Chapitre 652
[Traducteur - Night]
[Relecteur - Gun]
Chapitre 652 : L’évasion de la Grande Prison (1)
« Attendez, les armes de la Présidente sont dans l’aile de sécurité ? »
Cette fois, c’était vraiment difficile à croire.
Les armes appartenant aux êtres de grade trois étaient, neuf fois sur dix, des Mythes.
Et Yeongwoo ne possédait-il pas une Carte des mythes ?
« Mais il n’y a aucun Mythe ici… ? »
S’il y avait vraiment eu autant de Mythes ici, ils seraient apparus sur la carte comme des flammes vacillantes.
L’homme aux cheveux longs releva justement ce point.
— Tu as donc une « carte ».
« Oui, c’est ça. D’après ce que j’ai vu de mes propres yeux sur la carte, il n’y a pas le moindre Mythe ici. »
— Tu as raison. Il n’y a aucun Mythe à Pahalufe.
« Alors… qu’est-ce qu’il y a ici ? »
L’homme jeta un regard vers les autres prisonniers qui semaient le chaos à l’extérieur du quartier cellulaire.
— Presque tout ce que nous avions sur nous au moment de notre arrestation. On pourrait dire sans exagérer que tout le sous-sol de l’aile de sécurité est un immense arsenal.
« Presque tout… ? »
Autrement dit, tout ce qu’ils portaient au moment de leur arrestation, à l’exception des Mythes, dormait sous le sol de l’aile de sécurité.
« Dans ce cas, où sont passés tous les Mythes ? »
L’homme serra son poing vide.
— Ils sont scellés au quartier général du Bureau de la police, dans le district central. Même ta « carte » ne peut pas voir à l’intérieur. Pas plus qu’elle ne peut s’aventurer dans l’univers supérieur.
« Ah, le quartier général… »
Les Mythes scellés — non, confisqués.
Cela signifiait qu’il était impossible de récupérer un Mythe confisqué sans purger sa peine jusqu’au bout.
« Non, alors les Présidents ici comptent s’évader en étant prêts à abandonner leurs Mythes ? »
— Ils ne peuvent pas simplement écrire un autre Mythe ?
« … ! »
— Et un jour, le Bureau de la police lui-même tombera. Le karma s’est accumulé en quantité bien trop importante.
Il avait appelé « karma » les innombrables Mythes qui n’avaient pas été rendus à leurs propriétaires.
Un jour, les criminels lanceraient donc un assaut général et feraient tomber le quartier général du Bureau de la police.
« Attendez une seconde. S’ils n’ont pas récupéré leurs Mythes, c’est parce qu’ils ont essayé de s’évader… Ce n’est pas vraiment la faute du Bureau de la police, si ? »
Alors que Yeongwoo ruminait cette pensée qu’il n’arrivait pas tout à fait à formuler à voix haute, un fracas colossal retentit à l’extérieur du quartier cellulaire.
KRAAAAC !
« C’était quoi, ce bruit ? »
— La première barrière a cédé.
À peine eut-il fini de parler que l’homme saisit Yeongwoo par la nuque et le souleva haut dans les airs.
Frouuuf !
« Qu’est-ce que vous faites ? »
— Il est temps d’y aller, Seigneur planétaire.
« Quoi… ? Vous allez me trimballer comme ça ? »
Sans tenir compte de la protestation affolée de Yeongwoo, l’homme se précipita tout droit hors du quartier cellulaire.
Fiiou !
Et bientôt, Yeongwoo le vit lui aussi.
La barrière holographique qui bloquait l’entrée du quartier cellulaire.
Et, comme l’homme l’avait dit, la barrière était déchirée de toutes parts, probablement à mains nues par les prisonniers.
« Mais qu’est-ce que c’est que ça… ? »
Yeongwoo resta bouche bée. L’homme lui désigna, de l’autre côté de la barrière, les innombrables silhouettes qui s’agitaient dans le chaos.
— La force de frappe la plus puissante du Bureau de la police est stationnée dans l’aile de sécurité. Notre tâche consiste à retrouver le matériel enfoui sous terre avant qu’ils nous massacrent.
« Ah. »
Ce n’est qu’alors que Yeongwoo comprit enfin.
Voilà ce qu’ils voulaient dire en affirmant que seuls ceux qui s’armeraient les premiers survivraient.
« Même si les Présidents sont désarmés… la force de frappe du Bureau de la police peut tuer des êtres de grade trois ? »
Cela signifiait que chaque membre de cette force possédait une puissance martiale largement supérieure à celle de Yeongwoo, un Seigneur planétaire.
« Le pouvoir des institutions est plus redoutable que je le pensais… ! »
Tandis que Yeongwoo restait abasourdi, l’homme arracha d’une main un pan de la barrière et avança.
KRAAC !
À cet instant, des centaines de prisonniers de grade trois qui faisaient face à la force de frappe du Bureau de la police envahirent le champ de vision de Yeongwoo.
« Bon sang. »
Contrairement aux prisonniers, tous d’apparence différente, les membres de la force de frappe se ressemblaient trait pour trait.
Ils portaient une combinaison noire moulante, faite d’un matériau difficile à identifier, et de grosses lunettes reliées à de complexes dispositifs mécaniques.
À première vue, ils ressemblaient à des plongeurs tout de noir vêtus.
Leurs armes étaient également identiques : chacun des membres de la force de frappe tenait à ses côtés une paire d’épées jumelles noires.
— Regarde bien. Ce sont les Kaujo. Le jour où le quartier général du Bureau de la police t’arrêtera, tu les reverras.
Les Kaujo, la force de frappe la plus puissante du Bureau de la police.
Yeongwoo venait d’apprendre pour la première fois qu’ils participaient aussi aux opérations d’arrestation.
Après tout, il n’avait jamais été assez important pour les croiser.
« Les Kaujo… Alors, Maître, quand vous avez été arrêté, ils sont aussi intervenus en personne ? »
L’homme aux cheveux longs serra les dents avant de répondre.
— Oui.
« … »
Autrement dit, chaque prisonnier ici revivait en quelque sorte le moment de sa propre capture.
Tchiiiik.
Enfin, les prisonniers de grade trois et les Kaujo se mirent à tressaillir légèrement, tandis que les deux camps réduisaient lentement la distance qui les séparait.
Tout indiquait que le combat allait bientôt commencer.
Alors, avant qu’il ne soit trop tard, Yeongwoo s’empressa de demander :
« Maître. »
— Tu parles vraiment beaucoup.
« Quand quelqu’un se fait arrêter… combien de Kaujo viennent généralement ? »
L’homme, qui observait l’unité des Kaujo, tourna la tête vers Yeongwoo.
— Ça ne te regarde pas.
« Vous ne vous attendiez pas non plus à rencontrer un Seigneur planétaire aujourd’hui, n’est-ce pas ? Alors comment pouvez-vous prétendre connaître mon avenir ? »
À ces mots, l’homme esquissa un sourire amer.
— Tu as raison.
Puis il reporta son regard sur les Kaujo et reprit :
— La première fois, un peloton. La fois suivante, une compagnie entière.
« … ? »
Yeongwoo pencha la tête, sans comprendre exactement ce qu’il voulait dire. Mais un instant plus tard, il saisit.
« Deux fois… ? Le Bureau de la police vous a arrêté deux fois ? »
L’homme secoua légèrement la tête.
Il n’avait pas été arrêté deux fois.
« … Hein ? »
Cela signifiait qu’il y avait eu deux tentatives d’arrestation.
L’homme aux cheveux longs avait autrefois anéanti tout un peloton de Kaujo envoyé pour le capturer.
« Si on est assez fort pour tuer l’équipe venue nous capturer, on peut peut-être éviter la prison… ? »
Bien sûr, même lui n’avait visiblement pas réussi à vaincre une compagnie entière de Kaujo.
Et il avait fini par atterrir ici, à Pahalufe, où il retrouvait cette force de frappe de sinistre réputation.
Or, les forces rassemblées ici aujourd’hui formaient un bataillon de plusieurs centaines de Kaujo.
Les prisonniers, eux, étaient désarmés ; leur puissance martiale était donc forcément bien inférieure à celle qu’ils avaient au moment de leur capture.
« Vous voulez dire qu’on doit combattre ces monstres à mains nues ? »
Mains nues contre épées jumelles.
[Traducteur - Night]
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Yeongwoo fixait cette situation absurde sans réagir quand une idée lui traversa soudain l’esprit. Sans réfléchir, il cria de toutes ses forces :
« Attendeeeez ! »
À ces mots, les prisonniers de grade trois, mais aussi les Kaujo assoiffés de sang, tournèrent tous la tête vers Yeongwoo.
Ce fut un pur réflexe.
Et à cet instant, Yeongwoo…
Fiiiiiou !
La main serrée sur le Bâtard qu’il venait de récupérer dans le catalogue d’armes, il le planta dans le vide de l’aile de sécurité.
« Battez-vous à la loyale ! Armez-vous ! »
— Quoi ?
— … !
— Pas possible.
À ces mots, plusieurs prisonniers dotés de réflexes particulièrement vifs bondirent dans les airs et, au même instant, Yeongwoo prononça la formule.
« Apparais… Montagne des Épées numéro cent soixante-dix-huit ! »
KRAAC !
À peine Yeongwoo eut-il fini de parler qu’une immense fissure apparut dans les airs.
Puis d’innombrables lames jaillirent de la faille et s’abattirent en cascade.
KRAAAAAAAAA !
Comme une chute d’eau.
— La Montagne des É-Épées ?
— Attrapez une arme !
— Vite !
La Montagne des Épées leur permettait d’armer les prisonniers de grade trois.
Mais les prisonniers ne furent pas les seuls à rester stupéfaits par ce spectacle.
■ Kaujo ! Toutes les unités, à l’assaut !
■ Tuez-les avant qu’ils ne s’arment !
■ Bouchez les flancs !
Les prisonniers s’armant bien plus vite que prévu, les Kaujo se précipitèrent eux aussi désespérément sur la Montagne des Épées.
Bientôt, un bain de sang d’une brutalité inouïe éclata entre les prisonniers de grade trois et les Kaujo, la force de frappe la plus puissante du Bureau de la police.
« … C’est dingue. »
Même des gros bonnets à l’échelle universelle comme Lemu et Toma ne seraient probablement que de la chair à canon ici.
Ils se contentaient d’attraper les armes qui leur tombaient sous la main, mais la puissance de combat des êtres de grade trois armés était malgré tout terrifiante.
À partir de l’endroit précis où la Montagne des Épées s’était abattue, la formation des Kaujo, qui ressemblait à une marée noire, commença à se disloquer à toute vitesse.
KRAAAAC !
Les Kaujo ne prenaient appui que sur le sol de l’aile de sécurité, contrairement aux prisonniers de grade trois, qui grimpaient librement aux murs et au plafond pour les attaquer de toutes parts.
Certes, certains moururent avec six ou sept lames plantées dans le corps, mais pas un seul ne recula ni n’hésita.
À une exception près.
L’homme aux cheveux longs, qui retenait Yeongwoo à l’arrière de la formation des prisonniers.
« Maître ! Si je ne me trompe pas, vous êtes plutôt fort, même parmi les Présidents rassemblés ici, non ? Alors pourquoi… »
Yeongwoo le regarda d’un air accusateur. L’homme jeta un coup d’œil au Bâtard et répondit à voix basse :
— Parce qu’on n’a qu’une seule vie.
« … ? »
— Quelqu’un doit bien te garder en vie au milieu de ces pièges, non ?
« Des pièges ? »
Au moment où Yeongwoo répétait le mot, un étrange signal retentit du côté des Kaujo, dont la ligne de front s’était déjà effondrée.
— KIIIIAAAAAAK !
Aussitôt après, des points d’un blanc éclatant apparurent sur le sol, les murs et le plafond de l’aile de sécurité. Des lasers jaunes se mirent à jaillir de chacun d’eux.
Piiiing, piiiing !
Des lignes jaunes quadrillèrent l’espace, comme si quelqu’un jouait à faire des figures avec une ficelle.
L’attaque était si dense que ni les prisonniers ni même les Kaujo ne pouvaient l’éviter. Pourtant, aussi incroyable que cela paraisse, les Kaujo ne subissaient aucun dommage, même lorsque les lasers les touchaient.
Seuls les prisonniers voyaient leur chair disparaître sans laisser la moindre trace au moindre contact avec les lasers.
« C’est quoi, ce bordel ? Vous vous foutez de moi ? »
— Voilà pourquoi il ne faut jamais finir en prison. Fais attention à ne pas te faire trancher le cou par ces lasers.
À peine l’homme eut-il prononcé ces mots qu’un prisonnier qui se battait, entremêlé aux Kaujo sur la ligne de front, perdit soudain la tête et s’effondra au sol.
BOUM !
« Ah ? Président… ! »
Mais des lasers filaient aussi vers le cou de Yeongwoo ; l’homme le plaqua donc précipitamment au sol.
KRAAAAC !
— Ressaisis-toi. Personne ici n’a besoin que tu t’inquiètes pour lui.
En réalité, même avec le piège activé, c’étaient les Kaujo qui reculaient.
Les armes fournies par la Montagne des Épées de Yeongwoo avaient complètement bouleversé l’équilibre des forces.
Même si les têtes des prisonniers de grade trois étaient tranchées sous leurs yeux, les crânes des Kaujo se faisaient broyer plusieurs fois plus nombreux, tandis qu’ils étaient repoussés.
Puis, enfin…
GROOOOON… !
Un bruit semblable à celui d’un immense ventilateur en rotation retentit quelque part, et les lasers qui jaillissaient du sol se firent nettement moins fréquents.
« Maître… ce serait… ? »
Prompt à comprendre, Yeongwoo baissa les yeux vers le sol de l’aile de sécurité, et l’homme aux cheveux longs acquiesça.
— On dirait qu’on approche de l’arsenal. Il est temps de creuser.
[Traducteur - Night]
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