Chapitre 317
Traducteur : FenrirTL
Éditeur / relecteur : Saphartlantis
Consultant en terminologie du Murim : Kopke
Chapitre 317 : Je veux continuer à me battre
Quarante-quatre contre quatre… sur le papier.
En réalité, c’était un combat à quatre contre quatre.
La ligne de Fiends démoniaques fonçait droit devant elle. Si ces fiends avaient été conçus pour pivoter et concentrer toutes leurs attaques sur moi, Père ne se serait pas donné la peine de les diviser en quarante-quatre.
Comment pouvait-on arrêter autant de fiends ?
C’est ce que je croyais…
Jusqu’à ce que mes quatre Fiends démoniaques entrent en collision avec ceux qui approchaient !
J’en fus stupéfait.
Les autres fiends déchaînés… s’immobilisèrent soudain.
J’avais cru que seuls quatre d’entre eux s’affronteraient, tandis que les quarante autres me dépasseraient pour m’encercler. Mais ils s’étaient simplement… arrêtés ?
Alors, on peut les contrôler !
Ma cultivation était trop faible pour que je sache seulement que c’était possible.
Attends… Ils vont maintenant concentrer toutes leurs attaques sur mes fiends ?
Heureusement, les fiends restèrent figés sur place.
Mais la pression était écrasante.
Mes quatre fiends étaient aux prises avec leurs adversaires. De part et d’autre, quarante autres se tenaient là, tels des bourreaux attendant leur tour. 1
BOUM ! CRAC ! BOUM ! BOUM-BOUM !
Un affrontement terrifiant se déroulait sous mes yeux.
Ces fiends pouvaient tout balayer sur leur passage et pourtant… aucun ne parvenait à prendre le dessus sur l’autre.
C’était comme des guerriers en première ligne, sur un champ de bataille, qui savaient que s’ils tombaient, leurs compagnons derrière eux seraient massacrés.
Chaque collision entre les fiends provoquait une onde de choc tonitruante, tandis que des étincelles jaillissaient dans les airs.
Au-delà du mur de fiends en plein combat, j’apercevais Père.
Bien qu’il eût divisé ses fiends en quarante-quatre, ce qui avait dû lui coûter une quantité phénoménale d’énergie interne, il restait calme. Serein.
Il me montrait ce qu’était la Forme de la Grande Annihilation à son apogée.
Et il me demandait : « À quoi ressemblera la tienne, quand tu l’auras maîtrisée ? »
Mes quatre fiends commencèrent à faiblir.
J’avais déversé toute mon énergie en eux, mais je ne pouvais rivaliser avec les Fiends démoniaques d’une technique parfaitement maîtrisée. On ne peut pas égaler la chaleur de la lave, même en jetant tout le bois du monde dans un feu.
Je n’étais pas encore prêt.
Comme s’ils savaient que leur défaite entraînerait ma mort, les quatre fiends tinrent bon jusqu’au bout… puis s’évanouirent.
Je devais maintenant faire un choix.
Devais-je utiliser le Pas de la Foudre divine pour m’échapper de cette zone ? Fuir loin, hors de portée de la Forme de la Grande Annihilation ?
Mais je ne voulais pas fuir.
À cet instant, mon regard croisa celui de Père.
« Je ne fuirai pas. »
J’invoquai la Technique de Protection Corporelle du Démon Céleste et recouvris mon corps tout entier d’une couche d’Énergie protectrice.
Par-dessus, je lançai la cinquième technique du Poing de l’Asura tonitruant : l’Asura de Diamant, qui durcit momentanément mon corps comme l’acier.
Allez ! Voyons si ça suffit à me tuer !
CRAC !
Le Fiend démoniaque qui fonçait sur moi me percuta de plein fouet.
Le choc se répercuta dans tout mon corps, mais je tins bon.
Si je survivais à ce premier coup, je pourrais en supporter d’autres.
L’épée du fiend s’abattit. Je la parai avec l’Épée du Démon Noir.
Le choc fut si violent que je crus que mon bras allait s’arracher.
Mais je serrai les dents et ripostai de toutes mes forces.
CLANG ! CLAAAANG ! KLANG ! CLAAAANG !
Le fracas aigu du métal résonna encore et encore.
Les attaques du Fiend démoniaque étaient rapides, précises et puissantes…
J’avais l’impression que Père se tenait devant moi et frappait de sa lame.
Une pluie de coups incessante.
Je n’aurais jamais pu vivre un combat pareil si mon adversaire n’avait pas été Père.
Il me poussait dans mes derniers retranchements et, pourtant… j’essayais de vaincre le fiend.
Tenir bon ne suffisait pas.
Je devais le détruire, coûte que coûte.
Je frappai le fiend à la vitesse de l’éclair.
J’avais l’impression de marteler du fer forgé depuis des millénaires.
Mon bras me faisait plus mal que ce que je frappais.
CLANG ! KLANG ! CLAAAANG ! KLANG !
Au terme de cet échange acharné, l’Épée du Démon Noir transperça le cœur du fiend.
Fchh !
Jusque-là, j’avais eu l’impression de frapper du métal…
Mais cette fois, j’entendis la chair se déchirer.
Fsssshh…
L’instant d’après, le Fiend démoniaque commença à se dissiper.
Quand celui que j’avais combattu disparut, les autres fiends s’évanouirent à leur tour.
Mes jambes cédèrent et je m’effondrai au sol.
Alors, je compris.
Père avait interrompu la Forme de la Grande Annihilation à la dernière seconde.
C’était pour ça que j’avais pu lui porter ce coup au cœur.
Alors, voilà l’Art démoniaque des Neuf Calamités du père…
Il s’approcha lentement de moi.
Je haletais.
Même si mon corps tout entier semblait à l’article de la mort,
même si la mort venait de me frôler…
je levai les yeux vers Père et déclarai :
« Je veux continuer à me battre. »
Père sourit.
Ce n’était pas son rictus habituel.
Ni le sourire qu’il arborait quand je faisais le malin.
Cette fois…
il souriait à un autre artiste martial.
« Alors, tu ferais mieux de te relever. »
En grognant, je me forçai à me remettre debout.
Je sentais sa chaleur, le feu qui brûlait en lui.
En me voyant affronter la Forme de la Grande Annihilation de plein fouet sans reculer, il avait dû ressentir la même chose.
Il ne s’était pas attendu à ce que je résiste aussi longtemps.
« Montre-moi la troisième forme de l’Art démoniaque des Neuf Calamités. »
Il acceptait d’assister à ma troisième forme…
Une chance rare, que seul le Jeune chef du Culte du Démon Céleste pouvait mériter.
C’était la récompense de ma volonté de continuer à me battre.
Pour la première fois, je commençai à manifester la troisième forme de l’Art démoniaque des Neuf Calamités :
Troisième forme : Grande Muraille démoniaque.
Cette forme ne faisait pas apparaître de Fiends démoniaques.
Elle ne nécessitait même pas de manier une épée.
Si la première forme, la Forme de l’Annihilation humaine, visait un adversaire unique,
et si la deuxième, la Forme de la Grande Annihilation, était une technique meurtrière à grande échelle,
alors la troisième, la Grande Muraille démoniaque, était une forme défensive… 2
Elle érigeait devant soi un mur d’énergie interne.
Pas un mur d’énergie d’épée comme le Mur d’épées classique,
mais quelque chose de tout autre par essence.
Et, bien sûr, puisque je tentais la troisième forme, elle était bien plus difficile à maîtriser.
J’avais beau suivre les incantations et faire circuler mon énergie correctement,
la Grande Muraille démoniaque refusait de prendre forme.
« Je vais d’abord récupérer un peu d’énergie. »
Peut-être étais-je simplement à bout de forces.
Je m’assis en tailleur et fis circuler mon énergie sur un cycle complet.
Mais le problème ne venait pas de mon énergie.
J’avais beau avoir récupéré mes forces, je ne parvenais toujours pas à former le mur.
« Pourquoi est-ce si difficile ? »
« Parce qu’il est plus difficile de se défendre que d’attaquer. »
C’est vrai. Attaquer semble toujours difficile, mais en réalité, la défense l’est encore plus. Plus ta cultivation progresse, plus tu le comprends clairement. 3
Je demandai à Père de m’expliquer les points que je ne comprenais pas, et il me détailla tout. Ce qui m’aurait pris des mois à saisir seul, je le compris en un instant.
Je repris l’exercice et, chaque fois que je butais sur un obstacle, je l’interrogeais. Je répétai ainsi l’opération jusqu’à ce que, enfin…
« Ça marche ! »
Voooooum !
Dans un souffle profond et majestueux, la Grande Muraille démoniaque s’éleva enfin.
C’était un mur de qi, parcouru d’une teinte céleste… la même couleur que mon énergie d’épée.
Dressé comme une forteresse, il était immense : assez grand pour dissimuler des dizaines de personnes. Plus je m’entraînerais, plus ce mur deviendrait solide.
Je voulais continuer à le contempler, mais j’avais dépensé tant d’énergie interne que je ne pouvais pas le maintenir longtemps.
Soudain, je me demandai à quoi ressemblait la Grande Muraille démoniaque de Père.
« J’aimerais voir ta Grande Muraille démoniaque, Père. »
La sienne devait être dix fois plus grande que la mienne, non ?
Père était de bonne humeur, aujourd’hui. « D’accord, je vais te montrer », répondit-il en déployant sa troisième forme.
Fvouuush !
Une rafale plus vive et plus légère.
Puis sa Grande Muraille démoniaque apparut et je restai bouche bée.
Elle ne ressemblait pas du tout à ce que j’avais imaginé.
La Grande Muraille démoniaque de Père était petite. Un bouclier, juste assez grand pour couvrir le corps d’un adulte.
Mais en voyant l’énergie blanche s’écouler comme de la brume, je compris.
C’était du qi condensé, concentré à l’extrême : si dense qu’aucune attaque ne pouvait le briser. Plus dur que le diamant, plus résistant que l’acier froid millénaire.
« Plus ta cultivation progresse, plus le Mur démoniaque rétrécit. »
« En échange, il devient plus solide, c’est ça ? »
Père acquiesça fermement.
« Une Grande Muraille démoniaque parfaite ne peut être brisée par aucune attaque. »
Ses paroles soulevèrent naturellement une question.
« Même pas par la Forme de la Grande Annihilation ? »
« Si les deux formes ont atteint la perfection, tout dépend du talent martial de chacun. Et, bien sûr, de la finesse de son énergie interne. »
Mon cœur se mit à battre la chamade. L’Art démoniaque des Neuf Calamités me faisait toujours cet effet.
« Je veux voir ma Grande Muraille démoniaque une fois qu’elle sera parfaite. Et ensuite… je veux parer ta Forme de la Grande Annihilation avec elle. »
Je sentis le regard de Père s’embraser tandis qu’il me fixait.
Il devait s’imaginer le jour où je franchirais son Mur démoniaque. Car au-delà de notre lien de père et de fils, nous étions deux artistes martiaux en quête du sommet.
« Je te rendrai la pareille pour ta bonté d’aujourd’hui : je ferai en sorte que mon mur ne se brise pas, le moment venu. Je deviendrai un adversaire que tu devras affronter à pleine puissance. »
C’était sûrement la réponse qu’il attendait. Car, pour la première fois, il me dit :
« Je t’attendrai. »
J’irai jusqu’à toi, Père. Et quand j’y serai, nous ne nous arrêterons pas là. Nous irons encore plus loin, ensemble. 4
Je quittai le terrain d’entraînement avec lui. Le voir de bonne humeur me rendait heureux, moi aussi.
« As-tu percé le secret de la Boîte secrète ? »
« Pas encore. »
Je sortis la Boîte secrète de ma robe.
« Salue mon père. »
En voyant les yeux et la bouche dessinés dessus, Père ricana sans se cacher. Bien sûr… si je venais le voir, il fallait aussi que j’assiste à son rire. 5
« Qu’as-tu essayé de faire ? »
« Rien du tout. C’est peut-être pour ça qu’elle a l’air détendue et qu’elle sourit comme ça. »
Je rangeai la Boîte secrète dans ma robe. J’avais une vague intuition à son sujet. Comme si notre lien se nouerait tout naturellement, le moment venu. D’ici là, nous pouvions simplement rester amis.
« La Grande Technique s’est-elle bien déroulée ? »
Bien sûr, Père savait déjà tout ce qui s’était passé. Le Pavillon de la Communication Céleste était un réseau de renseignements exceptionnel, et Gowol n’avait pas hésité à lui transmettre des informations non plus.
« L’ancien chef du Culte du Vent Céleste a brisé l’Art de l’Arrachement de l’Âme lancé sur le Suprême Démoniaque Faucheur d’Âmes. Et nous nous sommes aussi occupés de ceux qui tiraient les ficelles. »
L’aura de Père se refroidit. Rien d’étonnant à cela. Ils avaient osé s’en prendre à un Suprême Démoniaque de son propre culte ; il n’allait évidemment pas prendre la chose à la légère.
« Il semblerait qu’ils étaient alliés au groupe qui avait comploté autrefois au sein de l’Alliance du Murim. Nous avons aussi découvert que des infiltrés se cachaient dans le Culte du Vent Céleste. Je crois que je vais devoir me rendre dans les Terres Sauvages avec le chef du Culte. »
Père acquiesça.
« Emmène le Démon Bouddha avec toi. »
Comme prévu, il ne laissait rien au hasard. Il savait déjà exactement à quel point Ma Bul était efficace contre les arts de l’illusion.
« À ton retour, nous prendrons un repas ensemble, ton frère, toi et moi. »
Il ne s’agissait pas simplement de manger ensemble. Il voulait me dire : « Même si tu es très occupé, n’oublie pas de prendre soin de ton frère. »
« C’est moi qui régale ! »
* * *
Le lendemain matin, nous nous retrouvâmes au même endroit.
Le groupe qui se rendait au Culte du Vent Céleste se composait de mes gardes du corps, de Jeong Dae et du Démon Bouddha.
Puisque Père l’avait ordonné, même si Ma Bul avait refusé, il aurait dû nous accompagner. Mais auparavant, il semblait qu’il s’était entendu avec le chef du Culte.
« La présence du Démon Bouddha est vraiment rassurante. »
« Il y avait sûrement d’autres Suprêmes Démoniaques que tu voulais emmener, non ? »
Il ne m’aurait pas cru, même si je lui avais répondu le contraire.
« C’est vrai. Mais notre ancien chef du Culte, ici présent, a insisté pour partir avec toi, Démon Bouddha. »
Je jetai un coup d’œil à Jeong Dae. Il fit mine de ne pas entendre et regarda ailleurs, mais je vis ses oreilles se dresser.
« Il a dit que tu nous protégerais mieux que les autres Suprêmes Démoniaques. »
Ils ne se parlaient pas directement et gardaient entre eux une certaine distance respectueuse, mais ils n’avaient pas l’air gênés pour autant.
L’ancien chef du Culte du Vent Céleste et le Démon Bouddha.
Une association qui avait tout pour fonctionner, et rien à la fois.
À cet instant, Jeokyeon s’approcha pour nous faire son rapport.
« Les préparatifs du départ sont terminés. »
Nous étions sur le point de monter dans la voiture qui nous attendait lorsqu’un visiteur arriva. À ma grande surprise, c’était le Roi Poison.
« Roi Poison ! Tu as fait tout ce chemin juste parce que je pars pour un long voyage ? »
À mon salut enjoué, le Roi Poison fit mine de ne pas me voir et passa devant moi. Pour l’instant, il n’avait d’yeux que pour une seule personne.
Il adressa au chef du Culte du Vent Céleste un salut poli, mais expéditif, puis alla droit vers Ma Bul. À ma grande surprise, il était venu le voir.
« J’ai appris que vous partiez dans les Terres Sauvages. »
« J’accompagnerai le Jeune chef du Culte au Culte du Vent Céleste. »
« Alors, j’ai une faveur à vous demander. »
Le Roi Poison sortit quelques feuilles de sa robe.
« Je n’ai appris votre départ qu’hier soir. J’ai passé la nuit à préparer ces documents à la hâte. »
Ses yeux injectés de sang et ses cheveux en bataille disaient assez que c’était vrai.
Les feuilles qu’il lui tendit représentaient différentes herbes toxiques. Chacune montrait non seulement l’apparence de la plante, mais indiquait aussi en détail où elle poussait généralement, quelles étaient ses propriétés et comment la récolter correctement.
« Ce sont des herbes toxiques qui poussent dans les Terres Sauvages. Si vous en croisez en chemin, je vous serais reconnaissant de m’en rapporter. »
À cette demande, le Démon Bouddha éclata d’un rire sonore. En vérité, le Roi Poison était peut-être le seul à pouvoir lui parler ainsi. Quoi qu’il en soit, c’était la première fois que je voyais Ma Bul rire aussi franchement. 6
« Très bien. Si j’en trouve, je les récolterai pour vous. »
Le visage du Roi Poison s’illumina.
« Ah, je me sens un peu coupable, mais… »
Il sortit encore quelques feuilles de sa robe. 7
« J’en avais gardé quelques-unes, parce que je trouvais que je vous en demandais déjà trop, mais… puisque vous partez de toute façon, autant vous donner celles-ci aussi. Oh, j’en fais trop ? Prenez-en seulement quelques-unes. Celles-là sont indispensables, et… »
Il hésitait entre telle ou telle feuille, incapable de choisir lesquelles lui donner.
À cet instant, le Démon Bouddha prit toutes les feuilles que tenait le Roi Poison.
« Donnez-les-moi toutes. »
« Vous les prenez ? »
« Plus j’en aurai, plus je pourrai en rapporter. »
Je le voyais bien : le Roi Poison était sincèrement heureux. Il prenait les herbes toxiques très au sérieux.
« Attends, pourquoi tu ne me demandes pas de t’aider ? »
« Le Démon Bouddha voit des choses qui t’échappent. Contente-toi de ne pas le gêner. »
Dans ces conditions, impossible pour moi de me retenir. Je lançai à Ma Bul :
« On se sert de toi ! Dès qu’il aura obtenu toutes les herbes toxiques dont il a besoin, il te laissera tomber… comme il l’a fait avec moi ! »
Toujours occupé à feuilleter les pages couvertes de plantes, le Démon Bouddha répondit calmement :
« Crois-tu qu’un jour le Roi Poison n’aura plus besoin d’herbes toxiques ? » 8
À ces mots, je vis un léger sourire se dessiner sur le visage du Roi Poison. À cet instant, il n’était pas seulement un homme obsédé par les poisons : il avait quitté son propre monde pour rejoindre la réalité. C’était à la frontière entre ces deux mondes que je préférais le voir.
« Je vais y aller, alors. »
Au lieu de lui souhaiter bonne route, le Roi Poison dit :
« Assurez-vous de revenir avec une bonne récolte. »
Alors qu’il s’éloignait, nos regards se croisèrent.
« Pas un mot pour me dire au revoir ? »
« Bien sûr que tu reviendras sain et sauf. »
Dans ce simple « bien sûr » se lisait toute la confiance qu’il avait en moi.
« Puisque tu es déjà là, pourquoi ne pas nous accompagner ? »
« Non merci. Je déteste le sable et la poussière. »
« Pourtant, tu m’as donné une montagne de guides d’herboristerie pour que je déterre des plantes en pleine tempête de sable. »
Sans même se retourner, le Roi Poison s’éloigna au pas de course.
En le regardant partir, le Démon Bouddha esquissa un sourire et plia soigneusement les illustrations des herbes avant de les glisser dans sa robe.
« Depuis quand le Roi Poison et toi êtes-vous si proches ? »
J’avais l’impression que Jeong Dae était un tout petit peu jaloux. Quoi qu’il en soit, il devait se croire plus proche du Démon Bouddha que n’importe qui d’autre.
« Nous ne sommes pas proches. »
« Alors, pourquoi accepter de lui rendre un tel service ? »
« Je pars dans les Terres Sauvages avec toi alors que nous ne sommes pas proches, non ? »
À cette réplique sèche, l’ancien chef du Culte du Vent Céleste rétorqua :
« Ne change pas trop, d’accord ? »
« C’est toi qui dis ça ? »
Et voilà : avant même notre départ, ils se chamaillaient déjà. 9
« Bon, allons déterrer quelques plantes cachées. »
1 : « Première règle du Fight Club : on ne parle pas du Fight Club. Deuxième règle du Fight Club : ON NE PARLE PAS DU FIGHT CLUB ! »
2 : Je me demande si, à douze étoiles, on peut créer des constructions complexes, comme une forteresse ou quelque chose du genre.
3 : Oui, même Naofumi a trouvé le moyen d’attaquer avec son bouclier. C’est vraiment plus difficile de protéger les autres, car le bon sens des artistes martiaux se résume à : « Il suffit de tuer l’ennemi avant qu’il n’atteigne ce que je veux protéger. » (The Rising of the Shield Hero)
4 : On n’éprouve pas une telle exaltation en conquérant le monde des arts martiaux, mais en le sauvant.
5 : Voici Wilson, le volleyb-… la Boîte secrète !!! (Seul au monde)
6 : Cela dit, Ma Bul est peut-être le Suprême Démoniaque avec lequel tu as passé le moins de temps, ou du moins il se dispute cette place avec Cheong Seon.
7 : Ahahahaha, il ne changera jamais XDXDXD
8 : Bien envoyé.
9 : Mdr, les relations de Jeong Dae sont toujours faites de piques et de chamailleries XDXDXD