Chapitre 316
Traducteur : FenrirTL
Éditeur / relecteur : Saphartlantis
Consultant en terminologie du Murim : Kopke
Chapitre 316 : Parce que cette tempête de sable me manque
La Grande Technique en était à sa phase finale.
Une énergie violette se répandit depuis le bout des doigts de la main gauche de l’ancien chef du Culte du Vent Céleste.
Elle se mouvait comme si elle était vivante, ondulant vers le dos de Hwan Yeo, puis se mit à extraire le Sceau de scellement de l’âme. Gravé sur sa peau comme un tatouage, il fut arraché de son corps comme un clou qu’on retire.
Lentement… atrocement lentement.
Comme s’il ne voulait pas commettre la moindre erreur, Jeong Dae concentrait toutes ses pensées sur l’opération.
Enfin, à l’instant où le Sceau de scellement de l’âme fut entièrement extrait, il plaça sa main droite au-dessus de la tête de la Suprême Démoniaque Faucheur d’Âmes et récita une incantation.
Alors, du sommet de son crâne, quelque chose de rouge jaillit, comme un arbre qu’on arrachait avec ses racines. C’était l’Âme Rouge implantée dans son esprit.
Le Sceau de scellement de l’âme et l’Âme Rouge, qui flottaient désormais au bout de ses doigts, s’embrasèrent soudain et disparurent.
Comme si elles s’étaient donné le mot, les deux femmes s’effondrèrent au sol au même instant.
« Ouf… »
L’ancien chef du Culte du Vent Céleste expira profondément et retira lentement sa main. L’énergie violette qui avait jailli de sa paume s’évanouit complètement.
La Grande Technique avait réussi.
Quelques instants plus tard, Cheongseon se redressa.
Une bonne nouvelle l’attendait.
« L’Âme Rouge qui se trouvait dans ton corps a disparu. »
« Ah ! Merci, Maître. »
Jeong Dae était trempé de sueur. Pour qu’un homme de son niveau soit dans cet état, on ne pouvait qu’imaginer l’énergie qu’avait exigée le rituel.
« Vous m’avez sauvé la vie. »
« J’ai accompli le rituel, mais c’est le Jeune chef du Culte du Démon Céleste qui a découvert tout ce complot. Ne l’oublie pas. »
L’ancien chef du Culte du Vent Céleste en attribua le mérite à Geommugeuk. Comme la Suprême Démoniaque Faucheur d’Âmes avait tout intérêt à se rapprocher d’eux deux, elle lui jura volontiers fidélité.
« Je me consacrerai au Jeune chef du Culte du Démon Céleste, Maître. »
Cheongseon tourna les yeux vers Hwan Yeo. La colère s’embrasa en elle et elle leva la main. Elle ne serait satisfaite qu’après lui avoir écrasé le crâne.
« Inutile. Elle est déjà morte. »
Au moment où le Sceau de scellement de l’âme avait été arraché de force, Hwan Yeo avait péri.
« Cheongseon. »
« Oui, Maître. »
« À partir de maintenant, tu sonderas le cœur de nombreuses personnes. Tu en maîtriseras autant que tu le voudras. Mais il y a une chose que tu devras toujours regarder. »
« Laquelle ? »
« Le vide dans ton cœur. Plus tu approfondiras ta maîtrise de l’Art de l’Arrachement de l’Âme, plus ce vide grandira. »
La Suprême Démoniaque Faucheur d’Âmes devinait vaguement ce qui inquiétait son Maître.
« Alors, que dois-je faire ? »
Ne méprise pas les gens. Ne méprise pas le monde. L’ancien chef du Culte du Vent Céleste réfléchit à ce qu’il allait dire, puis décida de laisser sa disciple trouver elle-même la réponse.
« Tu devras trouver toi-même de quoi combler ce vide. N’oublie simplement pas qu’il est là. Regarde-le souvent. Si tu continues à l’observer, tu finiras par trouver ta propre voie. »
Cheongseon s’inclina profondément. Elle était reconnaissante que son Maître se soucie autant d’elle.
« Si cette disciple indigne venait à tomber dans ce vide… Maître, je vous en prie, sauvez-moi. »
Jeong Dae sourit alors et répondit :
« C’est plutôt moi qui devrais te demander cette faveur. Si j’ai traîné ce fardeau jusqu’à mon vieil âge, imagine à quel point le vide dans mon cœur doit être immense. »
En entendant l’ancien chef du Culte du Vent Céleste parler avec tant de franchise, la Suprême Démoniaque Faucheur d’Âmes fut profondément touchée. Elle avait toujours senti une certaine distance entre son maître et elle, mais cette fois, elle sentit que le fossé s’était comblé.
« Va dire au Jeune chef du Culte du Démon Céleste de venir. »
* * *
Voilà longtemps que je n’avais pas autant parlé avec Jangho.
Même les soldats de l’Armée démoniaque semblaient surpris de me voir bavarder si longtemps avec lui.
De quoi pouvais-je bien parler avec quelqu’un d’aussi peu loquace que Jangho ? La réponse était simple : je voulais que les autres le voient. Je voulais qu’ils sachent à quel point je lui faisais confiance et tenais à lui.
Si je ne l’avais pas sincèrement apprécié, je ne serais pas resté aussi longtemps à discuter pendant que la Grande Technique suivait son cours. C’était ma façon de le lui montrer.
Grâce à cela, j’appris même que, quand il était enfant, il avait rêvé de devenir peintre.
« Je pense à me mettre à la peinture quand je prendrai ma retraite. »
À ces mots, je m’excusai un instant.
« Attends ici. »
Je disparus en un éclair grâce au Pas de la Lumière Stellaire et, à mon retour, lui tendis un nécessaire de peinture : des pinceaux, de la peinture et du papier de qualité supérieure. J’étais allé à Magachon pour acheter ce qu’ils avaient de mieux.
« Ne remets pas ça à plus tard. Commence à peindre dès aujourd’hui. »
Jangho resta stupéfait. Il n’avait pas imaginé que j’étais allé chercher tout cela moi-même. Les soldats de l’Armée démoniaque qui se tenaient derrière lui avaient eux aussi l’air ébahis.
« Tu peux t’y mettre dès ce soir. Une demi-page avant de te coucher, même. Si tu ne sais pas quoi dessiner, fais le portrait de ces montagnes de subordonnés que tu as. Ou alors, de cette sacrée cicatrice sur ton visage. »
Je le savais. Pour ce genre de choses, le temps n’avait aucune importance. Si on attendait d’avoir un moment de libre, autre chose finissait toujours par se présenter.
Ce qu’il fallait, ce n’était pas du temps, mais un déclencheur. Quelque chose comme un cadeau forcé du Jeune chef du Culte du Démon Céleste.
Jangho baissa la tête et accepta respectueusement le nécessaire.
« Je m’y mets dès ce soir. »
« J’aurais peut-être dû t’acheter un pinceau en fer forgé millénaire. Avec tes grosses mains, tu vas sûrement tous les casser. »
À ma plaisanterie, Jangho rit chaleureusement. Il faisait partie des trois personnes dont je voulais le plus voir le sourire. Mon père, le Roi Démon du Poing et Jangho. Je continuerais à faire sourire ces hommes impassibles, qui avaient vécu toute leur vie sans rire.
À cet instant, la Suprême Démoniaque Faucheur d’Âmes sortit de ses appartements.
Il suffisait de voir son expression pour comprendre comment s’était déroulée la Grande Technique.
* * *
Il ne restait que Jeong Dae, Gowol et moi dans les appartements.
La Suprême Démoniaque Faucheur d’Âmes était repartie, et le corps de Hwan Yeo avait été confié à l’Armée démoniaque pour les funérailles. Peut-être parce qu’elle m’avait fait ses adieux, son visage semblait paisible.
Il était temps de préparer la suite : nous rendre au Culte du Vent Céleste.
« Comment devrions-nous procéder, Stratège Go ? »
Pendant que la Grande Technique suivait son cours, Gowol avait déjà réfléchi à la question.
« Je recommande une visite officielle au Culte du Vent Céleste. »
« À cause du retour de l’ancien chef de culte ? »
« Non. Une visite officielle du Culte du Démon Céleste, menée par le Jeune chef du Culte du Démon Céleste. »
Je jetai un coup d’œil à Jeong Dae. Il voudrait sûrement revenir en tant que personnage central. Mais Gowol avait déjà pris cela en compte.
« Si vous revenez avec le Jeune chef du Culte du Démon Céleste, votre prestige n’en sera que renforcé. On vous attribuera le mérite d’avoir rendu cette visite possible. »
À ces mots, le visage de l’ancien chef du Culte du Vent Céleste s’éclaira.
« Ils sont probablement déjà bien implantés au sein de la direction du Culte du Vent Céleste. C’est pourquoi une visite officielle vous permettra de vous déplacer plus facilement. Et maintenant que vous êtes le Jeune chef du Culte du Démon Céleste, vous avez un motif légitime de vous y rendre. »
C’était un argument solide. S’infiltrer au Culte du Vent Céleste pour y fouiner n’aurait pas été une mince affaire.
« Bientôt, les gens se rendront compte de la disparition de Hwan Yeo. »
« Fais comme si de rien n’était. »
« Comme si de rien n’était ? »
« Fais comme si tu ne savais rien. Ça les fera douter. Ils savent que nous sommes sur leurs traces, et pourtant ils viennent quand même ? Ce genre de soupçon finira par s’installer. »
« Et s’ils flairent le danger et disparaissent ? »
« Si la femme du Jardin des Fleurs a passé des années à investir dans cette entreprise, il devrait en aller de même pour eux. Vont-ils vraiment tout abandonner aussi facilement ? »
Il avait raison. L’orgueil de Roi Hwan était immense. Et ses capacités étaient à la hauteur.
Gowol s’adressa alors directement à son ami.
« Ce type était déjà là, à l’époque où nous y étions tous les deux. Nous ne l’avions simplement pas remarqué. »
« ! »
Jeong Dae se rembrunit : il n’avait pas poussé sa réflexion aussi loin dans le passé.
« Il est resté discret en attendant le bon moment. Et dès que tu es parti, il s’est mis à agir pour de bon. »
Je repris là où il s’était arrêté.
« Comme de notre côté, où les choses ont commencé à bouger quand la jeune Cheongseon est devenue Suprême Démoniaque. »
« Exactement. »
« Très bien, je vais suivre ton conseil. Faisons les choses officiellement. »
Sans hésiter, je suivis les recommandations de Gowol. Pour donner du poids à un stratège, rien ne valait la confiance et le fait de suivre ses conseils.
« Je vais essayer de tirer le maximum de la personne interrogée et de vous soutenir d’aussi près que possible. Ah, et autre chose : lors d’une visite officielle du Jeune chef du Culte du Démon Céleste, il est d’usage qu’un Suprême Démoniaque l’accompagne. Vu les personnes auxquelles nous avons affaire, il faudra bien choisir. »
« Tu as quelqu’un en tête ? »
« Il nous faudrait un Suprême Démoniaque expert en arts de l’illusion. »
L’ancien chef du Culte du Vent Céleste savait déjà de qui il s’agissait.
« Le Démon Bouddha. C’est le plus fort en matière d’illusions. »
Mabul, hein ? Ça ne me posait aucun problème, mais Jeong Dae risquait d’y voir un inconvénient.
À l’origine, l’ancien chef du Culte du Vent Céleste était celui des Huit Suprêmes démoniaques qui était le plus proche du Démon Bouddha. C’était même Mabul qui l’avait amené au Culte du Démon Céleste.
Mais leur relation s’était dégradée au fil du temps. À ma connaissance, ils étaient maintenant en mauvais termes.
Pourtant, l’ancien chef de culte fit un pas en avant.
« Je parlerai moi-même au Démon Bouddha. »
Bien. Il valait mieux régler ça en personne.
« Alors, je vais d’abord demander la permission à mon père. »
Comme il s’agissait d’une visite officielle, je devais en informer mon père et obtenir son accord.
Sur ce, nous nous levâmes tous pour accomplir nos tâches respectives.
* * *
Le Démon Bouddha se trouvait dans le Grand Hall du Dharma.
Une terrifiante statue dorée de Bouddha le dominait, le regard froidement posé sur lui. Il n’y avait aucune trace de compassion en ces lieux, et pourtant Mabul était assis seul à réciter des incantations.
Jeong Dae entra et s’assit derrière lui. Lorsqu’il eut terminé ses incantations, le Démon Bouddha prit la parole sans se retourner.
« Qu’est-ce qui t’amène ? »
La situation était gênante. Autrefois, quoi qu’ils aient réellement ressenti l’un pour l’autre, ils se retrouvaient en riant de bon cœur.
« Comment vas-tu ? »
« J’en ai l’air ? »
Tout le monde savait que le Démon Bouddha avait soutenu le fils aîné, alors il n’avait évidemment pas eu la vie facile.
Mabul se retourna vers son ancien ami.
« Comme tu le vois, je suis comme un chien qui a couru après une poule. »
« Le chien a bonne mine. »
Ce n’était pas seulement parce que l’aura dorée qui émanait du Démon Bouddha semblait plus éclatante. Son visage avait véritablement l’air plus serein qu’avant.
« Quel est ton secret ? »
« Tu le connais déjà, non ? »
Mabul voulait dire : tu as déjà compris, n’est-ce pas ? La paix qui vient quand on renonce à tout. À bien y réfléchir, tous deux avaient renoncé à leurs ambitions de pouvoir.
Un silence gêné s’installa entre eux. Puis l’ancien chef du Culte du Vent Céleste demanda brusquement :
« J’ai l’air d’avoir maigri, non ? »
Le Démon Bouddha le regarda comme s’il n’en croyait pas ses oreilles.
« Tu es venu jusqu’ici juste pour te vanter ? »
« Exactement. Tout comme ton visage s’est apaisé, je voulais te dire que j’ai moi aussi trouvé la paix. »
Mabul l’avait déjà senti. Jeong Dae avait changé. Il n’était plus l’homme qu’il avait été, celui qui souriait en apparence tout en manigançant dans son coin. À présent, il avait vraiment l’air serein.
« Je suis venu te demander un service. »
« Parle. »
« Des individus infâmes complotent au sein du Culte du Vent Céleste. Le Jeune chef du Culte du Démon Céleste profite d’une visite officielle pour enquêter. Je l’accompagnerai. J’aimerais que tu viennes aussi. »
« Pourquoi moi ? »
L’ancien chef de culte lui répondit avec franchise.
« Un Suprême Démoniaque doit accompagner la visite et, parmi eux, c’est toi avec qui je suis le plus à l’aise. »
Mabul le fixa et refusa sèchement.
« Non. »
Ce refus sans appel laissa Jeong Dae sans voix.
« Alors, je n’y peux rien. Prends soin de toi. »
Il se leva pour partir. Sur le point de sortir, il se retourna et parla. Le Démon Bouddha pensa qu’il allait lancer une dernière pique, mais il dit plutôt :
« Je suis désolé pour les paroles blessantes que je t’ai adressées autrefois. »
Lorsque leurs relations s’étaient dégradées, il s’était moqué de lui en le comparant à une bouse dorée.
« Pourquoi t’excuser tout à coup ? Je ne vais pas t’accompagner simplement parce que tu me demandes pardon. »
« Ce n’est pas pour ça que je m’excuse. »
« Alors pourquoi ? »
« J’ai appris quelque chose en passant du temps avec le Jeune chef du Culte du Démon Céleste et Gowol. Entre les gens, le plus important, c’est de savoir s’excuser. Une seule excuse vaut mieux que cent paroles gentilles. Je viens seulement de m’en rendre compte. J’ai vécu toute ma vie sans m’excuser… Alors, même si je m’y prends tard, je te demande pardon. »
Mabul fut pris au dépourvu. Après tout, à l’époque, l’ancien chef du Culte du Vent Céleste n’avait pas été le seul à tenir des propos blessants.
Alors que Jeong Dae se tournait pour partir, le Démon Bouddha l’interpella.
« Puisque tu es déjà là, que dirais-tu de boire un verre de Vin de la Défaite avant de partir ? »
« On sert de l’alcool dans un hall du Dharma ? »
« Il n’y a pas que de l’alcool ici. On y trouve des démons, de la gnôle et, si tu fouilles un peu derrière, probablement même un ou deux cadavres. »
Comme prévu, le Démon Bouddha sortit deux bouteilles d’alcool et lui en tendit une.
Ils burent tous deux directement au goulot.
Pour éviter de le dominer de toute sa hauteur, l’ancien chef de culte s’assit en face de lui.
Mabul contempla longuement une fresque sur le mur, où des cavaliers démoniaques se livraient au massacre, avant de lui confier le fond de sa pensée.
« À l’époque où j’étais obsédé par l’idée de faire du fils aîné le Jeune chef du Culte du Démon Céleste, je ne voyais que ça. Je jugeais chaque personne que je rencontrais : celle-ci nous aidera-t-elle dans la lutte pour la succession ou non ? Telle ou telle décision sera-t-elle avantageuse ? J’étais complètement obnubilé. »
L’ancien chef du Culte du Vent Céleste l’écouta en silence.
« Je pensais que tout s’arrangerait une fois que le fils aîné serait devenu le Jeune chef du Culte du Démon Céleste. Je me disais : toutes les impolitesses que j’ai commises, toutes les choses honteuses que j’ai faites, je n’aurai qu’à m’excuser plus tard. Les gens comprendront. C’est comme ça que je me justifiais. Mais aujourd’hui, je le vois : si Geom Muyang l’avait emporté, je ne me serais sans doute jamais excusé auprès de qui que ce soit. »
Et maintenant que Geom Muyang n’était pas devenu l’héritier, il était là, à demander pardon à son ancien ami.
« Moi aussi, je te demande pardon pour ce qui s’est passé à l’époque. »
L’ancien chef de culte lui tendit de nouveau la bouteille sans un mot. Le Démon Bouddha la cogna doucement contre la sienne, puis en prit une gorgée.
« Ce n’est pas du Vin de la Défaite. Appelons-le Vin de la Victoire. Alors, à la prochaine. »
Alors que Jeong Dae s’éloignait, Mabul l’interpella derrière lui.
« On part quand ? »
Le chef du Culte du Vent Céleste se retourna, surpris, tandis que le Démon Bouddha ajoutait, presque pour lui-même :
« Cette tempête de sable m’a un peu manqué. »
* * *
Mon père se trouvait sur le terrain d’entraînement.
Une lourde énergie démoniaque pesait sur l’air. En son centre, mon père se tenait seul, l’épée dégainée : l’Épée du Démon Céleste était dans sa main. La seule vue de son dos, l’arme à la main, suffisait à inspirer une peur écrasante.
Sans se retourner, il me demanda :
« Où en es-tu dans l’Art démoniaque des Neuf Calamités ? »
« J’ai maîtrisé jusqu’à la deuxième forme. »
« Alors, essaie de parer ça. »
Mon père se tourna vers moi en un éclair.
Au moment où il pointa son épée dans ma direction, un Fiend démoniaque apparut à ses côtés.
Contrairement au mien, celui-ci avait une forme complètement différente. Sa seule vue me donna des frissons : c’était un Fiend démoniaque invoqué par mon père.
Je le compris instinctivement : il allait lancer la Forme de la Grande Annihilation.
Seul l’Art démoniaque des Neuf Calamités pouvait contrer l’Art démoniaque des Neuf Calamités !
Un Fiend démoniaque apparut également devant moi. À en juger par leur apparence, le mien était plus terrifiant, tandis que celui de mon père dégageait une froide cruauté.
Les deux fiends provenaient du même art martial, mais leurs yeux ne montraient aucune pitié. Ils se toisèrent d’un regard féroce, résolus à s’anéantir mutuellement.
Fffchh…
Les deux fiends opposés commencèrent à se diviser.
Je parvins à en invoquer quatre.
Mais ceux de mon père continuaient de se multiplier.
Les Fiends démoniaques s’alignèrent devant lui. Un maître de l’Art démoniaque des Neuf Calamités en avait invoqué quarante-quatre au total. La scène était glaçante et écrasante.
Quatre contre quarante-quatre.
Mon père n’était certainement pas du genre à retenir ses coups.
KR-KR-KR-KR-KR-KR-KR-KR-KR-KR-KR-KR-KR-KR !
Est-ce que j’allais vraiment pouvoir leur résister ?
Alors que la horde de fiends fondait sur nous pour tout balayer, mes quatre Fiends démoniaques se lancèrent à l’assaut de toutes leurs forces.
1 : Cela prouve aussi qu’il a peur des talents de Jeong Dae.
2 : C’est toujours plaisant de voir à quel point ils ont changé. Ils reconnaissent même que c’était la meilleure chose qui pouvait leur arriver.