Chapitre 353
Traducteur : FenrirTL
Éditeur / correcteur : Saphartlantis
Consultant en terminologie du Murim : Kopke
Chapitre 353 : Ton premier soupir
Hwang Seokgyeong était entouré d’artistes martiaux.
« Merci pour tout. »
— Sans vous, Maître, je n’y serais jamais arrivé.
— Je viendrai vous rendre visite, c’est certain.
Ce jour-là, cette promotion achevait son entraînement au centre d’entraînement de l’Alliance et partait rejoindre les différentes divisions de l’Alliance des voies démoniaques.
Parmi les nombreux instructeurs du centre, Hwang Seokgyeong était de loin le plus apprécié.
— N’oubliez pas que vous êtes les piliers de l’Alliance des voies démoniaques. Quelles que soient les épreuves qui vous attendent, tenez bon !
— Oui, Maître !
Quand les artistes martiaux furent partis, son collègue, l’Instructeur Cha, s’approcha.
— Comme d’habitude, c’est toi qui as reçu le plus de cadeaux.
Hwang Seokgyeong avait les bras chargés des présents que les artistes martiaux lui avaient offerts avant de partir. Il y en avait même davantage empilés à côté de lui, car il ne pouvait pas tout porter.
Et les liens ne s’arrêtaient pas là. Nombre d’artistes martiaux qui avaient quitté le centre revenaient chercher Hwang Seokgyeong lorsqu’ils traversaient des difficultés, et chaque fois, il leur apportait tout son soutien, sans compter.
— Si j’avais rencontré un instructeur comme toi, peut-être que je ne serais pas en train de passer ma vie ici à enseigner.
— Qu’est-ce qu’elle a, ma vie d’instructeur ?
— Tu ne t’en lasses pas ? Toujours les mêmes paroles, la même routine.
À ces mots, Hwang Seokgyeong demanda à l’Instructeur Cha :
— Tu sais combien d’artistes martiaux sont passés entre nos mains ?
— Un nombre impressionnant, j’imagine.
— Oui, d’innombrables personnes nous connaissent. Nous sommes probablement les figures les plus célèbres de l’Alliance des voies démoniaques. Quel pouvoir pourrait être plus grand que ça ?
— Quel pouvoir ? Nous ne sommes que des instructeurs au centre d’entraînement de l’Alliance. Tant qu’on ne devient pas chef de division ou chef de section, qui va nous reconnaître ?
— Pourquoi crois-tu que nous ne pouvons pas gravir les échelons ? Il existe une règle qui nous oblige à rester instructeurs toute notre vie ?
— Bien sûr, vas-y, fais-toi promouvoir. Deviens chef de division, chef de section.
— Et même successeur. 1
— Quoi ? Ne plaisante pas avec ce genre de choses, même pour rire. Bon, j’y vais. Profite bien de tes vacances.
Les instructeurs étaient en congé jusqu’à l’arrivée de la promotion suivante.
À peine l’Instructeur Cha fut-il parti qu’une transmission sonore de l’un de ses subordonnés arriva, comme si elle n’attendait que ça. Ce fut à cet instant que Hwang Seokgyeong devint le Roi des Batailles.
— Ils ont échoué.
À ce rapport de son subordonné, le visage du Roi des Batailles se durcit.
— Et le Jeune Chef ? Est-il gravement blessé ?
— Il n’a pas été blessé du tout.
— Alors, combien des Treize Loups sont morts ?
Il avait supposé qu’ils s’étaient sacrifiés pour sauver le Jeune Chef.
— Aucun n’est mort.
À mesure que ce rapport incompréhensible se poursuivait, le ton du Roi des Batailles se fit plus tranchant.
— Quel expert est intervenu ?
— Personne. Seuls les Treize Loups étaient sur place.
— Absurde !
Les Treize Loups avaient repoussé leur attaque coordonnée ? Certes, ils avaient pu avoir de la chance. Mais aucune chance au monde n’aurait pu déjouer un assassinat mené avec trois salves de Tempête du Ciel de Sang.
Le Roi des Batailles se remémora l’incident précédent, lorsque Pyo Gigwang avait survécu et que les assassins avaient été anéantis.
— Quelqu’un est forcément intervenu.
Il n’y avait pas d’autre façon d’expliquer ce résultat.
— Qu’allons-nous faire ?
Tandis qu’il réfléchissait, une transmission sonore affolée de l’un de ses subordonnés lui parvint.
— Le Jeune Chef est ici !
Le regard du Roi des Batailles se tourna vers l’homme, de l’autre côté du terrain d’entraînement, qui rangeait le matériel. Celui avec qui il avait échangé des transmissions sonores quelques instants plus tôt n’était autre que Sahon.
Il effectuait des tâches subalternes au centre d’entraînement de l’Alliance et vivait comme s’il n’avait appris que des arts martiaux de troisième ordre, mais personne n’avait percé sa véritable identité à jour.
À côté de Sahon, qui s’inclinait, Bih Sa-in se dévoila.
Les Treize Loups le suivaient d’un pas assuré. Bih Sa-in dégageait une aura terrifiante, aussi intense que l’impression redoutable qu’il donnait.
Les Treize Loups qui le suivaient portaient des masques, rendant leurs expressions impossibles à déchiffrer.
Alors qu’ils passaient devant lui, Sahon releva discrètement la tête et observa leur dos. Ils étaient treize, et pas un seul n’était blessé.
Même lui ne comprenait pas. Comment diable avaient-ils repoussé cette attaque ?
À cet instant, l’un des Treize Loups, qui fermait la marche, se retourna.
Sahon baissa aussitôt la tête pour éviter son regard.
Quand il la releva, celui qui s’était retourné avait repris sa route.
*Qu’est-ce que c’était ? Il a senti que je le regardais ?*
Impossible. Les Treize Loups n’auraient jamais pu percevoir un regard aussi furtif.
Sahon tira son chariot et quitta rapidement les lieux. Le Jeune Chef était là ; qui que ce soit qui le voie traîner dans le coin, un simple manœuvre aurait l’air suspect.
Le Roi des Batailles posa les cadeaux qu’il tenait et salua Bih Sa-in avec une politesse toute formelle.
— Que nous vaut votre visite, Jeune Chef ?
Il avait l’air d’un instructeur surpris par cette visite inattendue. Il semblait vraiment n’avoir aucun lien avec les événements récents.
En venant ici, Bih Sa-in s’était demandé comment Hwang Seokgyeong réagirait. Il s’attendait à ce qu’il nie tout en bloc, mais pas à ce qu’il l’accueille avec tant de naturel.
— Instructeur Hwang, cela faisait longtemps. Quand nous sommes-nous vus pour la dernière fois ?
— Nous nous sommes brièvement salués au banquet du Nouvel An, cette année.
— Ah, c’est vrai.
À l’époque, il ne s’était jamais imaginé qu’ils se reverraient ainsi. *Vous… c’est vraiment vous qui tirez les ficelles ? C’est vous qui avez donné ces ordres à ces hommes, à l’instant ?*
— Entrez, je vous en prie.
— Ce n’est pas nécessaire. Je voulais juste voir le visage de l’Instructeur Hwang un instant.
Le regard du Roi des Batailles se posa sur les Treize Loups qui l’accompagnaient. Geommugeuk se tenait légèrement en retrait des autres et dissimulait soigneusement son aura.
Le Roi des Batailles ne remarqua donc pas qu’un artiste martial du calibre de Geommugeuk s’était joint aux Treize Loups.
*Pas un seul blessé ?*
Il percevait un danger inexplicable, mais le Roi des Batailles resta imperturbable. Après tout, rien ne l’exaltait davantage que le frisson du danger.
*Le Jeune Chef est venu parce qu’il me croit responsable.*
Le simple fait qu’il soit venu ici, alors qu’il n’y avait jamais mis les pieds, suffisait à le prouver.
Était-ce une sonde ? Ou une déclaration de guerre ?
*Était-il comme ça, avant ?*
Le Bih Sa-in qu’il pensait connaître n’avait pas ce genre de caractère. 2
— Qu’est-ce que tout ça ?
Bih Sa-in désigna les cadeaux posés à terre.
— Les dernières recrues me les ont offerts en partant.
Bih Sa-in en prit un.
— Puis-je l’ouvrir ?
— Bien sûr.
Bih Sa-in s’apprêtait à l’ouvrir, puis le tendit au Roi des Batailles.
— Ça a l’air dangereux.
— Qu’entendez-vous par là ?
— Est-ce qu’un instructeur apprécié de ses élèves, ça existe ? Quelqu’un pourrait vous en vouloir et essayer de vous empoisonner, non ?
À la plaisanterie de Bih Sa-in, le Roi des Batailles lui adressa un sourire chaleureux et bienveillant.
— J’en doute. Après leur formation, les instructeurs sont souvent ceux dont les gens se souviennent le mieux.
À première vue, l’Instructeur Hwang semblait vraiment être un homme bienveillant, très éloigné de toute conspiration.
— Vous vous contentez d’être instructeur ?
— Je considère que c’est ma vocation.
En entendant leur conversation, Geommugeuk eut soudain une idée.
Pourquoi avait-il choisi d’être instructeur, entre tous les métiers possibles ?
Il existait bien des façons de s’infiltrer dans l’Alliance des voies démoniaques et de s’y établir. Avec les compétences du Roi des Batailles, il aurait pu devenir chef de section depuis longtemps. S’il ne cherchait qu’à passer inaperçu, pourquoi l’Instructeur Hwang était-il une figure si connue au centre d’entraînement de l’Alliance ? 3
Tandis que Geommugeuk réfléchissait, la conversation entre Bih Sa-in et le Roi des Batailles se poursuivit.
— On a tenté de m’assassiner aujourd’hui.
— Quoi ? Une tentative d’assassinat ? Vous n’êtes pas blessé ?
Le Roi des Batailles parut sincèrement stupéfait.
— Heureusement, je n’ai rien.
— Qui oserait faire une chose pareille ?
— Je n’ai pas pu les identifier, mais ils ont utilisé des armes du dragon d’or.
— Incroyable ! Quels misérables sans vergogne, incapables de comprendre l’honneur d’un guerrier ! Des ordures, voilà ce qu’ils sont !
En voyant cet homme se traiter lui-même d’ordure avec tant de naturel, Bih Sa-in comprit qu’il n’avait pas affaire à quelqu’un d’ordinaire.
— Oser s’en prendre à la vie du Jeune Chef… Il faut les capturer et les exécuter publiquement. Le Jeune Chef est le pilier et l’avenir du monde martial des voies démoniaques.
En vérité, Bih Sa-in espérait que leur rencontre prendrait une autre tournure.
Il s’attendait à voir chez cet homme quelque chose de suspect : une remarque bizarre, une aura étrange qui se révélerait.
*Vous avez osé tenter de me tuer ?* Peut-être une confrontation de ce genre. Il avait même réfléchi à ce qu’il pourrait dire dans un tel moment.
Il croyait qu’il se passerait quelque chose d’inhabituel. Et même si ce n’était pas le cas, il pensait pouvoir le découvrir.
Mais l’homme ne laissa rien paraître de tout cela. Il était l’Instructeur Hwang, parfaitement et entièrement. Comme s’il disait : *Vous faites erreur de personne.*
Comment pouvait-on affronter un tel homme ?
Bih Sa-in comprit qu’il n’était pas encore prêt. Tout ce qu’il trouvait à dire, c’était : *C’est vous qui avez donné l’ordre, n’est-ce pas ?* Mais si Geommugeuk avait été à sa place, il aurait trouvé les mots pour tourner la situation à son avantage.
Il regrettait d’avoir foncé sous le coup de l’émotion. Il n’était pas Geommugeuk.
S’il s’était trompé dans ses accusations, au moins devait-il battre en retraite avec dignité.
Bih Sa-in sourit et prit congé du Roi des Batailles.
— Le jour où les armes secrètes des assassins m’ont bombardé, notre instructeur, lui, croulait sous les cadeaux. Ça me fait penser que je devrais vivre avec un peu plus de sérieux.
* * *
Geommugeuk et Bih Sa-in se tenaient côte à côte au bord de la falaise.
Malgré la mise en garde d’Il-rang, qui lui avait recommandé la prudence dans les circonstances, Bih Sa-in était venu seul ici avec Geommugeuk.
Était-ce le pouvoir de cet endroit ?
Lorsqu’il se tenait là avec Geommugeuk, Bih Sa-in avait l’impression de se montrer un peu plus sincère. Et à présent, plus que jamais, il sentait que l’heure était venue de parler franchement.
— Je ne pardonnerai jamais à ce salaud qui veut prendre ma place. Pas seulement lui : tous ceux qui sont mêlés à cette affaire y passeront. Je ne suis pas le Jeune Chef de l’Alliance des voies démoniaques pour rien, pas vrai ?
Il était sincère. Et il voulait demander quelque chose à Geommugeuk.
— Je suis plus égoïste et plus vicieux que tu ne le crois. Tu continueras quand même à me considérer comme un ami ? Ne viens pas me dire plus tard que tu ignorais quel salaud je suis.
Geommugeuk savait exactement d’où venaient le trouble de Bih Sa-in et ses paroles décousues.
— Tu regrettes d’être allé voir l’Instructeur Hwang ?
Après un bref silence, Bih Sa-in demanda :
— À ma place, tu serais allé le voir ?
C’était la question qu’il voulait vraiment poser à Geommugeuk.
— Même si j’y étais allé, je n’y serais au moins pas allé aujourd’hui.
— Je peux te demander pourquoi ?
— Parce que j’ai fini par regretter la plupart des décisions que j’ai prises sous le coup de la colère.
— Je m’en doutais.
La rage de savoir que quelqu’un avait tenté de le tuer avait fini par déborder et l’avait poussé à se rendre sur place. Mais après coup, il le regrettait.
Comme rien ne s’était passé, il avait perdu l’avantage.
— Alors, pourquoi ne m’as-tu pas arrêté ?
— Parce que tu devais le vivre toi-même pour le comprendre vraiment.
Comprendre à quel point la réalité était froide. Même si nos idéaux bouillonnent comme de la lave, ils peuvent, face à la réalité, se réduire à des rêves cendrés, balayés par une eau glaciale.
Bih Sa-in laissa échapper un léger soupir. Geommugeuk sourit et dit :
— C’était ton premier soupir.
Ce n’était pas seulement le premier soupir que Geommugeuk lui voyait pousser : c’était le premier qu’il laissait échapper devant qui que ce soit. Bih Sa-in poussa délibérément un autre long soupir, montrant par là à quel point ils étaient devenus proches. 4
Geommugeuk sourit et le réconforta.
— Ça va. On se connaît déjà assez bien. Avant un combat, il convient de se saluer. Et puis, cette visite n’a pas été inutile.
— Qu’est-ce que tu veux dire ?
Il avait dit cela d’un ton si léger que Bih Sa-in n’y vit rien d’important.
— J’ai compris quel est son objectif.
Bih Sa-in fut si stupéfait qu’il faillit s’écrier : *Quoi ? T’es fou ? Comment as-tu pu deviner les intentions de ce salaud rien qu’avec la rencontre d’aujourd’hui ? Tu as lu son journal en cachette ou quoi ?*
— On a rencontré quelqu’un d’autre ?
Il n’avait absolument rien remarqué.
Geommugeuk attira son attention sur un détail auquel Bih Sa-in n’avait jamais songé.
— En voyant cette montagne de cadeaux, je me suis posé une question. Pourquoi cherche-t-il à se bâtir une telle réputation ? S’il complote dans l’ombre, ne ferait-il pas mieux de passer inaperçu ? Quelqu’un qui manigance une vaste conspiration prendrait-il la peine de traiter aussi bien les artistes martiaux du centre d’entraînement de l’Alliance, au prix de tant d’efforts ?
Maintenant qu’il le disait, Bih Sa-in trouvait cela étrange, lui aussi. Au fond, il était inquiet, redoutant que Geommugeuk lui annonce quelque chose de stupéfiant.
— Au fil des années, les artistes martiaux qu’il a formés ont probablement commencé à occuper des postes importants au sein de l’Alliance des voies démoniaques. Certains sont peut-être chefs d’escouade, d’autres chefs de division. Ceux qui ont gravi les échelons rapidement sont même devenus chefs de section.
Bih Sa-in demanda prudemment :
— Alors, quel est son objectif ?
Geommugeuk le regarda droit dans les yeux avant de répondre.
— Toi.
Bih Sa-in resta muet un instant. Il ne comprit pas tout de suite le sens de ces mots. Puis une idée lui traversa l’esprit comme un coup de tonnerre.
— Tu veux dire qu’il vise la place de successeur ?
Geommugeuk acquiesça.
— Il veut devenir le chef de l’Alliance des voies démoniaques.
— !
L’idée que Hwang Seokgyeong — Hwang Seokgyeong, lui — fût à l’origine de tout cela et qu’il aspire à devenir chef de l’Alliance dépassait tout ce qu’il avait pu imaginer. Le chemin entre le poste d’instructeur et celui de chef de l’Alliance lui semblait immensément long, hors d’atteinte.
— S’il a essayé de te tuer sans hésiter, c’est probablement parce qu’il aurait dû le faire tôt ou tard, de toute façon.
Si quelqu’un d’autre que Geommugeuk lui avait dit ça, Bih Sa-in aurait explosé de colère, criant que c’était absurde et insensé.
— Est-ce seulement possible ?
La voix de Bih Sa-in tremblait.
— Voilà probablement son plan. Pas forcément tout de suite, peut-être dans quelques années : il te tuera, toi, le successeur, puis assassinera le chef actuel de l’Alliance. Je ne sais pas comment il s’y prendra. Mais une fois le poste vacant, il révélera sa puissance martiale écrasante et revendiquera la direction. Et à ce moment-là, il ne restera plus beaucoup de maîtres capables de l’arrêter.
— La force martiale ne suffit pas pour devenir chef de l’Alliance. Les maîtres de l’Alliance ne le reconnaîtront pas.
— De quels maîtres parles-tu ? Des détenteurs du pouvoir avec lesquels il collabore déjà ? Ou des artistes martiaux qu’il a formés et envoyés sur le terrain ? 5
— !
— Le sentiment général et l’atmosphère au sein de l’Alliance le soutiendront. Il ne sera plus un simple instructeur, mais une figure vénérée qui révélera sa force cachée et s’élèvera au rang de héros.
Bih Sa-in sentit un frisson lui parcourir la poitrine.
— Il ne pourra pas tuer le chef de l’Alliance.
— Tu sais à quel point il est difficile d’arrêter une lame cachée, pas vrai ? Surtout quand elle a été affûtée, empoisonnée et qu’elle attend son heure depuis très, très longtemps. Bien sûr, ce n’est qu’une hypothèse. Je peux tout à fait me tromper.
Bih Sa-in ne trouvait pas les suppositions de Geommugeuk si invraisemblables. Après tout, ils parlaient de l’homme qui avait tenté de le tuer, lui, le successeur, sans la moindre hésitation.
Bih Sa-in resta longtemps plongé dans ses pensées. Geommugeuk ne lui donna aucun conseil. C’était à Bih Sa-in de prendre sa décision et de régler cette affaire lui-même.
Finalement, Bih Sa-in prit sa décision.
— Je ne demanderai pas d’aide au chef de l’Alliance.
Il avait décidé de régler cette affaire par ses propres moyens.
— Si je devais mourir, raconte tout ça au chef de l’Alliance.
— D’accord.
Bih Sa-in dit à Geommugeuk :
— C’est le moment où tu es censé dire : « Tu ne vas pas mourir », ou un truc du genre, non ?
Mais Geommugeuk ne lui dit pas ce qu’il voulait entendre.
— Cette décision pourrait te coûter la vie.
Il le pensait vraiment. Son adversaire était le Roi des Batailles. Quoi qu’il arrive par la suite, l’avenir était déjà tracé : il devrait l’affronter lors de l’ultime confrontation.
— Pourquoi ne m’en empêches-tu pas ?
*Parce que tu ne deviendras plus fort qu’en surmontant cette épreuve toi-même.*
— Parce que ce n’est pas ta vie ? 6
Bih Sa-in éclata de rire, plus fort que depuis leur rencontre.
— Tu as un beau rire. Quand tu rencontreras une femme, ris comme ça.
— Avec tes bêtises… tu vas me regarder jusqu’au bout juste pour voir à quel point ma vie est dure ?
— Regarder un combat, c’est toujours amusant.
— Ce salaud a fait des efforts admirables pour me piquer ma place, mais au moins, il n’a pas eu autant de chance que moi.
Bih Sa-in regarda Geommugeuk.
Malgré ce qu’il disait sur le fait de rester spectateur, Geommugeuk avait combattu à ses côtés du début à la fin. Il avait attendu patiemment, pris sur lui et soutenu Bih Sa-in pour lui laisser résoudre le problème lui-même, en première ligne.
Avec une telle chance et un tel ami, il ne pouvait pas perdre contre ce salaud.
— Allons-y. On verra bien pour la suite, mais pour l’instant, il y a encore beaucoup de gens qui bondiraient de leur siège à l’idée qu’un instructeur devienne chef de l’Alliance.
1 : Doucement, ton masque glisse.
2 : Il a beaucoup changé en peu de temps, et ce décalage dans ce que tu sais finira par te coûter la vie ^^
3 : Pour influencer les jeunes générations afin qu’elles le voient d’un bon œil, et choisir parmi elles des subordonnés loyaux.
4 : Tu imagines la pression de ne jamais laisser paraître le moindre soupir jusqu’à présent ?
5 : Son plan est très bien préparé : il frappe sur les deux fronts à la fois.
6 : En fait, c’est vrai aussi. Il ne peut pas prendre les décisions à la place de Bih Sa-in, mais il peut être là pour le protéger.