Chapitre 312
Traducteur : FenrirTL
Éditeur / correcteur : Saphartlantis
Consultant en terminologie du Murim : Kopke
Chapitre 312 : Cette porte ne pourra jamais être ouverte.
Dans la cour du jardin, Geommugeuk appela de nouveau Hwan Yeo.
« La propriétaire est-elle là ? »
Hwan Yeo sortit de derrière le jardin.
« Bienvenue, Jeune chef du Culte du Démon Céleste. »
Elle l’accueillit chaleureusement, retrouvant son personnage de propriétaire de jardin bienveillante.
« Alors, tu étais bien là. J’allais faire venir un artiste pour qu’il dessine ton avis de recherche, persuadé que tu t’étais enfuie. »
Hwan Yeo se figea un instant. Geommugeuk eut un petit rire avant d’ajouter :
« Je plaisantais. Notre chère propriétaire ne s’enfuirait pas alors qu’elle n’a rien fait de mal, n’est-ce pas ? »
Comme s’il connaissait déjà bien les lieux, Geommugeuk s’approcha d’un pot de fleurs niché dans un coin.
« Il y a de nouvelles fleurs. »
« Elles viennent d’arriver. »
Geommugeuk s’accroupit pour les admirer.
C’était la troisième fois que le Jeune chef du Culte venait ici.
« Il y a forcément une raison à tout cela. »
Était-ce à cause du rêve qu’elle avait fait plus tôt ? Hwan Yeo se sentait encore plus mal à l’aise que lors de ses précédentes visites.
L’un de ses subordonnés lui avait annoncé le retour de l’ancien chef du Culte du Vent Céleste.
Il était possible qu’il ait découvert que Cheongseon avait été victime de l’Art d’Inversion de l’Âme Yin-Yang.
« Alors pourquoi ne pas me tuer, tout simplement ? Pourquoi hésiter ? »
Geommugeuk pouvait la surprendre à tout instant. Elle se tenait donc prête à lancer son Art de l’Illusion au moindre signe.
Malgré la tension qui lui nouait le cœur, Geommugeuk resta parfaitement détendu.
« Je comprends maintenant pourquoi ce défunt artiste martial venait sans cesse ici. Cet endroit apaise l’esprit, je ne sais pas pourquoi. »
« Vos paroles me vont droit au cœur. »
« Savez-vous quelque chose sur cet artiste martial ? »
« Non. Il parlait très peu. »
Quand elle s’était servie de Sa Woojong, elle n’avait jamais imaginé qu’elle finirait par être soupçonnée à ce point. Elle croyait que toute l’attention se porterait sur ses liens amoureux avec le Suprême Démoniaque Faucheur d’Âmes.
« Comment tout a-t-il pu se compliquer à ce point ? »
La réponse à cette question était accroupie juste devant elle.
« Tu trouves étrange que je vienne souvent ici ? »
« Pas du tout. J’ai toujours su que tu étais proche des habitants de Magachon. Et tu as une relation particulière avec le propriétaire de la Taverne du Vent Flottant, n’est-ce pas ? »
Un sourire froid se dessina au coin des lèvres de Geommugeuk. Elle avait prononcé ces mots comme si de rien n’était, mais ils cachaient une menace subtile. Un message qui disait : Je connais les gens qui te sont chers.
Geommugeuk se releva et se tourna vers elle. Son sourire froid avait laissé place à une expression aimable.
« Tu sembles en savoir beaucoup sur moi. »
« Je sais au moins que tu ne te soucies pas du statut des gens. Tu es proche d’un propriétaire de taverne ; alors, pourquoi ne pourrais-tu pas être proche d’une propriétaire de jardin ? »
Leurs regards se croisèrent. Ils se faisaient face avec une aisance parfaite.
« As-tu de la famille ? »
Elle aurait aimé pouvoir lui dire qu’elle avait un frère jumeau.
Mais ce n’était pas un adversaire qu’on pouvait manipuler si facilement.
« Non, je n’en ai pas. »
« Tu dois te sentir seule, à vivre ainsi. »
« Je vis avec mes fleurs et mes arbres, comme s’ils étaient ma famille. »
Tout au long de leur conversation, Geommugeuk en eut la certitude.
Il faudrait très longtemps avant que le nom de Roi Hwan sorte de la bouche de cette femme inflexible.
Même après la fin de l’hiver et l’éclosion des premiers bourgeons, il ne serait pas facile de lui délier la langue.
Mais cette femme était bien trop dangereuse pour qu’il se permette de perdre autant de temps avec elle. 1
« J’ai une nouvelle à vous annoncer, propriétaire. »
S’il ne parvenait pas à ses fins par une conversation pacifique, il lui faudrait la pousser dans ses retranchements.
« De quelle nouvelle s’agit-il ? »
« Il y en a une bonne et une mauvaise. Laquelle voulez-vous entendre d’abord ? »
« Commençons par la mauvaise. »
« L’ancien chef du Culte du Vent Céleste est revenu pour résoudre cette affaire. Comme elle concerne le Suprême Démoniaque Faucheur d’Âmes, il va superviser l’enquête en personne. Il arrivera bientôt avec l’Armée démoniaque et ira même fouiller le jardin. »
Geommugeuk partageait ouvertement les informations au lieu de les cacher, ce qui déconcerta Hwan Yeo.
S’il la soupçonnait réellement, il aurait pu venir directement avec le chef du Culte.
« L’ancien chef du Culte était sûr de lui. Il a dit qu’en cherchant personnellement, il trouverait forcément un indice. »
Le jardin ne l’inquiétait pas. Rien ne le reliait à l’Art de l’Illusion ni à l’Art de l’Arrachement de l’Âme.
Et rien ne risquait non plus de révéler sa véritable identité.
Le problème, c’était elle.
Et si l’ancien chef du Culte du Vent Céleste la voyait en personne ?
Il pourrait découvrir sa véritable nature. Elle pouvait la cacher à Geommugeuk, mais pas à lui.
« Je dois partir avant de croiser ce salaud. »
Quand son subordonné lui avait annoncé le retour de l’ancien chef du Culte, elle n’avait pas fui sur-le-champ à cause de ce Jeune chef de culte encombrant.
Pouvait-elle l’empêcher de lancer un avis de recherche ou d’envoyer des poursuivants ?
Et si sa visite et ses paroles étaient vraiment dues à la confiance qu’il lui accordait ?
Et si c’était, au moins en partie, la vérité, malgré ses soupçons ?
« Je crois toujours que tu es innocente. Quelqu’un qui aime les fleurs ne peut pas être une méchante personne. »
Bien. Elle n’avait rien à perdre.
Elle trouverait toujours un moyen d’échapper au Jeune chef du Culte. 2
« Quelle est la bonne nouvelle ? »
« Venez donc partager un repas avec moi. C’est moi qui régale. » 3
Cette proposition inattendue prit Hwan Yeo au dépourvu.
Pourquoi voulait-il manger avec elle ? Pour l’empoisonner ? S’il voulait la maîtriser, il y avait des moyens plus simples.
Décidément, cet homme était insondable.
Comme elle ne trouvait pas de réponse claire, comme elle ne parvenait pas à le cerner, il ne cessait de l’intriguer.
« N’est-ce pas plutôt une mauvaise nouvelle ? Partager un repas avec quelqu’un d’aussi éminent que vous, Jeune chef du Culte… Je risque d’avoir une indigestion. »
Geommugeuk éclata de rire.
« Comme je le pensais. Je me doutais que notre propriétaire était quelqu’un d’agréable. »
Même si Geommugeuk plaisantait, Hwan Yeo resta sérieuse.
« Vous pouvez me traiter avec désinvolture, Jeune chef du Culte, mais cela m’épuise vraiment. Rien que de vous voir me fatigue, et si je devais affronter quelqu’un comme l’ancien chef du Culte du Vent Céleste, je m’effondrerais à coup sûr. Si vous croyez vraiment que je suis innocente, laissez-moi fermer temporairement le jardin et rentrer dans ma ville natale. »
Même si son avis de recherche était rendu public et qu’on envoyait des poursuivants à ses trousses, parviendraient-ils vraiment à l’attraper ?
Le problème, c’était que la personne qui lui avait confié cette mission pourrait la croire incapable.
Si son identité était révélée et que le Culte du Démon Céleste se mettait à la traquer, son cadet prendrait le rôle principal et elle se contenterait de le soutenir. Ce n’était pas ce qu’elle voulait. Elle ne voulait pas rester dans l’ombre : elle voulait être la lumière.
« Vous avez dit que vous me croyiez, n’est-ce pas ? »
« Bien sûr. »
« Alors je vous en prie. Laissez-moi partir. »
« Je vous laisserai partir après que vous aurez rencontré l’ancien chef du Culte du Vent Céleste. Je resterai à vos côtés, alors ne vous inquiétez pas. »
Hwan Yeo fixa Geommugeuk droit dans les yeux. Son regard changea.
« Un homme de votre stature qui tient un double discours ? Vous avez dit que vous ne me soupçonniez pas. »
« Ce n’est pas le cas. »
Geommugeuk fit alors passer la situation à la phase suivante.
« On ne soupçonne quelqu’un que lorsqu’on doute. Mais quand on sait que c’est le coupable, à quoi bon le soupçonner ? »
« ! »
Hwan Yeo en resta stupéfaite. Elle n’aurait jamais imaginé que Geommugeuk dirait une chose pareille.
« Qui aurait cru qu’une personne qui aime les fleurs puisse être une méchante ? »
C’était étrangement proche de ce qu’il lui avait dit dans son rêve.
Hwan Yeo comprit aussitôt.
« Alors tu m’as menée en bateau depuis le début ! »
Une seule chose l’intriguait.
« Quand l’as-tu découvert ? »
Son ton avait changé. La véritable Hwan Yeo venait de refaire surface : celle qui pouvait lancer l’Art de l’Arrachement de l’Âme contre le Suprême Démoniaque Faucheur d’Âmes et tenir tête au Jeune chef du Culte.
« Dès le début. »
Autrement dit, dès sa première visite, quand il était venu acheter des fleurs.
Hwan Yeo poussa un soupir.
« Tu cherchais à comprendre pourquoi j’avais fait tout ça, pas vrai ? »
C’était ce à quoi elle s’attendait. Mais la réponse de Geommugeuk la surprit.
« Tu ne le sais même pas toi-même, n’est-ce pas ? »
À ces mots, le visage de Hwan Yeo se durcit.
« C’est le plan de quelqu’un d’autre, pas vrai ? Tu ignores son véritable objectif. Qu’il veuille me tuer ou tuer mon père, il ne t’a probablement rien dit, à toi, un pion sacrifiable. »
Le ton de Hwan Yeo se fit plus dur. La rage qui perçait dans sa voix confirmait la justesse des paroles de Geommugeuk.
« Jusqu’ici, ta position de Jeune chef du Culte a peut-être protégé ta vie. Mais tu crois que ce bouclier te protégera contre moi ? » 4
« Ça, je n’en sais rien non plus. Je ne sais pas quelle lance tu as apportée. »
Et c’est alors que…
Au-delà du mur du jardin, un groupe d’artistes martiaux apparut au loin.
Jeong Dae marchait en tête. Derrière lui venaient des membres de l’Armée démoniaque. Le groupe était si imposant qu’on le distinguait même à distance.
« Pendant qu’ils fouillent le jardin, prenons simplement un repas. »
Hwan Yeo accueillit froidement sa proposition.
« C’est moi qui paierai. »
Au moment où elle frappa dans ses mains…
Le décor changea.
* * *
À l’intérieur d’une illusion.
Une taverne où l’on servait des mets et de l’alcool se dressait devant moi.
La Taverne de l’Âme Fantôme.
Hwan Yeo, debout devant l’établissement, avait maintenant une tout autre apparence. Ses yeux étaient étirés en amande, ses lèvres d’un rouge éclatant. Le contraste entre son apparence dans l’illusion et son apparence habituelle était saisissant.
« Si j’avais su que c’était là votre vrai visage, je ne vous aurais pas proposé de manger avec moi. »
À mes mots, Hwan Yeo fronça les sourcils, puis ricana froidement.
Quand elle avança, les portes de la Taverne de l’Âme Fantôme s’ouvrirent d’elles-mêmes.
Je la suivis à l’intérieur.
La taverne était bondée. Pourtant, dès que j’entrai, les rires et les conversations cessèrent, et tous les regards se tournèrent vers moi.
Ces yeux vides et hagards étaient dépourvus d’âme. C’étaient des Âmes Fantômes.
La taverne, remplie d’Âmes Fantômes, était saturée d’une puissante énergie démoniaque. La Technique de Protection Corporelle du Démon Céleste s’activa d’elle-même pour me protéger.
J’avançai lentement vers la table où Hwan Yeo était assise. Son regard était calme ; elle se sentait manifestement parfaitement en sécurité ici, du moins dans la Taverne de l’Âme Fantôme.
Un vieil homme se tenait à côté d’elle.
« Voici Guiseuk, le propriétaire de la Taverne de l’Âme Fantôme. » 5
Je le sentais : ce vieil homme était lui aussi un maître inégalé de l’Art de l’Illusion.
Je repensai à la période qui avait précédé ma régression : Hwan Wang et Hwan Yeo, comme les autres Douze Rois du Zodiaque, avaient de nombreux subordonnés. Ce vieil homme nommé Guiseuk devait être l’un d’eux.
« Guiseuk, la personne que j’ai amenée aujourd’hui est un invité de marque du Culte. Traite-le avec égards. »
Guiseuk me lança un regard glacial.
« Au Culte du Démon, il n’y a pas d’invités de marque ! Ils ne valent tous rien ! »
Sa voix charriait une intense énergie spectrale. Si Hwan Yeo se spécialisait dans l’Art de l’Arrachement de l’Âme parmi les arts de l’illusion, le vieil homme, lui, excellait manifestement dans l’Art Fantôme.
Alors que Guiseuk s’éloignait d’un pas lourd, je lui lançai :
« Hé, l’aubergiste ! Le Culte a bien changé. Laisse tomber tes préjugés ! »
Voyant que je ne me laissais pas ébranler, Hwan Yeo ne put s’empêcher d’être impressionnée.
« Je dois bien l’admettre. À votre âge, il est presque impossible d’imiter une telle assurance et une telle présence. »
« Quand on commence à fréquenter nos Suprêmes Démoniaques, ce genre de choses ne nous fait plus rien. Bon sang, personne ne sait comment ils étaient au début. Qui pourrait comprendre à quel point je suis épuisé, au fond ? » 6
Depuis les yeux étirés de Hwan Yeo, l’aura de l’Arrachement de l’Âme se mit à s’échapper librement. Elle utilisait l’Art de l’Arrachement de l’Âme pour tenter de lire mes pensées. Mais la Technique de Protection Corporelle du Démon Céleste était toujours active ; sa sorcellerie n’eut donc aucun effet.
« Si tu ne cherchais pas à découvrir mes intentions, pourquoi m’as-tu observé tout ce temps ? »
« Eh bien, évidemment que j’étais curieuse. Qui pouvait bien te pousser à faire une chose pareille ? »
« Alors pourquoi as-tu renoncé à le découvrir ? Si tu n’avais pas fait intervenir l’ancien chef du Culte du Vent Céleste, tu aurais pu en apprendre davantage sur moi. »
« Tu n’es pas du genre à répondre facilement. »
Elle hocha la tête d’un air approbateur.
« J’ai décidé que tu ne valais pas le temps que j’y consacrerais. »
Elle parlait comme si elle avait abandonné, mais pas moi.
Si cette dernière tentative échouait, je la prendrais en otage et me servirais d’elle pour attirer le Roi Hwan.
Je la torturerais s’il le fallait. Je trouverais un moyen, n’importe lequel, de connaître la vérité.
Car la vie de Jeong Dae en dépendait.
Si rien ne fonctionnait, je détournerais sa vengeance sur moi et j’attendrais le Roi Hwan.
C’était ma façon de rendre à mon maître tout ce qu’il m’avait donné sans hésiter.
À cet instant, le serveur apporta d’abord les boissons. Lui aussi était une Âme Fantôme, avec des yeux creux et sans vie.
Je reniflai l’alcool.
« Ce n’est pas le genre de boisson qu’on sert aux morts ? »
À la mention des morts, le silence déjà pesant s’épaissit encore, et tous les regards se tournèrent vers moi, chargés de haine.
L’énergie démoniaque déferla dans ces yeux vides. Sans la Technique de Protection Corporelle du Démon Céleste, la peur m’aurait paralysé.
Je croisai le regard d’une Âme Fantôme assise non loin.
Je sentis chez lui l’envie violente de se jeter sur moi à tout instant. Mais il n’osait pas.
Hwan Yeo savait parfaitement pourquoi.
« Jeune chef du Culte, ce sur quoi vous comptez, c’est sans doute l’Art démoniaque des Neuf Calamités. Oui, celui qui maîtrise l’Art démoniaque des Neuf Calamités ne peut pas être tué par l’Art de l’Illusion. »
Telle était la puissance de l’Art démoniaque des Neuf Calamités.
Un art démoniaque absolu, immunisé contre toute sorcellerie et toute illusion.
« Alors pourquoi m’avoir amené ici si tu le savais ? »
« Parce que même si je ne peux pas te tuer, je peux toujours t’emprisonner. »
J’utilisai l’Essence de l’Œil de Sang et la Nouvelle Technique de l’Œil pour scruter les environs.
Mais je ne vis nulle part la lueur bleutée.
Comme lors de mon combat contre le Suprême Démoniaque Faucheur d’Âmes, il ne serait pas facile de trouver comment briser cette illusion.
« Si je te tue, cet endroit disparaîtra aussi, non ? »
Même face à la mort, elle restait sûre d’elle.
« Je peux te le garantir. Si tu me tues ici, Jeune chef du Culte, tu ne pourras jamais sortir d’ici. Tu seras prisonnier à jamais avec ces Âmes Fantômes. Même si je me suicide, le résultat sera le même. À ma mort, le moyen de briser cette illusion disparaîtra complètement. »
Comme pour confirmer ses paroles, toutes les Âmes Fantômes esquissèrent au même instant un sourire sinistre.
Leurs yeux vides semblaient dire :
Reste avec nous pour toujours. 7
Je regardai la porte par laquelle nous étions entrés.
Voyant que je la fixais comme si je pensais qu’il suffisait de sortir par là, Hwan Yeo déclara avec assurance :
« Cette porte ne peut jamais être ouverte de l’intérieur. »
« Le chef du Culte du Vent Céleste viendra me sauver. »
« Vous ne savez pas ce qui se passe derrière cette porte, n’est-ce pas ? »
Avec un calme absolu, Hwan Yeo lança d’un ton assuré :
« Même si le grand-père du chef du Culte du Vent Céleste venait, cette porte ne s’ouvrirait pas. »
À peine eut-elle prononcé ces mots que…
Criiiic.
La porte s’entrouvrit lentement dans un grincement sonore. 8
Hwan Yeo se leva d’un bond, stupéfaite. Elle n’était pas la seule : Guiseuk, qui épiait la scène depuis la cuisine, affichait lui aussi une expression grave. Toutes les Âmes Fantômes se tournèrent d’un seul mouvement vers la porte.
La porte s’ouvrit et un homme entra.
C’était Jeong Dae.
Une Âme Fantôme qui s’accrochait à son épaule tomba lourdement au sol.
La main tranchée d’une Âme Fantôme était encore accrochée à sa cheville. 9
« Qui a dit que je ne pouvais pas l’ouvrir ? »
Par la porte désormais ouverte, on pouvait voir l’extérieur. Comme Hwan Yeo l’avait dit, le paysage avait effectivement changé depuis notre arrivée.
Au loin, des flammes rugissaient jusqu’au ciel et une pluie de sang tombait : l’enfer était à découvert.
Des cadavres d’Âmes Fantômes jonchaient la plaine désolée jusqu’à l’horizon.
Le chef du Culte du Vent Céleste avait combattu cette armée d’Âmes Fantômes pour me retrouver.
« J’ai beaucoup de comptes à régler avec notre rusé Jeune chef du Culte, après tout. »
1 : Oui, elle est déjà si méfiante après seulement quelques jours ; lui laisser plus de temps pour manigancer, c’est prendre le diable par la queue.
2 : Héhéhéhéhé, quelle bonne blague ^^
3 : Mdr, Mugeuk a utilisé Confusion !!! C’était super efficace !!!
4 : Vu comme il met sa vie en danger sans réfléchir, non, son statut ne le protégeait pas vraiment.
5 : Je ne pense pas qu’il deviendrait ami avec Jo Chunbae, même s’ils sont tous deux propriétaires de taverne.
6 : Sans parler de son père et de son frère.
7 : « Nan, ce quartier est vraiment louche. Hanté, et tout. Ça sent les ennuis à plein nez. »
8 : Mdr, tu peux répéter ? Il faut qu’on garde une trace de ça XDXDXD
9 : On n’est plus dans le genre Murim, mais dans une apocalypse zombie.