Chapitre 693
[Traducteur - Night]
[Relecteur - Gun]
Chapitre 693 : Enlèvement (5)
Le premier client titulaire d’un laissez-passer de grade trois.
À en juger par le contexte, il avait déjà travaillé comme guide, mais jamais pour quelqu’un possédant un laissez-passer de grade trois.
Rien qu’à l’apparence de l’orc qui s’était présenté en prétendant être un guide, on voyait qu’il avait pas mal d’expérience.
Cependant…
« Euh… tu pourrais éteindre ce truc ? »
« Pardon ? Je ne suis pas sûr de comprendre. »
« Éteins ce haut-parleur. »
Quand Yeongwoo désigna l’appareil fixé sur la poitrine de l’orc, la voix qui résonnait dans tout le hangar finit par s’éteindre.
— Ah, tu as donc une ouïe exceptionnelle.
« Non… tout le monde trouverait ça bruyant. Il fallait vraiment prévenir tous ceux du coin qu’on était arrivés ? »
Yeongwoo dit cela en jetant un regard autour de lui. Ce n’est qu’alors que l’orc tourna les yeux vers Dots Salzeo, enveloppé dans sa cape transparente.
— … Hein ?
Il ne semblait pas avoir repéré Dots, mais il avait au moins compris que quelque chose clochait.
Son regard allait de Yeongwoo à l’endroit où se tenait Dots.
— Il n’y a… qu’un seul client, c’est bien ça ?
« Je suis le seul client. Lui, c’est ma marchandise. »
Quand Yeongwoo donna un coup de coude dans les côtes de Dots, celui-ci tressaillit. L’orc sentit sa présence et recula d’un pas.
— D-d’accord. Tu comptes donc faire le commerce d’un être vivant…
« Ouais, c’est ça. Mais avant, j’ai quelques affaires à régler ici. »
Yeongwoo sortit de son manteau plusieurs Palsi et un certificat de réquisition de vaisseau, puis les lui montra. L’orc déglutit avec difficulté.
— Ça a l’air compliqué.
Puis il se tourna de nouveau vers Yeongwoo et reprit :
— Avant tout, parle-moi sans formalités, s’il te plaît. Je suis mal à l’aise quand on s’adresse à moi poliment.
L’orc ayant baissé la tête, Yeongwoo accepta sans hésiter.
« Ça, c’est facile. Honnêtement, dès que tu as débarqué en courant et en criant, j’ai eu envie de dégainer mon épée. »
— …
« Bien sûr, ce n’est pas moi qui paie tes honoraires de guide, alors je n’ai pas de raison de me plaindre. Au fait, qui te verse ton salaire ? Tu ne fais pas ça bénévolement, quand même. »
L’orc jeta un regard vers la ville noire comme l’encre qui s’étendait au-delà du hangar.
— La Zone noire nous verse une rémunération de base. Et le travail de guide prolonge aussi notre permis de citoyenneté.
« Il y a donc toute une structure derrière. »
Yeongwoo hocha la tête. L’orc lui posa alors une question avec beaucoup de précautions.
— Euh… si ça ne te dérange pas, je pourrais te demander ton nom ? Tu es mon premier client de grade trois, alors j’aimerais me souvenir longtemps de toi.
Yeongwoo hésita un instant.
Vu la tournure que prendraient les événements, il resterait sans doute gravé dans la mémoire de son interlocuteur pendant très longtemps, d’une manière ou d’une autre. Mais probablement pas en bien.
« Jeong Yeongwoo. Jeong Yeongwoo of Renaissance. »
— Ah, monsieur Jeong Yeongwoo… !
« Et toi ? Comment tu t’appelles ? »
À la question de Yeongwoo, l’orc sourit de toutes ses dents derrière ses lunettes de protection.
— Je suis Yenta Varangkula, fils de Yegot à la Corne Noire.
« Corne Noire… ? »
Yeongwoo pencha la tête. Yenta inclina légèrement le front vers lui.
« Hein. »
Ce n’est qu’alors qu’il remarqua les petites cornes qui saillaient de chaque côté du front de l’orc, comme deux bosses.
« On dirait un gobelin. Les orcs ont aussi des cornes ? »
— Ce n’est pas courant, mais les membres de notre clan en ont.
« Intéressant. Mais les tiennes sont grises. »
Yeongwoo les désigna du doigt. Yenta eut un rire gêné.
— C’est sans doute parce que je ne suis pas encore à la hauteur. Mais ma mère est une grande méchante, elle a donc des cornes noires.
Une grande méchante.
La combinaison de mots était un peu bizarre, mais Yeongwoo laissa passer.
« Yegot à la Corne Noire, c’est le nom de ta mère ? Et ton père ? »
— Mon père est mort il y a onze ans. Je ne peux donc plus utiliser son nom.
« Quoi ? Alors, si ta mère meurt aussi, tu ne pourras même plus te présenter comme “Machin à la Corne Noire” ? »
— C’est ça. À ce moment-là, je ne serai plus que Yenta Varangkula.
« Quelle culture étrange. »
Yeongwoo hocha la tête. Dissimulé sous sa cape transparente, Dots Salzeo le pressa de se dépêcher.
— On va rester là à discuter tranquillement encore longtemps ? Dépêchons-nous de trouver une planque ou un endroit du genre.
Il craignait qu’un habitant de la Zone noire ne reconnaisse son identité et ne l’attaque.
Yeongwoo se tourna vers Dots.
« Tu ne connais vraiment rien à cet endroit. En fait, si on ne va pas directement dans une planque comme tu le proposes, c’est l’un des coins les plus sûrs. Au moins, les méchants ne s’y promènent pas en bande. »
Même dans le quartier de libre-échange qu’il avait déjà vu, les méchants se pressaient dans les rues immenses, épaule contre épaule.
À tel point qu’il était presque normal de bousculer les passants.
« À propos, il y a un endroit sûr où entreposer ma marchandise ? Quand on enregistre une transaction, la Zone noire garde les articles destinés au paiement, non ? »
À cette question, Yenta prit un air embarrassé.
— Pour les êtres vivants, la Zone noire ne garantit pas leur sécurité. Il n’existe pas non plus de système de stockage particulier.
« Même les détenteurs d’un laissez-passer de grade trois n’ont pas droit à ce genre de service ? »
— Exact. Mais il y a pas mal de services privés.
« Des services privés ? »
— Oui. D’une certaine façon, les guides comme moi sont eux aussi des prestataires privés.
« Ah. »
À ces mots, Yeongwoo comprit aussitôt.
Les méchants de la Zone noire géraient séparément des services de stockage d’objets.
« Donc, au bout du compte, ceux qui tiennent ces services sont eux aussi des méchants. »
— Eh bien… oui.
Yenta le regarda comme si cela allait de soi.
Yeongwoo jeta un coup d’œil à Dots.
Ils avaient beau tenir des commerces, les méchants restaient des méchants.
S’ils découvraient que l’objet qu’on leur avait confié était un membre de la lignée directe des Salzeo, il y avait de fortes chances que les ennuis ne tardent pas à arriver.
[Traducteur - Night]
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« On dirait que passer par une entreprise privée ne sera pas si simple, finalement. »
— Ce ne doit pas être un être ordinaire.
Yenta, qui semblait plutôt perspicace, lança un regard en coin à Dots.
— Cela dit, puisque tu as un laissez-passer de grade trois, tu ne devrais pas avoir de gros problèmes à l’emmener toi-même. Surtout s’il est aussi bien emballé.
Yenta désigna la cape transparente du regard.
— Et puis, puisque je serai ton guide, rares sont ceux qui oseront tenter quoi que ce soit de désagréable.
« Ah oui ? Tu es assez connu, par ici ? À vrai dire, tu n’as pas l’air très costaud. »
Yeongwoo jaugea Yenta de la tête aux pieds. Avec son allure de guide touristique, l’orc baissa aussitôt les yeux d’un air modeste.
— Tu as l’œil. Je ne suis ni particulièrement fort ni aussi célèbre que ma mère. Mais c’est justement pour ça que je connais bien les itinéraires fréquentés par les gens respectables. Il fallait bien que je survive, moi aussi.
« Les itinéraires respectables ? »
— La Zone noire est une ville immense et, même pour une destination identique, il existe de nombreux chemins différents.
Autrement dit, il connaissait les routes empruntées par ceux qui étaient relativement moins sauvages et moins dépravés.
— Les méchants ne sont pas tous pareils ! Je veillerai à ce que tu puisses régler tes affaires tranquillement et quitter la Zone noire sans encombre.
Yenta s’inclina poliment en prononçant ces mots. Yeongwoo eut toutes les peines du monde à retenir le rire qui menaçait de lui échapper.
« Très bien. Avant de faire le commerce de la créature, réglons d’abord quelques affaires. »
Yeongwoo sortit les Palsi et les deux certificats de réquisition qu’il avait montrés brièvement tout à l’heure. Une lueur de peur passa un instant dans les yeux de Yenta.
— A-attends un instant, client.
« Quoi ? »
— Ce sont… des certificats de réquisition des Salzeo.
Il ne s’en était apparemment pas rendu compte plus tôt, quand il ne les avait aperçus qu’un bref instant.
« Ouais. Des certificats des Salzeo. C’est un problème ? »
Ce n’est qu’alors que Yenta tourna les yeux vers le vaisseau à bord duquel Yeongwoo était arrivé.
N’importe qui aurait vu au premier coup d’œil qu’il s’agissait d’un vaisseau haut de gamme, à forte teneur en Katangdal.
— N-ne me dis pas que tu viens des Salzeo ? Pourtant, tout à l’heure, tu as clairement dit…
Comme il venait de l’entendre de ses propres oreilles, la famille de Yeongwoo était Renaissance.
« C’est ça. Je suis Jeong Yeongwoo of Renaissance. Je suis même le chef de famille. Alors, à ton avis, qui sont les Salzeo ? »
Yenta médita un instant sur les paroles de Yeongwoo, puis s’effondra brusquement par terre.
Patatras !
— Impossible !
« Pourquoi ? Qu’est-ce qui est impossible ? »
— T-tu mens, pas vrai ?
Jusqu’au bout, Yenta ne parvint pas à prononcer cette phrase à voix haute.
De son point de vue, il ne pouvait ni croire que le client de grade trois qui se tenait devant lui avait enlevé un Salzeo, ni l’accepter même si c’était la réalité.
— C’est… c’est ma première mission de guide premium. Pourquoi tu me fais ça ?
Yenta semblait au bord des larmes. Yeongwoo le remit sur pied.
« C’est justement pour ça que c’est une mission de guide premium, non ? Si tu ne peux même pas surmonter ce genre d’épreuve, comment tu feras avec tes prochains clients ? »
— Mais c’est…
Les Salzeo.
Une grande maison cosmique réputée pour toujours se venger.
Mais si traîner un Salzeo dans la Zone noire posait problème, ce n’était pas seulement à cause de ce principe.
Les Salzeo étaient aussi célèbres pour leur immense fortune que pour leur politique de vengeance terrifiante.
— Si la nouvelle se répand aujourd’hui qu’un Salzeo fait l’objet d’une transaction ici, le chaos va éclater. Tous ceux qui ont du pouvoir s’en prendront à toi et à ta marchandise.
La peur qui alourdissait la voix de Yenta ne s’était pas dissipée. Yeongwoo posa doucement une main sur son épaule.
« C’est peut-être pour ça qu’on t’a assigné à moi. Tu l’as dit toi-même : tu es faible, alors tu connais les itinéraires où se rassemblent les plus faibles. »
— … C’est vrai, mais…
« Alors, guide-moi. Tant qu’on ne se fait pas repérer, tout ira bien. »
Même s’ils étaient repérés, il était certain de pouvoir neutraliser la plupart de leurs adversaires.
Après tout, si Yenta n’avait encore jamais guidé de détenteur d’un laissez-passer de grade trois, c’est qu’ils ne devaient pas être bien nombreux.
— A-alors, la première chose à faire, c’est…
« D’abord, on se débarrasse des Palsi. »
Yeongwoo en avait sorti treize.
Au cours normal, cela faisait 3,9 milliards.
Au taux du marché de la Zone noire, probablement autour de 5,85 milliards.
— Treize. Ça ne devrait pas être difficile. On peut même écouler des Palsi dans des bureaux de change.
Yenta alluma la tablette qu’il tenait et commença à tracer dans les airs un itinéraire quelconque.
« Ensuite, on achète un vaisseau. Tant qu’on est là, ce serait bien que je puisse aussi acheter quelques canons de vaisseau. Mais est-ce qu’ils accepteront des droits de réquisition des Salzeo ? »
Yenta leva les yeux de sa tablette.
— Comme il s’agit au fond d’une sorte de certificat obligataire, la transaction ne devrait pas poser de problème. Mais quelqu’un finira forcément par poser des questions.
« Quelles questions ? »
— On voudra savoir pourquoi quelqu’un qui n’est pas un Salzeo possède leurs droits de réquisition.
« Les biens volés ne doivent pas être si rares que ça, ici. »
— Oui… malgré tout, mieux vaudrait ne pas s’y attarder trop longtemps.
« Ça ira. De toute façon, ce n’est pas pour ça qu’on est venus. »
À ces mots, Yeongwoo fit enfin allusion au « commerce de la créature ». Yenta pinça les lèvres.
— Alors… je te guide seulement jusqu’au vendeur de vaisseaux ? Tu n’as pas d’autre affaire à régler ?
À la question de Yenta, Yeongwoo cligna des yeux, comme s’il venait d’avoir une idée.
« On est dans la Zone noire, alors toutes sortes de choses doivent y circuler, non ? »
— Probablement.
« Alors, est-ce qu’on pourrait lancer des recherches pour trouver quelque chose comme un District de la Libération ? »
Le District de la Libération.
L’outil légendaire qui, selon le Seigneur Phaemong du Vaisseau planétaire, pourrait libérer ses « amis ».
*S’il y en avait un quelque part, ce serait bien dans la Zone noire, non ?*
Yenta pencha la tête, puis répondit avec hésitation.
— Si cet objet existe actuellement quelque part ici, on devrait au moins pouvoir retrouver son vendeur.
« Alors, trouve-le. Si la transaction aboutit, je te donnerai aussi un bonus. »
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