Chapitre 22
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Traducteur/éditeur : Asakusa
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◈ Guide de survie d’un guerrier vagabond ◈
Chapitre 22 : Les cieux n’en finissent pas de tuer (2)
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Gwak Do-mun éclata d’un rire dément lorsque Cheon Hwi leva son épée, nullement ébranlé par sa proposition de rejoindre le Gang du Serpent de Sang.
« Bien ! Alors, viens ! Essaie donc de m’arracher la gorge ! »
Le qi interne de Cheon Hwi afflua furieusement dans la lame de son vieux sabre long.
Il enfonça de toutes ses forces son arme au beau milieu de la trajectoire de l’épée souple de Gwak Do-mun.
Le vrai qi d’un maître de premier ordre et le qi interne brut d’un combattant qui venait tout juste d’atteindre le rang de deuxième ordre s’entrechoquèrent de plein fouet dans les airs.
BOUM !
Dans un fracas assourdissant, le plancher de l’auberge se souleva comme s’il avait explosé.
L’écart de force et de puissance interne était manifeste. La paume de Cheon Hwi s’ouvrit et du sang jaillit de sa bouche.
Pourtant, la pointe de son épée ne recula pas.
Il avait mémorisé l’art de l’épée de Gwak Do-mun au prix de sa vie. À force de mourir encore et encore, Cheon Hwi avait appris où les ouvertures se présenteraient et quand esquiver.
Au terme de ces centaines de morts, Cheon Hwi trouva enfin une ouverture pour porter une estocade.
Il s’insinua dans l’épée souple, serpentine, de Gwak Do-mun en adoptant le même mouvement sinueux et lui transperça l’épaule.
Frrt ! Pschht !
L’épée souple de Gwak Do-mun effleura l’épaule de Cheon Hwi et la taillada, mais le vieux sabre long de celui-ci perça l’épaule droite de Gwak Do-mun.
La blessure n’était pas profonde.
Malgré tout, qu’un combattant de deuxième ordre parvienne à blesser ainsi un maître de premier ordre suffisait à piquer son orgueil au vif.
D’autant qu’il ne s’était pas retenu.
« … ! »
Pris de court, Gwak Do-mun repoussa précipitamment l’épée de Cheon Hwi, retrouva son équilibre et porta la main à son épaule.
Un sang sombre, en quantité sans commune mesure avec la faible profondeur de la plaie, s’en écoulait.
« Ha. Ha ha ha ! Hahahahaha ! »
Il promena son regard de sa blessure à Cheon Hwi, couvert de sang.
Un simple combattant de deuxième ordre, un gamin qui n’avait même pas appris de véritables formes martiales, avait blessé l’épaule d’un maître de premier ordre par le seul art de l’épée ?
Impossible.
Pourtant, la douleur à son épaule lui confirmait clairement qu’une pointe d’épée l’avait touché.
Incroyable. Il éprouva malgré lui une profonde admiration.
Quel talent prodigieux.
Un frisson parcourut la poitrine de Gwak Do-mun. La fleur nommée Cheon Hwi n’avait pas encore éclos. Mais le frisson serait bien plus grand lorsqu’elle serait en pleine floraison que s’il la cueillait encore en bouton.
En outre, Changchun était depuis longtemps devenue le théâtre du chaos : les cris des troupes de répression et des combattants de la Voie Noire, le fracas des armes et le martèlement des sabots emplissaient la ville. Comme Jilin comptait parmi les plus grandes villes de la région, les artistes martiaux des sectes voisines avaient eu le temps de s’y rassembler.
Même un maître de premier ordre aurait du mal à quitter Jilin sain et sauf s’il était davantage blessé.
« … Hé hé. Cheon Hwi. Je me souviendrai de ton nom. »
Gwak Do-mun rengaina son épée souple à sa taille. La lame s’enroula autour de lui comme un serpent et s’y fixa telle une ceinture.
Puis, dans un tac sec, sa silhouette disparut rapidement au loin.
Cheon Hwi ne songea même pas à le poursuivre.
« Urgh ! »
Lorsque la force qu’il avait poussée à son maximum se dissipa, une douleur insoutenable lui déferla de l’épaule et des blessures qui couvraient son corps. Ses genoux fléchirent et il s’effondra lourdement au sol.
Huff, huff…
L’épuisement mental accumulé au fil de centaines de régressions et la douleur qui le déchirait lui donnaient l’impression qu’il allait perdre connaissance d’un instant à l’autre.
Pourtant, Cheon Hwi serra les dents et se tourna en hâte vers Yi Mu-gwang.
« Maître ! »
Yi Mu-gwang gisait à terre, couvert de sang. Sa respiration était pénible, chaque souffle raclant sa gorge d’un bruit métallique.
Il avait évité les blessures mortelles de l’épée, mais le poison dont Gwak Do-mun avait enduit sa lame souple posait problème.
Quand Gwak Do-mun avait croisé le fer avec Cheon Hwi, la majeure partie du poison avait déjà pénétré les blessures de Yi Mu-gwang.
« Maître, il faut arrêter le saignement… Vite, asseyez-vous en méditation et faites circuler votre qi ! »
Cheon Hwi tendit précipitamment la main pour appuyer sur les points d’acupuncture de Yi Mu-gwang. Il n’avait jamais essayé de bloquer ainsi les points, mais il voulait tenter tout ce qui était en son pouvoir. Il se disait qu’en rassemblant le peu de qi interne qu’il lui restait pour fermer les points, il pourrait peut-être empêcher le poison de se répandre davantage.
Mais au moment de passer à l’action, Cheon Hwi hésita.
Le qi toxique s’était déjà répandu dans tout le corps de Yi Mu-gwang.
Celui-ci leva toutefois une main ensanglantée et saisit doucement le poignet de Cheon Hwi. Sa prise était faible, privée de toute force.
« … Arrête donc de t’agiter comme ça, espèce de petit crétin. Ce n’est pas un peu de poison qui va me tuer… »
Yi Mu-gwang cracha une mousse sanglante et eut un rire creux.
Son regard était flou, mais une étrange satisfaction y brillait. C’était celui d’un homme convaincu de ne pas s’être trompé dans son jugement.
« Tu t’es bien débrouillé. »
« Je vous en prie, ne parlez pas. Le poison va gagner vos méridiens du cœur ! »
Yi Mu-gwang n’avait plus la force d’entamer la circulation du qi et de réguler sa respiration. Il était déjà trop tard. On ne pouvait expulser le poison par la circulation du qi que lorsqu’il restait encore une certaine réserve de force et de vitalité.
Avec le vrai qi et la méthode de cultivation interne d’un vagabond de deuxième ordre, neutraliser un poison mortel qui s’était répandu dans tout le corps serait difficile.
Cheon Hwi posa la main sur le corps de Yi Mu-gwang et mobilisa sa puissance interne. Sans s’en rendre compte, il fit parvenir au dantian inférieur de Yi Mu-gwang un peu du qi interne pur de l’Élixir de la Tortue à carapace noire.
Cet homme avait passé sa vie à errer, sans jamais prendre de disciple.
Ce ne fut qu’à cet instant, qui serait peut-être le dernier de sa vie, que l’homme qui avait toujours vagabondé seul reconnut pleinement Cheon Hwi comme son disciple.
Dehors, le grondement des sabots et les lueurs rouges des torches se rapprochèrent rapidement de l’auberge. Les troupes de répression de Changchun et les membres du Hall des Guerriers Vagabonds encerclaient les lieux tout en rétablissant l’ordre dans les rues chaotiques.
« Tenez encore un peu. »
Cheon Hwi serra les dents et hissa Yi Mu-gwang sur son dos.
La douleur accumulée au fil de centaines de régressions faisait hurler chacun de ses muscles, mais il força ses jambes à le porter par une volonté presque démoniaque. Il ramassa son vieux sabre long et le pudao de Yi Mu-gwang, puis les attacha solidement à sa taille.
Cette voie que vous m’avez ouverte au Fleuve du Dragon Noir, je la poursuivrai cette fois.
Cheon Hwi défonça la porte arrière de l’auberge en ruines et s’élança dans les ténèbres de Changchun, détrempée par la pluie.
« Où est le médecin ?! »
* * *
« Le ciel vous a souri. Si vous étiez arrivé plus tard, il aurait déjà rendu son dernier souffle. »
Le médecin prononça ces mots en prenant le pouls de Yi Mu-gwang.
La clinique, misérable, se trouvait dans la périphérie de Changchun. Malgré cela, on y amenait de plus en plus de blessés, de toutes parts.
« Vous voulez dire qu’il peut survivre ? »
« J’ai réussi à le maintenir en vie. Cependant… il lui sera difficile de se rétablir complètement. Ce poison dessèche les méridiens du cœur en passant par les vaisseaux sanguins, jusqu’à ce qu’il tue sa victime. C’est l’un des poisons les plus redoutables employés par les vauriens de la Voie Noire. Il est tombé sur un adversaire particulièrement odieux. »
« … »
« Quelqu’un a fait circuler sa puissance interne pour protéger ses méridiens du cœur, ce qui l’a maintenu en vie. Mais le poison a déjà imprégné et abîmé ses organes internes. Ajoutez à cela ses blessures externes, et je ne peux pas vous dire quand il reprendra connaissance. Il pourrait rester ainsi plusieurs jours avant de rendre son dernier souffle. Et même s’il se réveille, il ne pourra plus manier l’épée. »
« Il n’y a donc aucun moyen ? »
« À moins de chercher un médecin réputé dans les Plaines centrales… Ne vous en voulez pas. On dirait que quelqu’un a agi avant moi. C’est ce qui l’a sauvé. Si le poison avait atteint directement son cœur, il n’aurait même pas franchi le seuil de cette clinique. »
« … Vous voulez dire qu’il peut guérir ? »
« Je l’ignore. »
Le vieux médecin poursuivit d’un ton calme :
« Un médecin n’est pas un immortel. Celui qui garantit pouvoir sauver tout le monde n’est pas un médecin, mais un charlatan. Je ne peux que faire de mon mieux. »
Cheon Hwi sortit des taels d’argent.
« Faites tout ce que vous pouvez pour le sauver. Si cela ne suffit pas, j’en apporterai davantage. »
« C’est assez. »
« Si ce n’est pas suffisant, dites-le-moi. »
« Je vous ai dit que c’était assez. »
« Tout de même, si cela ne suffit pas, dites-le-moi. »
« Je vous ai dit que c’était assez… »
Le vieux médecin ouvrit une armoire à remèdes et en sortit des herbes séchées ainsi que des pots de porcelaine remplis d’onguent.
« Il faut d’abord contenir le poison. Cette nuit, je bloquerai à l’aide d’aiguilles les méridiens qui ne sont pas touchés pour l’empêcher de se répandre, puis je lui donnerai trois fois une décoction antidote. Ensuite viendra le moment décisif. Si le poison quitte son corps, que sa fièvre baisse et que son pouls se stabilise en l’espace de trois jours, il survivra. Mais si la fièvre atteint sa tête… »
« Et si c’est le cas ? »
« Même s’il se réveille, il risque de ne plus avoir toute sa tête. »
Cheon Hwi hocha la tête, puis se leva.
« Où allez-vous ? Vous aussi, vous devez être soigné. »
À la question du vieux médecin, Cheon Hwi répondit avec légèreté :
« J’ai oublié quelque chose. »
Le vieux médecin claqua la langue et lui ordonna d’attendre. Il prit quelque chose dans l’armoire décrépite et le lui tendit.
C’était un onguent.
.
.
.
Cheon Hwi retourna à l’auberge où venait de se dérouler le sanglant combat.
Elle était presque à moitié effondrée.
Les piliers noircis par les flammes étaient carbonisés et le sang recouvrait encore le sol du rez-de-chaussée.
Dans un coin, il aperçut le chapeau de bambou que Yi Mu-gwang avait jeté. Cheon Hwi le ramassa.
Shhhhh…
Hélas, la pluie continuait de tomber sans relâche.
Peu à peu, des signes de vie réapparurent alentour. Ceux qui s’étaient cachés ou avaient fui rentraient chez eux, les uns après les autres.
Froufrou.
Il entendit des pas légers fouler les décombres de l’auberge effondrée.
Cheon Hwi releva brusquement la tête. La silhouette qui approchait sursauta et tomba à terre.
C’était la personne qui servait à l’auberge. Elle avait fui l’Épreuve meurtrière et n’était revenue qu’au prix de grands efforts.
« P-pitié, épargnez-moi ! Je croyais que les salauds du Gang du Serpent de Sang étaient partis… »
La personne tremblait comme une feuille. En voyant le chapeau de bambou dans la main de Cheon Hwi, elle se rappela le vagabond qui avait laissé un message plus tôt.
Elle comprit alors que le jeune homme devant elle était le destinataire du message. Le vagabond ne lui avait pas donné son nom, mais avait assuré qu’elle le reconnaîtrait aussitôt.
« J… j’ai un message de la personne qui portait ce chapeau de bambou. »
Les yeux de Cheon Hwi frémirent légèrement.
« Oublie de venger cet imbécile qui faisait seulement semblant d’être un maître… Vis libre comme le vent, Hwi. Il m’a dit de m’assurer que tu entendes ces mots. »
C’était une dernière marque de bonté : il lui disait de ne pas se laisser enchaîner par la vengeance, mais de rechercher la liberté en outsider.
Cheon Hwi sourit.
C’était le message qu’il avait laissé en s’attendant à mourir.
« Maître, vous ne me facilitez vraiment pas les choses, même à la toute fin. »
Cheon Hwi avait un jour répété à son maître une phrase que son père, un vagabond de troisième ordre, avait souvent prononcée. Yi Mu-gwang s’en était clairement souvenu et lui avait laissé ce message.
Tenant le chapeau de bambou de son maître, Cheon Hwi s’inclina profondément devant la personne qui servait à l’auberge.
« Merci. »
Lorsqu’il monta jusqu’aux chambres du deuxième étage, des sanglots retentirent de tous côtés. Les gens pleuraient les voyageurs qui avaient perdu la vie pour rien.
Ce n’était pas comme si Cheon Hwi n’avait pas envie de poursuivre les salauds du Gang du Serpent de Sang qui fuyaient à cet instant et de les massacrer. Il voulait arracher la gorge de Gwak Do-mun. Il voulait briser toutes les articulations des doigts qui tenaient cette épée souple.
Comme le sang de Yi Mu-gwang avait coulé, il voulait voir celui de Gwak Do-mun s’étaler en une mare noire sur le sol.
Mais il savait aussi qu’il n’en avait pas la force.
À moins que cet homme ne soit fou à sa manière, Cheon Hwi serait simplement condamné à un purgatoire où il mourrait encore et encore sans pouvoir rien faire.
Gwak Do-mun était un maître de premier ordre qui avait atteint les cieux.
Même si Cheon Hwi mourait et recommençait des centaines, des milliers de fois, il ne pourrait pas gagner.
Cheon Hwi savait qu’il n’avait pas poussé Gwak Do-mun à déployer toute sa puissance.
Ce n’était pas que Gwak Do-mun n’avait pas réussi à le tuer. Il avait simplement choisi de ne pas le faire.
Il avait délibérément épargné Cheon Hwi pour le laisser assister à la mort de Yi Mu-gwang, lui enfoncer cette douleur comme des crocs empoisonnés et le garder en vie pour son propre plaisir.
Il était mesquin et ignoble.
L’escalier craquait sous chacun de ses pas.
L’auberge était dans un tel état qu’elle aurait pu s’effondrer d’un instant à l’autre sans que personne s’en étonne.
Heureusement, le feu n’avait pas gagné la chambre. Le paquet de Cheon Hwi et celui que Yi Mu-gwang avait déplacé se trouvaient dans un coin.
Cheon Hwi s’agenouilla et les déballa.
Des vêtements usés. Plusieurs bourses de sapèques. De la viande séchée. Une petite gourde d’alcool. Et un jeton de bois.
La main de Cheon Hwi s’immobilisa au-dessus du jeton. Des caractères épais y étaient gravés.
Agence d’escorte du Nuage d’Azur.
Cheon Hwi se rappela les paroles que Yi Mu-gwang avait lancées à la légère avant le début de l’Épreuve meurtrière.
« J’ai accepté un travail de garde du corps pour une agence d’escorte qui protège une caravane marchande en route vers les Plaines centrales dans deux jours. Je compte boire et m’amuser pendant deux jours, alors entraîne-toi ou va te promener, comme tu veux. »
Cheon Hwi savait où il devait aller.
Pour cela, il devait cesser d’être une grenouille au fond d’un puits.
Le véritable monde martial.
Les Plaines centrales.
Il devait quitter les terres désolées au-delà des cols, cette région connue sous le nom de Jilin, et gagner les Plaines centrales, le véritable théâtre des artistes martiaux. Là-bas, il perfectionnerait l’Art du Retour au Puits pour en faire une méthode de cultivation interne adaptée à ses besoins, bâtirait un véritable art martial sur les voies de l’épée des Formes rapides de l’Épée des Trois Puissances et deviendrait un véritable artiste martial.
À présent, il pouvait s’élever seul et avancer en tant qu’artiste martial.
Comme il l’avait appris en mourant, l’heure était venue d’apprendre en fendant la mort pour poursuivre son chemin.
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Quand Cheon Hwi revint prendre des nouvelles de Yi Mu-gwang, le médecin lui dit :
« Comment va-t-il ? »
« Il a repris connaissance un bref instant. Il semblerait que son destin ne soit pas de mourir ici. Une fois rétabli, il devrait pouvoir manier l’épée à nouveau. »
« C’est vraiment une bonne nouvelle. »
« Pendant qu’il était conscient, il m’a demandé de vous transmettre un message. »
Cheon Hwi fut soulagé, mais surpris que Yi Mu-gwang lui ait laissé un message.
« Qu’a-t-il dit ? »
« L’Agence d’escorte du Nuage d’Azur. Il vous a dit de partir pour les Plaines centrales. Il a ajouté qu’il n’avait plus rien à vous enseigner. »
« … Merci. »
Le lendemain.
Après avoir fait soigner ses blessures externes, Cheon Hwi confia les affaires de Yi Mu-gwang au médecin, s’inclina profondément devant lui, puis reprit la route.
« Qu’est-ce que c’est que cette révérence ? Je t’ai dit que je n’étais pas ton maître. »
Comme pour taquiner Yi Mu-gwang, Cheon Hwi joignit le poing à la paume et le salua selon les règles.
« À bientôt, Maître, quand vous serez rétabli ! »
« Si tu comptes raconter des sottises, fiche le camp. »
Yi Mu-gwang avait l’air bien plus en forme.
Alors que Cheon Hwi s’apprêtait à partir, Yi Mu-gwang l’appela.
« Hwi ! »
« … ? »
« Prends le chapeau de bambou. Tu comptes te promener trempé dès qu’il pleut ? »
« … Oui ! »
Cheon Hwi prit le chapeau de bambou et le jeton de l’agence d’escorte, puis se mit en route.
Ce serait mentir que de prétendre qu’il ne ressentait aucun regret. Mais Cheon Hwi savait qu’il était temps de partir.
Au loin, près du début de la route principale, il aperçut la bannière de l’Agence d’escorte du Nuage d’Azur et entendit des voix animées.
Cheon Hwi abaissa son chapeau sur son front et se dirigea vers eux sans se retourner.
Un sifflement ne se retourne pas avant d’avoir atteint les oreilles d’autrui. Il chevauche simplement le vent jusqu’à parvenir là où il doit aller.
Le vent qui effleurait les oreilles de Cheon Hwi soufflait vers les Plaines centrales.
Notes :
« Hwi » est le prénom de Cheon Hwi. Le dernier message de Yi Mu-gwang joue sur sa sonorité, qui évoque le vent, comme l’image finale du sifflement porté par le vent.
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