Chapitre 654
[Traducteur — Night]
[Relecteur — Gun]
Chapitre 654 : La grande évasion de la Grande Prison (3)
Libérer les prisonniers de grade 4 et inférieur.
Pour ceux qui étaient enfermés dans l’Aile fermée, c’était l’occasion d’une vie ; pour Yeongwoo, cela pouvait marquer un tournant majeur dans le cours des événements.
Bien que les prisonniers de grade 3 fussent nombreux dans cet endroit, les êtres de grade 4 comptaient eux aussi beaucoup, même à l’échelle cosmique.
Comme il avait pu le constater de ses propres yeux dans la Mer des Statuts où il s’était rendu autrefois, les êtres de grade 4 prenaient la forme de structures immenses portant leurs propres symboles ; même un être de grade 5 s’était installé dans la mer sous la forme d’une montagne gigantesque.
Autrement dit, si les prisonniers de l’Aile fermée étaient libérés ici aujourd’hui, cela entraînerait un changement notable dans l’univers.
Si j’avais plus de temps, je pourrais leur faire payer des frais d’évasion.
Mais, comme il ignorait quand les renforts du quartier général du Bureau de la police spatiale arriveraient, il n’avait pas le loisir de traîner là à récolter de l’argent.
Libérer ou non les prisonniers de l’Aile fermée : il devait trancher sur-le-champ.
« … »
Une décision considérable, qui ne figurait ni dans le contrat conclu avec Herisa ni dans les prévisions de Yeongwoo.
Après avoir brièvement pesé le pour et le contre, Yeongwoo s’adressa à l’Aile fermée, d’où montaient des supplications désespérées.
« Tout le monde, silence ! »
Mais sa voix fut noyée par les hurlements des prisonniers.
Dans cette Aile fermée, dont les détenus étaient surtout des prisonniers de grade 4 et 5, on ne pouvait guère espérer entendre la voix d’un simple petit criminel.
Yeongwoo décida donc de changer de méthode.
Il n’éleva même pas la voix.
« Si vous ne vous taisez pas immédiatement, je vous laisserai tous ici et je partirai. »
Et, contre toute attente…
— … !
— Quoi… ?
— Qu-qu’est-ce qu’il vient de dire ?
Les innombrables prisonniers derrière les barreaux de l’Aile fermée se turent tous en même temps.
Puis, sans exception, ils tournèrent les yeux vers Yeongwoo.
Ils étaient enfin prêts à l’écouter.
Yeongwoo leva lentement le Bâtard que l’homme aux cheveux longs lui avait rendu, puis déclara :
« Dans ce monde de crapules, vous avez tous appris bien plus de choses que moi. Je vais donc m’adresser à vous comme à des aînés. »
— Des aînés… ?
— Alors, qui es-tu ?
Il s’attendait de toute façon à cette question.
Yeongwoo répondit sans hésiter :
« Je m’appelle Jeong Yeongwoo. Je suis le Chef de la Famille Renaissance. Et c’est moi qui vais vous tirer d’ici, mes aînés. »
— Ooooh !
— Alors, dépêche-toi de nous libérer !
— Vite !
Le vacarme reprit de plus belle.
Yeongwoo agita alors la main pour leur faire signe de se taire et reprit :
« Je ne sauverai que ceux qui répondront à ma question. »
— Quoi ?
— Qu-qu’est-ce que tu veux nous demander ?
Ils étaient déjà à bout d’impatience. Pourquoi faisait-il traîner les choses ?
Tandis que tous les prisonniers de l’Aile fermée trépignaient et collaient leur visage aux barreaux, Yeongwoo prit enfin la parole.
« Comment avez-vous dit que je m’appelais ? »
— … Hein ?
— Quoiiii ?
Le silence s’abattit un instant sur les lieux.
Puis, du fond de l’Aile, quelqu’un prit timidement la parole :
— Jeong Yeongwoo… de Renaissance ?
À ces mots, les prisonniers agrippés aux barreaux se mirent à crier tous en même temps.
— J-Jeong Yeongwoo !
— C’est Jeong Yeongwoo of Renaissance !
— Jeong Yeongwoo ! Le chef de Renaissance… !
Dans l’Aile fermée de Pahalufe, les noms de Renaissance et de Jeong Yeongwoo résonnèrent à tue-tête.
L’homme aux cheveux longs le fixa alors comme s’il avait affaire à un drôle de type.
— Tu as l’air d’aimer faire des choses intéressantes.
« Si je ne peux pas leur soutirer de l’argent, autant au moins leur faire connaître mon nom. Contrairement à vous, les présidents, je n’ai pas encore de réputation. »
Mais ce n’était plus le cas.
Au moins, tous ceux qui avaient vécu comme prisonniers à Pahalufe à cette époque s’en souviendraient.
Le nom de Jeong Yeongwoo, chef de Renaissance.
— Jeong Yeongwoo !
— Dépêche-toi de nous sauver, Jeong Yeongwoo !
Tandis que tous scandaient le nom de leur sauveur, Yeongwoo, l’individu à problèmes, finit par hocher la tête.
« Aujourd’hui, cette évasion se fera en mon nom. Moi, Jeong Yeongwoo, je vous souhaite bonne chance dans votre cavale. »
À peine ces mots eurent-ils franchi ses lèvres que l’homme aux cheveux longs abattit sa grande épée noire sur le sol.
CLANG !
La gigantesque grille de fer qui recouvrait le sol de l’Aile fermée se brisa net, ouvrant une brèche énorme. Des prisonniers de tous les rangs en jaillirent comme une nuée de chauves-souris.
— HAAAAAA !
— La liberté ! La liberté… !
— Ouvrez la sortie !
Peut-être parce qu’on leur avait même interdit de parler pendant si longtemps, ils couraient dans tous les sens à l’intérieur de l’Aile fermée en poussant des cris sauvages.
Les prisonniers de grade 3 qui étaient entrés dans l’Aile fermée après eux froncèrent les sourcils et marmonnèrent :
— Quelle plaie.
— On est obligés de se coltiner ces braillards ?
— Ils feraient de parfaits appâts pour les Kaujo.
À ce moment-là, l’homme aux cheveux longs écarta les prisonniers de l’Aile fermée comme on chasse des insectes, puis se dirigea vers la sortie scellée.
« C’est la dernière, maintenant, non ? »
Yeongwoo jeta un regard entre la sortie et l’homme. Celui-ci releva le menton.
— Les Kaujo auront déjà pris position de l’autre côté.
« Déjà ? Les renforts du quartier général sont vraiment si rapides ? »
— Le quartier général est très loin d’ici. Ceux qui sont là, ce sont les forces restantes stationnées sur les planètes voisines.
« Ah… Alors, il va falloir livrer un autre combat. »
— Mais cette fois, ce sera différent. Ça ne devrait pas poser de problème.
Contrairement à la bagarre à mains nues dans l’Aile de sécurité, la plupart des prisonniers de grade 3 étaient déjà armés.
De plus, les Kaujo qui les attendaient dehors ne pouvaient guère être plus nombreux que le gros des troupes qu’ils avaient affronté dans l’Aile de sécurité.
— Il est temps de goûter à nouveau à l’univers.
Sur ces mots, l’homme aux cheveux longs posa la main sur la sortie de l’Aile fermée. Bientôt, des motifs bleutés se répandirent sur tout le mur.
Comme lorsqu’il avait dégagé l’armurerie dans l’Aile de sécurité.
« Ah, ça recommence… ! »
Yeongwoo sentit qu’une explosion se préparait et leva l’Aratubank…
KWA-BOUM !
Une déflagration assourdissante déchira le mur de l’Aile fermée, y ouvrant un trou gigantesque.
Le vent mordant qui soufflait à l’extérieur de la paroi externe de Pahalufe s’y engouffra.
— Ahhh… !
— La liberté ! Le vent de la liberté !
— Allons-y !
Les prisonniers de l’Aile fermée furent naturellement les premiers à réagir à l’air extérieur.
Dès que le mur s’ouvrit, ils se ruèrent dehors comme des fous.
Frouf !
« On ferait mieux de se dépêcher, nous aussi. Je ne pourrai utiliser ma Pierre de retour qu’une fois dehors. »
Yeongwoo allait s’élancer après avoir vu près de la moitié des prisonniers franchir la paroi externe, mais l’homme l’arrêta.
[Traducteur — Night]
[Relecteur — Gun]
— Quand les flammes rouges apparaîtront, ce sera le moment d’y aller.
« Les flammes rouges… ? »
À peine Yeongwoo eut-il posé la question que des flammes écarlates jaillirent effectivement au-delà de la brèche.
« … Quoi ? »
— Le dispositif de contention à large portée des Kaujo vient de s’activer. On peut sortir, maintenant.
Au moment où l’homme acheva sa phrase, les prisonniers de grade 3 restants s’étaient eux aussi rassemblés derrière lui.
Eux aussi avaient deviné qu’il se passerait quelque chose lors du premier contact avec les renforts des Kaujo.
— Sortez, occupez-vous des Kaujo et regroupez-vous là où le vaisseau planétaire vous attend. Vous n’aurez qu’une seule chance de vous échapper.
Sur ces mots, l’homme se rua vers la sortie de l’Aile fermée. Les autres prisonniers de grade 3 dégainèrent à leur tour et s’élancèrent.
KWAaaaaa… !
Le vent mordant de Pahalufe hurlait à leurs oreilles.
Mais un bruit encore plus violent venait de l’extérieur de la paroi.
— GRAAAAH !
— Ne reculez pas ! Si vous voulez être libres, enfoncez leurs lignes !
— Qu’est-ce que vous foutez ? Vous voulez retourner ramper derrière les barreaux ?
— Les barreaux ? De quoi tu parles ? Si on perd ici, c’est l’exécution sommaire !
C’était le bruit des prisonniers de l’Aile fermée qui affrontaient les troupes d’intervention du Bureau de la police spatiale : les Kaujo.
Et la plupart combattaient les mains et les pieds entravés par des dispositifs de contention rouges.
Malgré tout, dignes des grands personnages de l’univers qu’ils étaient, ils tenaient tête à un peu plus d’une centaine de Kaujo.
Peu après, les prisonniers de grade 3 lourdement armés s’abattirent sur eux comme une catastrophe.
— Kaujo, c’est tout ce que vous avez envoyé ?
— Le destin vous a abandonnés.
— Pahalufe est déjà tombée… !
Ces prisonniers avaient déjà brisé les chaînes de cet enfer dans l’Aile de sécurité.
Une compagnie de Kaujo, même face au vent mordant, ne leur faisait pas obstacle.
KWAaaaaa !
Lorsque les présidents se jetèrent enfin dans la mêlée, entre les prisonniers de l’Aile fermée et la compagnie des Kaujo, le rapport de force bascula aussitôt.
■ Ah… !
Comme le cri des Kaujo le laissait entendre, les prisonniers prirent le contrôle du champ de bataille en un instant.
Les Kaujo qui croisaient déjà le fer avec les prisonniers de l’Aile fermée ne purent rien contre l’assaut des êtres de grade 3 ; en moins de trente secondes, toute la compagnie des Kaujo fut écrasée au sol.
Bon sang. On ne peut même pas appeler ça gagner du temps.
À l’extérieur de la prison, les présidents semblaient bien plus forts que lorsqu’ils s’y trouvaient encore.
De fait, ils se tenaient maintenant tous dans des poses majestueuses, les yeux rivés sur l’univers au-delà de la barrière de Pahalufe.
— Alors, où est le fameux vaisseau planétaire promis ?
Les présidents scrutèrent bientôt l’espace au-dessus de leurs têtes, à la recherche du prodige que le jeune Maître du vaisseau planétaire était censé avoir amené.
Yeongwoo tenta aussitôt de communiquer avec la Terre.
Où es-tu ? Tu attends toujours dans les parages, non ? On vient de s’évader !
Mais, pour une raison inconnue, la Terre ne répondit pas.
… Qu-quoi ?
Dans sa conscience, il ne sentait même plus la présence de la Terre.
Terre ? Où es-tu passée ? Si on reste plantés là, les présidents vont me battre à mort !
Rester indéfiniment à l’extérieur de Pahalufe, à se faire fouetter par le vent mordant, n’avait jamais fait partie du plan. Yeongwoo ne put s’empêcher de grimacer.
À cet instant, l’homme aux cheveux longs posa doucement la main sur son épaule et lui demanda à voix basse :
— Il y a un problème ? Tu n’as pas l’air dans ton assiette.
« C-c’est que… »
— Tant que le vaisseau planétaire n’a pas été abattu, tout va bien. Même si d’autres renforts arrivent, on pourra tenir un moment.
« Le vaisseau planétaire… abattu ? »
Yeongwoo n’avait jamais envisagé cette possibilité et ouvrit de grands yeux.
À bien y réfléchir, un bon moment s’était écoulé depuis que les Kaujo avaient déclenché l’alarme dans l’Aile de sécurité.
Il ne serait donc pas étonnant qu’on ait envoyé quelque chose contre le Vaisseau terrestre qui attendait à l’extérieur de Pahalufe.
Ils ne l’ont quand même pas abattu… si ?
Yeongwoo tourna les yeux vers l’espace lointain, la bouche ouverte. Enfin, une « présence » s’agita dans sa conscience.
○ Ho… !
… Oh ! Tu es où, là ?
○ C-chaud !
Quoi ?
Tandis que Yeongwoo, déconcerté, clignait vivement des yeux, les prisonniers autour de lui se mirent presque au même instant à marmonner et à pointer le ciel.
— Euh.
— Qu’est-ce que c’est ?
— Une comète… ?
Sentant lui aussi qu’il se passait quelque chose, Yeongwoo tourna la tête avec eux.
Et il la vit.
Quoiiii ?
Le Vaisseau terrestre, enveloppé de flammes, fonçait vers Pahalufe.
« Hic ! »
Pris d’un tel sursaut qu’il eut le hoquet, Yeongwoo vit l’homme aux cheveux longs pointer sa lame vers lui.
— Dis-moi. Cette chose, c’est bien… ?
Yeongwoo n’avait pas d’autre choix.
« Oui… ! C’est le vaisseau planétaire que nous sommes censés prendre ! »
[Traducteur — Night]
[Relecteur — Gun]