Chapitre 37
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Traducteur/éditeur : Asakusa
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◈ Le Guide de survie du guerrier errant ◈
Chapitre 37 : Je suis devenu une étoile montante que les clans prestigieux s’arrachent (5)
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Dans la vaste pièce, la lueur rouge du feu vacillait.
Au milieu de la salle, l’Épée du Serpent de Sang Gwak Do-mun les observait tous les quatre de ses yeux plissés au sourire caractéristique.
La nouvelle de l’attaque avait dû se répandre, et pourtant il semblait être resté là à siroter son thé. De la vapeur s’élevait encore de la tasse posée devant lui.
Les deux gardes de Murong Rin échangèrent un regard dès qu’ils comprirent qu’ils s’étaient trompés d’adversaire.
« Cet homme, c’est… Gwak Do-mun, le chef du Gang du Serpent de Sang ! »
Le but des deux gardes n’était évidemment pas de se couvrir de gloire martiale. Leur seul rôle était de protéger la jeune cheffe du clan.
« Si on se bat, on mourra pour rien. »
En face d’eux se trouvait un maître de premier ordre.
Qu’il soit au début, au milieu ou à la fin de ce niveau, sa capacité à utiliser la puissance du dantian médian creusait un écart aussi grand qu’entre un artiste martial de troisième ordre capable de manier l’énergie interne et un autre qui en était incapable.
Eux n’étaient que des artistes martiaux de deuxième ordre au stade avancé. Face à un maître de premier ordre au stade initial, ils pourraient tout au plus gagner du temps pour s’enfuir, voire lui infliger une ou deux blessures si les choses tournaient bien.
Même s’ils l’attaquaient tous les deux, le résultat serait le même. Ils étaient bien trop faibles pour lui porter un coup fatal.
Pour le maîtriser, il aurait fallu qu’au moins vingt artistes martiaux de deuxième ordre au stade avancé l’attaquent de concert, prêts à mourir.
Il était tout naturel que Murong Rin n’ait pas de garde de premier ordre. On la connaissait sous le nom de Fleur de Jade d’Or, l’une des Cinq Fleurs du monde martial, et sa renommée dépassait largement les frontières de son clan. Mais, dans un grand clan, la réputation ne faisait pas tout.
Les règles du clan déterminaient strictement l’affectation des gardes de la maison principale. Même un descendant direct ne pouvait se voir attribuer librement des gardes de premier ordre à moins d’être l’officiel jeune chef du clan.
On disait que les deux gardes de Murong Rin étaient au seuil du premier ordre, mais un seuil restait un seuil.
Ceux qui l’avaient franchi et ceux qui s’attardaient en deçà n’étaient pas séparés par un simple pas. Dans le monde martial, ce pas décidait de la vie ou de la mort.
« Eh bien, eh bien. La précieuse jeune cheffe de l’illustre clan Murong vient nous offrir son cou. J’ai presque honte d’avoir songé à abandonner la Forteresse du Croc Noir pour m’enfuir. »
« La ferme ! Comment oses-tu parler de notre clan avec ta sale bouche ? »
« Enfin, les clans prestigieux et les gens comme nous… nous ne sommes pas si différents, pas vrai ? On gagne notre vie en rouant les gens de coups. »
« Quelle absurdité ! »
Murong Rin dégaina ses deux épées et le fusilla du regard. L’Épée du Serpent de Sang sourit comme si cela le ravissait au plus haut point.
Il reconnut Cheon Hwi à ses côtés, mais celui-ci ne l’intéressait déjà plus.
« Qu’est-ce qu’on fait ? »
« Hmm… Tuez tout le monde, sauf cette garce de Murong. Ah, laissez aussi le garçon en vie. »
« À vos ordres. »
Comme s’ils étaient les gardes de l’Épée du Serpent de Sang, deux hommes vêtus d’uniformes martiaux noirs acquiescèrent, puis s’élancèrent à travers la pièce d’un bond.
Boum !
Ils étaient rapides.
La pièce était vaste, mais un seul bond leur suffit pour la traverser en un instant. Les deux hommes en noir se battaient à mains nues.
« Attaquez ! »
L’ordre de Murong Rin résonna dans la salle au moment même où les deux hommes bondissaient.
L’un de ses gardes s’avança pour les intercepter, tandis que l’autre se précipita vers Murong Rin. Il la hissa sur son épaule et fila vers la sortie.
Crac !
Cheon Hwi et le garde qui était resté interceptèrent chacun un combattant à mains nues.
« … ! »
Murong Rin écarquilla les yeux, stupéfaite.
Son cri s’éloigna.
« M-Mais qu’est-ce que vous faites ?! »
« Nous ne pouvons pas gagner ! »
« Vous fuyez alors que l’ennemi est sous vos yeux ! Et vous vous prétendez épéistes du clan Murong ? Posez-moi ! »
…
Mais la voix de Murong Rin s’éteignit rapidement.
« Oh, tiens ? Ils sont partis… »
Gwak Do-mun souriait toujours, comme s’il assistait à un spectacle amusant.
Cheon Hwi ne fut pas particulièrement surpris. Il avait déjà vu cette scène cinq ou six fois.
Dans les lignes temporelles où Murong Rin et son groupe l’avaient suivi, ses gardes avaient pris la décision convenue d’avance dès qu’ils avaient reconnu Gwak Do-mun.
Leur seul objectif était de protéger Murong Rin avant tout ; c’était donc une décision raisonnable.
Au moins, l’un d’eux était resté pour faire gagner du temps. Ce n’était pas plus mal pour Cheon Hwi non plus.
Ils étaient donc deux contre trois.
C’était mieux que d’affronter les trois tout seul. Après être mort tant de fois, Cheon Hwi avait fini par conclure que Murong Rin ne lui était utile que de cette façon lorsqu’elle le suivait. Elle disparaissait après lui avoir laissé un épéiste de deuxième ordre.
L’épée de Cheon Hwi bloqua le coup de poing qui arrivait à toute vitesse.
Clang !
C’était un adversaire singulier. Il ne portait pas de gantelet à sa main droite, pourtant dominante, tandis que sa gauche était protégée par un gantelet de fer. Peut-être n’avait-elle pas encore été assez endurcie pour diffuser son qi interne ou pratiquer les arts externes.
Au début, Cheon Hwi avait cru qu’il était gaucher. Il avait compris son erreur quand le poing nu de l’homme lui avait frappé l’abdomen, le faisant vomir du sang et s’effondrer.
À présent, Cheon Hwi savait qu’il ne devait pas se laisser berner.
Mais si savoir suffisait à tout résoudre, les gens du monde martial ne risqueraient pas leur vie avec tant d’acharnement pour franchir les différents niveaux.
Le poing droit du combattant fendit l’air dans un sifflement lourd et fonça vers le ventre de Cheon Hwi.
Il connaissait déjà cette trajectoire. Cheon Hwi utilisa le Pas du Nuage de retour et pivota vivement du bassin.
Mais esquiver ne suffisait pas.
Le poing qui fendait le vide changea brusquement de direction et s’écrasa sur l’épaule de Cheon Hwi.
Crac !
Une douleur atroce le transperça tandis que son os se brisait. Son corps s’envola comme une feuille de papier.
Avant même que Cheon Hwi, projeté au sol, ait pu cracher du sang, le combattant lui écrasa brutalement le crâne du pied gauche.
Sa vision se brouilla de noir.
« Ha ! »
Merci de toujours m’achever proprement, espèce d’enfoiré.
Cheon Hwi commençait à comprendre ce que signifiait l’accumulation du qi démoniaque.
Comment aurait-il pu en être autrement ?
Au milieu de la douleur fantôme qui le traversa puis s’évanouit, Cheon Hwi comprit quelque chose.
Ça ne va pas être facile.
Après avoir abattu des dizaines de vauriens de la Voie Noire dans la cour, il s’était secrètement laissé gagner par l’arrogance. Pourtant, même tuer cent épéistes de troisième ordre ne signifiait rien face au mur que représentait un maître de deuxième ordre au stade avancé.
La profondeur de son énergie interne, son expérience réelle du combat, la vitesse de chacune de ses attaques meurtrières : à tous égards, le combattant de deuxième ordre au stade avancé le surpassait de loin.
Même si l’épée de Cheon Hwi l’atteignait, percer ses arts externes et entailler sa peau n’avait rien de facile.
Cheon Hwi n’en était qu’aux débuts du deuxième ordre ; ses techniques rudimentaires et ses prédictions ne pouvaient combler un tel écart.
Le chemin est encore long.
Pourtant, cette prise de conscience le réjouit.
L’écart semblait immense, mais pas au point que la mort ne puisse le réduire.
Cette idée le rendit très heureux.
« Ouf. »
À présent, Cheon Hwi suivait naturellement le chemin le plus court jusqu’à Gwak Do-mun.
Il avait même assez de marge pour ne s’occuper que des combattants de troisième ordre de la Voie Noire qui lui barraient réellement la route, laissant les autres tranquilles.
Cheon Hwi perça les lignes ennemies en un instant et se retrouva une nouvelle fois face aux lanternes rouges.
Comme toujours, Murong Rin le suivait. Dès qu’un garde la hissa sur son épaule et prit la fuite, le combattant à mains nues bondit de nouveau.
Boum !
Cheon Hwi savait exactement quelle attaque l’homme allait lancer.
Il allait se servir de sa main gauche gantée de fer comme d’un leurre, puis frapper le plexus solaire de Cheon Hwi de la droite.
Cheon Hwi leva son épée et dévia le gantelet.
Il esquiva la feinte d’un mouvement de côté, puis utilisa son jeu de jambes pour éviter la main qui visait son plexus solaire.
C’était la première fois qu’il l’esquivait, mais le combattant réagit comme si cette esquive n’était rien : son jeu de jambes le rattrapa avec une demi-mesure d’avance.
Avant même que l’épée de fer de Cheon Hwi ne puisse l’atteindre, le poing de l’homme le frappa de nouveau au plexus solaire.
Paf !
Hum !
Cheon Hwi s’effondra en crachant du sang, sans même avoir le temps de ressentir la douleur. Il était trop occupé à réfléchir à son prochain mouvement.
Lorsqu’ils se retrouvèrent et que la même scène se répéta, Cheon Hwi abaissa son corps et visa le bas du combattant.
Mais l’homme se déroba sans effort à son épée et lui envoya le genou dans la mâchoire.
Sa mâchoire se brisa, prouvant que son choix était mauvais.
Il mourut, encore et encore.
À sa sixième mort, il tint trois échanges contre le combattant.
À sa onzième mort, son épée entailla légèrement la gorge de l’homme.
À sa trentième mort, il parvint à frapper une ouverture que le gantelet ne protégeait pas entièrement.
Puis, à sa quarante-septième mort, enfin…
Après avoir échangé plusieurs coups avec le combattant, Cheon Hwi lui enfonça sa lame dans la nuque.
Fssht !
Huff, huff…
La respiration saccadée de Cheon Hwi résonna dans la pièce. Puis il baissa les yeux vers le trou dans son flanc et s’effondra au sol.
Ils étaient morts ensemble.
.
.
.
« Attaquez ! »
À l’instant où Murong Rin donna son ordre et où l’un de ses gardes intercepta un combattant à mains nues, celui qui visait Cheon Hwi se rua sur lui avec une intention meurtrière terrifiante.
Sa main droite sans protection fila vers Cheon Hwi, déterminée à lui écraser la poitrine.
Cheon Hwi savait déjà chacun des mouvements que l’homme allait exécuter.
Juste avant que le poing ne l’atteigne, il relâcha complètement son corps et utilisa le Corps de la Chaîne de fer pour verrouiller fermement la zone autour de ses côtes.
À force d’encaisser les coups, il avait rapidement progressé dans la maîtrise du Corps de la Chaîne de fer. Il pouvait désormais résister à l’une des feintes de l’homme.
Saisissant cette ouverture, Cheon Hwi frappa avec précision au point faible de son adversaire.
Boum ! Floc !
« … ! »
Cheon Hwi sourit tandis qu’un poing lui défonçait le flanc.
Comme il avait transpercé la gorge de l’homme, le coup n’avait pas atteint toute sa puissance et le flanc de Cheon Hwi n’avait pas éclaté.
Le combattant qui affrontait le garde de Murong Rin ouvrit de grands yeux, stupéfait.
La scène devait lui sembler impossible.
Au moment où le combattant hésita et tenta de balancer de nouveau sa main gauche, Cheon Hwi ne laissa pas passer cette infime ouverture.
Il utilisa Lie-l’Adversaire et Fend-la-Terre pour créer une brèche. Puis Perce-le-Ciel frappa aussitôt, s’enfonçant dans l’espace vulnérable sous la mâchoire de l’homme.
La situation passa instantanément à deux contre un. Le dernier combattant, qui gardait Gwak Do-mun, jeta un regard en arrière comme pour lui demander de l’aide.
Mais Gwak Do-mun continua simplement à siroter son thé, le sourire aux lèvres, comme s’il leur ordonnait de le divertir.
Quoi qu’il en soit, Cheon Hwi ne laissa pas passer la minuscule ouverture causée par le trouble de l’homme.
Son épée rapide déchaîna les trois formes des Formes rapides de l’Épée des Trois Puissances comme l’éclair.
Fend-la-Terre traça la voie de l’épée et assura sa défense. La deuxième forme, Lie-l’Adversaire, brisa les méridiens de qi autour de la clavicule de l’homme et le déséquilibra. Puis la troisième forme, Perce-le-Ciel, jaillit comme l’éclair.
Les trois formes, chacune porteuse de son propre principe, éclatèrent comme si elles n’en formaient qu’une.
Tranche ! Transperce !
La lame froide de Cheon Hwi perça sous la mâchoire du combattant et ressortit au sommet de son crâne.
Les yeux de l’homme se révulsèrent. Il fut pris de convulsions, puis s’écroula lourdement au sol.
Le regard de l’épéiste du clan Murong vacilla. Cheon Hwi venait de vaincre un adversaire qui n’aurait pas été facile à battre, même pour lui.
Cheon Hwi planta son épée de fer dégoulinante de sang au sol comme une canne et reprit péniblement son souffle.
« Ha… ha… »
Le Corps de la Chaîne de fer était sans doute encore trop faible pour être considéré comme un qi protecteur. Malgré les progrès accomplis au fil de ses morts répétées, une ou deux de ses côtes étaient manifestement brisées.
Son flanc le brûlait comme si quelqu’un y avait allumé un feu de joie et dansait dessus.
Cheon Hwi releva sa tête ensanglantée et fixa le centre de la pièce.
Sans même poser sa tasse, l’Épée du Serpent de Sang Gwak Do-mun observait avec intérêt ses subordonnés abattus et Cheon Hwi.
Cheon Hwi était mort quarante-sept fois pour venir à bout d’un seul combattant de deuxième ordre. Il avait cessé de compter le nombre de fois où il était mort pour vaincre les deux.
L’épéiste du clan Murong lui fit signe de fuir.
Mais Cheon Hwi se contenta de secouer le sang de sa lame et de faire face à Gwak Do-mun.
Il était mort cent fois rien que pour pouvoir pointer son épée vers cet homme une seule fois.
Même s’il devait renoncer après être mort et revenu à la vie, Cheon Hwi ne serait pas satisfait tant qu’il n’aurait pas chargé.
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