Chapitre 750
[Traducteur — Night]
[Relecteur — Gun]
Chapitre 750 : Surperformance (5)
Jusqu’ici, il avait obtenu cent quarante-cinq jetons.
Et le dernier coffre à jetons se rapprochait toujours plus.
Comme l’autel avait déjà doublé la quantité de jetons à l’intérieur, même si un autre participant venait à vaincre le monstre gardant le coffre, cela ne poserait pas de problème majeur.
À condition, bien sûr, qu’il puisse dérober les jetons au participant en question.
« Le coffre contient au moins soixante jetons… Donc, tant que je les récupère, atteindre les deux cents ne posera aucun problème. »
Cependant, puisqu’il ignorait encore où se trouvait la sortie, mieux valait tendre une embuscade à l’autre participant avant qu’il ne récupère le coffre, si possible.
Car s’il le manquait par malchance et le laissait quitter le donjon, il pourrait faire une croix sur les conditions de la récompense cachée.
— Mais tu ferais mieux de rester un peu sur tes gardes, cette fois.
Tanimu, qui traversait le donjon avec Yeongwoo, exprima soudain son inquiétude.
Yeongwoo pencha la tête et le regarda.
« Qu’est-ce qui te prend, tout à coup ? »
— À bien y réfléchir, nous sommes déjà dans la seconde moitié du donjon. Et s’ils ont fouillé chaque recoin exprès pour trouver le coffre à jetons… ça veut peut-être dire que ce ne sont pas des combattants ordinaires.
« C’est évident. Les incapables sont tous morts ou ont eu la chance de trouver la sortie et de partir. »
Yeongwoo répondit d’un ton indifférent, mais Tanimu, lui, parut déconcerté.
— Tu n’as vraiment peur de rien.
Cette phrase était presque devenue la rengaine de Tanimu.
Pour lui, dont le quotidien était fait de compromis, la manière d’agir de Yeongwoo, si improvisée et parfois même téméraire, lui était totalement étrangère.
— Tu n’as peur de rien parce que tu es fort ? Ou tu es devenu fort parce que tu n’as peur de rien ?
Yeongwoo, qui courait loin devant Tanimu, jeta un coup d’œil par-dessus son épaule.
« Va savoir. »
À peu près au même moment, le cri habituel du monstre retentit de nouveau devant eux.
— Kyaaaaargh !
« Il est encore vivant. »
Preuve irréfutable que le monstre gardant le coffre à jetons n’avait pas encore été vaincu.
Assez optimiste, Yeongwoo accéléra encore.
Ta-aat !
Il aperçut alors des participants morts, étendus sur le sol d’une salle hexagonale qui s’ouvrait devant eux.
Un combat avait déjà eu lieu ici.
— Tu vois, je t’avais dit qu’ils n’étaient pas ordinaires.
« La force, c’est relatif. Peu importe qui le type devant nous a tué, ou combien de personnes il a tuées. La seule question, c’est de savoir s’il sera plus fort que moi. »
Ils traversèrent bientôt la salle hexagonale. Une présence rapide se fit sentir de l’autre côté et, après quelques pas de plus, une vaste place s’ouvrit enfin devant eux.
Ils y virent également un monstre qui se déchaînait.
— Kyaaaak !
Cette créature monstrueuse, croisement entre un lion et un lézard, perdait déjà beaucoup de sang ; son corps était couvert de plaies perforantes.
Et l’on remarquait aussi que des jetons, en aussi grande quantité que le sang répandu, jonchaient le sol.
— Oh là là… Il n’y a qu’une seule personne.
Tanimu, qui avait repéré le participant combattant le monstre, prit un air tendu. Cette fois, Yeongwoo aussi dut redoubler de vigilance.
Car survivre seul dans un donjon centré sur le combat impliquait bien des choses.
Kwaaaat !
Celui qui venait de balancer son épée et de trancher une des pattes avant du monstre était un épéiste aux cheveux blancs flottant au vent.
Il devait mesurer environ deux mètres cinquante, et sa peau était si pâle qu’elle se confondait parfois presque avec ses cheveux, comme celle d’un vampire.
Il possédait treize jetons.
Quant à ses marques de rang blanc…
« Il en a dix. Il est presque au niveau de Ban, non ? Ce n’est pas un adversaire ordinaire. »
Il maniait une épée à deux mains dotée d’une lame très longue et large. À la différence d’une épée classique, une sorte de motif y était gravé, comme sur une arme cérémonielle.
À chaque coup porté au monstre, le sang qui maculait la lame s’infiltrait également dans le motif. Et si Yeongwoo ne se trompait pas, celui-ci semblait absorber le sang à intervalles réguliers.
Car, en si peu de temps, la lame du chevalier aux cheveux blancs était devenue parfaitement propre.
— On dirait que j’ai du public.
Sentant la présence de Yeongwoo et de Tanimu, le chevalier jeta un regard derrière lui.
Puis, profitant de cette ouverture, il abattit d’un seul coup le monstre qui s’était rué sur lui avec férocité.
Kwaaaaaak !
Il fendit en diagonale le torse massif de la bête.
Des dizaines de jetons que le monstre avait accumulés se déversèrent alors sur le sol, et Yeongwoo ne put s’empêcher de tourner instinctivement les yeux vers eux.
« …… »
— Vous êtes venus chercher des jetons, je suppose. Mais vous arrivez trop tard.
Le chevalier enfonça son épée à deux mains dans le sol en parlant.
Yeongwoo se gratta le menton et vérifia le nombre de jetons de son adversaire : il était passé d’un coup à soixante-treize.
« Qu’est-ce que tu racontes ? Tu es encore juste là, devant moi. »
Il poursuivit d’un ton contrarié :
« Soixante. Tu as gâché les jetons en trop. »
— Les jetons en trop ?
« Si j’avais vaincu le monstre, on aurait pu en récupérer au moins vingt de plus. Mais maintenant que ça ne sert plus à rien… je vais aussi prendre les tiens. »
— C’est la chose la plus drôle que j’aie entendue aujourd’hui.
C’est alors que le chevalier aux cheveux blancs remarqua les cent quarante-cinq jetons et les neuf marques blanches au-dessus de la tête de Yeongwoo.
— … Bizarre.
Quoi qu’il en soit, le chevalier aux cheveux blancs ne semblait pas avoir peur.
Il inclinait lentement la tête et décontractait ses muscles, son épée à deux mains toujours plantée dans le sol.
Autrement dit, il n’avait absolument pas l’intention de céder ses jetons par un « accord ».
À cette vue, Tanimu, qui fixait le chevalier d’un air hébété, recula discrètement de trois pas.
« Hé, qu’est-ce qui te prend, espèce d’idiot ? »
Tanimu était en quelque sorte le canari dans la mine.
S’il reculait, c’était forcément qu’il avait une bonne raison.
Alors que Yeongwoo attendait la réponse de son adversaire, Tanimu désigna le front du chevalier aux cheveux blancs d’un air entendu.
— C’est un membre de la famille royale.
« … Quoi ? »
Surpris par cette réponse inattendue, Yeongwoo suivit bientôt le regard de Tanimu et observa le front du chevalier aux cheveux blancs.
Il y vit alors bel et bien un motif gravé au beau milieu de son front.
Et il était fait d’un métal blanc argenté.
« Quoi ? Un membre de la famille royale ferait ça à son propre visage ? »
— Toutes les familles royales n’ont pas cette coutume. Mais ceux qui se font incruster un motif métallique sur le front plutôt que de se faire tatouer sont, pour la plupart, des membres de la royauté.
« Alors, qui c’est ? Il appartient à une famille royale célèbre ? »
— Je… je ne connais pas tous ces détails. Mais s’il est venu jusqu’ici malgré son rang, c’est qu’il doit avoir un tempérament plutôt belliqueux.
« Hmm. »
Quoi qu’il en soit, il semblait presque certain qu’il s’agissait d’un prince d’une famille royale.
Maintenant qu’il y prêtait attention, l’armure qu’il portait était elle aussi d’une splendeur remarquable.
« Mais surtout, cette épée me fait envie. »
Une épée à deux mains à l’aspect flamboyant, qui absorbait le sang.
Mais qu’est-ce que c’était, au juste ?
« Tu es un prince qui sait un peu se battre, c’est ça ? Et tu n’as pas l’intention de céder gentiment tes jetons non plus. »
Yeongwoo fit un pas en avant. Le chevalier aux cheveux blancs regarda Tanimu, qui s’était éloigné, puis prit la parole.
— Tu ne comptes pas te battre ? Vos chances de l’emporter seraient meilleures si vous m’attaquiez à deux.
Ses paroles respiraient l’assurance propre aux puissants.
Tanimu observa discrètement la réaction de Yeongwoo, puis secoua la tête.
— Je ne fais pas le poids face à vous deux. Alors je ne m’en mêlerai pas.
Il savait parfaitement que même si Jeong Yeongwoo remportait le combat, il ne le tuerait pas pour cette décision.
[Traducteur — Night]
[Relecteur — Gun]
À l’inverse, c’était une position neutre qui lui laissait une chance de survivre si le prince remportait le combat.
Le chevalier aux cheveux blancs eut un sourire en coin.
— Tu es comme une plante. Très bien. Une fois ce combat terminé, je te prendrai à mon service.
Autrement dit, après avoir tué l’adversaire qui lui faisait face, il comptait faire de Tanimu son partenaire pour s’échapper.
Yeongwoo ne put donc s’empêcher de s’agacer.
« Quelles conneries tu racontes ? Ce type, c’est mon porteur. Et maintenant que tu as gobé mes jetons, tu ne sortiras pas d’ici vivant. »
— Tu ne dis que des choses amusantes. Tu ferais un parfait bouffon dans mon palais.
« Profite de tes dernières forces pour rédiger ton testament. »
Quand Yeongwoo eut fini de parler et qu’il lécha le Bâtard du bout de la langue pour entrer en état de « saignement », le chevalier aux cheveux blancs fronça les sourcils et saisit à deux mains la poignée de son épée.
— Quel rustre. Estime-toi honoré de recevoir mon épée avant de mourir.
Il révéla alors enfin son nom.
— Je m’appelle Nakma Shuarel Philier. Je suis le deuxième prince de l’Étoile blanche Shuarel et le fils du Roi jumeau Philier.
« Shuarel… ? »
Yeongwoo pencha la tête, trouvant ce nom étrangement familier, tandis que Tanimu en resta bouche bée.
Il avait souvent entendu le nom de Shuarel et, de plus, savait exactement qui portait le nom de « Philier » dans cette famille.
— … Phi… Philier.
Voyant Tanimu reculer d’un pas de plus, Yeongwoo fronça les sourcils.
« Quoi, tu sais quelque chose ? »
— Tu ne connais pas Shuarel… ? C’est la plus puissante des trois Grandes Planètes du Bon Karma.
« Ah. »
Ce ne fut qu’après l’avoir entendu que Yeongwoo s’en souvint enfin.
L’un des pouvoirs associés à la Monnaie mythique, le « Jeton du Salut ».
【Chœur de la Vertu】
| En offrant ce jeton en garantie, vous pouvez emprunter une fois chacune des armes ultimes des planètes suivantes :
— Doatel, Delmir, Shuarel
« Attends, alors ce type est un Porteur de bon karma… ? »
Nakma Shuarel Philier.
Ce type était bel et bien un prince de Shuarel, une Planète du Bon Karma réputée pour sa famille royale.
Tanimu, l’air troublé, apporta quelques précisions :
— Si Shuarel est connue pour sa puissance au combat malgré son statut de Planète du Bon Karma, c’est parce que ses deux rois se partagent les responsabilités : l’un veille aux bonnes actions, l’autre au combat.
« Ah… Donc ce Philier-là est chargé du combat. »
— … Exactement. Et ses fils sont eux aussi de véritables fanatiques de la bataille.
« Mais c’est quand même un Porteur de bon karma, non ? Alors pourquoi il se promène en tuant des participants ? »
Tanimu le regarda, incrédule.
— Être Porteur de bon karma ne signifie pas qu’on ne tue jamais. Surtout envers les Porteurs de karma maléfique, ils n’ont aucune pitié.
« Attends… Tous les Porteurs de bon karma que j’ai rencontrés jusqu’ici respectaient pourtant une règle qui leur interdisait de tuer. »
— Alors tu as simplement eu de la chance. Dans cet univers, il faut être aussi fort pour survivre en tant que Porteur de bon karma.
Par ailleurs, pour les noms royaux, il était de règle que le nom du père ou de la mère figure au milieu, et que celui de la famille royale vienne à la fin, pour en porter le symbole.
Autrement dit, le nom complet de Nakma aurait normalement dû être « Nakma Philier Shuarel ».
Mais, à l’instant, quand Nakma avait révélé son nom, il avait dit « Shuarel Philier ».
Il accordait plus d’importance au nom de son père qu’à celui de sa famille royale et l’avait placé en dernier.
Cela signifiait que Nakma avait un tempérament particulièrement rebelle, même parmi les princes combattants de Shuarel.
Bien sûr, Tanimu n’avait pas le loisir d’expliquer tout cela à Yeongwoo.
Tout ce qu’il pouvait faire, c’était…
— Fais… fais attention. Il est forcément incroyablement fort.
… reculer encore d’un pas pour mettre en garde son partenaire du moment.
Yeongwoo laissa échapper un petit rire en voyant Tanimu s’être éloigné de plus de quinze mètres en si peu de temps.
« Pas la peine d’annoncer aussi clairement que tu es un lâche. Et puis, s’il est prince d’une Planète du Bon Karma, il ne te tuera pas de toute façon. »
— Mais je pourrais me faire faucher par tes coups d’épée et mourir. À voir la situation, on dirait que vous auriez dû vous retrouver dans des donjons différents et que vous vous êtes croisés par pure malchance.
Tanimu avait parfaitement évalué la situation.
Alors Nakma, qui tenait silencieusement la poignée de son épée à deux mains, pointa Yeongwoo de l’index et déclara :
— Commençons doucement.
Presque au même instant, une flèche blanche apparut au-dessus de la tête de Yeongwoo et un message d’avertissement s’afficha.
「Celui qui court dans la lumière a posé son regard sur vous. En raison de votre proportion de karma maléfique, votre puissance de combat diminue de 9,4 %.」
« Quoi ? »
Il n’y avait pas à s’y tromper.
Ce prince avait quelque chose qui ciblait les Porteurs de karma maléfique.
« Attends, je suis encore un Porteur de karma maléfique ? Je croyais avoir fait pas mal de bonnes actions. »
Il sentit d’un coup le regard de cette lumière, ou peu importe ce que c’était.
Il avait déjà l’impression que son corps s’était légèrement alourdi.
Yeongwoo sortit donc de sa poche le « Jeton de répit » et regarda son adversaire.
« Hé, tu ne veux pas entendre ma présentation ? Tu crois que tu es le seul Grand Être, ici ? »
— … Quoi ?
« Je suis Jeong Yeongwoo of Renaissance. Tu connais Doatel, pas vrai ? Le prince Aldo de la famille royale Shelbir, là-bas, est mon meilleur ami. »
[Traducteur — Night]
[Relecteur — Gun]