Chapitre 746
[Traducteur - Night]
[Relecteur - Gun]
Chapitre 746 : Surperformance (1)
À présent, Jeong Yeongwoo, novice du Donjon épique, avait neuf marques blanches.
Et il possédait la bagatelle de cinquante-trois jetons.
Autrement dit, aux yeux de tous, il avait l’air d’un adversaire qu’il valait mieux éviter à tout prix.
× Tu débordes vraiment de cupidité.
Tandis qu’Obstruction des fonctions officielles prononçait ces mots en levant l’index, Yeongwoo leva également les yeux vers le haut de sa tête.
Cinq jetons dorés et trois jetons argentés flottaient là.
Comme le nombre de jetons avait dépassé vingt, leur affichage avait changé.
Cela dit, il était impossible que les participants capables d’entrer dans un Donjon épique ne comprennent pas la signification de ces jetons dorés.
« À présent, il n’y a que deux possibilités. Soit tout le monde m’attaque en premier, soit tout le monde m’évite. »
Tanimu, qui courait à ses côtés, intervint alors.
— Tout le monde ne t’évitera pas. Personne ici ne se laisse effrayer aussi facilement.
Yeongwoo pencha la tête et dévisagea Tanimu, l’air absent.
« Mais toi… »
— … ?
« Tu ne joues pas le rôle de guide pour mes jetons parce que tu as eu peur ? »
— … Peur, dis-tu.
Tanimu prit un air grave.
Puis il poursuivit, le regard particulièrement franc :
— Je n’ai pas peur de toi. Mais je sais que je ne peux pas gagner si nous nous affrontons en force, alors j’ai simplement accepté ta proposition.
« Ce n’est pas ça, avoir peur… ? »
Entre-temps, une nouvelle intersection apparut. Deux cadavres gisaient au sol.
Comme prévu, des participants s’agitaient également de l’autre côté du donjon.
« Eh bien, j’imagine que Ban n’était pas le seul poids lourd de ce donjon. »
— Mais son rang était particulièrement élevé. Comme tu as pu le voir, il avait même onze marques.
Sur ces mots, Tanimu regarda les neuf marques blanches accrochées à Yeongwoo.
Yeongwoo finit naturellement par examiner à son tour les marques de Tanimu.
« Tu en as trois. Combien de fois es-tu venu dans un Donjon épique ? »
— Six fois.
« Quoi ? »
Le nombre, bien supérieur à ce qu’il imaginait, laissa Yeongwoo bouche bée.
« Tu es venu six fois dans un Donjon épique ? »
— C’est si surprenant que ça ?
« Non, c’est juste que tu n’as que trois marques. Comme tu es encore en vie, ça veut dire que tu as réussi le donjon à chaque fois… Alors pourquoi ton rang est-il si bas ? »
Yeongwoo examina une nouvelle fois le rang blanc de son interlocuteur, qui prit un air contrarié.
— Réussir le donjon ne suffit pas à faire monter son rang.
« Ah bon ? C’est comme ça que ça marche ? »
— Le Classement blanc repose avant tout sur une évaluation relative. Si tu n’obtiens pas de résultats remarquables, ton rang ne changera pas beaucoup, même si tu réussis le donjon cent fois.
Tanimu ajouta ensuite :
— Enfin, j’imagine qu’au bout d’une centaine de fois, il y aurait un changement notable. À ce stade, ils accorderaient quelques points bonus rien que parce que tu as réussi à t’en sortir à chaque fois.
« Alors… combien de fois le type qui est mort tout à l’heure a-t-il réussi le donjon ? Il avait pas moins de onze marques. »
— Soit son rang a grimpé d’un coup comme le tien, soit il a obtenu un classement élevé à plusieurs reprises.
Quoi qu’il en soit, Ban avait fini par mourir, et sa mort avait servi à faire monter le rang du Capitaine du vaisseau planétaire Jeong Yeongwoo.
En réalité, seul Yeongwoo ne s’en rendait pas compte : le Donjon épique était indéniablement un endroit impitoyable.
Tanimu n’avait-il pas lui-même vu la tête du redoutable « Ban » se faire trancher ?
« En tout cas, c’est un miracle que tu aies survécu jusque-là. »
— Je suis du genre à faire des compromis. Dans des endroits comme celui-ci, si tu es trop fort ou trop courageux, tu finis par mourir.
Il fixa ensuite le vide, comme s’il était inquiet.
— Mais un jour, je mourrai moi aussi. Le jour où je tomberai sur une règle à laquelle il sera impossible de se plier.
« Alors, arrête d’entrer dans des donjons. Enfin, si tu sors vivant d’ici aujourd’hui. »
— … Je devrais peut-être. J’ai bien compris que je n’étais pas fort.
« Voilà une conversation bien déprimante, pour un Donjon épique. »
Après tout, tout était relatif, non ?
En fait, Tanimu aurait sans doute été un poids lourd dans les donjons de rang inférieur.
Mais en entrant dans la cour des grands, il avait pris conscience de ses limites.
« Au fait, comment… Non, comment font ceux qui viennent ici pour entrer dans le donjon ? »
— Comment ça ?
« Tous les participants n’utilisent pas des sphères pour entrer, pas vrai ? Vous utilisez aussi ces jetons ? »
Les jetons de donjon.
Yeongwoo en avait entendu parler par Gehika, le chef de la famille Liga, qu’il avait rencontré dans le donjon de l’Abattoir.
Gehika lui avait expliqué que les agences gouvernementales délivraient des jetons de donjon et que la plupart des héritiers des grandes familles les utilisaient pour entrer dans les donjons.
Tanimu hocha la tête.
— Moi aussi, j’utilise des jetons, mais… je ne peux pas en utiliser souvent. Nous sommes une minorité ethnique, alors on ne nous attribue pas de jetons officiels. Et ceux du marché coûtent trop cher.
« Et donc ? Il y a un autre moyen ? »
— D’habitude, on utilise des jetons privés.
« Ah. »
Les jetons privés.
Gehika lui en avait aussi parlé.
Il avait dit qu’on pouvait surtout en trouver dans la Zone noire, ou quelque chose comme ça.
À vrai dire, si Yeongwoo avait eu assez de temps, il aurait essayé de mettre la main sur ces jetons privés aussi.
Quoi qu’il en soit, maintenant que ses sphères dorées étaient épuisées, il lui faudrait obtenir des jetons par tous les moyens s’il voulait entrer dans des donjons.
— Bien sûr, les jetons privés coûtent aussi assez cher et leur taux de défaut est élevé, alors ce n’est pas l’idéal. Le mieux, c’est d’appartenir à une grande famille et de recevoir régulièrement des jetons officiels.
« Un taux de défaut ? Qu’est-ce que tu veux dire ? »
— À strictement parler, je ne devrais pas appeler ça un « défaut »… Mais il arrive qu’un donjon très étrange soit invoqué. Pour quelqu’un comme moi, qui cherche de l’équipement ou des exploits, c’est pratiquement un jeton « raté ».
« Un donjon étrange ? Ça m’intrigue un peu. »
Il avait beau en apprendre sur l’univers, il n’en voyait jamais le bout.
« Et ces jetons coûtent combien ? »
— Eh bien, les prix varient selon la saison. En général, les jetons officiels coûtent entre sept et dix millions. Si tu trouves un jeton privé à bon prix, il te coûtera un million ; même au plus cher, il ne dépassera pas deux millions.
« C’est plus cher que je ne pensais. Il faut donc obtenir une récompense correcte, sinon on travaille à perte. »
— Mais… d’habitude, quand on entre, on tue les autres participants, alors la valeur du butin suffit largement à couvrir le prix du jeton.
« C’est vrai. Il y a ça aussi. »
— Malgré tout, les jetons officiels sont trop chers. Du coup, rares sont ceux qui paient pour venir ici. Au final, seuls les salauds des grandes familles, qui reçoivent régulièrement des jetons, s’en donnent à cœur joie.
« Mais bon, défaut ou pas, ce sont dans les deux cas des billets d’entrée pour un donjon. La différence de prix n’est-elle pas énorme ? »
Tanimu lui fournit quelques précisions, comme s’il avait oublié de le mentionner.
— Ah, les jetons officiels méritent leur prix.
« Pourquoi ça ? »
— Parce qu’on peut les utiliser n’importe où.
« Ne me dis pas que les jetons privés ont des lieux d’utilisation désignés ? »
— Bien sûr. Il n’y a qu’un seul endroit environ par groupe de galaxies où un jeton privé peut invoquer un donjon.
« Bon sang. »
Après tout ce qu’il avait vécu dans l’univers, Yeongwoo comprit ce que cela impliquait.
Un groupe de galaxies désignait un amas composé de dizaines de galaxies.
Autrement dit, pour utiliser un jeton privé, il fallait parcourir au moins une dizaine de galaxies depuis sa position actuelle.
« Ça prendrait un temps considérable. Et on pourrait aussi tomber sur des bandits en chemin. »
— Ouais. C’est pour ça que les gens qui ont un statut spécial n’oseraient même pas utiliser des jetons privés.
« Alors, la sphère que j’utilisais… »
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avait exactement les mêmes fonctions qu’un jeton officiel.
C’était peut-être un privilège — quoique discutable — accordé aux planètes en cours de réinitialisation.
« J’ai quand même eu une vie plutôt privilégiée, jusque-là. »
— Ah, bien sûr, il existe d’autres moyens d’entrer que les jetons.
Tanimu fixa alors le vide.
— Pour les minorités ethniques comme nous, on nous donne la possibilité d’entrer dans un donjon une fois par jour. Mais comme une seule personne peut y entrer, ça ne signifie pas grand-chose.
« Vraiment ? Ça veut dire qu’une entrée de donjon apparaît sur la planète où tu vis ? »
— Ouais. À ma connaissance, c’est pareil pour les autres races.
À ces mots, Yeongwoo cligna rapidement des yeux.
« Dans ce cas, je pourrais envahir la planète d’une minorité ethnique et utiliser cette entrée de donjon à mon compte. »
Tanimu eut un rire nerveux.
— Quoi ? Tu comptes t’en prendre à une planète entière tout seul ?
Puis, se souvenant soudain que son interlocuteur était Capitaine du vaisseau planétaire, il se tut précipitamment.
À bien y réfléchir, n’était-il pas Capitaine d’un « vaisseau planétaire » ?
Ce type errait seul ici, mais une fois dans l’univers, il était un acteur d’une puissance colossale, capable de traîner une planète entière à la place d’un cuirassé.
Bien sûr, seule une personne comme Tanimu, qui n’avait jamais rencontré de Capitaine de vaisseau planétaire ni vu de Vaisseau planétaire, pouvait penser ainsi.
« M’en prendre à une planète entière ? Ce n’est pas comme si j’en étais incapable. »
Lorsque Yeongwoo prononça ces mots avec assurance, ils finirent enfin par traverser le donjon.
Une sorte de lumière s’élevait au loin.
« On dirait que le piège se trouve là-bas. »
— Il est immense, ce donjon. J’ai l’impression qu’on court depuis une éternité.
Tanimu jeta derrière lui un regard épuisé. Pendant ce temps, Yeongwoo avait déjà fait un pas en avant, Bâtard fermement serré dans sa main.
Un certain bruit résonnait sans arrêt de l’autre côté.
Boum ! Boum !
« On dirait que quelque chose se fait pilonner. Ou bien… »
Tandis que Yeongwoo continuait d’avancer, une structure voûtée apparut enfin. En dessous, la porte de pierre était grande ouverte.
Comme prévu, quelqu’un avait déjà ouvert la zone où se trouvait le « piège ».
« On dirait que d’autres sont arrivés avant nous. »
Au moment où Yeongwoo prononça ces mots en regardant l’entrée, le bruit retentit de nouveau.
Boum ! Boum-boum !
— Je ne sais pas ce que c’est, mais ça continue, apparemment.
Tanimu affichait lui aussi une expression curieuse. Yeongwoo, qui était de fait celui qui prenait les décisions dans ce nouveau groupe, passa l’arche sans même se retourner.
Un couloir tournant vers la gauche se présenta à eux. En le suivant, ils découvrirent une vaste salle qui s’étendait droit devant eux.
C’était un espace bizarre où des dizaines de blocs de pierre cubiques se déplaçaient à toute allure en ligne droite, venant de toutes les directions.
« … Qu’est-ce que c’est que ça ? »
Là où se tenaient Yeongwoo et Tanimu se trouvait en fait le bord de la zone de sécurité. Au-delà s’étendait un précipice noir comme la nuit, dont on ne pouvait apercevoir le fond.
« Rien qu’à voir ça, une chute là-dedans est forcément mortelle. »
Yeongwoo marmonna ces mots. Tanimu, qui observait l’étrange espace, leva le doigt et désigna un endroit plus loin.
— On dirait que la prochaine zone de sécurité est là-bas.
L’endroit qu’il montrait se trouvait à une vingtaine de mètres du sol où Yeongwoo et Tanimu se tenaient.
Une plateforme d’environ trois pyeong flottait là-bas. En y regardant de plus près, on voyait les blocs de pierre filer à toute allure tout en évitant soigneusement cette plateforme.
Et à une trentaine de mètres de cette plateforme…
« Oh. »
Le groupe qui avait probablement déclenché le piège était rassemblé sur une plateforme.
Et ils étaient trois.
« Trois… ? Il y a deux personnes par groupe. Où est passée l’autre ? »
Tout en parlant, Yeongwoo baissa déjà les yeux vers le précipice, juste sous ses pieds.
La personne manquante avait probablement fait une chute mortelle.
N’était-ce pas pour cela que les trois participants rassemblés là-bas étaient coincés, sans oser rejoindre la plateforme suivante ?
Boum ! Boum !
Le même bruit retentit à nouveau.
À présent, Yeongwoo comprit qu’il était produit par les blocs de pierre qui s’entrechoquaient en plein vol.
Et à chaque collision, une onde translucide d’aspect sinistre se propageait entre les blocs.
— J’ai vu quelque chose de semblable dans un autre donjon. Si tu touches cette onde, tu plonges sûrement aussitôt jusqu’au fond. Et si tu te fais frapper par ces blocs, il t’arrivera probablement la même chose.
Comme Tanimu l’avait dit, les cubes se déplaçaient à une vitesse folle, et l’impact d’un choc devait être colossal.
De plus, ils ne faisaient pas que glisser de gauche à droite : ils montaient et descendaient aussi de façon irrégulière. Il était évident qu’un seul contact avec l’un d’eux suffirait à envoyer quelqu’un s’écraser au fond.
« La première plateforme est à vingt mètres d’ici… la suivante, à trente. Alors la prochaine doit être à quarante mètres. »
Ils devaient traverser cette immense distance en esquivant les cubes lancés de toutes parts, tout en prenant appui sur ceux qui se trouvaient au bon endroit pour progresser.
« Ces types ont réussi à atteindre la deuxième plateforme, mais on dirait qu’ils ont complètement perdu confiance depuis. »
Yeongwoo, qui avait compris la situation dans les grandes lignes, se pencha pour observer les participants rassemblés sur la deuxième plateforme. L’un d’eux, qui regardait lui aussi vers l’entrée, se mit à crier.
— T-toi… espèce d’enfoiré !
Ce n’était autre que l’Homme-Mouche.
Le participant aux quatre marques blanches qui avait passé le premier entretien avec Yeongwoo lors de la formation des groupes.
« Oh, Fly. Tu es encore en vie. »
Lorsque Yeongwoo lui fit signe de la main, l’Homme-Mouche tendit son museau et s’écria, paniqué :
— L-la promesse ! Tu es venu pour ça, pas vrai ?
« Quelle promesse ? De quoi tu parles ? »
— Tu l’as dit, c’est sûr ! Que si on se croisait dans le donjon, tu m’épargnerais une fois ! Alors, s’il te plaît, aide-moi… !
En voyant l’Homme-Mouche se frotter les mains en signe de supplication, Yeongwoo ne put s’empêcher de s’attendrir un peu.
« Comment veux-tu que je t’aide d’ici ? »
L’Homme-Mouche désigna alors la troisième plateforme, visible au loin.
— Si tu vas jusqu’au bout de ce piège, il doit forcément y avoir un bouton de commande. Tu ne peux pas appuyer dessus ?
« Hum. »
Yeongwoo se gratta le menton avec la pointe de Bâtard et fit mine de réfléchir un instant.
« Et les autres, là-bas ? Ils sont prêts à payer ce qu’il faudra ? »
— … Quoi ?
L’Homme-Mouche affichant un air ahuri, incapable de comprendre, Yeongwoo lui expliqua aimablement :
« Je gagnerais même en nous battant. Alors pourquoi devrais-je traverser ce piège de malheur pour vous sauver ? Il me faut bien une compensation, non ? »
Les trois participants, Homme-Mouche compris, se consultèrent à voix basse, puis celui-ci reprit la parole.
— C-combien tu veux… ?
« Pour commencer, posez au sol toutes les pièces d’équipement que vous portez. Si l’un de vous tente quelque chose, je quitte cet endroit sur-le-champ. »
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