Chapitre 738
[Traducteur - Night]
[Relecture - Gun]
Chapitre 738 : Rang blanc (2)
— Ah.
La personne qui entra dans la salle d’entretien laissa échapper un bref son.
Puis, sans même s’asseoir, elle parla d’un ton manifestement déçu.
— Tu es un débutant.
Pendant ce temps, Yeongwoo penchait la tête, troublé par une étrange impression de déjà-vu.
Le masque argenté qui couvrait le visage de l’autre personne ressemblait moins à un casque qu’à un déguisement destiné à dissimuler son identité.
La silhouette générale lui était étrangement familière.
« Serait-ce vous, Chancelière Herisa… ? »
Herisa, cheffe de la famille Bate.
Ses vêtements étaient différents, mais la personne qui se tenait devant Yeongwoo lui faisait penser à la Chancelière Herisa.
Leur carrure était naturellement semblable et même leur façon de se tenir avait quelque chose d’étrangement humain.
Bien sûr, les vêtements gris amples, qui rappelaient une robe de moine, n’avaient rien à voir avec l’uniforme blanc qu’Herisa portait comme une seconde peau.
Pourtant, par un curieux hasard, les bottes en cuir noir à semelles rigides ressemblaient beaucoup à celles de la chancelière. Et surtout…
*… Ses bras.*
Le fait que ses deux bras soient étroitement enveloppés de tissu gris foncé était bien trop suspect.
Une prothèse en cristal pouvait-elle se cacher sous ces bandages ?
L’autre personne, en revanche, semblait tout à fait opposée à cette idée.
— La Chancelière Herisa ? Qui est-ce ?
Maintenant que Yeongwoo y prêtait attention, la voix n’avait effectivement rien à voir avec celle de la chancelière.
Mais une voix, ça se modifiait facilement.
« Vous êtes bien la Chancelière Herisa, n’est-ce pas ? Pourquoi aller jusqu’à me cacher votre identité ? »
Yeongwoo poursuivit la conversation en traitant presque l’autre personne comme s’il s’agissait de la Chancelière Herisa. En retour, il n’obtint qu’une réponse déconcertée.
— J’ai mené d’innombrables entretiens jusqu’ici, mais c’est la première fois que je vois une stratégie pareille.
La personne voulait dire que c’était la première fois qu’un candidat prétendait la connaître pour l’empêcher de partir.
Et qui plus est, en la prenant pour quelqu’un dont elle n’avait jamais entendu parler.
Ce qui signifiait que…
*Donc, onze marques blanches, ça veut vraiment dire qu’on a affaire à quelqu’un de haut niveau.*
Dans les autres donjons qui commençaient par un entretien de ce genre, c’était aussi la personne à la manche de laquelle tout le monde s’accrochait.
Tous ceux qui entraient dans la salle d’entretien voulaient faire équipe avec elle.
Quoi qu’il en soit, Yeongwoo ne pouvait pas balayer d’un revers de main cette idée qui était déjà presque devenue une certitude.
« Vous n’êtes vraiment pas la Chancelière Herisa ? Alors enlevez votre masque. Il suffira que je voie votre visage pour en avoir le cœur net. »
— Vous ne pensez pas que j’ai une bonne raison de porter un masque ? Pourquoi l’enlèverais-je ?
« Vous le portez sûrement parce que vous êtes Herisa. »
— Non, je suis… !
La personne dont l’identité restait inconnue perdit finalement son calme et s’emporta.
Puis, retrouvant à grand-peine son sang-froid, elle poussa un profond soupir.
— Quoi qu’il en soit, je reconnais que tu es impressionnant pour un débutant. Tu as réussi à me faire perdre mon temps avec cette conversation stupide.
Sur ces mots, la personne masquée se dirigea d’un pas décidé vers la table.
Mais elle ne montrait toujours aucun signe de vouloir s’asseoir.
« Oh. »
Elle ne s’approchait pas de la chaise pour commencer sérieusement l’entretien.
Elle comptait frapper la table pour faire apparaître le bouton de relance.
« Quoi, vous partez déjà ? »
— Je te tuerai un jour, sois-en sûr.
Après cette menace meurtrière, l’autre personne s’apprêta à frapper la table. Yeongwoo s’écria alors par réflexe :
« Herisa ! Ne me dites pas que vous prenez la fuite ! »
— … !
La personne, qui avait levé le bras d’un geste vif comme un ressort, tressaillit.
— La fuite ? C’est toi qui la prendras dans le donjon.
« Non, vous prétendez vraiment ne pas être elle ? Alors montrez-moi au moins vos bras. La Chancelière Herisa a une prothèse. »
À la demande de Yeongwoo, l’autre personne baissa machinalement les yeux vers ses bras.
Puis elle secoua légèrement la tête, l’air contrarié.
— Par hasard, j’ai moi aussi une raison de les cacher.
« Bon sang, vous trouvez vous-même que c’est absurde, pas vrai ? Tous les indices montrent que vous êtes la Chancelière Herisa. »
— …
Cette fois, la candidate au titre de Chancelière Herisa ne répondit même pas.
Elle frappa directement la table.
Boum !
Comme tout à l’heure avec l’homme-mouche, le bouton de relance jaillit de la table. En le voyant, Yeongwoo comprit que l’autre personne avait vraiment l’intention de partir.
Comme elle l’avait dit, elle ne comptait pas perdre davantage de temps ici.
« Attendez, Chancelière Herisa ! »
— Arrête de dire n’importe quoi. Si nous n’étions pas dans une salle d’entretien, je t’aurais déjà tranché la tête.
Finalement, quand l’autre personne remua l’épaule comme si elle allait appuyer sur le bouton, Yeongwoo suivit le conseil de l’homme-mouche et invoqua Bâtard, qu’il avait caché dans le Codex.
Fwoosh !
Presque au même instant, il tira Bâtard de sa ceinture et fendit l’air au-dessus de la table.
Fouuuush !
Une traînée rouge sombre se déploya comme un rideau dans un sifflement glacial. À cette vue, la bouche de l’autre personne s’entrouvrit sous le masque.
Elle prononça alors des mots que Yeongwoo lui-même n’avait pas prévus.
— … Bâtard ?
« Quoi ? »
L’autre personne avait reconnu Bâtard au premier coup d’œil.
Et ce n’était pas tout.
— C’est l’Épée du Challenger. À te regarder, tu n’es certainement pas le maître de la Montagne des Cent Mille Épées.
Elle savait même qui avait été le propriétaire originel de Bâtard.
Même si elle n’avait apparemment jamais rencontré personnellement la Présidente Dogo.
Et Yeongwoo comprit instinctivement ce que cela signifiait.
*Ce type est du sérieux. En tout cas, ce n’est pas un moins que rien.*
L’homme-mouche, qui avait repéré Bâtard dès son entrée dans la salle d’entretien, s’était contenté de l’appeler « une bonne épée », non ?
[Traducteur - Night]
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La personne en face de lui, elle, avait tout de suite reconnu qu’il s’agissait d’un mythe et s’était même souvenue de son nom.
« Vous n’avez jamais rencontré notre présidente. Alors comment connaissez-vous Bâtard ? »
À la question de Yeongwoo, la personne dont l’identité restait inconnue répondit sans quitter des yeux le bouton de relance.
— Parce que c’est l’Épée du Challenger. Elle est entre tes mains, là, tout de suite. Ne me dis pas que tu ignores ce que cette épée représente.
« Ce qu’elle représente ? Quoi donc ? »
— J’ai l’impression d’étouffer.
Un autre profond soupir s’échappa de sous le masque.
— Bâtard est une arme forgée en tuant un Transcendant. Elle dépasse les mythes ordinaires.
« Quoi… ? »
Bien sûr, Yeongwoo avait déjà entendu le récit de la création de Bâtard par le Titan géant Gameta.
— Seul celui qui écrit son propre mythe peut laisser cet accomplissement derrière lui sous la forme d’un héritage concret. Vesedel a tué un Transcendant et a donné naissance à Bâtard.
Et comme il avait rencontré un Transcendant pour la première fois de sa vie peu de temps auparavant, Yeongwoo comprenait désormais au moins un peu le poids des mots « tuer un Transcendant ».
— Bâtard est la preuve même qu’un Transcendant peut être annihilé. C’est pour cela que tout le monde l’appelle l’arme du Challenger.
« Maintenant que vous le dites, c’est logique. »
Sssht.
Yeongwoo reporta son regard sur Bâtard.
Forgée en tuant un Transcendant, l’arme possédait aussi des effets conçus pour défier à nouveau les Transcendants.
À l’exception du « Mépris des faibles », ses deux autres capacités semblaient clairement destinées à les prendre pour cible.
【Obstruction de l’Autorité】
|Affaiblit l’Autorité des Transcendants.
【Challenger】
|Les capacités de combat augmentent considérablement lors d’un affrontement contre des êtres de rang supérieur.
« Alors, vous ne voulez pas faire équipe avec moi, le propriétaire d’une arme aussi incroyable ? »
Quand Yeongwoo releva la tête, il vit que l’autre personne avait détourné le regard du bouton de relance pour le fixer.
— Quel est exactement ton lien avec le maître de la Montagne des Cent Mille Épées ? Il ne possède plus Bâtard ?
« On peut dire ça comme ça. Je suis désormais le propriétaire incontesté de Bâtard. »
Il était aussi propriétaire du Vaisseau terrestre, mais Yeongwoo préféra garder cette information pour lui, pour l’instant.
Le fait que l’autre personne perde davantage de temps ici ne prouvait-il pas que son avis commençait à changer ?
« Alors ? Vous avez un peu changé d’avis ? »
L’autre personne ignora la remarque de Yeongwoo pour poser une autre question.
— Quel est ton lien avec Dogo ?
« Je ne le sais pas très bien moi-même. Disons que je suis un modèle publicitaire qu’elle apprécie. »
À vrai dire, il avait si rarement fait la promotion de l’entreprise ces derniers temps que l’expression « modèle publicitaire » lui semblait presque étrangère.
Mais rien que le fait de porter l’armure de Vesedel et l’emblème de Dogo sur son épaule constituait une publicité considérable.
— Un modèle publicitaire… Je vois.
Ce n’est qu’à ce moment-là que l’autre personne remarqua l’emblème en forme de coin incrusté dans l’épaule de Yeongwoo.
Puis elle posa les deux mains sur la table et se pencha légèrement vers lui.
— Une fois dans le donjon, qu’est-ce que tu sais faire ? Y a-t-il au moins une chose dans laquelle tu sois doué ?
« … »
À cet instant, son instinct animal lui lança un avertissement.
*Ce type n’est pas Herisa.*
Et il comprit autre chose dans le même temps.
*Il compte me tuer pour prendre Bâtard.*
Yeongwoo n’était pas le seul à être arrivé à cette conclusion.
× …
La prise d’Obstruction des fonctions officielles, dont les doigts s’écartaient tandis qu’elle reposait sur l’épaule de Yeongwoo pour préserver sa couverture, se resserra légèrement.
La créature aussi lui adressait un avertissement silencieux.
Yeongwoo haussa donc les épaules et répondit :
« Qu’est-ce que je sais faire ? Pour être honnête, je suis arrivé jusqu’ici en m’en sortant uniquement grâce à mon sens de l’observation. Au bout du compte, vous devrez prendre en charge la moitié des combats. »
— La moitié ? Ridicule. À en juger par votre contribution au combat, vous ne représenteriez même pas vingt pour cent.
« De toute façon, il s’agit de récupérer des jetons, non ? Si vous en obtenez une plus grande part, vous y gagnez aussi. Vous pouvez prendre les jetons de tous ceux que vous tuez. »
— Le système le garantit déjà.
Sans qu’ils s’en rendent compte, les deux participants étaient en train de discuter des règles du donjon.
Puis la personne masquée se redressa et leva les yeux vers le vide.
— Très bien. De toute façon, personne dans le donjon ne sera à ma hauteur. Je peux aussi bien en profiter pour voir de quoi est capable le propriétaire de Bâtard.
À ces mots, Yeongwoo rengaina Bâtard à sa ceinture et demanda :
« Alors, l’équipe est confirmée ? »
— En échange, c’est moi qui recevrai les jetons.
Elle lui disait de commencer avec seulement deux jetons.
Yeongwoo acquiesça sans hésiter.
« Ça me va. Je vais donc pouvoir voir comment un participant avec onze marques se débrouille dans le donjon. »
— Ne le regrette pas une fois qu’on sera entrés. Cette décision ne pourra pas être annulée une deuxième fois.
Après ces mots, la personne masquée toucha ses propres jetons. Un message système apparut alors au-dessus de la table.
[Une demande de formation d’équipe a été envoyée. Voulez-vous confirmer l’équipe avec les membres actuels ?]
[Si le participant qui dépense les jetons frappe deux fois la table, l’équipe sera immédiatement formée.]
« Rien de compliqué. »
Après avoir lu les instructions, Yeongwoo posa la main sur la table et demanda à l’autre personne :
« Au fait, comment dois-je vous appeler ? Je peux vous appeler Herisa ? »
— Appelle-moi « Ban ». Si tu racontes encore des absurdités une fois dans le donjon, je te tranche la gorge sur-le-champ et je me trouverai un autre partenaire.
« Ban ? C’est un drôle de nom. C’est un pseudonyme, non ? »
À ces mots, Ban releva le menton pour lui faire comprendre qu’il était temps de donner les jetons.
« Mon nom ne vous intrigue pas ? »
— Pas vraiment.
« Vous devriez quand même le savoir. Je m’appelle Jeong Yeongwoo. Si vous sortez vivant de ce donjon, vous entendrez forcément reparler de moi un jour. »
[Traducteur - Night]
[Relecture - Gun]