Chapitre 46
WeTried Translations
Traducteur/éditeur : Asakusa
Discord : <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>
◈ Le guide de survie d’un guerrier errant ◈
Chapitre 46 : Manger ou être mangé (2)
──────
Murong Geon sentit émaner de Cheon Hwi une aura étrange, comme il n’en avait jamais ressenti auparavant.
Il n’avait jamais éprouvé pareille sensation dans l’enceinte protégée du domaine du clan, et encore moins dans sa résidence la plus intérieure.
Frisson…
Les bras de Murong Geon se couvrirent de chair de poule.
Faute d’expérience du combat réel, Murong Geon ne savait pas de quoi il s’agissait. C’était l’aura qui se dégageait d’un artiste martial animé d’une intention meurtrière.
Il avait l’impression que ses cheveux se dressaient sur sa tête.
À mesure que l’aura de Cheon Hwi changeait, Murong Geon recula inconsciemment. Il ne maîtrisait même pas ses propres mouvements. Cet instant révélait clairement son manque d’expérience du combat réel.
Alors, cela arriva.
Le pied de Cheon Hwi, qui avançait lentement, prit soudain appui au sol avec une force explosive.
Le mouvement placide du Pas du Nuage de retour changea en un instant. Il devint fulgurant, comme un éclair qui jaillissait des nuages.
Une force explosive jaillit, comme si la foudre était tombée du ciel.
Fwoosh !
Cheon Hwi, qui se trouvait encore loin de lui un instant plus tôt, pointa sa lame devant les yeux de Murong Geon avant même qu’il ait eu le temps de cligner des paupières.
Clang !
Cheon Hwi avait disparu de son champ de vision et s’était glissé on ne savait comment à travers sa garde, droit au centre du point faible où se croisaient les deux trajectoires du Poing tourbillonnant des Deux Dragons.
Murong Geon tenta de lancer un coup de poing pour repousser Cheon Hwi, mais, étrangement, celui-ci avait déjà coupé les principales lignes d’attaque de son épée.
Pris de court, Murong Geon pivota à la hâte pour emprunter une trajectoire secondaire et se défendre, mais l’épée de Cheon Hwi avait déjà bougé.
La vitesse de l’escrime rapide de Cheon Hwi avait considérablement augmenté depuis qu’il avait découvert la Technique de déplacement du météore poursuivant la lune.
Rien que cela suffisait à en faire une forme d’épée remarquable.
Un long éclair fendit le plein jour, pareil à la traînée d’une étoile filante.
Clang !
« Formes de l’Épée du météore, première forme : Rapide. »
C’était un nouvel art de l’épée qu’il avait élaboré au Pavillon des classiques martiaux, en combinant les innombrables principes d’escrime du clan Murong avec la structure de la forme rapide de l’Épée des Trois Puissances.
La technique de déplacement explosive et l’escrime rapide de Cheon Hwi s’étaient alliées pour donner naissance à un nouvel art martial.
Il ne lui avait pas encore trouvé de nom convenable et l’avait provisoirement baptisé « Rapide ». C’était néanmoins le meilleur art de l’épée que Cheon Hwi pouvait tirer de la forme rapide de l’Épée des Trois Puissances.
« À gauche ? À droite ? Non… droit devant ! »
Le corps de Cheon Hwi vacilla tandis qu’il bondissait de gauche à droite en zigzaguant.
Incapable de lire ses mouvements, Murong Geon avait déjà lancé son poing hors trajectoire, au-delà du corps de Cheon Hwi.
L’épée de Cheon Hwi fusa comme l’éclair, traça une ligne dans les airs et brisa la défense de Murong Geon d’un seul coup.
Clang !
« Ngh ! »
Le premier coup écarta son poing ; le second suivit comme s’ils ne formaient qu’un seul mouvement d’épée et frappa le haut de son corps découvert.
La scène rappelait l’Ouverture des portes par les Deux Dragons, la première forme du Poing tourbillonnant des Deux Dragons que Murong Geon avait utilisée quelques instants plus tôt.
La différence, c’était que Murong Geon ouvrait la garde de son adversaire en alternant ses deux mains, tandis que Cheon Hwi avait obtenu le même résultat en maniant une seule épée aussi vite que s’il en tenait deux.
La pointe de l’épée de fer de Cheon Hwi reposait exactement contre la pomme d’Adam épaisse de Murong Geon.
Du sang perla à la pointe de la lame, puis une mince traînée s’écoula.
La signification de ce geste dans un combat d’entraînement était claire.
Cheon Hwi avait gagné.
Le gong qui signalait la fin du combat retentit de nouveau.
« Arrêtez ! »
Les artistes martiaux du clan Murong se précipitèrent, alarmés, en voyant une lame appuyée contre la gorge du jeune maître.
Mais Cheon Hwi se contenta de retirer calmement son épée.
L’épée de Cheon Hwi avait été trempée dans le sang sur les champs de bataille. Il savait maîtriser son intention meurtrière.
Ceux qui avaient douté de lui gardèrent le silence.
« Il était vraiment à la hauteur. »
« Ce n’était pas qu’une rumeur. »
Quelques personnes avaient l’air de s’être attendues à ce résultat, sans imaginer que tout serait plié si vite au point d’en être presque décevant.
Murong Rin, qui observait la scène d’un air crispé, avait décroisé les bras sans s’en rendre compte.
Elle s’était attendue dès le départ à ce que Cheon Hwi l’emporte. Mais elle pensait qu’il aurait du mal à arracher la victoire. Murong Geon avait appris les arts martiaux profonds du clan Murong, tandis que les mouvements de Cheon Hwi, bien qu’animaux, ne semblaient pas relever d’un art martial particulièrement raffiné.
L’énergie interne de Murong Geon était également supérieure. Le nombre, la variété et la profondeur des arts martiaux qu’il avait appris dépassaient de loin ceux de son adversaire.
Si Cheon Hwi avait été le même que la veille, il aurait dû peiner considérablement.
« Il a tant progressé en une seule journée au Pavillon des classiques martiaux ? »
Sa technique de déplacement, son jeu de jambes, son escrime et même sa méthode de cultivation interne, le fondement qui soutenait tout le reste, avaient tous atteint un degré de maîtrise incomparable à celui de la veille.
« Ha ha ha ha ! »
Murong Geon éclata d’un rire franc.
Il comprit alors les véritables intentions de son père.
Il ne pouvait pas gagner, de toute façon. Son père avait voulu dire que, s’il voulait l’emporter, il devrait affronter Cheon Hwi en étant prêt à tuer, et que même ainsi, cela ne suffirait peut-être pas.
Une fois qu’il l’eut compris, Murong Geon ne put nier sa défaite.
« Ce n’est que maintenant que je crois que tu as vaincu les Tyrans jumeaux du Poing Noir. »
À la surprise de Cheon Hwi, Murong Geon reconnut ouvertement sa défaite et joignit les mains.
« J’ai retenu une leçon. Il doit y avoir une raison pour que tu sois célèbre jusque dans le clan et au-delà. »
Cheon Hwi fut quelque peu impressionné par la façon dont Murong Geon acceptait sa défaite sans détour et se prit à l’apprécier un peu plus.
À l’image du tempérament qui l’avait poussé à choisir les poings plutôt que la célèbre escrime du clan Murong, Murong Geon était un homme franc.
« Que dirais-tu de discuter du combat que nous venons de livrer ? Nous pourrions en parler pendant qu’on soigne ta blessure à l’épaule. Viens avec moi. »
« Merci. »
« Inutile de me remercier. C’est moi qui devrais te remercier. Au fait, tu as mangé ? Tu as l’air affamé. Je vais t’offrir un vrai festin ! »
Murong Geon et le chef du clan avaient clairement eu l’intention de dévorer Cheon Hwi.
Mais, une fois le combat d’entraînement terminé, ce fut Cheon Hwi qui dévora quelque chose. Pas la réputation de Murong Geon, mais toute la table de viande qu’il avait fait dresser.
« Mange doucement. »
Murong Geon eut l’air plutôt surpris en regardant Cheon Hwi manger comme quelqu’un qui n’avait rien avalé depuis des jours. Il savait que les guerriers du Hall extérieur étaient nourris assez correctement.
« On dirait vraiment que tu n’as rien mangé depuis des jours… »
En vérité, ce n’était pas si loin de la réalité.
Peut-être parce qu’il était mort encore et encore, il avait l’impression qu’un temps considérable s’était écoulé dans son esprit, ce qui l’avait laissé affamé. C’était pour cette raison qu’il avait emporté des pilules de jeûne.
Faites de céréales pressées et de résine de pin pour permettre aux pratiquants de gagner le plus de temps possible sur leur entraînement, les pilules de jeûne avaient naturellement un goût infect.
Peut-être Murong Geon était-il encore contrarié d’avoir perdu le combat d’entraînement, car il ne semblait pas avoir très faim.
« Si tu ne comptes pas manger, je vais tout finir. »
« … Vas-y, mange. »
Cheon Hwi prit des morceaux de porc braisé dans une sauce semblable à la sauce soja, dont il ignorait le nom, et les enfourna dans sa bouche. Il était aussi le seul à se servir sans cesse du riz dans la marmite pleine pour remplir son bol.
« Te voir manger avec tant d’appétit me met de bonne humeur, moi aussi. Oui, ha ha ! Prends aussi du vin. »
Glouglou…
Cheon Hwi accepta volontiers la boisson. C’était un vin de riz limpide au parfum exquis.
Bien qu’il s’agît de porc braisé dans une sauce, les porcs de l’époque, qui n’avaient pas été améliorés, avaient une forte odeur de bête. Le vin aidait grandement à l’effacer.
« Le cuisinier est remarquablement doué. »
Alors que Cheon Hwi commençait à finir son repas, Murong Geon lui demanda :
« As-tu remarqué quelque chose dans mon art du poing ? Y a-t-il quelque chose que tu voudrais ajouter ? »
Cheon Hwi réfléchit un instant à ce qui lui venait à l’esprit, mais se retint.
« Qu’est-ce que je pourrais bien savoir des arts du poing ? »
Il détourna le regard pour changer de sujet.
Les mots qui lui brûlaient les lèvres étaient : « J’ai vu le manuel que tu étudies, et ce n’est pas comme ça qu’il faut s’y prendre. »
Mais comment aurait-il pu dire cela à voix haute ?
« Qu’est-ce que tu racontes ? Je voulais simplement dire que nous pourrions revenir ensemble sur notre combat. »
« Tu devrais aussi consulter d’autres bons manuels d’arts martiaux. »
« … Hein ? »
« Si je peux me permettre une supposition, Jeune Maître, tu n’as étudié que le manuel du Poing tourbillonnant des Deux Dragons. »
« … ! »
Ces paroles surprirent Murong Geon.
Il avait vu juste.
« Tu arrives à le savoir ? »
« Eh bien, ce n’était qu’une supposition. »
Il avait toujours trouvé les études ennuyeuses, et lire des manuels d’arts martiaux — la raison même pour laquelle il devait étudier — l’ennuyait encore plus.
On ne pouvait pas apprendre les arts martiaux en mémorisant des manuels ! Telle était la conviction de Murong Geon.
Au lieu d’apprendre par cœur des formules mnémotechniques et de les méditer, Murong Geon estimait qu’il lui convenait mieux de demander conseil aux maîtres du poing de premier ordre du clan et d’apprendre directement auprès d’eux.
« … Tu as vu juste. Quelle honte. »
Après avoir enfourné une bouchée de légumes sautés et de riz, puis mâché et avalé, Cheon Hwi prit la parole.
« Tu connais le dicton. »
« … Lequel ? »
« La personne la plus redoutable est celle qui n’a lu qu’un seul livre de toute sa vie. »
« Quelqu’un qui n’a lu qu’un seul livre est redoutable… »
Murong Geon médita ces paroles. Puis, comme s’il en avait tiré une leçon, il hocha la tête et s’inclina pour le remercier.
« Tu ne cesses de m’enseigner. Merci, vraiment. Alors, je devrais te raconter quelque chose à mon tour. »
C’est ainsi que Cheon Hwi apprit de Murong Geon l’existence de l’ordre de convocation de l’Alliance martiale.
Han So-gyeom lui en avait déjà donné un aperçu. Cela restait toutefois une information utile, car il ignorait comment le clan Murong voyait la situation.
« Le clan Murong se trouve au Liaodong, nous sommes donc assez éloignés du cœur des Plaines centrales, où les Neuf Sectes et l’Unique Gang s’affrontent avec acharnement. Il faut des mois pour qu’une rumeur des Plaines centrales nous parvienne. »
Le chef du clan et ses dirigeants étaient peut-être satisfaits de la situation du clan Murong, mais la jeune génération, qui souhaitait se faire un nom et gagner en renommée dans le monde martial, voyait les choses autrement.
« Dans ce cas, le nom du clan Murong ne finirait-il pas, lui aussi, par tomber peu à peu dans l’oubli ? »
Il semblait qu’un sentiment de crise planait discrètement sur le clan.
Les arts martiaux ne pouvaient progresser lorsqu’on restait enfermé au fond d’un puits. Les artistes martiaux du clan, même les descendants directs appelés à le diriger, finiraient par prendre du retard sur ceux des autres sectes.
Cette inquiétude était manifeste.
« Être le descendant direct d’un clan prestigieux n’est pas facile non plus. »
Cheon Hwi n’avait rien à ajouter. Il leva simplement sa coupe pour trinquer.
Après avoir entrechoqué leurs coupes et les avoir vidées, Murong Geon reprit la parole.
« Tu vas sûrement t’y rendre, toi aussi, n’est-ce pas ? »
Cheon Hwi le sentit.
Le cœur des Plaines centrales, où se côtoyaient les véritables maîtres, l’appelait.
Mais partirait-il avec le clan Murong ? Il n’en avait pas particulièrement envie. Il ne tenait pas non plus spécialement à voyager avec l’Autorité martiale de protection.
Il s’en servirait si nécessaire, mais ne voulait pas entraver sa liberté de mouvement.
« Notre région est bien trop éloignée de ce qu’on appelle les Plaines centrales, n’est-ce pas ? Pourtant, aujourd’hui, le monde a besoin de nous ! Les élites des Cinq Grands Clans et des Neuf Sectes et de l’Unique Gang se rassembleront pour écraser les derniers vestiges du Culte du Sang et débattre de la sécurité des Plaines centrales. »
Un ardent désir de victoire et une ambition féroce brûlaient dans les yeux de Murong Geon.
« Je compte me joindre à ce voyage vers l’Alliance martiale, quoi qu’il arrive. Je rivaliserai avec les plus grands talents du monde et ferai connaître mon nom dans tout le monde martial. »
Il posa sa coupe vide et regarda Cheon Hwi droit dans les yeux.
« Qu’en dis-tu ? Tu viendras à l’Alliance martiale avec moi ? Avec tes arts martiaux si étranges, tu pourrais stupéfier le monde. »
Cheon Hwi irait, bien sûr.
Mais il n’avait pas l’intention de partir avec cet homme, Murong Geon.
Alors qu’il cherchait comment le repousser, peut-être en évoquant l’Autorité martiale de protection, il sentit quelqu’un derrière la porte.
« Jeune Maître Murong Geon, êtes-vous à l’intérieur ? »
« Oui, je suis là. Qu’y a-t-il ? »
« … Le chef du clan vous convoque. »
« Moi ? »
Une foule d’émotions traversa le visage de Murong Geon tandis qu’il se levait.
Il pensa que son père allait peut-être le réprimander pour avoir perdu contre un guerrier du Hall extérieur.
Mais ce n’était pas le cas.
« Non. Le chef du clan a convoqué le guerrier du Hall extérieur Cheon Hwi. »
Murong Geon fut stupéfait.
Qu’un guerrier du Hall extérieur rencontre directement le chef du clan était sûrement sans précédent, même en remontant cent ans en arrière dans l’histoire du clan Murong ou en se projetant cent ans dans l’avenir.
Cheon Hwi baissa les yeux vers les rides qui se propageaient dans sa coupe de vin.
« Le moment est-il venu de partir ? »
Il avait tiré presque tout ce qu’il pouvait du clan Murong.
Il était donc temps de s’en aller.
Après un bref moment de réflexion, Cheon Hwi donna une réponse étrange, qui n’était ni un oui ni un non.
« Avant cela, pourrais-je voir un instant l’intendant en chef du Hall extérieur ? »
« Hwi. Les vagabonds comme nous doivent toujours garder un pas d’avance. »
Quand on avançait dans la forêt, il fallait réfléchir à l’endroit où l’on poserait le pied suivant.
Depuis l’enfance, Cheon Hwi avait appris en observant que c’était ainsi qu’il fallait vivre pour survivre dans le monde martial en vagabond, sans personne sur qui compter.
Rejoignez notre Discord : <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>