Chapitre 717
[Traducteur - Night]
[Relecteur - Gun]
Chapitre 717 : Rançon (4)
Le troisième stade de libération de puissance du gardien.
C’était sans doute la véritable puissance de Sezak, le gardien exclusivement chargé de l’examen d’entrée de la Zone noire.
Ce qui signifiait aussi que quiconque ferait preuve d’une maîtrise écrasante face à un gardien au troisième stade obtiendrait un laissez-passer de grade 1.
« Mais un laissez-passer de grade 1 ne s’obtient sûrement pas aussi facilement… »
Tandis que Yeongwoo se faisait cette réflexion, le gardien à l’écran acheva sa libération de puissance au troisième stade.
Le corps entièrement devenu écarlate, le gardien était bien plus imposant qu’avant. Et, à en juger par son apparence, sa puissance réelle au combat avait dû considérablement augmenter.
Car…
— Hein ?
Avant même que quiconque sur place ait pu le voir venir, il donna un coup de pied à Eroom Salzeo.
« C’était quoi, ce bordel ? »
Même Yeongwoo, que l’on pouvait considérer comme la personne la plus forte ici, n’avait pas senti ce qui venait de se passer. Il ne pouvait que voir Eroom Salzeo étendu par terre.
Et si c’était le cas, cela voulait aussi dire qu’Eroom n’avait pas réussi à réagir à l’attaque.
« C’est ça, le troisième stade… ? C’est donc le niveau de difficulté prévu pour les candidats au laissez-passer de grade 1 ? »
Tout en parlant, il cligna des yeux, l’air absent, puis ne tarda pas à tirer une conclusion.
« Alors, à quel point ce salaud est-il fort ? »
Si même Eroom Salzeo, un être de grade 4, se faisait écraser sans pouvoir se défendre, cela ne signifiait-il pas que les véritables talents martiaux du gardien le plaçaient parmi les meilleurs des êtres de grade 3 ?
— Aaah !
Pendant ce temps, Dots poussa un cri étranglé en voyant le gardien lever le bras bien haut.
Cette fois, le gardien avait bougé très lentement, assez pour que même un Salzeo incomplet comme lui puisse le voir.
En réponse, Eroom Salzeo, qui avait repéré sa posture d’attaque, tenta de soulever sa jambe étalée au sol pour se défendre.
Alors, le bras du gardien s’abattit à une vitesse absurde.
« Putain de merde. »
Yeongwoo resta bouche bée : il n’avait, une fois encore, pas réussi à suivre les mouvements du gardien.
Il n’avait vu des mouvements de ce niveau que chez les prisonniers de grade 3 qu’il avait rencontrés à Pahalufe.
« Les laissez-passer de grade 1 étaient donc réservés aux présidents. »
Plus précisément, ils devaient être destinés à ceux d’entre eux dont les talents martiaux étaient exceptionnellement élevés.
Autrement, Eroom Salzeo, qui avait pourtant maîtrisé assez facilement le gardien du deuxième stade, ne se serait pas retrouvé dans cet état.
Après avoir subi une attaque impossible à percevoir, Eroom n’avait pas réussi à se défendre, bien qu’il ait vu le gardien se préparer à frapper.
Le bras qu’il avait tendu pour bloquer le poing de son adversaire s’était pratiquement replié sur lui-même.
— G-grand frère… !
La voix autrefois pleine d’entrain de Dots était désormais presque larmoyante. À l’écran, le visage d’Eroom Salzeo était couvert de sang et il venait de s’écraser le front contre le sol sous la puissance du coup.
— Même le célèbre Salzeo s’arrête là, donc.
Sevio hocha lourdement la tête, comme s’il en avait assez vu.
À ces mots, Dots promena son regard entre l’écran de diffusion et Yeongwoo, puis demanda d’une voix tremblante :
— Grand frère a l’air gravement blessé… Qu’est-ce qui va se passer, maintenant ? Ils ont dit qu’on ne mourait pas en passant cet examen, pas vrai ?
« Oui. Dans mon cas, ce salaud m’a frappé et j’ai perdu connaissance avant de recevoir mon laissez-passer d’entrée… Ce sera pareil, non ? »
— Tu as perdu connaissance ?
Tandis que Dots s’exclamait, stupéfait, le gardien qui avait mis Eroom à terre d’un seul coup le souleva d’une main.
Il lui dit quelque chose, le laissa retomber au sol, puis tira un objet de sa ceinture.
« Les résultats de l’évaluation sont tombés. »
Sentant instinctivement que le duel était terminé, Yeongwoo prononça ces mots tandis que Sezak, à l’écran, lançait un petit morceau de métal vers Eroom, qui gisait au sol.
C’était probablement le laissez-passer d’entrée de la Zone noire.
« J’ignore à quel point le jeune seigneur récupère vite, mais il n’a pas l’air près de venir nous chercher. »
Comme Eroom Salzeo ne se relevait pas, Sezak fit un geste en direction de l’extérieur de l’enceinte.
Peu après, les chevaliers de la Famille Salzeo qu’Eroom avait amenés affluèrent dans l’arène.
Ils venaient récupérer le jeune seigneur à terre.
« …Moi aussi, on m’aurait emporté comme ça. »
Alors qu’un des chevaliers ramassait le laissez-passer d’entrée tombé par terre, les portes de la Falaise Noire finirent par s’ouvrir. Des gens vêtus de bleu apparurent en portant un palanquin.
« C’est le palanquin qui mène à la salle de traitement ? »
Yeongwoo désigna les silhouettes vêtues de bleu, qu’il supposait être des soignants, et posa la question. Yenta se gratta le front.
— Ça devrait être ça… mais je n’ai jamais vu cette couleur auparavant.
« Tu parles de la couleur de leurs vêtements ? »
— Ouaiiis.
« Alors, le grade du laissez-passer doit être élevé. »
Les soignants étaient-ils déjà vêtus de bleu quand on l’avait emmené, après qu’il avait reçu un laissez-passer de grade 3 ?
Comme il avait été inconscient à ce moment-là, Yeongwoo ne s’en souvenait pas.
« En tout cas, ils sont nombreux. »
Pas moins de treize chevaliers suivaient Eroom Salzeo, qu’on venait d’installer dans le palanquin.
Comme ils devaient être les soldats personnels du jeune seigneur, ils ne devaient pas être manchots au combat non plus.
— Bref, maintenant qu’il a réussi l’examen, il ne nous reste plus qu’à attendre tranquillement, c’est ça ?
Comme Sevio marmonnait en fixant l’arène désormais silencieuse à l’écran, Yeongwoo se laissa retomber dans le canapé après s’être redressé.
« À peu près. On a déjà mis l’objet en vente, donc une demande d’échange devrait arriver dès que ce type sera prêt. »
Pendant ce temps, aucun candidat n’osait s’avancer dans l’arène, maintenant vide.
Après avoir assisté à un duel aussi écrasant quelques instants plus tôt, tout le monde avait perdu ses moyens.
« Quand même… Si le gardien du troisième stade est aussi fort, même la plupart des présidents devront sûrement se contenter d’un laissez-passer de grade 2. »
Yenta hocha la tête, l’air préoccupé.
— En fait, même un laissez-passer de grade 3 est déjà considéré comme remarquable.
« Mais rien que de savoir qu’il existe des grades supérieurs, ça me mettrait en rogne. Si j’étais l’un des présidents, je ferais tout pour obtenir un laissez-passer de grade 1. »
— Évidemment… Les avantages d’un laissez-passer de grade 1 doivent être énormes.
« Tu saurais quelque chose, par hasard ? »
Yenta sursauta, horrifié, et secoua vigoureusement la tête.
— Bien sûr que non. Des créatures insignifiantes comme moi ne savent absolument rien.
Après tout, n’avait-il pas dit que c’était la première fois qu’il accueillait un client avec un laissez-passer de grade 3 ?
« Hmm. »
Comme il avait un peu de temps devant lui, Yeongwoo sortit de sa poitrine la clé qui lui posait problème.
Frouf.
La clé était censée ouvrir quelque chose qui renfermait une Zone de Libération.
« Bon, le vendeur est mort, alors explique-moi plutôt. »
— …Pardon ?
« Qu’est-ce que cette clé est censée ouvrir, exactement ? »
Yeongwoo leva bien haut la main qui tenait la clé. Tous les regards se tournèrent vers elle.
Peu après, Yenta Varangkula dit quelque chose qu’il n’aurait absolument pas dû dire.
— Je… je ne sais pas.
« Quoi, espèce de petit con ? »
Yeongwoo l’attrapa aussitôt par le col et le souleva en l’air.
Yenta s’essuya le front, déjà trempé de sueur, et se mit à trembler de tout son corps.
— Le vendeur est mort avant même que je puisse entendre les explications les plus élémentaires…
C’était bien ce qui s’était passé, non ?
Tranché net en deux par l’épée démoniaque mythique.
« Tu es sérieusement en train de me dire que c’est ma faute ? »
— …
Yenta ne parvenant ni à confirmer ni à nier les paroles de Yeongwoo, Mushio Tare, qui était resté jusque-là silencieux comme une ombre, leva la main.
Frouf.
— Puis-je l’examiner de plus près ?
« Hein ? Tu parles de cette clé ? »
— Oui.
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« Bien sûr. Si tu sais quelque chose, dis tout ce que tu veux. »
Sur ces mots, Yeongwoo tendit la clé à Mushio.
Mushio Tare n’était-il pas un navigateur qui avait parcouru l’univers aux côtés d’un grand être pendant d’innombrables années ?
Il devait donc forcément posséder de vastes connaissances sur l’univers.
Autrement dit, il y avait au moins une chance qu’il sache à quoi servait cette mystérieuse clé.
— Hmm.
Après avoir soigneusement examiné la clé sous tous les angles, Mushio prit enfin la parole.
— C’est une clé de coffre fabriquée par le royaume de Kushen.
« Un royaume… ? Tu veux dire que c’est une clé de la famille royale ? »
— Ce ne serait pas tout à fait faux, mais, à proprement parler, il serait plus juste de voir ça comme une marque de coffre-fort.
« Qu’est-ce que ça signifie ? Explique plus clairement. »
Mushio appuya du bout du doigt sur une partie de la clé. Un emblème tout à fait inconnu apparut dans les airs.
Paaf !
— Kushen est un royaume qui s’est effondré il y a bien longtemps. Ses ruines existent encore, mais ce ne sont vraiment plus que des ruines. Toutefois, s’il y a une chose qu’ils ont laissée derrière eux…
Mushio agita légèrement la clé.
— Ce sont leurs coffres-forts. La technologie de fabrication des coffres du royaume de Kushen méritait d’être qualifiée de meilleure de l’amas galactique.
« Alors, c’est la clé d’un coffre-fort de haute qualité ? »
— Oui. On raconte que les coffres laissés par le royaume de Kushen ne peuvent être ouverts sans leurs clés. Mais après la chute du royaume, la fabrication de ces coffres a elle aussi cessé…
« Alors, ceux qui sont encore utilisés aujourd’hui sont devenus des pièces de collection. »
— Oui. C’est pourquoi ils sont à la fois extrêmement rares et chers. Le propriétaire actuel de ce coffre ne doit donc pas être quelqu’un d’ordinaire non plus.
À l’explication de Mushio, Sevio remua sa barbe et se moqua de Yeongwoo.
— Tu as donc ramassé la clé d’un coffre dont tu ne pourras même pas approcher.
Pourtant, Yeongwoo voyait les choses d’une tout autre façon.
« Pourquoi est-ce que je ne pourrais pas m’en approcher ? »
— Pourquoi ? Tu viens de l’entendre. Les propriétaires de coffres pareils ne sont pas des gens ordinaires.
« Mais je tiens la seule clé qui puisse ouvrir le coffre. »
— … ?
« C’est toi qui n’as pas écouté ? Les coffres du royaume de Kushen sont impossibles à ouvrir sans leur clé. Et ça veut dire que… »
Frouf.
Yeongwoo leva alors l’index et désigna la clé.
« Le propriétaire d’origine ne peut pas ouvrir son coffre non plus, pour l’instant. Et tant que je n’apporterai pas moi-même la clé, il ne pourra jamais l’ouvrir à l’avenir. »
— Ne me dis pas que…
Sevio en resta bouche bée en comprenant où Yeongwoo voulait en venir.
« Exactement. Dans cet immense univers, les gens devraient s’entraider, non ? Il me suffit de retrouver le propriétaire du coffre et de négocier. En échange de l’ouverture du coffre, je recevrai la Zone de Libération qu’il contient et quelques “faveurs”. »
Au moment où Yeongwoo prononça ces mots, le laissez-passer d’entrée de grade 3 se mit à briller et afficha un message système.
「Trois demandes d’achat sont en cours pour l’objet en vente : “Dots Salzeo”.」
« Trois ? »
Yeongwoo cligna des yeux, surpris, tandis que Sevio esquissa un sourire amusé.
— Tu vends un Salzeo. Évidemment que les acheteurs vont se manifester. À ton avis, combien de personnes dans la Zone noire en veulent à ces salauds ?
Puis Sevio ajouta :
— Si tu attends encore un peu, d’autres acheteurs vont arriver. Les occasions de mettre la main sur un Salzeo vivant ne courent pas les rues.
« Qu’est-ce qu’ils comptent faire d’un Salzeo vivant ? Le revendre, ou quoi ? »
À cette question, Sevio claqua la langue, incrédule.
— Le Seigneur du Vaisseau planétaire est d’une naïveté aberrante. Tu crois qu’on peut apaiser une rancune profonde avec de l’argent ? Ceux qui veulent acheter un Salzeo ici n’ont qu’un seul objectif : se venger dans le sang.
« Se venger dans le sang ? »
— Après l’avoir longuement torturé, ils lui arracheront la tête et la renverront à sa famille.
Aux paroles glaçantes de Sevio, Dots Salzeo ne put que rester bouche bée, tandis que Yenta se frottait les cornes, horrifié.
« Une rancune qu’on ne peut même pas régler avec de l’argent… Vu sous cet angle, ça veut aussi dire que, quel que soit le prix que je fixe, des acheteurs se présenteront. »
Les yeux de Yeongwoo brillèrent de convoitise. Dots Salzeo lui agrippa le bras et le supplia désespérément :
— S-Seigneur du Vaisseau planétaire ! Vous êtes un kidnappeur, pas un monstre sanguinaire, n’est-ce pas ? Vous n’allez quand même pas revenir sur votre promesse ?
Yeongwoo haussa les épaules et tendit la main vers la notification des acheteurs qui flottait dans les airs.
« Regardons au moins d’abord. »
Sur ces mots, il ouvrit la liste des acheteurs, et les offres de chacun apparurent.
[Acheteur-1]
|Privé
— 33 milliards.
[Acheteur-2]
|Privé
— 25 milliards, négociation supplémentaire possible contre des lingots de Katangdal.
[Acheteur-3]
|Privé
— 8,5 milliards, 101 armes.
Il y avait pour l’instant trois acheteurs intéressés.
Et, à l’exception de l’acheteur numéro 3, toutes les offres se chiffraient en dizaines de milliards.
Les Salzeo vendus vivants étaient une marchandise extrêmement recherchée.
« Tiens, ton grand frère a déjà fait une offre. Il est pourtant encore à moitié mort, non ? »
En voyant les détails de l’offre de l’acheteur numéro 3, Yeongwoo réagit avec surprise.
Dots Salzeo désigna l’acheteur numéro 3 d’un doigt tremblant et pâlit.
— J-je vous en prie, vendez-moi à mon grand frère. Au moins, lui et moi, nous vous promettons de ne plus jamais vous poursuivre !
« Je ne sais pas. Je te crois, mais je doute que ton frère, le jeune seigneur de la famille, puisse vraiment tenir cette promesse. Il a des responsabilités, non ? »
— Je le convaincrai, d’une manière ou d’une autre ! Je vous en prie… !
« Ah, laisse tomber. Je vais parler directement à ton frère. »
En entendant Yeongwoo, Dots, qui pleurnichait presque à ses pieds, releva brusquement la tête.
— V-vous le pensez vraiment ?
« En échange, tu devrais aussi supplier ton frère. Dis-lui que grâce à ce kidnappeur, tu as échappé à d’atroces tortures. Il va donc de soi qu’il devra me rendre quelques “faveurs” supplémentaires. »
Ce n’est qu’alors que Dots reprit ses esprits et essuya de la main les traces de larmes autour de ses yeux.
— Mais la compensation que mon grand frère a proposée était sans doute déjà le maximum qu’il pouvait offrir. Il a sûrement apporté exactement cette somme.
« Ah, j’ai déjà une idée de la façon dont je vais obtenir d’autres faveurs. D’après ce que j’ai vu tout à l’heure, il se bat plutôt bien. »
— … ?
Tandis que Dots affichait un air perplexe, Yeongwoo désigna l’acheteur numéro 3 comme cible de l’échange.
« Bon, allons rendre visite à notre patient en soins intensifs. »
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