Chapitre 352
Traducteur : FenrirTL
Éditeur / correcteur : Saphartlantis
Consultant en terminologie du Murim : Kopke
Chapitre 352 : Même si je meurs et reviens à la vie, il faut quand même que je plaisante 1
Le silence retomba. Une pensée traversa l’esprit de Bih Sa-in.
Si tu étais cet homme, je serais déjà mort.
Aussi puissant et terrifiant que fût Hwang Seokgyeong, il n’était pas cet homme.
Rien que l’idée d’affronter Geommugeuk en ennemi suffisait à lui inspirer de la peur.
« Si je dois mourir de toute façon, tu crois vraiment qu’en portant deux ou trois armures de protection l’une sur l’autre, je serai sauvé ? »
— Si tu dois mourir, tu n’aurais même pas dû me rencontrer. Alors empile autant d’armures que tu peux.
Leurs regards se croisèrent. Bih Sa-in le sentit : Geommugeuk craignait sincèrement qu’il ne meure.
« Ma mort ne t’arrangerait-elle pas ? L’Alliance des voies démoniaques tomberait dans le chaos. »
À ces paroles qui ne reflétaient même pas ses véritables sentiments, Geommugeuk opposa une bonne dose de réalité.
« Je n’ai pas envie de te dire ça, mais même si tu meurs, l’Alliance des voies démoniaques ne sombrera pas dans le chaos. Ce serait pareil si je mourais, ou même si notre ami de l’Alliance du Murim mourait. »
Il avait raison. À moins que le chef du Culte du Démon Céleste ou le chef de l’Alliance ne meure, la mort d’un héritier ne suffirait pas à semer le désordre dans l’Alliance des voies démoniaques.
— Au contraire, ils seraient sans doute plus unis que jamais par leur désir de vengeance et de châtiment. Alors ? Tu veux faire le noble sacrifice pour l’Alliance des voies démoniaques ?
« Je passe. »
Bih Sa-in imagina brièvement ce qui arriverait après sa mort. Les Treize Loups seraient en deuil, et parmi eux, Il-rang serait le plus accablé. Et le chef de l’Alliance ? À quel point serait-il triste ? Le fait qu’il ait du mal à se représenter sa réaction lui fit comprendre qu’il ne connaissait pas encore très bien le chef de l’Alliance.
La troisième personne à laquelle il pensa fut Geommugeuk.
Serait-il en deuil si je mourais ?
Il commençait à se dire que ces pensées étaient bien inutiles quand Geommugeuk prit soudain la parole.
« Si tu meurs, je te vengerai. Je les poursuivrai jusqu’aux confins des Plaines centrales et je n’en laisserai pas un seul en vie : tous ceux qui auront trempé dans cette affaire. »
Sérieusement, comment fait-il pour toujours savoir exactement ce que je pense ?
« Merci, même si ce ne sont que des paroles. » 2
Un léger sourire effleura le visage grotesque de Bih Sa-in. D’une manière ou d’une autre, si c’était Geommugeuk, il irait vraiment jusqu’au bout pour le venger.
« C’est comme ça que tu es le plus beau. Quand tu tomberas amoureux, sors ce sourire de temps en temps. »
« Encore des sottises ! »
Ils plaisantaient alors qu’il risquait véritablement de mourir. Vraiment, sans Geommugeuk, une telle situation aurait été impensable.
Est-ce que je pourrais vraiment mourir ?
Il aurait menti en prétendant que cette pensée ne lui avait jamais traversé l’esprit. Pourtant, depuis qu’il était devenu le Jeune dirigeant de l’Alliance des voies démoniaques, il avait baissé sa garde sans même s’en rendre compte.
Qui oserait essayer de me tuer ?
Il était temps de changer d’état d’esprit.
Comment peux-tu te prétendre artiste martial et baisser ta garde ainsi ?
Surtout que, si Geommugeuk ne le lui avait pas dit franchement, il ne s’en serait jamais rendu compte.
« J’ai compris. Je me préparerai à son embuscade. »
— N’oublie pas de mettre ton armure de protection.
« J’en porterai deux. »
Soulagé de voir que Bih Sa-in prenait ses paroles au sérieux, Geommugeuk se détendit. Bien sûr, sa prédiction pouvait encore être fausse, mais mieux valait rester prudent.
« Il existe une version de l’uniforme officiel des Treize Loups avec un masque ? »
— Oui.
La plupart des gardes du corps travaillant pour de grandes organisations portaient des uniformes masqués. Ils devaient protéger leurs cibles sans attirer l’attention et dissimuler leur identité.
« À partir de maintenant, qu’ils portent ça. Et donnez-m’en un. Aussi, retirez un membre des Treize Loups. Je prendrai sa place. »
« Tu vas vraiment aller jusque-là ? »
— Oui. Pourquoi ? Ça ne te plaît pas ?
« Ça me va, c’est juste que je m’en veux. »
— Je te ferai payer des intérêts plus tard, alors ne t’en fais pas.
Voilà ce que Bih Sa-in voulait lui demander :
Tu es le Jeune chef du Culte du Démon Céleste. Si l’on apprend que tu as servi sous mes ordres, ça va mal finir pour toi.
La situation n’avait rien à voir avec le coup de main prêté précédemment par Jin Hagun et les Quatorzième et Quinzième Loups. Cette fois, Geommugeuk cherchait clairement à le protéger pour de bon.
« Le Jeune chef du Culte du Démon Céleste ne va pas servir le Jeune dirigeant de l’Alliance des voies démoniaques. Geommugeuk va aider Bih Sa-in. »
« ! »
Bih Sa-in le sut d’instinct : il n’oublierait jamais ces paroles de Geommugeuk.
« Je n’ai rien fait qui justifie que tu ailles aussi loin. »
« Quand on commence à se jauger comme si on était sur une balance, on est des marchands, pas des amis. C’est comme ça, les relations humaines. L’un des deux apprécie toujours davantage l’autre. Dans notre cas, c’est moi. Moi. »
Bih Sa-in lui fut profondément reconnaissant de lui parler ainsi.
De sa naissance jusqu’au jour où il était devenu l’héritier de l’Alliance des voies démoniaques, il n’avait jamais cru pouvoir se faire un ami. Il avait toujours pensé que ce serait impossible.
Geommugeuk sourit avant d’ajouter :
« À vrai dire, c’est aussi dans mon intérêt. Si quelqu’un d’autre que toi devient chef de l’Alliance, je risque de mourir de frustration. Mais si un homme comme toi occupe ce poste, je serai bien plus heureux. Alors ne t’en fais pas. Considère que je fais tout ça parce que j’en ai envie. »
C’était précisément pour ça que Geommugeuk était si attachant. Il en faisait des tonnes, mais au fond, il n’aimait pas qu’on le félicite pour ça.
J’ai perdu.
Bih Sa-in l’admit. Même si Geommugeuk entrait à son service, il avait perdu. Le reconnaître lui apporta la paix intérieure.
Les deux hommes restèrent longtemps silencieux sur cette falaise balayée par le vent.
* * *
Le lendemain, deux choses avaient changé.
Les uniformes des Treize Loups chargés de le protéger, d’abord, et la présence de Geommugeuk parmi les silhouettes masquées, ensuite.
« Le masque n’est pas un peu inconfortable ? La doublure serait mieux si elle était un peu plus douce. »
À ces mots, le Septième Loup hocha la tête comme pour approuver, puis détourna aussitôt le regard sous les yeux réprobateurs d’Il-rang.
Il-rang n’était pas ravi que Geommugeuk ait pénétré dans l’enceinte intérieure de l’Alliance des voies démoniaques. S’il n’avait pas été là pour protéger Bih Sa-in, il ne l’aurait jamais laissé entrer.
Dès qu’ils en avaient l’occasion, Geommugeuk et Bih Sa-in échangeaient par transmission sonore.
— Tu ne crois pas que tu n’as pas besoin d’entrer dans l’Alliance ?
— En fait, je crois que c’est l’endroit le plus dangereux. Les assassinats n’arrivent-ils pas toujours là où l’on se sent le plus en sécurité ? 3
Bih Sa-in regarda par la fenêtre. En songeant que ceux qui voulaient le tuer se trouvaient peut-être juste là, dans l’enceinte, le paysage familier de l’Alliance des voies démoniaques lui parut soudain étranger.
Il-rang s’adressa à Bih Sa-in :
« Allons-y. Les chefs de division nous attendent pour la réunion. »
En quittant ses quartiers, il transmit un message à Geommugeuk.
— Tu comptes vraiment nous suivre jusque dans la salle de réunion ?
— Bien sûr.
— Tu essaierais de voler les secrets de l’Alliance ?
— Tu viens seulement de t’en rendre compte ?
Il était clair que Geommugeuk comptait le suivre toute la journée. Il ne ferait pas ça si son ennemi n’était pas le Roi des Batailles. Le Roi des Batailles qu’il connaissait aimait vraiment se battre et détestait tout autant perdre.
À ses yeux, le complot qui se tramait au sein de l’Alliance des voies démoniaques n’était qu’un combat de plus.
Il ne tolérerait jamais de perdre cette bataille et, pour s’en assurer, le moyen le plus direct consistait à éliminer Bih Sa-in. Après tout, c’était lui qui représentait la plus grande menace.
Avant que l’incendie ne gagne le chef de l’Alliance, éliminer Bih Sa-in serait la voie la plus sûre vers la victoire.
Il-rang transmit un message à Bih Sa-in.
— Je sais que tu fais confiance au Jeune chef, mais tu ne devrais pas lui faire visiter chaque recoin de l’Alliance comme ça. Si le chef de l’Alliance l’apprend plus tard, ça va poser problème.
— Je comprends tes inquiétudes, Il-rang. Mais, pour une fois, fais confiance à mon jugement.
Il-rang observa Bih Sa-in. Comme il ne semblait pas se laisser influencer par Geommugeuk, il hocha légèrement la tête. Il résolut de surveiller la situation de plus près. Faire entièrement confiance à un démon serait insensé.
Bih Sa-in assista donc à la réunion.
Quand il plaça les Treize Loups à l’extérieur de la salle, Il-rang assigna à Geommugeuk le poste le plus éloigné possible. Il voulait l’empêcher d’entendre quoi que ce soit.
Geommugeuk obéit sans discuter.
Après la réunion, Bih Sa-in sortit et aperçut Geommugeuk au bout du couloir. Nul besoin de lui expliquer : il comprit aussitôt ce qui s’était passé.
— Pardonne-lui. Il-rang est naturellement droit et inflexible.
— Ce n’est rien, je comprends.
Bih Sa-in poursuivit sa journée comme à l’accoutumée.
Une fois par jour, il prenait toujours un repas dans la même auberge. Aujourd’hui ne fit pas exception.
Tout en mangeant, il transmit un message à Il-rang.
— Qu’est-ce qui se passe du côté de Hwang Seokgyeong ?
On avait déjà placé des hommes pour le surveiller, lui aussi.
— Rien d’anormal. À vrai dire, il s’entraîne encore plus dur que d’habitude.
Sans la confiance qu’il accordait à Geommugeuk, on aurait pu croire qu’il accusait Hwang Seokgyeong à tort : celui-ci se comportait tout à fait normalement.
Bih Sa-in jeta un coup d’œil à Geommugeuk.
Posté près de l’entrée de l’auberge, Geommugeuk regardait ostensiblement dehors.
— Voilà que tu me lances encore ce regard méfiant. Je t’ai dit de me faire confiance.
— Comment veux-tu que je ne me méfie pas quand je commande un homme qui a des yeux derrière la tête ?
Geommugeuk se tourna vers lui. Ses yeux brillaient derrière les ouvertures du masque, et ils souriaient.
— Ce n’est pas épuisant ?
— À en mourir. Tout à l’heure, j’ai englouti mon repas debout. Tu devrais mieux traiter tes gardes du corps, à l’avenir.
— Viens manger avec moi.
— Non merci. Je vais continuer à souffrir, comme ça je pourrai te le reprocher longtemps. Je te ressortirai cette histoire chaque fois qu’on se verra.
Le repas s’acheva paisiblement et ils rentrèrent sans bruit. Rien ne se passa ce jour-là.
Le lendemain non plus, il ne se passa rien. Hwang Seokgyeong poursuivit lui aussi ses activités habituelles.
Ainsi s’écoulèrent trois jours.
Une fois encore, Bih Sa-in mangeait dans l’auberge qu’il fréquentait toujours.
— Le Jeune chef s’est peut-être trompé dans son jugement.
Bih Sa-in ne répondit pas au message d’Il-rang. Ce jour-là encore, Geommugeuk se tenait près de l’entrée, à contempler le paysage.
Par-dessus son épaule, des passants allaient et venaient, des marchands interpellaient les clients et des enfants couraient dans les rues.
Ouais, il reste humain. Il ne peut pas être parfait. Pas tout le temps.
Après avoir terminé son repas, Bih Sa-in sortit de l’auberge avec les Treize Loups.
Sur le chemin du retour vers l’Alliance, une jeune fille portant un panier de fleurs s’approcha d’eux. Il ne l’avait encore jamais vue. 4
« Vous voulez des fleurs ? Je vous les fais pas cher. »
Les Treize Loups la surveillèrent avec méfiance.
L’un des artistes martiaux du groupe alla examiner la jeune fille. À première vue, elle ne semblait pas avoir suivi d’entraînement martial. Son panier ne contenait que des fleurs. En tout point, elle avait l’air d’une simple vendeuse de fleurs.
Alors que Bih Sa-in passait devant elle, la jeune fille lui tendit une fleur.
Il allait poursuivre son chemin, mais se ravisa et se tourna vers elle.
« Combien pour une fleur ? »
« Pour quelqu’un d’aussi noble que vous, je vous l’offre. »
« Tu sais qui je suis ? »
« Vous êtes le Jeune dirigeant, n’est-ce pas ? Mon père m’a dit de me montrer polie si je vous croisais un jour. »
« Où est ton père ? »
« Il est malade. Il est couché à la maison. »
« Je vais t’acheter toutes tes fleurs. »
« Vraiment ? »
La jeune fille ouvrit de grands yeux, stupéfaite.
« En souvenir de notre rencontre d’aujourd’hui, je vais tout t’acheter. »
Il s’apprêtait à prendre son argent pour le lui remettre quand…
« Je vais vous offrir celle-ci aussi. »
Au moment où la jeune fille porta la main à la fleur dans ses cheveux pour la mettre dans le panier…
Tac.
Il-rang frappa rapidement un point de pression de la jeune fille, la maîtrisa et lui arracha la fleur des mains.
« C’est une Herbe de poison absolu Yin-Yang. La fleur de poison yin dans ses cheveux et les fleurs de poison yang dans le panier : réunies, elles libèrent instantanément un parfum mortel. »
Tous se tournèrent vers la jeune fille.
Avant même qu’ils s’en rendent compte, son visage était devenu noir comme l’encre et elle s’était effondrée sans un bruit.
Il-rang examina son corps, déjà sans vie, puis annonça d’un air sombre :
« On dirait que le fait de retirer la fleur de ses cheveux a déclenché un empoisonnement fulgurant. »
Qu’elle ait agi de son plein gré ou sous les ordres de quelqu’un, la tentative d’assassinat avait été impitoyable : elle y avait laissé sa vie. 5
Alors que tous les regards étaient braqués sur la jeune fille…
« Derrière toi ! »
C’était Geommugeuk qui avait crié.
Tandis que tous les yeux étaient rivés sur le petit cadavre, un attaquant déguisé en passant, derrière Bih Sa-in, avait profité de ce bref instant pour lancer une embuscade.
Kwoooom !
Dans un grondement, des dizaines de projectiles semblables à des aiguilles jaillirent d’une arme secrète cylindrique que tenait l’assaillant. 6
Fshik ! Fshik ! Fshik ! Fshik ! Fshik ! Fshik ! Fshik !
Le Pas de l’Éclair lui fit franchir l’espace à toute vitesse. Geommugeuk balança son épée et dévia les projectiles.
Mais l’attaque ne s’arrêta pas là. De l’autre côté de la rue, un homme qui faisait mine de regarder les étals se retourna et lança une nouvelle salve d’armes secrètes. Une forte détonation retentit et les projectiles fusèrent.
Les Treize Loups se jetèrent en avant, fendant l’air de leurs épées.
Au même instant, un autre homme apparut sur le toit d’en face et s’apprêtait à attaquer…
Tranché !
Son bras, qui tenait le cylindre de l’arme secrète, fut sectionné et tomba au sol.
L’épée de Geommugeuk, déjà lancée, venait de trancher le bras de l’assaillant.
Après avoir dévié tous les projectiles, Geommugeuk s’était aussitôt rué en avant pour tuer l’assaillant sur le toit. Ses mouvements avaient été si rapides que les témoins crurent qu’un autre avait intercepté l’attaque.
Le blessé tenta de tirer une autre arme de sa main valide, mais ce qu’il n’avait pas réussi à faire avec deux bras, il ne risquait pas d’y parvenir avec un seul.
Poc !
L’Épée du Démon Noir lui transperça la gorge.
Lorsque Geommugeuk retoucha terre, tous les assassins avaient été neutralisés. Les Treize Loups formaient un cercle serré autour de Bih Sa-in et, en leur centre, Il-rang criait :
« Jeune dirigeant ! »
Une arme secrète était fichée dans sa poitrine. Tous les projectiles visaient Bih Sa-in ; ils avaient été tirés de si près et à une telle vitesse qu’il était impossible de tous les dévier.
« Je vais bien. »
Lorsque Bih Sa-in ouvrit sa robe, il révéla l’armure de protection qu’il portait dessous. Et pas une seule : il en avait effectivement mis deux. Les projectiles s’étaient fichés dans la première, sans parvenir à traverser la seconde. 7
Trois des Treize Loups, qui avaient bloqué les armes secrètes, étaient blessés. Aucun n’avait toutefois subi de blessure grave. Eux aussi portaient une armure de protection.
Geommugeuk et Bih Sa-in croisèrent leurs regards.
— Bien joué.
— À cause de tes sermons, j’ai emprunté des armures de protection à l’arsenal de l’Alliance et j’ai demandé aux Treize Loups d’en mettre aussi. 8
En fin de compte, ça avait été une décision vraiment judicieuse.
— Et moi, alors ? Tu en as donné à tout le monde sauf à moi ? J’aurais dû en avoir une aussi !
— Je me suis dit que tu te débrouillerais très bien tout seul. De toute façon, il n’y en avait pas assez pour tout le monde.
— Et pourtant, tu en as mis deux ?
— Parce que tu m’as dit d’en mettre deux !
Ils plaisantèrent ainsi. Même après avoir failli mourir, Geommugeuk ne pouvait s’empêcher de sortir une blague.
Bientôt, Geommugeuk cessa de plaisanter et reprit calmement :
« La vendeuse de fleurs servait de diversion. Leur plan consistait à attaquer dès que tous les regards seraient tournés vers elle. »
« Comment tu l’as su ? »
Parce que leur ennemi était le Roi des Batailles. Si les assaillants avaient vraiment suivi ses ordres, ils n’auraient pas été aussi négligents.
« J’ai eu un mauvais pressentiment. »
Bih Sa-in comprit que Geommugeuk avait vu juste. L’ennemi était bel et bien venu pour le tuer.
Ce fou furieux ! Il essaie vraiment de me tuer ? Et juste devant le bâtiment principal de l’Alliance ?
Sans Geommugeuk, il aurait sans doute été fichu. Même s’il avait survécu, les Treize Loups auraient certainement subi de lourdes pertes.
Les Treize Loups le savaient aussi. Ils inclinèrent la tête pour remercier Geommugeuk. Il-rang, qui avait jusque-là désapprouvé sa présence, se joignit à eux.
Bih Sa-in revint sur la pensée qui lui avait traversé l’esprit plus tôt. Il s’était dit que Geommugeuk restait humain et ne pouvait donc pas être parfait. Mais non…
Cet homme est parfait. Il n’est clairement pas humain. 9
Il-rang ramassa les armes secrètes dont s’étaient servis les assassins.
« Ces armes secrètes sont des Tempêtes du Ciel de Sang. Ce sont des armes interdites, classées parmi les armes du dragon d’or dans tout le monde martial. »
Non seulement elles étaient impossibles à obtenir par des moyens ordinaires, mais elles coûtaient aussi une fortune. Et trois d’entre elles avaient été utilisées lors de cette attaque.
Ils avaient tenté de le tuer à l’aide d’armes interdites du dragon d’or, sans même daigner recourir à une autre méthode. Leur ennemi n’avait ni honneur ni fierté d’artiste martial. Il n’avait qu’un seul désir : tuer.
Bih Sa-in lança à Geommugeuk un regard furieux.
Geommugeuk ne dit rien et se contenta d’afficher un air qui montrait qu’il suivrait la décision de Bih Sa-in, quelle qu’elle soit. Bih Sa-in ne le remercia pas de lui avoir sauvé la vie. Il ne pourrait s’acquitter de sa dette qu’une fois toute cette affaire terminée.
« Utiliser une arme du dragon d’or comme ça… Il ne connaît clairement pas les bases des arts martiaux. »
Bih Sa-in se retourna et prit la direction de l’Alliance. Puisque l’autre camp lui avait rendu hommage, il était temps de lui rendre la pareille.
« Allons vérifier si notre centre d’entraînement enseigne correctement les bases. »
1 : Ouais, c’est un peu la devise de Mugeuk XDXDXD Gâcher la joie de ses ennemis en les narguant et en riant jusqu’au bout !!!
2 : Non, c’est la vérité. Regardez jusqu’où il est allé pour se venger de Hwa Moogi.
3 : Ouais, les monstres attendent toujours que tu baisses ta garde après avoir verrouillé toutes les portes et fenêtres, puis ils se glissent dans ton dos sans un bruit. C’est tellement agaçant.
4 : Attaque préventive !!! Elle n’était vraiment qu’une civile. Naaaan, j’y crois pas une seconde.
5 : Espérons que c’était une tueuse entraînée, et pas une innocente qu’on a forcée à faire ça. Se servir d’enfants, c’est toujours aussi écœurant. Secoue la tête avec amertume.
6 : Un fusil à aiguilles ? En fait, c’est historiquement assez exact. Il suffit de mettre de la poudre à canon dans un tube de bambou, d’y fourrer des aiguilles de métal, de viser sa cible et d’y mettre le feu. Et voilà, un petit canon à main chinois, très instable et explosif !!! Au passage, il a plus de trois chances sur quatre d’exploser à la figure de celui qui l’utilise plutôt que d’atteindre sa cible, comme les pistolets en plastique modernes qui surchauffent.
7 : Mdr, il a fait le coup classique des films où le gars qui vient de se faire tirer dessus ouvre sa chemise pour révéler qu’il portait un gilet pare-balles XDXDXD
8 : Bien joué ^^ Tes préparatifs leur ont sauvé la vie ^^
9 : Et ça lui a demandé beaucoup de travail. Toute une vie, en fait.