Chapitre 653
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Chapitre 653 : La Grande Prison (2)
Il était temps de déterrer le sol.
Autrement dit, n’était-il pas temps que les Présidents, qui étaient déjà en train de mettre Kaujo en pièces avec une simple épée, revêtent leur armure ?
« Vous voulez dire creuser le sol… au sens propre ? »
Quand Yeongwoo posa la question, l’homme aux longs cheveux lui saisit l’avant-bras au lieu de répondre.
— Prête-moi l’épée de Vesedel. Si tu m’en donnes la permission à la place de Dogo, ça devrait suffire.
Il demandait le Bâtard.
Même au beau milieu de ce chaos, le nom de « Dogo » pesait encore assez lourd pour qu’on lui demande poliment la permission.
Yeongwoo tendit donc le Bâtard à l’homme et déclara :
« Cette épée m’a appartenu autrefois, alors je t’en donne la permission. »
— Intéressant.
L’homme eut un sourire en coin.
Puis, tandis qu’il saisissait le Bâtard que Yeongwoo lui tendait, il le prévint :
— Accroche-toi bien à moi. Nous allons droit au cœur du champ de bataille.
« … Pardon ? »
Un être de troisième grade ne racontait pas n’importe quoi. Yeongwoo avait donc forcément bien entendu.
Et, de fait, l’homme se mit en mouvement.
Frouuuush !
Portant Yeongwoo à moitié en travers de son épaule, il bondit haut dans les airs.
Et ce n’était pas tout : il franchit la ligne de front où les deux forces s’affrontaient avec acharnement et fila droit vers le centre des rangs ennemis, où les Kaujo pullulaient.
« Hein ? Aaaah ! Monsieur ? »
En voyant le sol grouiller de Kaujo d’un noir de jais, Yeongwoo poussa un cri malgré lui, puis…
Vroum !
L’homme atterrit en empalant l’un des Kaujo sous ses pieds avec le Bâtard.
Aussitôt, les Kaujo qui les encerclaient se mirent à pointer leurs épées vers l’homme aux longs cheveux — et Yeongwoo — sans la moindre hésitation.
« Aaaaaah ! »
Yeongwoo ne put que se protéger derrière Aratubank en hurlant. En vérité, l’homme se chargea seul de tout le combat.
Crac-crac !
Avec une vitesse incroyable, il repoussa les lames jumelles qui fusaient de toutes parts… non, des huit directions.
Puis, dans une brève ouverture, il fit un geste du doigt et brisa à distance la nuque d’un Kaujo.
— Comme on pouvait s’y attendre d’une épée de Vesedel. Elle répond merveilleusement bien.
« Non, monsieur ! Les forces réunies ici sont de la taille d’un bataillon. Si nous nous enfonçons aussi loin, nous sommes déjà des hommes morts, non ? »
Même cet homme aux longs cheveux, lorsqu’il était jeune et entièrement équipé, n’avait pas pu tenir face à une compagnie de Kaujo.
Tout en croisant le fer avec les Kaujo qui l’attaquaient des huit directions, l’homme reprit :
— Les autres ne vont pas tarder à réagir.
« Réagir ? »
À peine Yeongwoo eut-il posé la question qu’une partie des prisonniers se rua vers l’endroit où se trouvaient l’homme aux longs cheveux et lui.
Fiiiiou !
Ils avaient volontairement prêté main-forte à ce qui revenait à une mission suicide.
Les attaques visant l’homme commencèrent naturellement à se disperser et, profitant de cette ouverture, il planta son épée dans le sol.
Crac !
La main qui tenait l’épée se mit alors à virer au bleu profond.
« … ? »
Yeongwoo ne savait pas de quoi il s’agissait, mais il pouvait au moins sentir qu’une énergie colossale réagissait dans l’avant-bras de l’homme.
Bientôt, même le Bâtard écarlate prit une teinte bleuâtre, tandis qu’un immense cercle magique se dessinait sur tout le sol.
« Qu’est-ce que… ? »
Yeongwoo écarquilla les yeux, pressentant qu’il allait se passer quelque chose. L’homme cria alors :
— Éloignez-vous !
À ces mots, les prisonniers de troisième grade qui combattaient les Kaujo à proximité bondirent tous dans les airs, et le sol explosa au même instant.
Piiiiouuuum !
Quand il avait parlé de déterrer le sol, tout à l’heure, il était bel et bien sérieux.
Bien sûr, Yeongwoo, qui se trouvait le plus près du point d’explosion, en reçut toute la puissance, tout comme l’homme aux longs cheveux.
Vroouuuum !
« Ouaaah ! »
Tandis que Yeongwoo gémissait derrière Aratubank, qu’il avait tout juste réussi à brandir, l’homme se tenait torse nu au milieu de la colonne de feu.
Et enfin…
Fouuuush !
Quand les effets de l’explosion s’estompèrent et que de la fumée grise commença à s’élever du sol, les Kaujo, qui avaient manié leurs épées en parfaite coordination, hésitèrent.
La raison en était…
Vroooom…
Une sorte de vibration qui montait du sol fracassé.
« Monsieur, qu’est-ce que c’est que ce bruit ? »
Yeongwoo passa la tête derrière Aratubank et posa la question. L’homme repoussa ses cheveux roussis en arrière et répondit :
— Le bruit des armes qui retrouvent leurs maîtres.
« Retrouvent leurs maî— »
Avant que Yeongwoo ait pu finir sa phrase, un son monta des profondeurs du sol.
Viiiiiiin !
On aurait dit des voitures lancées à toute vitesse dans un long tunnel.
Et puis…
Fchiiiiii !
Dans un déchirement de l’air, toutes sortes d’équipements jaillirent à travers la fumée grise.
« Hein… ! »
Des lames à l’aspect féroce, des casques, des armures, des bottes et même des accessoires.
La vue de tout cet équipement éparpillé dans les airs avait quelque chose de comique, mais la suite n’eut rien de drôle.
— Ah.
— Enfin.
— Le voilà.
Les prisonniers de troisième grade tendirent les mains, et l’équipement qui flottait dans les airs fila comme une flèche vers son propriétaire.
Fiiiiou !
En un clin d’œil, des dizaines de prisonniers s’étaient entièrement équipés, et cet événement bouleversa complètement la ligne de front.
Les prisonniers en armure formaient la pointe de la lance et s’enfonçaient profondément dans les rangs des Kaujo ; toute la situation bascula en un instant.
■ Arrêtez-les ! Ne laissez pas ces salauds sortir !
■ Déclenchez l’alarme !
Même si le cours de la bataille venait d’être complètement renversé, les Kaujo, dignes de la force de frappe la plus redoutable du Bureau de la police spatiale, tinrent leurs positions.
Quand la tête d’un camarade éclata juste à côté d’eux, ils ne lui accordèrent même pas un regard.
Et peu après, ils perdirent eux-mêmes la vie.
Chaque fois que cela arrivait, les grandes lunettes que portaient les Kaujo volaient en éclats, donnant l’impression que des feux d’artifice noirs explosaient de toutes parts.
« Bon sang. »
Un affrontement entre les plus forts, dont l’issue commençait peu à peu à se dessiner.
À un moment donné, les prisonniers s’étaient déjà emparés du secteur central du bloc de sécurité, et on s’était donc remis à « creuser ».
Piiiiouuuum !
Quelqu’un venait de déterrer une autre armurerie souterraine.
Fiiiiou !
À nouveau, des dizaines de pièces d’équipement jaillirent dans les airs avec un sifflement glaçant. Pour la première fois, l’homme aux longs cheveux leva le bras.
— Cela fait vraiment longtemps.
À peine eut-il prononcé ces mots qu’une immense épée à deux mains vint se loger dans sa paume, si grande qu’elle lui bouchait complètement un côté du champ de vision.
Une épée noire, dont la lame était si sombre qu’on aurait cru pouvoir s’y faire engloutir.
Puis une armure légère en métal bleu marine profond enveloppa tout le corps de l’homme.
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« … ! »
Et quand Yeongwoo vit la couleur de l’armure, il comprit.
« Du Katangdal… ? »
— Tu as l’œil.
L’homme saisit Yeongwoo de la main gauche et, de la droite, balança son épée à deux mains en avançant parmi les Kaujo.
Ta-ta-ta !
Puis…
Frouuuush !
Comme si l’espace lui-même avait été tranché, une trajectoire d’un noir de jais faucha tout un groupe de Kaujo.
Un seul coup suffit à faire disparaître un groupe de la taille de deux escouades.
*Merde… C’est donc pour ça que la première tentative de confinement a échoué.*
Et, à l’heure actuelle, l’homme ne portait pas la moindre pièce de son équipement mythique d’origine.
Dans la véritable « nature sauvage », il devait donc être encore bien plus puissant.
Yeongwoo comprit enfin pourquoi le Bureau de la police spatiale ne gaspillait pas ses ressources à s’occuper de petits criminels comme lui.
Des criminels monstrueux comme ceux-là accaparaient toute l’attention du Bureau.
D’une certaine manière, grâce à ces gros bonnets, des petits poissons comme Yeongwoo avaient pu grandir.
« Monsieur… non, Président ! Vous devez survivre et sortir d’ici ! »
Pris d’émotion, Yeongwoo cria à l’arrière de la tête de l’homme.
Un arc d’un noir de jais fendit aussitôt l’air, et les cadavres des Kaujo se séparèrent en deux avant de retomber en morceaux.
Fchaa !
— Nous avons déjà franchi le point de non-retour. Il ne nous reste qu’à nous évader.
À peu près au même moment, le sol explosa à nouveau de l’autre côté.
Vroooom !
Une autre armurerie venait d’être ouverte.
■ …… !
À cette vue, plusieurs Kaujo tournèrent légèrement la tête vers l’équipement qui venait de jaillir.
*Ils commencent enfin à vaciller.*
Même une force de frappe d’élite qui ne s’occupait que des gros bonnets ne pouvait échapper à l’influence du moral, tant qu’elle était composée d’êtres vivants.
Après tout, plus de la moitié des prisonniers de troisième grade étaient désormais armés.
Pendant ce temps, les Kaujo, qui remplissaient autrefois tout le bloc de sécurité, n’étaient plus que deux compagnies.
En vérité, tous les Kaujo présents ici pouvaient déjà être considérés comme morts.
La seule question qui restait était de savoir si leur mort serait vaine ou non.
— Grâce à toi, nous avons pu sauver beaucoup de vies, mais le temps nous est compté.
« Le temps nous est compté ? »
— Les Kaujo ont dû sentir la défaite venir et déclencher l’alarme. Des renforts du quartier général sont donc déjà en route.
« A-alors, ces gars-là… »
Yeongwoo regarda les Kaujo qui se battaient encore vaillamment. L’homme répondit brièvement :
— Ils gagnent du temps. Aucun d’entre eux ne croit qu’il en réchappera.
Cela valait non seulement pour les Kaujo, mais aussi pour les prisonniers de troisième grade présents ici.
Vroooom !
Une autre armurerie s’ouvrit et, pendant ce temps, une compagnie de Kaujo fut massacrée, dégageant pratiquement le chemin vers la sortie du bloc de sécurité.
— J’ai déjà vu mon propre destin de nombreuses fois. Cette fois, je miserai tout sur le tien.
Yeongwoo était peut-être un petit criminel, mais il était aussi une merveille de l’univers.
L’homme disait qu’il ferait confiance au chemin que Yeongwoo allait tracer.
Ta-ta !
Quand l’homme dépassa le secteur central du bloc de sécurité, le barrage de lasers, qui s’était brièvement calmé, reprit.
Piit, piiiiit !
Derrière eux, un bruit d’explosion sauvage annonça l’anéantissement de la dernière compagnie de Kaujo.
À la fin, les prisonniers avaient éliminé jusqu’au dernier soldat des forces du bloc de sécurité.
« … ! »
Yeongwoo se retourna et vit des prisonniers de troisième grade lourdement armés se précipiter en masse vers la sortie, tandis que des feux d’artifice noirs explosaient derrière eux.
*Qu’est-ce que… qu’est-ce que j’ai fait ?*
Une sueur froide lui perla soudain au front.
Avait-il commis une erreur irréparable, susceptible de bouleverser profondément l’équilibre de l’univers ?
« …… »
Comme Yeongwoo se tenait là, la poitrine nouée, l’homme fendit d’un seul coup la plaque de scellement qui fermait la sortie du bloc de sécurité.
Fchaaaa !
À cet instant, le bloc fermé, où des prisonniers de grade quatre et inférieur étaient enfermés derrière des barreaux de fer, s’étendit devant Yeongwoo et l’homme.
— Wouaaah !
— Une évasion ! C’est une évasion… !
— Libérez-nous aussi !
Les cris de prisonniers innombrables, qui avaient compris que le moment était venu et osaient désormais enfreindre la règle du « silence », résonnèrent.
L’homme baissa son épée noire à deux mains jusqu’au sol et demanda simplement :
— Décide vite. Tu veux les libérer eux aussi ? Herisa ne comptait sans doute pas aller jusque-là, mais si tu le souhaites, ils seront libres eux aussi.
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