Chapitre 311
Traducteur : FenrirTL
Éditeur / correcteur : Saphartlantis
Consultant en terminologie du Murim : Kopke
Chapitre 311 : Maintenant, tu t’attaques même à mes faiblesses
Était-ce parce qu’il avait aimé ce que j’avais dit ?
« Je ne devrais pas m’occuper seulement de mon autre disciple. Je dois aussi prendre soin de celui-ci. »
Jeong Dae claqua des doigts et activa la Technique de transfert temporel et spatial.
Quand j’avais appris auprès de lui la Technique de transfert temporel et spatial, je lui avais promis de le traiter comme mon maître — du moins dans cet endroit.
« Mon disciple. Qu’est-ce qui te tracasse ? »
Au lieu de répondre à sa question enjouée, je regardai d’abord autour de moi.
Nous nous tenions au milieu d’un champ de bataille, où le sang coulait à flots et les cadavres s’amoncelaient.
« Pourquoi diable avoir créé un endroit pareil ? Où sommes-nous ? »
« Je me suis dit qu’un endroit comme celui-ci te conviendrait. »
Comme je savais qu’il ne plaisantait pas, je lui répondis d’un ton calme :
« C’est donc ainsi que tu vois mon cœur ? »
Il me fixa, puis me retourna la question :
« N’est-ce pas parce que ton cœur est toujours un champ de bataille que tu deviens plus fort à chacune de nos rencontres ? » 1
Voilà l’ancien chef du Culte du Vent Céleste sans ses plaisanteries habituelles. Un homme qui, d’instinct, savait toujours flairer le sang.
« Désolé, mais voilà plutôt à quoi ressemble mon cœur. »
À mon tour, j’imitai l’ancien chef du Culte du Vent Céleste et claquai des doigts. Il aimait toujours le faire quand il ouvrait la Technique de transfert spatio-temporel.
Fff, fff, fff !
Le décor changea. Nous nous trouvions désormais dans un magnifique champ, où des pétales d’un blanc pur voltigeaient dans la brise.
« Voilà à quoi ressemble mon cœur. »
Jeong Dae jeta un regard autour de lui, puis sourit avant de demander :
« Tu ne rêves pas d’un endroit comme celui-ci, par hasard ? »
Je ne protestai pas. Je lui adressai simplement un pâle sourire.
Ramassant un pétale tombé à terre, l’ancien chef du Culte du Vent Céleste reprit :
« Quand je reste dans un endroit comme celui-ci, il m’arrive de ne plus savoir lequel est le monde réel. Celui-ci ou celui du dehors. C’est sans doute parce que je voudrais égoïstement rester dans le monde que j’ai créé. Et toi ? »
« C’est pareil pour moi. Parfois, j’ai envie de tout oublier et de m’enfuir dans un endroit comme celui-ci. Quand je m’y repose, je me sens… trop bien. »
Le soleil, la mer, la plage de sable, un arbre aux larges feuilles et, dessous, un fauteuil confortable. Je me dis que Jeong Dae devait, lui aussi, posséder un espace à lui, comme le mien.
« Si cet endroit devient un sanctuaire, ce sera le paradis. Mais s’il devient un refuge, il se transformera en enfer. Que ce soit dans ce monde ou dans celui du dehors. »
L’ancien chef du Culte du Vent Céleste lança en l’air les pétales qu’il tenait et me demanda de nouveau :
« Bien. Je te repose la question. À quoi penses-tu ? Qu’espères-tu apprendre de celle qui tire les ficelles ? »
Une lueur d’inquiétude passa sur son visage. J’appréciais sa sollicitude, mais je ne pouvais pas lui parler du Roi Hwan.
« Tu es du genre à attirer les tempêtes. Tu as même entraîné dans ton sillage des gens qui se servent de l’Art de l’Arrachement de l’Âme contre le Suprême Démoniaque Faucheur d’Âmes. »
« À t’entendre, on croirait qu’ils sont tous venus à cause de moi. »
« Sans toi, tout cela serait peut-être passé inaperçu. Alors oui, on peut dire que c’est grâce à toi que la vérité a éclaté. »
Son raisonnement était alambiqué, mais pas entièrement faux. Sans moi, Hwan Yeo aurait simplement été connue comme la propriétaire du Jardin des Fleurs, puis aurait disparu.
« Quoi qu’il en soit, puisque cette affaire concerne la Secte du Sang, je vais m’en charger. »
Il essayait de me protéger. Il comptait prendre toute la responsabilité et mettre fin à ce chaos déclenché par l’Art de l’Arrachement de l’Âme. J’étais touché qu’il se soucie autant de moi.
« J’ai une question à te poser, chef du Culte du Démon Céleste. »
« Laquelle ? »
« Quelle est la faiblesse de ceux qui ont appris l’Art de l’Arrachement de l’Âme ? »
Jeong Dae me regarda d’un air déconcerté, comme pour me demander quelle sorte de question c’était.
« Vraiment ? Tu me demandes même de te révéler ma propre faiblesse ? »
« Ne vaut-il pas mieux se débarrasser rapidement de tout ce qui est pourri ? »
« Gowol ! Regarde-moi ça. C’est le Jeune chef du Culte du Démon Céleste que tu admires tant. Je te l’avais bien dit, non ? Ce n’est pas un simple Jeune chef du Culte du Démon Céleste : c’est un petit vicieux. »
Il plaisantait, mais l’ancien chef du Culte du Vent Céleste avait dû comprendre que je cherchais la faiblesse de la Femme du Jardin des Fleurs.
« Laisse-moi m’en occuper. Pourquoi aller aussi loin ? Qu’espères-tu apprendre d’elle ? »
L’ancien chef du Culte du Vent Céleste se mit à marcher lentement. Je le suivis sur un sentier couvert de pétales.
À chaque pas, il semblait remonter le temps et se souvenir de cet instant lointain.
« Je n’oublierai jamais la première fois où j’ai réussi à utiliser l’Art de l’Arrachement de l’Âme. Et je ne suis pas le seul : tous ceux qui l’ont appris diraient la même chose. Réfléchis-y. Quel prodige que de faire agir quelqu’un exactement comme on le souhaite ! Mais après quelques réussites, une peur soudaine s’insinue en nous. Et si quelqu’un de plus fort que moi se mettait à me contrôler comme je l’ai fait avec les autres ? »
C’était pour cela que Seo Daeryong avait dit un jour que l’ancien Suprême Démoniaque Faucheur d’Âmes était le plus terrifiant de tous les Suprêmes Démoniaques. Il préférait mourir proprement sous une lame plutôt que de finir en pantin sans âme, victime d’une fin misérable.
« Sais-tu ce qui arrive une fois cette phase passée ? »
Je gardai le silence et l’écoutai.
« On commence à mépriser la volonté humaine. On voit les gens succomber à l’Art de l’Arrachement de l’Âme, aussi forte que soit leur volonté, et on finit par se dire : “Ah, la résolution humaine n’est pas grand-chose, finalement.” Et sais-tu ce qui vient ensuite ? »
Jeong Dae s’arrêta un instant et me regarda.
« On commence à mépriser les gens. » 2
Avait-il honte d’avoir été ainsi ? Son regard se détourna de moi et se posa sur les montagnes lointaines, au-delà du sentier.
« Quand on commence à mépriser les gens, on finit par mépriser le monde entier. »
« Comment as-tu surmonté ça ? »
« Surmonté ? Je n’ai rien surmonté. »
L’ancien chef du Culte du Vent Céleste répondit avec une franchise désarmante :
« Tu crois que devenir un maître nous change ? C’est comme prétendre que la vieillesse apporte la sagesse. C’est le jeune sage qui devient un vieil homme sage. »
Pour la première fois depuis notre rencontre, Jeong Dae poussa un soupir.
« Toi, tu aurais été différent. Même après avoir maîtrisé l’ancêtre de l’Art de l’Arrachement de l’Âme, tu n’aurais pas méprisé les autres. Mais les gens comme moi, nous sommes ordinaires. Et quand on prend quelque chose dans l’esprit d’autrui, il y a toujours un prix à payer. »
Peut-être avouait-il qu’il avait été pareil, autrefois, quand il avait gardé Gowol enchaîné.
Mais je le savais. Il disait ne pas avoir surmonté cette faiblesse, pourtant il l’avait déjà fait. Quand il avait libéré Gowol de ses chaînes, il avait commencé à voir les gens autrement.
« Quelque part au fond du cœur de cette femme, il y a forcément de l’arrogance, de l’orgueil et un sentiment de vide. Elle méprisera ton cœur, les gens et le monde. Quelque part en elle, il y aura un trou béant, noir comme la nuit. » 3
Un trou noir au fond du cœur.
Je savais parfaitement ce que cela signifiait, car, dans ma vie d’avant ma régression, j’en avais eu un, moi aussi. Un gouffre si profond qu’il n’avait pas de fond, que rien n’aurait jamais pu combler. 4
Alors, l’ancien chef du Culte du Vent Céleste dit soudain :
« Merci. »
Il croyait que c’était grâce à moi qu’il avait commencé à combler ce vide.
« Sans toi, je serais sans doute encore enfermé dans les appartements de l’ancien chef du Culte du Vent Céleste. Je passerais mes journées à fixer la même relique divine, de peur de la perdre, tout en gardant Gowol étroitement enchaîné. À l’époque, je croyais mener la vie la plus facile du monde. Mais je sais maintenant qu’elle n’avait rien de facile. Avec le recul, c’est moi qui étais enchaîné depuis le début. »
Des pétales blancs comme neige tombèrent sur nous en pluie.
« Alors ? Ça t’a aidé ? »
Il m’avait même confié sa propre faiblesse. Comment pourrais-je le remercier suffisamment ?
Oui. Cette seule phrase serait la réponse parfaite.
« Oui, maître. »
Comme si toute cette gravité n’avait jamais existé, Jeong Dae éclata de rire et lança d’une voix forte :
« Ça fait un bail que je ne suis pas venu ici. Et si je restais encore un peu avant de repartir ? »
Il avait pleinement savouré son rôle de maître pour la journée ; je le laissai en profiter encore un bon moment avant que nous repartions. Ici, c’était le printemps, mais dehors, l’hiver approchait.
* * *
Je pénétrai dans la Cour du Dragon Démoniaque, où résidait l’Armée démoniaque.
Les soldats que je croisai me reconnurent et me saluèrent avec respect.
Ça faisait un bail que je n’avais pas vu ces grandes brutes.
Mais l’Armée démoniaque n’était plus ce qu’elle avait été. Leurs yeux et leurs gestes étaient désormais empreints de discipline et d’ardeur.
Tout cela, c’était grâce à cet homme.
« J’ai appris que vous étiez de retour, Jeune chef du Culte du Démon Céleste. »
Jangho, Commandant de l’Armée démoniaque, m’accueillit avec une fière prestance. On change avec les responsabilités : il n’avait plus rien à voir avec le Jangho que j’avais connu. Désormais, personne n’incarnait mieux le titre de Commandant de l’Armée démoniaque.
« Je suis venu parce que tu m’avais manqué, Commandant Jang. »
« J’aurais dû venir vous saluer le premier. Veuillez m’excuser. »
« Inutile de t’excuser, avec toutes tes responsabilités. C’est à ceux qui, comme moi, ont tout leur temps de faire le tour des gens. » 5
Jangho eut un petit rire. Il savait parfaitement à quel point j’avais été occupé. Même ceux qui voulaient me saluer me voyaient rarement.
En tout cas, en voyant son inquiétante cicatrice et en éprouvant une étrange joie, je compris que ça faisait vraiment longtemps.
« Comment ça va, ces derniers temps ? »
« Rien n’a changé pour moi. C’est plutôt l’artiste martial Lee et le seigneur du Pavillon qui sont devenus trop occupés. Nous n’avons même plus le temps de boire un verre. »
« Ce sont toujours les paresseux qui prétendent être débordés. »
Jangho rit de nouveau. Comme Seo Daeryong, il ne devait pas avoir souvent l’occasion de rire avec ses subordonnés. Dans leurs deux organisations, l’autorité du chef devait rester absolue. Alors, au moins quand il était avec moi, je voulais qu’il puisse rire autant qu’il le souhaitait, sans se retenir.
Qu’il s’agisse du Roi Démon du Poing ou de Jangho, voir ces hommes d’ordinaire impassibles rire ainsi me remontait le moral, à moi aussi.
« Tu as été à la hauteur de la confiance que j’avais placée en toi. »
« Qu’entendez-vous par là ? »
« Je te l’avais dit, non ? Que tu deviendrais le plus grand Commandant de l’Armée démoniaque de l’histoire. »
« Vous me flattez trop. »
Mais ce n’était pas de la flatterie. On le disait déjà ouvertement.
Mes paroles avaient dû faire remonter de vieux souvenirs à Jangho, lui aussi.
« Je n’ai pas encore réalisé mon souhait. »
« Quel souhait ? »
« Quand vous m’avez nommé commandant, je vous ai dit que je voulais devenir quelqu’un comme vous. Quelqu’un dont la seule présence vous fait croire que tout est possible, aussi difficile que ce soit. C’était mon souhait, et je ne l’ai pas encore réalisé. »
« Tu es sûr de ne pas l’avoir déjà réalisé ? »
Comme il me regardait d’un air perplexe, j’ajoutai :
« Quand les choses se sont compliquées, je suis venu te voir, non ? J’ai besoin de ton aide. »
Son visage s’illumina. Ces mots — « J’ai besoin de ton aide » — devaient compter davantage pour lui que n’importe quel éloge.
« J’ai entendu dire que l’Armée démoniaque entraînait ses membres à résister aux arts occultes et aux techniques d’illusion. »
« Oui, nous organisons des entraînements spéciaux pour nous préparer à affronter des experts des voies déviantes. »
« Et pour l’Art de l’Arrachement de l’Âme ? »
« Nous avons formé une unité spéciale composée de personnes dotées d’une force mentale innée. »
« Envoie-les avec moi. »
Une lueur de joie traversa le visage de Jangho. Cela faisait longtemps qu’il n’avait pas travaillé avec moi ; enfin, il allait pouvoir m’apporter son aide.
« Quand en avez-vous besoin ? »
« Tout de suite. »
Peu après, Jangho et moi sortîmes, accompagnés d’une vingtaine de soldats de l’Armée démoniaque.
Je sentis la tension de Jeokyeon et de l’équipe de jour, qui attendaient dehors. Quand l’Armée démoniaque était de la partie, cela signifiait que les choses allaient devenir vraiment dangereuses.
* * *
Hwan Yeo n’avait pas quitté le Jardin des Fleurs.
Elle était toujours coincée là à cause de la menace du Jeune chef du Culte du Démon Céleste : si elle partait avant la fin de l’enquête, il ferait placarder son portrait dans toutes les plaines centrales et la traquerait.
Par-dessus tout, elle ne pouvait absolument pas se permettre d’être exposée aux yeux du monde.
Pourtant, elle ne pouvait pas rester prisonnière de cet endroit indéfiniment, sans savoir quand l’enquête prendrait fin.
À cet instant, un homme entra dans le jardin en poussant un chariot. Il était venu livrer des plants et des pots de fleurs. Tout en déchargeant les pots, il transmit un message sonore à Hwan Yeo.
— Je vous informe que l’ancien chef du Culte du Vent Céleste est rentré au quartier général du Culte du Démon Céleste.
Un instant, le visage de Hwan Yeo s’assombrit. Il fallait que cela arrive maintenant ?
« Non… C’est impossible. »
L’ancien chef du Culte du Vent Céleste avait-il remarqué qu’elle avait utilisé l’Art d’Inversion de l’Âme Yin-Yang sur le Suprême Démoniaque Faucheur d’Âmes ? Avec ses capacités, il aurait très bien pu percevoir les effets de la technique. Non… Il avait sans doute déjà senti quelque chose, et c’était pour cela qu’il était rentré.
— Il semble que vous allez devoir partir.
Malgré le ton inquiet de son message, elle garda son calme.
— Inutile de vous affoler.
— Pardonnez-moi.
Après un bref instant de réflexion, elle donna ses ordres.
— Que les Esprits de Sang se tiennent prêts et prévenez Guiseuk[a] qu’il pourrait recevoir un visiteur. 6
L’homme eut un léger mouvement de recul, mais répondit aussitôt avec un respect imperturbable :
— Bien compris.
Après avoir reçu son ordre, l’homme poussa le chariot et quitta le Jardin des Fleurs.
Au moment où Hwan Yeo allait soulever les pots qu’on venait de livrer…
Le carillon de bois suspendu sous l’avant-toit tinta soudain.
Toujours son pot à la main, elle se dirigea vers le fond du jardin.
À peine eut-elle tourné au coin que sa silhouette disparut.
Vrrrrrrrrrr.
Elle avançait dans un espace empli d’un grondement sourd et résonnant. Les murs autour d’elle se tortillaient comme s’ils étaient vivants ; des protubérances grotesques en jaillissaient çà et là. On aurait dit qu’elle marchait dans le ventre d’un monstre. 7
En entrant, son apparence avait elle aussi changé. Ses lèvres étaient devenues d’un rouge éclatant, et ses yeux, étirés en biais, avaient pris un air terrifiant.
Et ce n’était pas la seule chose qui avait changé. La fleur dans le pot qu’elle tenait s’était transformée en plante carnivore, dévoreuse d’insectes. À en juger par l’aura sinistre qui s’en dégageait, les insectes n’étaient probablement pas ses seules proies.
Après avoir traversé un couloir semblable à un labyrinthe, elle arriva devant une petite salle.
L’atmosphère était lourde et lugubre. À son entrée, le mur devant elle se mit à onduler et à se bomber.
Chiiiiiiiiik.
Le visage d’un homme commença à émerger. Comme s’il essayait de traverser une membrane transparente, il avait quelque chose de grotesque. Sa voix était naturellement tout aussi sinistre.
« Il se demande pourquoi tu n’es pas rentrée. »
Le message venait de son petit frère.
« Dis-lui que je ne peux toujours pas rentrer. »
« Il voudra savoir pourquoi. »
« Plus tard. Dis-lui que je lui expliquerai plus tard. »
« Il s’inquiète pour… »
Avant même qu’il ait fini son message, elle agita la main.
Le mur se tendit soudain, comme s’il avait repoussé l’homme, et le visage qui en sortait disparut.
Elle se laissa tomber en arrière.
Le sol se souleva et ondula comme des vagues, puis l’enveloppa tel un lit douillet.
C’était son endroit préféré, son unique lieu de repos.
Elle ferma les yeux un instant et se plongea dans ses pensées, cherchant comment gérer la situation. Le problème, c’était le Jeune chef du Culte du Démon Céleste. L’impossibilité de lire dans son esprit la déstabilisait.
Chiiiiiiiiik.
Une nouvelle fois, le visage aperçu plus tôt émergea du mur, s’efforçant de percer la membrane.
« J’ai dit que je m’en occuperais. »
L’instant d’après, elle tressaillit.
Ce n’était pas le subordonné chargé de communiquer avec son petit frère. Le visage qui perçait la membrane lui semblait étrangement familier.
Pouak !
La membrane se déchira et quelqu’un passa la tête au travers.
Incroyable : c’était Geommugeuk.
Leurs regards se croisèrent, et Geommugeuk sourit de toutes ses dents.
— Qui aurait cru qu’une méchante pouvait aimer les fleurs ?
À cet instant, Hwan Yeo ouvrit brusquement les yeux.
Ce n’était qu’un cauchemar.
Elle s’était assoupie un instant et avait rêvé pendant ce temps.
C’était la première fois qu’elle rêvait après avoir simplement senti la présence de quelqu’un.
Alors, depuis le Jardin des Fleurs, elle entendit quelqu’un l’appeler.
« Fleuriste ! Le fleuriste est là ? »
C’était la voix de son cauchemar. 8
1 : Perspicace. Son traumatisme est enfoui sous l’abîme.
2 : La corruption du pouvoir est inévitable.
3 : Gloire aux brisés, aux êtres vides, car ils verront la douleur que tu portes dans ton cœur.
4 : L’abîme qui l’entraîne vers le fond. C’est franchement impressionnant de voir à quel point tout ce qui a marqué sa vie influence son Intent et ses arts martiaux. Peut-être que… plutôt que de chercher la voie de la divinité, Mugeuk cherche celle de la mortalité. La façon dont le simple vœu d’un fermier sans pouvoir peut influencer le monde et le changer du tout au tout. Un pouvoir qu’une divinité bâtie sur le sang et la violence ne peut obtenir.
5 : Si c’est ça, son « temps libre », je préfère ne pas imaginer ce que ça donne quand il est « occupé » XDXDXD
6 : Les Esprits de Sang… Comme les Esprits Martiaux Empoisonnés ? (Chronicles of the Heavenly Demon)
7 : On dirait qu’elle a regardé trop de films d’horreur corporelle.
8 : Tu n’as pas idée à quel point tu as raison ^^
[a]귀숙