Chapitre 660
[Traducteur — Night]
[Relecteur — Gun]
Chapitre 660 : Duel secret (2)
Quand les Justes se battent-ils, au juste ?
Quand leur propre vie est en danger ?
Ou quand une grande crise frappe quelqu’un d’autre ?
« Non… Est-ce que ces gens se battent seulement, au fond ? »
Bien sûr, puisque le royaume de Shelbir, à Doatel, avait un ordre de chevaliers, les Justes ne se contentaient sans doute pas de rester plantés là à encaisser les coups sans riposter.
En fait, même lors de la Percée de Don de Jiseon et Jeonggu, les chevaliers de Shelbir ne s’étaient-ils pas montrés plutôt agressifs ?
Mais, à bien y réfléchir, le prince Aldo s’était opposé à la violence pendant l’examen d’ascension planétaire en débitant cette théorie absurde de l’équilibre… On aurait dit que les Justes avaient bien peu d’occasions de vraiment dégainer leur épée.
Après tout, comme ils ne commettaient pas de méfaits, les situations où il fallait recourir à une épée ne devaient pas être nombreuses.
« Mais quel genre de problème a bien pu pousser ces gens à se livrer à un duel secret ? »
Se pouvait-il que même les Justes soient animés par une soif de pouvoir ou un désir de combattre, et qu’ils se livrent à des duels clandestins depuis tout ce temps ?
Si c’était vraiment le cas, il risquait aujourd’hui de mettre au jour, sans le vouloir, un secret immense et terrifiant des Justes.
Et pas seul, mais aux côtés des pires criminels de Pahalufe, qui incarnaient tout le contraire.
Ziiiiing !
Enfin, le bruit des affrontements dans l’arène parvint aux oreilles de Yeongwoo.
Le Pavillon déchu était presque arrivé sur les lieux.
Et les duellistes étaient déjà presque entièrement absorbés par le combat.
Des traînées lumineuses multicolores devaient désormais fuser dans le ciel, mais ils étaient probablement trop concentrés pour même les remarquer.
Puis, enfin…
Boum !
À peine les présidents de tête s’étaient-ils posés dans la friche que de lourdes détonations retentirent l’une après l’autre.
Kwakwakwaang… !
Les centaines de prisonniers de troisième grade, avec le Pavillon déchu de Yeongwoo, s’écrasaient au sol.
« Hup ! »
Yeongwoo bondit hors du Pavillon déchu, qui s’était disloqué dans huit directions, et la lueur bleuâtre qui scintillait au loin s’évanouit d’un seul coup.
Les duellistes avaient enfin remarqué la présence d’intrus.
« … Qu’est-ce qui va se passer, maintenant ? »
Yeongwoo marmonna en regardant vers l’arène. L’homme aux cheveux longs, qui se tenait à ses côtés depuis il ne savait quand, croisa les bras et prit la parole.
— Ils sont plutôt forts. Ils ne vont pas s’agenouiller tout de suite.
« Ils sont plutôt forts ? Ne me dites pas que ce sont des êtres de deuxième grade ? »
À la question de Yeongwoo, l’homme éclata de rire, comme si c’était absurde.
— Ha ! Comme si c’était possible. Sinon, nous ne pourrions même pas rester ici sans leur permission.
« Quoi… ? Les êtres de deuxième grade sont vraiment si puissants ? Pourtant, il y a des centaines de présidents ici. »
L’homme leva alors la tête et contempla les hauteurs du ciel.
— Peu importe la puissance d’une planète, peut-elle rivaliser avec une galaxie ?
Autrement dit, les êtres de deuxième grade évoluaient à un tout autre niveau.
Après tout, même parmi les êtres de troisième grade, l’écart de prouesse martiale n’était-il pas déjà considérable ?
« Des centaines d’êtres de troisième grade ne pourraient même pas bouger ? Alors, ce n’est pas qu’une question de force brute. »
Peut-être existait-il un mécanisme, comme une autorité, qui empêchait toute insubordination ?
Mais puisqu’il existait clairement des armes capables de s’en prendre aux transcendants, les êtres de deuxième grade n’étaient sans doute pas absolument invulnérables.
« Avez-vous déjà rencontré un être de deuxième grade, monsieur ? »
À la question de Yeongwoo, l’homme le fixa d’un regard profond et pénétrant.
— Si tu me demandes si j’ai vu les limites de la puissance… oui. Je les ai vues plus souvent qu’assez.
« Mais de quoi est-ce qu’il parle ? »
Cette réponse si vague donna à Yeongwoo une furieuse envie de lui coller son poing dans la figure.
Mais il comprit vite qu’il ne pouvait pas se le permettre et dut se contenter de reprendre son souffle.
Était-ce ce que l’homme entendait par « les limites de la puissance » ?
— Ça a commencé.
L’homme tourna les yeux vers l’arène, et Yeongwoo suivit aussitôt son regard.
Il y vit des éclairs bleus et des flammes d’un noir de jais s’entremêler avec violence.
Les prisonniers, incapables de se retenir plus longtemps, avaient envahi l’arène et engagé le combat contre le duelliste inconnu.
« Quoi ? Ils ont attaqué tout de suite ? Il n’aurait pas dû y avoir au moins un échange de paroles ? »
— C’est ça, l’échange. Tu sauras bientôt comment ça se termine.
À peine l’homme eut-il fini de parler que trois traînées d’éclairs azur déchirèrent le ciel, tandis que des étincelles noires éclataient près du sol comme des feux d’artifice.
Chwiaaaaat !
En voyant ça, l’homme s’avança, l’air de s’y être attendu.
— Comme je le pensais, ils ne sont pas ordinaires.
« Ne me dites pas qu’un de nos présidents a perdu ? »
— « Un des nôtres » ? Il n’y avait qu’un seul prisonnier faible.
« …… »
L’homme aux cheveux longs se démarquait clairement des faibles.
Puis, sans prévenir, il saisit Yeongwoo par la nuque.
Kwaak !
« … Hein ? »
— Avec ton corps si lourd, tu n’arriveras pas à temps. Je vais t’aider.
« Q-quoi ? »
Alors que Yeongwoo reculait, stupéfait, l’homme se propulsa dans les airs.
Taaaat !
En l’emportant avec lui, il fendit l’air à toute allure, jusqu’à ce que Yeongwoo puisse enfin voir la scène.
« Ha… ? »
Les deux duellistes faisaient face aux centaines de prisonniers qui les avaient devancés.
« C’est Delmir ? »
La première chose qui attira le regard de Yeongwoo fut la silhouette entièrement enveloppée de tissu blanc.
Elle était encore moins équipée que les prisonniers présents et se distinguait par son casque blanc argenté, qui lui couvrait toute la tête.
Impossible de deviner facilement sa race, mais elle avait au moins des « membres ».
« Qui est cette personne de Delmir ? Vous le savez, monsieur ? »
Alors que Yeongwoo posait la question, toujours emporté dans les airs, l’homme aux cheveux longs laissa échapper un petit rire.
— Si c’est quelqu’un de Delmir qui ose tenir tête aux évadés de Pahalufe, il n’y en a qu’une.
[Traducteur — Night]
[Relecteur — Gun]
« Quoi ? Ne me dites pas que… »
— C’est Tiape Delmir, la dirigeante actuelle de Delmir.
« La dirigeante de Delmir ? »
Le fait que même cet homme aux cheveux longs, un être de troisième grade, se souvienne de son nom prouvait déjà qu’elle était un personnage important.
En outre, Delmir était l’une des trois grandes familles justes de l’amas de galaxies de Giufe.
Un amas de galaxies comptant des centaines, voire des milliers de galaxies, alors on pouvait sans exagérer qualifier cette famille de prestigieuse à l’échelle de l’univers.
« Et Delmir est une famille juste. Pourtant, sa dirigeante se trouve ici… ? »
C’était comme s’il assistait à un rassemblement de personnages qu’on aurait pu ne jamais croiser de toute une vie à errer dans l’univers.
Les figures les plus éminentes des factions des Justes et du Catalogue du Malfaisant n’étaient-elles pas toutes réunies ici ?
— J’avais entendu dire que les Justes avaient toujours de la chance, mais ce n’est peut-être pas toujours le cas.
L’homme marmonna avec un sourire en coin. Yeongwoo pencha la tête, et une nouvelle déferlante jaillit alors de l’arène.
Kwaaaaat !
L’un des prisonniers, qui se tordait comme de l’huile bouillante, fonça droit sur Tiape.
— Ce n’est qu’en affrontant le « mal » qu’on peut parler de véritable combat ! Je vais vous soumettre à une épreuve digne de ce nom !
Autrement dit, l’adversaire contre lequel Tiape s’était livré à un duel secret n’était pas non plus membre du Catalogue du Malfaisant.
Yeongwoo tourna instinctivement la tête vers celui qui se tenait à une dizaine de mètres de Tiape.
Contrairement à Tiape, enveloppée de tissu blanc, son adversaire portait une lourde armure couleur jade…
— Poachi Shalmoram.
« Hein ? »
— Tu ne le vois pas ? On dit qu’il manie une épée qui sauve des vies. C’est la première fois que je le vois, moi aussi.
« Vous ne l’avez jamais rencontré. Comment pouvez-vous en être sûr ? »
— Parce que cet homme borgne nous regarde sans prendre la fuite.
« … ? »
Autrement dit, il ne faisait que spéculer.
Mais cela signifiait aussi qu’il avait entendu dire que Poachi Shalmoram était borgne et d’une fermeté à toute épreuve.
« Même comme ça… comment peut-il en être aussi sûr ? »
Paradoxalement, Yeongwoo pensait lui aussi que l’adversaire devait être Poachi Shalmoram.
Plus précisément, il faisait confiance à l’intuition de l’homme aux cheveux longs, un puissant être de troisième grade de l’univers.
Une intuition aiguisée au fil du temps par les affrontements contre d’innombrables grandes figures.
« Si vous le dites, monsieur, c’est probablement vrai. »
À peine Yeongwoo eut-il parlé qu’un violent choc retentit au centre de l’arène.
Taaang !
Tiape venait d’engager le combat contre un prisonnier de troisième grade.
Elle maniait une épée courbe aux reflets multicolores, dont la forme évoquait davantage une faux, tandis que le prisonnier de troisième grade qui la visait brandissait quatre longues épées, une dans chacun de ses quatre bras.
Shwiaaaak !
Quatre lames fondirent sur elle depuis des directions différentes, en sifflant férocement.
En vérité, Yeongwoo ne parvenait même pas à suivre leurs mouvements des yeux. Il ne pouvait que constater que les coups s’échangeaient lorsque des traînées multicolores apparaissaient près du corps de Tiape.
Pipiping… !
Des sons aigus de frottement lui parvenaient avec retard, depuis au-delà des limites de sa perception.
« Merde, je n’arrive même pas à comprendre comment ils se battent. »
Après tout, c’était la première fois qu’il voyait un être de troisième grade se battre à pleine puissance.
Il avait beau être commandant de la flotte planétaire, il ne pouvait pas déchiffrer les mouvements désespérés d’un être de troisième grade.
« C’est frustrant… ! Pourquoi suis-je le seul à ne pas pouvoir voir ce spectacle rarissime ? »
Yeongwoo grinça des dents. L’homme aux cheveux longs lui jeta un coup d’œil.
— Tu n’arrives pas à voir, hein ?
« … Non. J’ai encore beaucoup de chemin à parcourir. Je n’arrive même pas à percevoir les mouvements d’une Juste. »
— Les Justes ne sont pas faibles. Ce que tu vois là, c’est de la puissance.
À peine l’homme eut-il fini de parler que le prisonnier qui croisait le fer avec Tiape fut projeté en arrière.
— … Kgh !
Il avait perdu un bras.
— Je vous ai fait assez honneur en ne vous prenant pas la tête. À présent, répondez. Qui êtes-vous, et comment nous avez-vous trouvés ?
Elle avait clairement remporté ce deuxième duel aussi, mais sa voix trahissait la peur ; même Yeongwoo la remarqua.
Elle savait mieux que quiconque qu’au moindre faux pas, sa tête pouvait rouler ici à tout instant.
Vu la nature des membres du Catalogue du Malfaisant, il ne serait pas étonnant qu’ils attaquent tous en même temps. Et elle avait déjà senti que la foule en face d’elle comptait plusieurs « véritables poids lourds ».
Surtout, l’apparition d’une telle légion de membres du Catalogue du Malfaisant de haut rang aurait dû être impossible.
L’homme aux cheveux longs se fraya alors un chemin parmi les autres prisonniers et s’avança.
— Vous avez un train de retard. Pahalufe est tombé.
Tiape, qui avait gardé son calme jusque-là, perdit instantanément contenance à ces mots.
— Quoi… ?
Pahalufe.
Une prison de haut rang placée sous la gestion directe du Bureau de la police spatiale.
Partout dans l’univers, on savait que chacun des prisonniers qui y étaient détenus était un grand criminel ayant causé d’immenses dégâts.
Et qu’une prison comme Pahalufe soit tombée…
— Alors, vous êtes…
Tiape contempla avec incrédulité cette masse de péché, qui dépassait désormais le millier d’individus.
Les prisonniers poussèrent leur rire sinistre caractéristique et prononcèrent des mots qui auraient sonné comme un cauchemar aux oreilles de n’importe quel Juste.
— Nous sommes les prisonniers de Pahalufe.
— L’équilibre a été rompu.
— On dirait que tout commence ici.
Les corps des prisonniers se mirent à trembler d’une façon inquiétante, et Tiape demanda précipitamment :
— C-comment ? Comment Pahalufe a-t-elle pu tomber ?
À ces mots, tous les grands criminels présents tournèrent la tête d’un même mouvement, comme s’ils s’étaient concertés à l’avance.
Vers l’endroit où se tenait, hébété, le Commandant de la flotte planétaire Jeong Yeongwoo.
[Traducteur — Night]
[Relecteur — Gun]