Chapitre 664
[Traducteur - Night]
[Correcteur - Gun]
Chapitre 664 : Les siens (1)
Planète Maden, dans la Galaxie de Soro.
Autrefois possession de Quiad, un humain de grade 3, elle était désormais habitée par d’autres Terriens.
Pour Yeongwoo, il était inévitable d’ouvrir de grands yeux.
« Des Terriens ? Ça veut dire que des humains vivent sur cette planète appelée Maden ? »
Quiad hocha la tête.
— N’est-ce pas tout à fait naturel ?
« … Naturel ? »
— Je dirais que toi aussi, tu es entouré d’humains. Dans cet univers, il est parfaitement naturel de donner la priorité aux siens.
« Mais moi… »
Yeongwoo s’interrompit, incapable de poursuivre.
En vérité, s’il avait rassemblé autant d’humains, c’était uniquement parce que ce Vaisseau-planète avait été créé à partir de la Terre.
Contrairement aux « voyageurs de l’espace » qu’il avait rencontrés jusqu’alors, Yeongwoo n’avait jamais perdu sa planète natale, la Terre, et ne s’était donc jamais particulièrement attaché aux siens.
Certes, croiser d’autres humains dans cet univers avait de quoi surprendre, mais il n’y trouvait pas spécialement matière à se réjouir.
— …
Comme prévu, Quiad pencha la tête en déchiffrant l’expression de Yeongwoo.
— On dirait que tu as du mal à comprendre.
« J’ai parcouru l’univers en quête d’argent, mais je n’ai jamais bougé pour retrouver d’autres humains. »
— Je vois.
« Cela dit, si je devais choisir entre sauver un extraterrestre ou un humain, je choisirais probablement l’humain, si possible. »
Mais, malgré ses paroles, Yeongwoo ne pouvait pas être certain du choix qu’il ferait si une telle situation se présentait réellement.
S’il devait vraiment trancher, ne se fierait-il pas au mérite plutôt qu’à l’espèce ?
C’était du moins ce qu’il pensait pour l’instant.
Il traitait les vertueux d’imbéciles, mais, ironiquement, il estimait leurs valeurs.
À ses yeux, cet univers avait besoin de davantage de gens vertueux.
Et ce, indépendamment du fait que des centaines de pécheurs se trouvaient actuellement à bord de ce Vaisseau-planète.
— Un Vaisseau-planète… et fabriqué à partir de la Terre, en plus. Je n’ai jamais vu une chose pareille, même moi. Il est donc peut-être naturel que tu penses ainsi. Parmi les Terriens envoyés dans l’univers, les tiens ne seraient-ils pas les plus prospères ?
« Euh… Je ne suis pas sûr qu’on soit les plus prospères. »
— Pour une seule espèce, difficile de faire mieux qu’un Vaisseau-planète.
Quiad hocha lentement la tête.
Puis, tournant les yeux vers la Chancelière Herisa, qui apparaissait à l’écran, il lui donna un ordre.
— Herisa, tu dois te rendre immédiatement sur Maden. Tu ne pourras pas aller plus vite que le Vaisseau-planète, alors mieux vaut te dépêcher en conséquence.
Herisa haussa les épaules et répondit :
« Cela dépendra de la volonté du Maître du Vaisseau-planète, n’est-ce pas ? Seigneur Yeongwoo, la prochaine destination a-t-elle été fixée à Maden ? »
Elle lui demandait s’il comptait se rendre à Maden, comme proposé, pour régler les choses là-bas.
Yeongwoo répondit sans la moindre hésitation :
« C’est là que notre Président peut retrouver son poste, non ? Et que je peux toucher le reste de mon paiement. »
« Je n’ai fait que proposer le lieu de rendez-vous convenable le plus proche. Cela dit, c’est assurément le meilleur choix pour le moment. »
« Alors retrouvons-nous sur Maden. De toute façon, je ne risque pas d’aller ailleurs avec autant d’invités à bord. »
À ces mots, Mantero se mit aussitôt à calculer l’itinéraire. Herisa acquiesça légèrement, puis coupa la communication.
Le rendez-vous sur la planète Maden était fixé.
— La Galaxie de Soro… Elle est assez loin de notre position actuelle.
Peu après, Mantero, qui avait trouvé une route, annonça la nouvelle avec une expression préoccupée.
« Il y a seulement des destinations lointaines, dans cet univers ? C’est à quelle distance ? »
— Il faudra environ quatre mois de voyage interstellaire.
« Quatre mois ? »
Cette fois, c’était vraiment loin.
Yeongwoo tourna donc machinalement les yeux vers l’espace, au-delà de la fenêtre.
« Dans ce cas, on n’a qu’à emprunter de nouveau le “passage”. C’est bien à ça qu’il sert, non ? »
— Mais tu l’as déjà utilisé au cours d’une seule journée… Tu es vraiment sûr de vouloir recommencer ?
Chaque fois qu’ils empruntaient un passage, le pacte séculaire augmentait d’une unité.
Yeongwoo se contenta pourtant de hausser les épaules, comme si cela n’avait aucune importance.
« Demande à mes descendants. »
* * *
Deux heures de voyage.
Puis, un nouveau contact avec un trou noir.
Comme d’habitude, les trous noirs isolés exigèrent un « pacte », et Yeongwoo l’accepta sans hésiter.
Il faisait porter le poids de sa promesse à des descendants qui n’existeraient peut-être même pas un jour.
【Accord noir】
|Il devient progressivement plus facile d’ouvrir de nouvelles voies.
|Accords obtenus : 10
« Déjà dix accords. »
Comme Yeongwoo marmonnait ces mots, Quiad jeta un regard en coin à la Carte des mythes qu’il tenait à la main.
— Que se passe-t-il si le nombre d’accords continue d’augmenter ?
« Eh bien… à l’origine, ça devrait signifier que plusieurs trous noirs me sont favorables. Le prochain devrait donc me laisser passer sans difficulté… »
Mais, à présent, cela signifiait exactement le contraire.
Le nombre d’accords gravés sur la Carte des mythes était en réalité devenu celui des pactes conclus entre la Renaissance et les trous noirs.
Alors, chaque nouveau trou noir qu’il rencontrait exigeait lui aussi un pacte.
« Enfin, peu importe. Ce sera à mon successeur de se débrouiller avec ce pacte. Ha, ha, ha ! »
En entendant le rire malicieux de Yeongwoo, Quiad pencha la tête.
— Pourquoi penses-tu ça ?
« Hein ? Eh bien, quand viendra le moment de respecter ces pactes, je serai déjà… »
Il allait dire qu’il serait mort de vieillesse depuis longtemps, mais la réaction de Quiad lui parut étrange.
« Qu’est-ce qu’il y a ? Pourquoi tu fais cette tête ? »
— On dirait que tu as déjà oublié d’où tu m’as sorti.
« Pas du tout. Tu étais à Pahalufe, Président, non ? »
— Oui. Dans une prison coupée de l’univers pour l’éternité.
« Ah. »
Ce ne fut qu’à cet instant que Yeongwoo comprit ce qu’il voulait dire et reprit la parole, avec un temps de retard.
[Traducteur - Night]
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À bien y réfléchir, il n’avait jamais demandé à Quiad depuis combien de temps il était emprisonné à Pahalufe.
Vu les circonstances, il ne devait pas y être enfermé depuis un an ou deux seulement.
« … Sans blague. On peut dépasser la durée de vie normale ? Alors, tu n’es plus humain. »
— Humain ? Le fait de vivre longtemps suffit à ne plus être humain ? Et ta peau, alors ? Elle est à l’épreuve des balles depuis longtemps, non ?
« … »
La réponse le laissa sans voix.
En effet, si dépasser ses limites innées signifiait qu’on n’était plus humain, alors la plupart des Terriens encore en vie ne l’étaient plus.
« Non, mais il doit quand même y avoir une limite, non ? Le fait que tu aies été emprisonné à Pahalufe et que tu sois encore en vie signifie… »
Quel âge avait donc Quiad ?
Comme Yeongwoo le dévisageait attentivement, Quiad esquissa un léger sourire.
— Bien sûr, ma détention n’a pas été particulièrement longue comparée à celle des autres prisonniers. Mais elle l’a été par rapport à ma durée de vie. C’est pour ça que la Chancelière Herisa a pris ce risque.
Autrement dit, ils avaient tenté d’extraire l’humain Quiad avant qu’il ne meure à Pahalufe, et les choses avaient fini par prendre cette tournure.
Yeongwoo ayant lui-même une courte espérance de vie, il comprenait parfaitement pourquoi Herisa avait dû se dépêcher.
« À vrai dire, c’est moi qui ai pris le risque. Bref, combien de temps es-tu resté en prison ? »
Quiad releva légèrement la tête et répondit :
— Six cent douze ans.
« Six… quoi ? Six cents ans… ? »
Yeongwoo ouvrit la bouche et écarquilla les yeux en même temps.
« Non, c’est possible, ça ? Si tu as été emprisonné tout seul pendant six cents ans, quelle est donc ton espérance de vie ? »
Six cents ans suffisaient à faire six fois le tour des trous noirs en vertu du pacte.
C’était une durée inimaginable.
« Comment un humain peut-il vivre aussi longtemps ? »
Tandis que Yeongwoo affichait son incrédulité, Quiad baissa les yeux vers le jeune Maître du Vaisseau-planète, l’air calme.
— Cet univers regorge de choses incompréhensibles. Prolonger le temps pendant lequel on peut respirer n’a rien d’étonnant.
« C’est vrai, peut-être… mais j’ai beau y réfléchir, je n’arrive pas à m’y faire. Ça veut dire que je pourrai moi aussi vivre incroyablement longtemps, un jour ? »
— Si ta valeur atteint le grade 4 et que tu acquiers une importance cosmique, tu pourras toi aussi dépasser tes limites innées.
« … Ce satané grade 4. »
Yeongwoo fronça les sourcils malgré lui.
Et pourtant, étrangement, cette condition lui semblait acceptable.
Tous les êtres remarquables qu’il avait rencontrés jusque-là étaient au moins de grade 4.
Des êtres comme Lemu, par exemple.
Et dans la Mer des Statuts, n’était-ce pas à partir du grade 4 que les entités cessaient d’être représentées sous des formes fixes ?
Dans cet univers, pour être reconnu comme un grand être, il fallait précisément atteindre le grade 4 selon les lois de l’existence.
« Donc, si je ne deviens pas grade 4, je risque de ne pas vivre très longtemps. »
— Quoi qu’il en soit, les êtres vivent et meurent selon leur destin, pas selon leur espérance de vie.
« Ha, vous autres présidents, vous parlez vraiment comme si tout était facile. »
C’était sans doute le calme que conférait une puissance écrasante.
Mais pour Yeongwoo, qui n’était encore qu’une éphémère à côté de lui, ces belles paroles et ce calme étaient un luxe.
La seule chose qu’il pouvait — et devait — dire, pour l’instant, c’était :
« Alors, le reste de mon paiement est prêt au complet, hein ? Par le destin, bien sûr. »
À ces mots, Yeongwoo désigna la fenêtre. Une planète bleue, très semblable à la Terre, apparut dans son champ de vision.
— C’est Maden.
Mantero ajouta l’explication au moment idéal.
À ces mots, Quiad contempla la vue par la fenêtre, une émotion inhabituelle teintant son visage.
— Cela fait très longtemps.
Même pour quelqu’un qui avait dépassé le grade 4 et atteint le grade 3, six cent douze ans représentaient une durée immense à l’échelle d’une vie humaine.
« À bien y penser, c’est la première fois que tu reviens sur cette planète depuis six cent douze ans. »
— On peut dire ça.
« Mais si cette planète t’appartenait autrefois… ça veut dire qu’elle appartient maintenant à quelqu’un d’autre ? »
— Probablement.
« … Probablement ? Tu ne sais donc pas du tout qui en est le propriétaire actuel ? »
Après tout, comment Quiad, emprisonné à Pahalufe pendant tout ce temps, aurait-il pu connaître les changements survenus à l’extérieur ?
Mais la Chancelière Herisa avait forcément envisagé cette éventualité. Si elle avait choisi Maden comme lieu de rendez-vous, c’était donc pour une raison.
Bientôt, le Vaisseau terrestre entra dans la zone territoriale de Maden, et une transmission unilatérale arriva peu après depuis la planète.
Piaaat !
« Vous êtes entrés dans la zone territoriale de Maden. Visiteur, veuillez annoncer le motif de votre venue. »
Une annonce d’une grande courtoisie.
Puis apparut l’emblème…
« … Quoi ? »
En voyant le carré blanc apparaître au centre de l’écran de communication d’un noir absolu, Yeongwoo ne put s’empêcher de rester bouche bée.
S’il ne se trompait pas, c’était…
« Le… ? »
Avant même que Yeongwoo ait pu finir de prononcer le nom, Quiad s’avança vers l’écran, la voix empreinte de mécontentement.
— … Lemu ? Comment ce salaud sournois a-t-il pu s’emparer de ma planète ?
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