Chapitre 656
[Traducteur - Night]
[Relecteur - Gun]
Chapitre 656 : L’évasion de la Grande Prison (5)
Calcul du nombre d’évadés en vue de l’attribution des récompenses de réussite.
Cette explication ne tenait pas vraiment debout. Yeongwoo pencha la tête.
… Hein ? Quel rapport entre la récompense de réussite et le nombre d’évadés ?
Et, avant même cela, l’existence même d’une réussite appelée « Évasion de prison » avait de quoi surprendre.
Cela ne signifiait-il pas que le système des réussites transcendait jusqu’aux concepts universels du bien et du mal, ainsi que l’ordre de l’univers ?
Même un acte qui bouleversait profondément l’équilibre de l’univers pouvait être considéré comme une « réussite », pour peu qu’il soit remarquable.
Alors, même faire le mal à grande échelle rapporte une récompense… ? Plus j’en apprends, moins je comprends ce monde.
Mais quelle était donc la structure de cet univers ?
Et quelle entité régissait exactement ce système de réussites ?
« … »
Comme Yeongwoo le fixait d’un air perplexe, le système des réussites afficha la ligne suivante.
「Calcul en cours… 498.」
Il s’agissait probablement du nombre d’évadés recensés jusque-là.
Alors, ça compte non seulement les présidents, mais aussi nos patrons ?
Les détenus de grade quatre et inférieur que Yeongwoo avait libérés du quartier d’isolement entraient eux aussi dans le calcul de cette réussite.
「Calcul en cours… 842.」
Le nombre d’évadés dépassa alors les huit cents, puis un message annonça enfin la fin du calcul.
「Calcul terminé.」
「Au total, 1 176 évadés ont été recensés à la suite de l’« Évasion de prison ».」
« Mille cent soixante-seize… »
À peine Yeongwoo eut-il murmuré le résultat qu’une lumière se mit à briller au-dessus de la tête de tous les présidents présents dans la salle de pilotage.
Fwaaa !
— Hmm ?
— Qu’est-ce que c’est… ?
Un phénomène étrange, qui surprit même des êtres de grade trois.
Et pour cause : quand une lumière se rassemblait au-dessus de la tête de quelqu’un, c’était généralement le signe qu’on lui apposait une marque ou un sceau.
Et c’était bien une marque.
Piiiing !
Bientôt, lorsque la lumière s’estompa, un motif que presque personne parmi les personnes présentes n’avait jamais vu apparut.
— Qu’est-ce que c’est ?
— Un motif ?
— C’est… un blason familial, non ?
Tandis que les présidents scrutaient le motif au-dessus de leur tête avec perplexité, le groupe du Vaisseau terrestre, Mantero compris, resta bouche bée.
『Non, pourquoi est-ce que… ?』
Le motif en question n’était autre que l’emblème de l’artillerie navale de la Renaissance.
Les regards de tous les vassaux se tournèrent donc vers leur seigneur et, à peu près au même moment, une notification du système des réussites apparut devant Yeongwoo.
「À l’issue du calcul, 1 176 droits de réclamation de gratitude ont été délivrés.」
Des droits de réclamation de gratitude ?
Un terme qu’il n’avait jamais entendu.
Les détenus avaient peut-être eux aussi senti que quelque chose clochait, car les présidents présents dans la salle de pilotage levèrent les yeux vers le ciel.
— Le système est en train d’agir.
— Ça… est-ce que ce serait… ?
Les détenus de grade trois, du moins, semblaient pressentir ce qui allait se produire.
Peu après, l’homme aux longs cheveux se caressa le menton et prit la parole.
— En effet… nous tirer de Pahalufe serait considéré comme un service rendu.
« Un service rendu ? Qu’est-ce que vous voulez dire exactement ? »
— C’est l’une des lois fondamentales de l’univers. Nous appelons généralement ça une « dette ».
Le terme officiel était « service rendu ».
Dans le monde des méchants, on parlait plus couramment d’une dette.
En réalité, c’était assez proche d’une dette, ajouta l’homme.
— Un service rendu crée une dette inévitable. Quelles que soient les circonstances, le moment ou les conséquences, elle doit être remboursée.
Son explication était assez détaillée, mais Yeongwoo ne comprenait toujours pas tout à fait.
« Attendez un peu. Nous n’avons signé aucun contrat de prêt. Alors, qu’est-ce qu’ils sont censés rembourser, au juste ? »
L’homme balaya l’air de la main en répondant.
— N’importe quoi.
« N’importe quoi… ? »
— Si vous nous recroisez un jour, vous pourrez exercer votre droit de réclamation de gratitude.
« Et ensuite ? »
L’homme se contenta de répéter ce qu’il avait déjà dit.
— Une fois le droit de réclamation activé, nous devrons vous aider, quelles que soient les circonstances, le moment ou les conséquences. Même si cela entraîne la chute de notre famille, nous n’aurons pas le choix.
« Ah. »
Ce ne fut qu’à cet instant que Yeongwoo commença à comprendre.
C’était… une sorte de « devoir chevaleresque », n’est-ce pas ?
Et imposé par l’univers lui-même.
Lorsque l’aide apportée dépassait un certain seuil fixé par l’univers, elle se transformait en « service rendu », l’une des lois fondamentales de ce monde.
« Alors, si une bonne personne détenait des droits de réclamation de gratitude sur de nombreux méchants… »
— Il n’y a pas d’exception, même dans ce cas. Les méchants doivent s’acquitter de leur dette conformément au droit de réclamation.
« On pourrait donc obliger des criminels à faire le bien. »
— Si cela aide le détenteur du droit de réclamation, oui.
« Mon Dieu. »
À peu près au moment où leur conversation en arriva là, des messages système apparurent enfin devant tous ceux qui s’étaient échappés de Pahalufe, Yeongwoo compris.
「« Jeong Yeongwoo » s’est vu accorder des droits de réclamation de gratitude.」
「À partir de maintenant, il est interdit d’attaquer le détenteur des droits de réclamation. Cette restriction sera levée lorsque les droits de réclamation de gratitude auront été épuisés.」
Autrement dit, les 1 176 détenus rassemblés à bord du Vaisseau terrestre ne pouvaient pas attaquer Yeongwoo tant qu’ils n’auraient pas remboursé leur « dette ».
Ça… représente une dette colossale.
Yeongwoo cligna des yeux et les emblèmes de la Renaissance apparus au-dessus des têtes des détenus fondirent comme neige au soleil.
Cependant, le blason restait parfaitement visible dans son champ de vision.
Ah, je peux donc toujours reconnaître ceux qui me doivent un service.
[Traducteur - Night]
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Les détenus le pouvaient sans doute eux aussi.
« Dans ce cas, qu’est-ce qui va se passer, maintenant ? Les présidents sont devenus mes esclaves ? »
À cette question, l’homme aux longs cheveux ferma les yeux très fort.
— …Ce n’est pas comme ça que fonctionne un service rendu.
« Alors, comment ? »
— Ils vous rendent le service. Il faut que vous ayez besoin d’aide.
Autrement dit, il fallait qu’il soit en pleine crise ou dans une situation particulièrement difficile.
« Ah. »
Yeongwoo laissa échapper un son légèrement déçu.
« Par exemple, juste avant que Kaujo ne m’attrape… ? »
Cette fois, l’homme acquiesça.
— À ce moment-là, si quelqu’un portant votre marque se trouve dans les parages, vous pourrez lui réclamer son dû.
« Autrement dit, le président qui se trouvera près de moi à ce moment-là n’aura pas de chance. »
— Exactement. Même s’il doit se faire capturer à votre place, il devra assurer votre fuite.
« Oh ! »
— Mais n’oubliez pas ceci : vous ne pouvez pas exercer deux fois votre droit de réclamation sur la même personne.
En d’autres termes, il fallait réfléchir soigneusement avant de réclamer un service.
« C’est vrai, mais vu la taille de l’univers, mieux vaut sans doute les utiliser dès que j’en ai l’occasion. »
Mille cent soixante-seize détenus.
Chacun d’eux était assez célèbre pour avoir été enfermé à Pahalufe. C’était un nombre considérable, certes, mais n’étaient-ils pas tous destinés à se disperser bientôt dans l’univers ?
« Si cette obligation est aussi contraignante, les présidents ne vont-ils pas simplement m’éviter et s’enfuir ? »
— Je ne peux pas le nier.
L’homme poursuivit :
— Cependant, nous ne pouvons pas vous empêcher de nous chercher. Vous trouverez donc des moyens d’exercer vos droits de réclamation.
« Vous chercher ? »
— La marque du service rendu apparaît sur tout ce qui nous appartient. Si vous découvrez une planète sous ma domination, vous la reconnaîtrez immédiatement.
« Ah… plus votre pouvoir est grand, plus il vous sera difficile de m’échapper. »
Un débiteur aux quatre coins de l’univers.
Ce ne fut qu’à présent que Yeongwoo commença à comprendre ce qui l’attendait.
Il était devenu, comme il en avait autrefois rêvé, un être que l’univers tout entier redoutait.
Du moins, ces 1 176 détenus notoires trembleraient chaque jour, sans savoir quand ils risquaient de se retrouver mêlés aux affaires du Seigneur de vaisseau-planète et de voir leur vie partir en ruine.
Bien sûr, ce n’est pas tout à fait le genre de peur que j’imaginais… mais je suis quand même devenu quelqu’un d’important.
Tandis que Yeongwoo promenait son regard, Mantero, au siège du capitaine, fit son rapport en serrant les commandes.
— Nous avons complètement dépassé Pahalufe. Nous allons maintenant nous diriger tout droit vers le trou noir le plus proche.
À vrai dire, ils avaient dépassé les vestiges de Pahalufe.
La véritable évasion venait de commencer.
« Et les poursuivants ? »
À la question de Yeongwoo, Mantero projeta sur la baie vitrée de la salle de pilotage l’image de la caméra arrière du Vaisseau terrestre.
Piiiit !
Aussitôt, des murmures s’élevèrent parmi les présidents rassemblés.
— Il y en a plus que prévu.
— On peut vraiment… s’échapper ?
— Hé, combien de canons avons-nous ?
Après tout, à quoi bon avoir réussi à sortir de Pahalufe de justesse s’ils se faisaient rattraper pendant leur fuite ?
Bien sûr, certains faisaient aussi entièrement confiance au Vaisseau terrestre, qui avait déjà démontré sa puissance en détruisant Pahalufe.
— C’est un Vaisseau-planète. De simples vaisseaux de poursuite ne pourront pas l’abattre.
— Peut-on seulement détruire une planète lancée à une telle vitesse ? Le mieux qu’ils puissent faire, c’est d’atterrir ici directement.
— Nous sommes des centaines ici. Même s’ils parviennent à atterrir, impossible de nous capturer tous.
En réalité, seuls de petits vaisseaux de poursuite suivaient de près le Vaisseau terrestre. Les principaux vaisseaux de guerre, équipés d’armes lourdes, avaient pris du retard pour éviter les débris de Pahalufe.
Autrement dit, la stratégie de Mantero avait parfaitement fonctionné.
Tutututung !
Malgré tout, des détonations tonitruantes retentissaient sans arrêt à l’extérieur de la salle de pilotage, mais Mantero gardait son calme.
— Les tirs des vaisseaux de poursuite ne suffiront pas à percer facilement nos boucliers. Il nous suffit de garder nos distances avec la flotte et d’atteindre le trou noir.
Pour calmer les détenus agités, Mantero projeta l’image de leur destination sur la baie vitrée de la salle de pilotage.
Fwaaa !
Les détenus bruyants se turent aussitôt et tournèrent les yeux vers le trou noir affiché sur la baie vitrée.
— Oh…
— C’est donc ça, le « passage ».
Alors, l’un des détenus de grade trois tourna la tête vers Yeongwoo.
— Mais un trou noir… c’est aussi un corps céleste, n’est-ce pas ?
« C’est exact. »
— Il devrait donc avoir une volonté propre et une puissance immense. Comment pouvez-vous être sûr de pouvoir vous en servir comme d’un « passage » ?
C’était une question perspicace, digne d’un ancien président, mais qu’il ne pouvait poser que parce qu’il ignorait que Yeongwoo portait une malédiction destinée à se transmettre de génération en génération.
« Tout comme vous me devez une “dette”, je contracte moi aussi des dettes auprès des trous noirs pour ouvrir le passage. »
— Une dette… ?
Comme l’homme réagissait, déconcerté, Mantero augmenta la puissance et s’adressa à la salle de pilotage.
— Nous entrerons bientôt dans le domaine du trou noir ! L’environnement risque de changer brusquement, alors ne paniquez pas !
La voix de Mantero tremblait légèrement.
Entrer dans un trou noir avec plus d’un millier de détenus volés au Bureau de la police spatiale à son bord…
Pour Mantero, ancien chef navigateur royal, c’était ni plus ni moins que la plus grande transgression de sa vie.
Bientôt, une aura d’un noir absolu, aussi sombre que le Karma maléfique écrasant qui régnait à bord du Vaisseau terrestre, se mit à tout envelopper.
Alors, depuis l’autre côté des ténèbres, une voix retentit, vibrante d’excitation.
● Ah… c’est enfin mon tour ? Vous devez être le conteur dont tout le monde parle.
[Traducteur - Night]
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