tous ceux qui avaient pris soin d’eux.
Le Roi Poison mangeait, l’air absent, perdu dans ses pensées.
Assis à côté de lui, Sangseon versa plutôt un verre à Geommugeuk.
« Merci pour tout. »
Depuis sa rencontre avec Geommugeuk, le Roi Poison avait commencé à changer, et c’était une évolution que Sangseon espérait depuis longtemps. Qu’ils soient ici plutôt que dans la Forêt des Mille Poisons, à cueillir des herbes et à partager un repas avec le Démon Bouddha… Rien de tout cela n’aurait été imaginable autrefois.
« C’est plutôt à moi de vous remercier. En nous accompagnant cette fois, vous nous avez aidés à éviter un grand danger. »
« Venez donc bientôt nous rendre visite à la Forêt des Mille Poisons, quand vous en aurez l’occasion. »
« Une prochaine fois. Je compte passer saluer mon père, puis repartir aussitôt pour l’Alliance du Murim. »
« Cette fois, vous allez mettre l’Alliance du Murim sens dessus dessous, n’est-ce pas ? » 6
plaisanta Sangseon. Geommugeuk lui répondit avec un sourire.
« Mais non. Je vais simplement rencontrer le chef de l’Alliance et lui demander un petit service. Rien de plus. »
À cet instant, le Roi Poison prit soudain la parole. Ils avaient cru qu’il ne les écoutait pas, mais il avait tout entendu.
« Est-ce que ce sera vraiment aussi simple ? »
À ces mots, Geommugeuk vida son verre. À vrai dire, il n’en savait rien non plus. Comment Jin Peicheon réagirait-il ? Ni lui ni le chef de l’Alliance n’avaient jamais eu à faire face à une telle situation.
Quand cette agréable soirée prit fin, Geommugeuk dit à Jo Chunbae :
« Rentrons maintenant. »
C’était la fin des vacances les plus mémorables de la vie de Jo Chunbae.
* * *
À son retour au Culte du Démon Céleste, Geommugeuk passa d’abord par le Pavillon du Démon Céleste.
« Père, je suis de retour. »
Son père l’attendait à sa place habituelle.
« J’ai entendu dire que tu avais semé le trouble dans l’Alliance des voies démoniaques. »
« C’est un malentendu. Je n’ai rien fait, j’ai seulement regardé. Je suis sûr que vous avez reçu tous les rapports du Pavillon de la Communication Céleste. »
Geommugeuk raconta à son père ce qui s’était passé au sein de l’Alliance des voies démoniaques.
Comme toujours, il préférait tout expliquer lui-même à son père. Peu importait que celui-ci sache déjà tout. Ce n’était pas un rapport, mais une conversation, une conversation sincère.
« Je pense qu’il y a encore quelqu’un derrière tout ça. »
Tant que son père restait sur ses gardes, cela suffisait. Même si le reste du monde baissait la garde, tant que son père et lui demeuraient vigilants, ils pourraient empêcher le pire.
« Ils tenteront encore quelque chose. C’est à nous de le prévoir. »
Il insista sur le fait qu’ils ne pouvaient pas se permettre de baisser leur garde.
« La défense n’est pas toujours la solution. »
La méthode de son père consistait à éliminer la menace en premier. Il avait probablement déjà ordonné au Stratège en chef de passer à l’action.
« Si c’est possible, ce serait effectivement la meilleure solution. »
Mais, à en juger par la minutie de leurs ennemis jusqu’ici, ils ne seraient pas faciles à débusquer.
« Oh, et j’ai invité le chef de l’Alliance à la Taverne du Vent Flottant. »
Il lança cela d’un ton désinvolte, comme si ce n’était rien. Son père ne réagit pas. Incapable de le regarder dans les yeux, Geommugeuk marmonna, tête baissée :
« Je sais que vous n’aimez pas le chef de l’Alliance, Père. Mais quand vous le rencontrerez vraiment, vous pourriez découvrir que c’est quelqu’un de plutôt bien. Enfin, peut-être… »
Comme son père ne réagissait toujours pas, il releva prudemment les yeux.
Le regard de son père disait clairement :
Tu te rends bien compte de ce que tu es en train de faire, n’est-ce pas ?
En temps normal, il aurait pu passer par l’Alliance du Murim sur le chemin du retour et régler cette affaire en premier.
Mais il jugeait plus important d’en parler à son père dès maintenant. Il lui fallait sa permission. Il devait tâter le terrain. Et si son père désapprouvait, il devrait le convaincre, négocier avec lui.
Il y avait une grande différence entre dire « Je t’en informe maintenant » et « C’est déjà fait ». 7
Son père esquissa lentement un sourire en coin, l’air de dire : Je vois clair dans ton jeu. Geommugeuk n’avait pas vu ce sourire sarcastique depuis longtemps. Et, étrangement, cela le soulagea profondément.
Ah… Je suis chez moi.
Son père avait déjà compris pourquoi il avait invité le chef de l’Alliance.
Comme prévu, il ne lui demanda pas pourquoi.
« L’Alliance du Murim ne va pas rester les bras croisés, tu sais. »
« C’est pour ça que je compte aller parler directement au chef de l’Alliance. »
« Et tu crois que Jin Peicheon va accepter sans broncher ? »
Comme le Roi Poison, son père ne prenait pas l’affaire à la légère.
Bien sûr, Geommugeuk avait un atout dans sa manche.
« J’ai aussi des alliés de ce côté-là. Deux, en fait. »
* * *
« Maître ! »
Le Roi Démon du Poing se tenait debout, les yeux levés vers la falaise qu’il comptait surmonter.
« Te voilà. »
Il voulait amener Bih Sa-in ici juste pour plaisanter : « Tu vois ? À côté de mon maître, tu as un visage mignon. »
« Je viens de rentrer de l’Alliance des voies démoniaques. Je suis venu directement vous voir après avoir salué mon père. »
Après avoir annoncé son retour avec cette petite mise en scène, il se plaça à côté de son maître et leva les yeux vers la falaise.
« Cette falaise aurait-elle grandi ? »
Ne comprenant pas ce qu’il voulait dire, Dan Woo-gang le regarda. Geommugeuk contempla de nouveau la falaise et ajouta :
« Elle paraît plus grande et plus haute qu’avant. »
Une lueur passa dans les yeux du Roi Démon du Poing.
« Est-ce la falaise qui a grandi… ou toi ? »
Il devinait ce que son maître voulait dire, mais fit semblant de ne pas comprendre et demanda :
« À mesure qu’on grandit, les choses ne devraient-elles pas paraître plus petites et plus faciles ? »
« C’est ce que pensent les hommes de peu. Les vrais maîtres, en grandissant, voient les choses telles qu’elles sont. »
C’était peut-être pour cela que les véritables experts restaient toujours humbles.
Avoir atteint le sommet de la Technique de Protection Corporelle du Démon Céleste avait-il tant approfondi sa perception martiale ? La falaise lui semblait réellement plus imposante qu’avant.
« Alors, pour vous, Maître, cette falaise doit être encore plus colossale. »
« Entendre de la flatterie à cette oreille, jadis paisible… ça doit vouloir dire que quelqu’un est de retour. »
« Je ne suis pas venu qu’avec des compliments. J’ai aussi un cadeau. »
Dan Woo-gang reconnut les gantelets que je lui tendis.
« Les gantelets du Dieu de la guerre ! » 8
« Vous les avez reconnus. »
« Quiconque a pratiqué les arts martiaux les reconnaîtrait. Où les as-tu trouvés ? »
« Le chef de l’Alliance me les a offerts. »
L’incrédulité se lut d’abord sur le visage du Roi Démon du Poing, avant de laisser place à l’acceptation, comme s’il se disait : C’est normal, puisque ça vient de toi.
« Pourquoi me les donner s’ils t’ont été offerts ? »
« À qui iraient-ils mieux ? À moi ou à vous ? »
Comme il avait toujours vécu avec ses seuls poings nus, je m’attendais à moitié à ce qu’il refuse. Mais il les accepta sans hésiter.
« C’est vrai. J’en aurai besoin pour abattre cette falaise. »
Oui, je n’étais pas le seul à progresser. En acceptant ce cadeau sans orgueil, il le montrait clairement : mon maître aussi grandissait.
Je comprenais maintenant pourquoi les gantelets du Dieu de la guerre étaient considérés comme les meilleurs de leur catégorie. Leur souplesse leur permettait de s’ajuster parfaitement, même à ses grandes mains.
« Je comprends enfin ce que les gens veulent dire quand ils affirment que chaque trésor trouve son maître. Ils vous vont à merveille. »
Dan Woo-gang répondit en serrant fermement son énorme poing, un geste de gratitude qui remplaçait les mots.
Oui, c’est ainsi que nous devons tous devenir plus forts. Tandis que l’ennemi complote dans l’ombre, nous devons nous renforcer au grand jour. Voyons qui l’emportera à la fin.
* * *
Après avoir pris congé du Roi Démon du Poing, je quittai le quartier général, laissant l’Épée du Soleil et de la Lune à la garde de mes hommes. Comme je devais repartir sans tarder, je décidai de ne saluer les autres Suprêmes Démoniaques qu’à mon retour de l’Alliance du Murim.
« Vous allez encore nous laisser derrière, n’est-ce pas ? »
Jeokyeon, la cheffe de la garde, avait depuis longtemps accepté la situation avec résignation.
« On dirait bien. »
Elle tenta de me faire culpabiliser d’un regard qui semblait dire : Nous ne vous servons donc à rien ? Mais je ne me laissai pas prendre.
Finalement, Jeokyeon s’écria :
« Je vous en prie, souvenez-vous-en. S’il vous arrive quelque chose, nous sommes tous morts. »
C’est vrai. S’il m’arrivait quelque chose, tout serait fini, de toute façon.
« Si vous voulez m’accompagner, devenez plus forts ! Plus forts ! Encore plus forts ! »
En traversant le village de Maga, j’aperçus la Taverne du Vent Flottant. Elle avait rouvert pour la première fois depuis longtemps, et des gens du marché s’y étaient rassemblés pour bavarder avec Jo Chunbae. Comme ils avaient dû avoir envie de lui parler !
« Ne te vante pas trop tôt, tavernier. Il te reste encore quelque chose de vraiment digne de fierté à vivre. »
J’activai le Pas de la Lumière Stellaire et filai vers l’Alliance du Murim.
Même en traversant le monde comme un rayon de lumière, je pouvais encore les voir : au bord de la route, les fleurs commençaient à bourgeonner.
Le printemps arrivait.
1 : Hahahaha, les serviteurs et les gardes du corps doivent paniquer en ce moment XDXDXD
2 : « Mignonne » XDXDXD
3 : Imaginez les miracles que pourraient accomplir le Roi Poison, la Sainte des Insectes et le Médecin Démoniaque s’ils travaillaient ensemble ! Le Roi Poison pourrait même guérir la Sainte des Insectes de son empoisonnement ^^
4 : Plus vite que le vent, en fait ^^
5 : Héhéhé, il ne le prévient pas, hein ? Quel plaisir~~ ^^
6 : Tu n’as pas idée XDXDXD
7 : Le consentement est essentiel, pas seulement dans les relations amoureuses. Dès que l’un prend l’ascendant sur l’autre, la relation ne peut que sombrer dans le chaos.
8 : Ooooh. Enfin, au moins, ils seront bien utilisés. Alors, les protège-poignets Dragon d’encre et Tigre bondissant pour Soma, l’Épée du Soleil et de la Lune pour Lee Ahn, les gantelets du Dieu de la guerre pour Dan Woo-gang. Qui recevra le prochain cadeau, à votre avis ? ^^