Chapitre 662
[Traducteur - Night]
[Relecteur - Gun]
Chapitre 662 : Duel secret (4)
Assister à une guerre ? Ça veut dire qu’une guerre a déjà éclaté ?
En réalité, cette fois, le système de l’Autorité ne faisait rien d’autre que lancer un avertissement.
Les prisonniers présents allaient bientôt s’entredéchirer.
Et de fait…
Shraaak !
Les prisonniers de grade 3 proches de Yeongwoo se mirent à attaquer avec une intention meurtrière.
— Enfin, l’heure est venue !
— Bien ! Profitons-en pour déterminer qui est le plus fort !
Quand des centaines d’êtres de grade 3 se rassemblaient pour se battre, cela devenait une guerre à part entière.
Kwaaaaeaeaeat… !
Des mouvements bien trop rapides pour que Yeongwoo en distingue seulement les contours jaillirent de toutes parts. Chaque fois qu’il percevait quelque chose d’étrange, il ne voyait qu’après coup une tête déjà écrasée contre le sol.
Non, mais quels tarés ! Ils vivent vraiment au jour le jour ? Ils se battent comme ça, sans prévenir ?
C’était le chaos absolu.
En plus, Yeongwoo n’arrivait même pas à savoir comment les Présidents distinguaient leurs alliés de leurs ennemis.
Et ce qui était encore plus incroyable…
Swaeaeaeaeak !
Malgré les innombrables lames et lames d’énergie qui fusaient sauvagement de toutes parts, Yeongwoo, au beau milieu de la mêlée, n’avait pas reçu la moindre égratignure.
Même dans une telle situation, tous s’acquittaient encore de leur obligation envers un bénéficiaire de leur grâce.
L’univers… est vraiment incompréhensible.
Quoi qu’il en soit, cette occasion permit à Yeongwoo de comprendre pourquoi il ne fallait jamais rassembler des malfaiteurs au même endroit. Il crut aussi enfin saisir pourquoi on les avait emprisonnés à Pahalufe.
Ils étaient capables de se comporter avec une telle imprudence moins d’un jour après s’être évadés.
Alors, avant leur emprisonnement, combien d’atrocités avaient-ils bien pu commettre ?
En plus d’être d’une humeur exécrable et imprévisibles, ils possédaient une puissance phénoménale.
Qu’est-ce que je suis censé faire, dans cette situation ? Je n’ai qu’à récupérer ceux qui survivront à la guerre ?
Yeongwoo tourna le regard vers le Vaisseau terrestre, dont la silhouette colossale se dressait au loin, quand quelqu’un lui agrippa brusquement l’épaule.
Kwaak !
« … ? »
Ce n’était autre que l’homme aux cheveux longs, Quiad.
— Vous comptez rester planté là ? Vous feriez mieux de partir tant que vous en avez encore la possibilité.
« Pardon ? Mais… »
Yeongwoo reporta son regard sur les prisonniers de grade 3 qui se livraient un combat acharné.
« Quand la bataille sera terminée, il restera au moins une centaine d’épées sans propriétaire. »
À ces mots, Quiad afficha pour la première fois un air abasourdi.
— Il était vraiment inévitable que vous finissiez avec nous.
Puis il désigna Tiape et Poachi, mêlés aux malfaiteurs, là-bas.
— Mais avant la fin du combat, ces deux-là seront morts.
« Ah. »
Autrement dit, s’il voulait sauver les deux bienfaiteurs, il devait quitter les lieux, sans se soucier du butin ou du reste.
Non, en fait, le rapport coût-bénéfice n’y est pas.
Du point de vue de l’équilibre de l’univers, sauver deux bienfaiteurs de grade 3 avait évidemment une immense valeur…
Mais moi, je joue petit. L’équilibre et tout le reste, je m’en fiche : ce qui compte, c’est de devenir plus fort, maintenant.
Pourtant, l’idée de rester là à attendre que les deux bienfaiteurs meurent ne lui plaisait pas non plus.
Si ça devait finir comme ça de toute façon, pourquoi s’être donné la peine de faire en sorte que ces gens croisent notre route ?
Pour la première fois, Yeongwoo posa la question à l’Ordonnateur.
Mais, bien entendu, il n’obtint aucune réponse et finit bientôt par prendre sa décision.
« Allons-y. De toute façon, impossible de prévoir comment ce chaos va se terminer, pas vrai ? On ne peut pas se permettre d’ajouter d’autres variables. »
À peine Yeongwoo eut-il parlé que Quiad s’élança comme l’éclair et fit face aux prisonniers qui s’en prenaient aux bienfaiteurs.
Puis, d’une voix basse, il s’adressa aux deux hommes qui semblaient déconcertés :
— Le Maître du vaisseau planétaire est peut-être rustre, mais il n’est pas mauvais. Allez le rejoindre avant qu’il ne soit trop tard.
— … !
À ces mots, Tiape et Poachi tournèrent les talons sans un mot et partirent vers Yeongwoo.
Ils savaient parfaitement à quel point il serait arrogant de faire les fiers au milieu de centaines de malfaiteurs de grade 3.
Paaaat !
Dès que les deux bienfaiteurs quittèrent leur position, les prisonniers tentèrent aussitôt de les poursuivre, mais Quiad leur barra la route.
Kaaaang !
— Si vous voulez aller plus loin, prouvez votre force.
* * *
Une évacuation d’urgence hors de l’arène de duel secret, désormais transformée en champ de bataille.
En voyant les deux bienfaiteurs courir vers lui, Yeongwoo demanda dans l’urgence :
« Et vous, Président Quiad ? »
Tiape jeta un rapide coup d’œil en arrière et répondit :
— On dirait qu’il nous fait gagner du temps. Ça ne me plaît pas de le dire, mais mieux vaut qu’au moins nous partions les premiers.
Tiape dirigeait Delmir, l’une des trois grandes familles de bienfaiteurs.
Il avait bien trop à perdre pour mourir ici sans raison.
« Non, mais quand même… des bienfaiteurs vont vraiment se retrouver redevables envers un malfaiteur ? »
— C’est un désastre que nous n’avions pas prévu. S’il y en a un qui l’a voulu, c’est probablement…
Le regard de Tiape se porta au-delà du ciel, vers l’univers.
Il sous-entendait que l’Ordonnateur tirait les ficelles.
— Quoi qu’il en soit, une dette reste une dette. Je n’oublierai pas ce qui s’est passé aujourd’hui.
À ces mots, Poachi croisait déjà le fer avec un prisonnier qui venait de surgir sur le côté.
Kwaeaeaeang !
— Si vous le voulez bien, dépêchons-nous ! Je ne peux pas prendre de vie !
Poachi cria ces mots tandis que Tiape se jetait dans la mêlée et tranchait la gorge du prisonnier.
Shraaak !
Son tempérament était aux antipodes de celui de Poachi, qui suivait une doctrine interdisant de tuer.
« Euh… ? Même comme ça, vous êtes un bienfaiteur : vous avez le droit de tuer votre adversaire ? »
Yeongwoo, les yeux écarquillés, posa la question, surpris. Tiape essuya le sang de sa lame et répondit :
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— Soumettre le grand mal est en soi un acte vertueux.
« Ah. »
Ayant compris dans les grandes lignes le tempérament de chacun, Yeongwoo tourna rapidement les yeux vers l’extérieur du champ de bataille.
Au loin, il aperçut un autre groupe de prisonniers rassemblés en une masse sombre.
Ce n’étaient autres que les malfaiteurs de grade 4 et inférieur.
Lorsque les Présidents avaient commencé à se battre, ils s’étaient éloignés pour ne pas être pris dans la mêlée.
« Nous devrions les emmener avec nous et partir. »
Tiape fixa Yeongwoo, stupéfait.
— Ne vaudrait-il pas mieux rétablir l’équilibre à cette occasion ?
Il suggérait de laisser ces prisonniers dans ce désert.
Mais ceux qui s’étaient rassemblés là-bas représentaient aussi des atouts pour l’avenir de Yeongwoo.
Après tout, chacun d’eux lui devait une grâce.
« Qu’est-ce que vous racontez ? Tous ces chefs, là-bas, sont de mon côté. »
Yeongwoo sortit une Pierre de retour de sa poitrine et se mit à courir vers les « chefs ». Tiape et Poachi n’eurent d’autre choix que de le suivre.
Car s’ils ne le faisaient pas maintenant, ils finiraient à coup sûr sur cette planète, avec les fous de grade 3.
— Comment les choses ont-elles pu tourner ainsi… ?
Tiape marmonna comme dans un rêve. Yeongwoo lui posa alors la question qui lui trottait dans la tête.
« Au fait, comment vous êtes-vous retrouvés ici, tous les deux ? Un duel secret entre bienfaiteurs ? »
— ……
Tiape hésita, ce qui ne lui ressemblait guère, puis Poachi Shalmoram prit la parole à sa place.
— Nous transmettions un art secret.
« Un art secret ? Comme une technique ultime ? »
— Il ne peut pas prendre de vie ; on ne peut donc pas parler de technique ultime.
« Non, je voulais dire… »
Yeongwoo fronça les sourcils, agacé. Tiape poussa un bref soupir avant de répondre :
— La famille Shalmoram n’a actuellement aucun successeur. Quelqu’un doit donc hériter de son art du sabre.
« Et cette personne… c’est vous, madame ? »
Yeongwoo jeta un coup d’œil à Tiape, qui acquiesça.
— À l’exception de Teroph, parmi les bienfaiteurs de cet amas galactique, c’est moi qui ai le plus de chances de survivre le plus longtemps.
« Mais vous avez failli mourir aujourd’hui. »
— ……
Sans doute à court d’arguments, Tiape referma silencieusement la bouche.
« Non, mais dans ce cas, ce ne serait pas plus logique de trouver un endroit sûr, bien gardé, pour recevoir l’enseignement ? Pourquoi venir jusqu’ici ? »
— L’art du sabre Shalmoram ne peut être pratiqué que par un seul être. Il ne doit donc jamais être divulgué à qui que ce soit. Même pas à un vassal de Delmir.
« Quoi ? Mais vous venez de dire que vous le transmettiez… »
— C’est pourquoi, une fois la transmission achevée, Poachi perdra la maîtrise de cet art du sabre.
« Quoi ? »
Un concept dont il n’avait jamais entendu parler de toute sa vie.
« Vous voulez dire que si vous enseignez votre art du sabre à quelqu’un, vous ne pouvez plus le pratiquer vous-même ? »
À quel point cet art du sabre était-il puissant ?
Est-ce pour ça que Quiad connaissait le nom de Poachi ?
Yeongwoo roula discrètement des yeux et jeta un coup d’œil au profil de Poachi.
Un art du sabre puissant, qu’on peut encore pratiquer même avec un seul œil…
Une autre question lui vint alors à l’esprit.
« Alors, une fois la transmission achevée, Maître Poachi ne servira plus à rien ? Qu’allez-vous faire pour vivre après ça ? »
La formulation était extrêmement impolie, mais Poachi ne s’en formalisa pas du tout.
— Je suis déjà en train de mourir. Le terme du voyage que l’univers m’a fixé approche.
« Ah, vous allez donc mourir de vieillesse. »
Dans cet univers, pouvoir mourir de vieillesse signifiait être aussi puissant que ça.
Autrement dit, pour éviter que l’art du sabre Shalmoram, si puissant, ne disparaisse complètement, Tiape recevait la transmission secrète.
Et, une fois celle-ci terminée, Poachi devrait se préparer à mourir.
« Hum. »
Yeongwoo se demanda quel âge avait Poachi, mais une question plus urgente se posait.
— M-Maître du vaisseau planétaire !
— Nous rentrons maintenant ?
— Vite ! Si nous ne faisons pas attention, nous allons nous faire entraîner dans le combat, nous aussi !
Les prisonniers de grade 4 et 5, qui avaient aperçu Yeongwoo courir vers eux, criaient dans la panique qu’il fallait battre en retraite.
Après tout, qui mieux qu’eux pouvait comprendre la terreur que représentaient les prisonniers de grade 3 ?
En réponse, Yeongwoo brandit la Pierre de retour et cria à tout le monde :
« Nous retournerons bientôt au Vaisseau planétaire ! Que ceux qui tiennent à la vie se rassemblent ici ! »
Des centaines de prisonniers se précipitèrent alors vers Yeongwoo. Peu après, un grondement colossal retentit au loin, et Quiad fendit les airs en s’élevant vers le ciel.
Puuuooong !
Il avait traversé le champ de bataille des prisonniers de grade 3 pour rejoindre le groupe de retour.
— Départ !
Depuis les airs, Quiad cria dans l’urgence.
Et pour cause : des prisonniers de grade 3 animés d’une intention meurtrière le poursuivaient de près.
Presque au même moment, la Terre transmit un message par télépathie.
○ Hé, tu es toujours en vie, pas vrai ? La Chancelière Herisa vient de m’envoyer un message.
Quoi ?
○ Si tu as un prisonnier, elle aimerait le recevoir au plus vite.
Ah.
En entendant cela, Yeongwoo tourna rapidement la tête vers Quiad, qui traversait les airs.
Le « prisonnier » dont parlait la Chancelière Herisa était probablement lui.
Kwaaaat !
De plus, Quiad descendait justement à cet instant au-dessus des têtes des prisonniers de grade 4. Yeongwoo appuya aussitôt sur la Pierre de retour et dit :
Dis à la Chancelière Herisa ceci : nous avons récupéré le prisonnier, mais il va falloir prévoir un supplément.
○ Un supplément ?
Elle reste humaine : si elle a un tant soit peu de conscience, elle a forcément prévu quelque chose, non ?
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