Chapitre 650
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Chapitre 650 : Le Bureau de la police spatiale (6)
— Y-Yeongwoo-nim… qu’est-ce que vous avez fait, au juste… ?
Shero.
L’officier chargé de la visite du Bureau de la police spatiale.
À cet instant précis, il assistait de ses propres yeux à une tentative d’évasion à Pahalufe, un événement qui, jusqu’alors, n’avait été transmis que sous forme de légende.
En effet, le Maître du vaisseau planétaire, surnommé la Sentinelle du Cosmos, n’était pas venu ici sans raison.
— Exécuteur-nim ! Veuillez ordonner le verrouillage… vite !
Enfin revenu à lui, Shero se redressa. Il s’était retrouvé étalé par terre sans savoir comment. De là, il vit Jeong Yeongwoo, couvert de sang… non, 2142, projeté dans les airs dans sa direction.
Le fouet de l’Exécuteur Ketu l’avait frappé et envoyé voler.
■ Espèce de malade, tu te rends compte de ce que tu viens de faire ?
La voix de Ketu tremblait comme les feuilles d’un tremble.
Il avait peur.
Après tout, dans quelques instants, les prisonniers de grade 3 prendraient le contrôle du bloc de détention.
Bien que Ketu fût responsable de Pahalufe, il ne possédait pas la puissance martiale nécessaire pour maîtriser des prisonniers de grade 3.
■ Merde.
Ketu appuya alors l’une après l’autre sur les pierres précieuses de sa ceinture et déclencha le verrouillage de Pahalufe.
Kiiiiiiiiing… !
Une longue alarme stridente retentit depuis les dispositifs mécaniques situés de l’autre côté des murs.
Le véhicule de transport qui était entré dans le bloc de détention s’embrasa soudain, puis se désagrégea. Dans le même temps, le disque blanc qui se trouvait à l’extérieur du bloc coulissa de nouveau, scellant la sortie.
■ … Hum.
Après avoir ordonné le verrouillage, Ketu rejoignit le mur près de la sortie hermétiquement close et s’y adossa, comme s’il avait fait tout ce qu’il pouvait.
Et, à peu près au même moment…
Kuu-kung, kugugugung !
Les prisonniers de grade 3, qui étaient tombés de l’impressionnante hauteur du plafond, commencèrent à pleuvoir sur le sol du bloc de détention.
Peut-être parce qu’ils étaient emprisonnés depuis si longtemps.
Comme ils tombaient tous sans la moindre résistance, on aurait presque dit, à première vue, que des cadavres s’abattaient en pluie.
— Ouh…
Malgré tout, Shero poussa un son étranglé, comme un sanglot, et rampa sur le sol jusqu’à l’endroit où Yeongwoo gisait face contre terre.
— 2, 2142… !
« Ah, monsieur Shero. »
Yeongwoo fut intrigué de voir qu’on l’appelait désormais « 2142 » au lieu de « Yeongwoo-nim », mais se contenta pour l’instant de tendre la main et d’attraper Shero par l’épaule.
« Vous allez bien ? Qu’est-ce qui va se passer, maintenant ? »
L’endroit où le fouet de Ketu l’avait frappé était déjà presque entièrement guéri.
Yeongwoo se redressa donc lentement et regarda autour de lui.
Pour l’instant, aucun renfort n’avait été envoyé dans le bloc de détention.
Ketu, les quelques gardes qu’il avait amenés et Shero : voilà tout le personnel du Bureau de la police spatiale présent dans le bloc.
— D-dans quelques dizaines de secondes, les prisonniers pourront bouger. Et à partir de là…
« Et à partir de là ? Qu’est-ce qui va se passer ? »
À la question de Yeongwoo, Shero se mit à trembler violemment.
— Nous allons tous mourir. Et vous aussi, 2142…
« Ghk ! »
« … ? »
Shero se tordit soudain au niveau de la taille alors qu’il tentait de poursuivre.
Yeongwoo se leva précipitamment, alarmé, et vit, parmi la montagne de prisonniers de grade 3, l’un d’eux tendre le bras vers Shero.
« Hein ? »
Un prisonnier avait déjà retrouvé sa mobilité.
« H-Hé, attends ! »
Yeongwoo agita le bras vers lui, pressentant le danger…
Crac !
Le corps de Shero se tordit horriblement, comme une pâtisserie torsadée.
« … Monsieur Shero ? »
Kuuung !
Shero s’effondra sur le sol, sans le moindre mouvement, et Yeongwoo aperçut bientôt, à l’intérieur de la vitre translucide qui lui couvrait la tête, une substance vert foncé étalée partout.
Comme il l’avait lui-même prédit : Shero était mort.
« Cinglé. »
Bien qu’un membre du Bureau de la police spatiale vînt de mourir, Ketu et les gardes ne bougèrent pas d’un pouce devant la sortie hermétiquement close.
Ils savaient donc déjà qu’une fois les prisonniers libérés, tout le monde mourrait.
Alors que Yeongwoo restait là, bouche bée, le prisonnier qui avait tué Shero finit par se relever.
Ssswk.
Entièrement nu, l’individu avait quatre yeux et le corps couvert d’étranges motifs tatoués.
Les quatre yeux étaient de couleurs différentes et, pour une raison inconnue, l’un d’eux était étroitement clos.
— C’était toi ? Celui qui a provoqué tout ce grabuge.
Trois de ses yeux se tournèrent simultanément vers Yeongwoo.
Celui-ci resta planté là, embarrassé, une lettre à la main.
« Euh… oui. C’est bien moi, mais… »
Les derniers mots de la lettre que la Présidente Herisa lui avait demandé d’apporter se résumaient à « rouge-vert-rouge-rouge-bleu », et cela posait un problème bien précis.
Putain, c’est qui, mon client ?
Impossible de savoir quel être de grade 3 la Présidente Herisa voulait qu’il libère.
Bien sûr, le contrat se résumait à « lire la lettre à voix haute devant Ketu ». Techniquement, Yeongwoo n’avait donc rien d’autre à faire ici.
Mais si les prisonniers ne parvenaient pas à s’évader, Yeongwoo ne pourrait pas non plus quitter Pahalufe sain et sauf.
« Alors, euh… peut-être que… »
Yeongwoo s’apprêtait à lever la lettre et à demander à l’homme s’il connaissait la Présidente Herisa quand…
■ Tous les détenus, écoutez-moi !
Ketu, qui bloquait la sortie, leva bien haut son fouet et cria.
■ Le bloc de sécurité est déjà prêt à procéder aux arrestations ! Vous ne quitterez pas Pahalufe, quoi que vous fassiez !
À ces mots, les prisonniers de grade 3 qui commençaient à peine à bouger, y compris l’homme aux quatre yeux, ricanèrent doucement.
— Ah, Ketu.
— Te revoir « dehors », c’est presque nostalgique.
— Je sens que tu as peur.
Les prisonniers lançaient leurs remarques à leur guise, ignorant complètement les menaces de Ketu.
Et pourtant, ils étaient encore officiellement enfermés dans la prison.
Cela dit, Ketu n’était pas un homme ordinaire non plus. Digne de celui qui était responsable de Pahalufe, il fit claquer son fouet devant les centaines d’êtres de grade 3 qui commençaient lentement à dégager une aura meurtrière.
Chwaaaat !
Le fouet de Ketu fendit l’air du bloc de détention dans un claquement sec.
■ N’oubliez pas ! Quiconque gagnera du mérite en empêchant cette tentative d’évasion pourra voir la moitié de sa peine réduite. Et…
Ketu allait ajouter que ceux qui ne souhaitaient pas s’évader pouvaient rester où ils étaient, lorsque…
Poooooong !
La tête de Ketu explosa.
… Quoi ?
L’un des centaines de prisonniers avait fait un geste et tué Ketu.
Bien sûr, personne dans la foule ne prit la peine de chercher le coupable.
— Enfin un peu de calme.
— S’il n’avait pas agité ce fouet, il aurait peut-être vécu un peu plus longtemps.
— Bon, maintenant, débarrassons-nous des autres et discutons.
Débarrassons-nous des autres.
À peine ces mots prononcés, les corps des gardes qui se tenaient près du cadavre de Ketu furent projetés dans toutes les directions.
Ces tarés… Ils tuent les gardes comme on écrase des insectes.
Tous les prisonniers présents étaient des êtres de grade 3, des figures puissantes de l’univers.
Yeongwoo ne fut donc pas surpris qu’un garde ait été tué aussi facilement.
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Ce qui le stupéfia, c’était qu’ils aient tué des fonctionnaires du Bureau de la police spatiale sans la moindre hésitation.
Pour les prisonniers d’ici, des notions comme « les conséquences » ou « les limites à ne pas franchir » n’existaient tout simplement pas.
Faut-il être aussi extrême pour finir emprisonné par le Bureau de la police spatiale… ?
Alors que Yeongwoo commençait enfin à comprendre où il avait atterri, les prisonniers se rassemblèrent devant la sortie du bloc de détention.
— Derrière cette porte, il y a le bloc de sécurité. Ceux qui ne veulent pas partir peuvent reculer.
Une procédure étonnamment courtoise.
En réponse, environ quarante pour cent des prisonniers reculèrent effectivement.
Il s’agissait sans doute de ceux qui avaient déjà purgé une longue peine ou de ceux qui comptaient réduire la leur en empêchant l’évasion, plutôt que de risquer leur vie en tentant de s’enfuir.
— Ils sont pas mal, en fait.
— J’ai vraiment été emprisonné avec des lâches pareils ?
— Autant les abattre ici et maintenant.
Comme on pouvait s’y attendre, ceux qui avaient choisi l’évasion se mirent aussitôt à les huer, et les prisonniers d’en face leur montrèrent les dents.
— Et si vous franchissez le bloc de sécurité ? Vous ferez quoi, après ?
— Vous comptez nager pour sortir de la juridiction du Bureau de la police spatiale ?
— Le verrouillage a été activé. Tous les vaisseaux de Pahalufe auront été détruits. Même si vous passez le bloc de sécurité, vous ne pourrez toujours pas vous échapper.
Les deux factions de prisonniers étaient entièrement composées d’êtres de grade 3.
Les mots fusaient, mais personne n’en venait aux mains aussi inconsidérément qu’auparavant.
Malgré le déséquilibre numérique, tout le monde savait que si les deux camps s’affrontaient vraiment, aucun ne s’en tirerait sans verser beaucoup de sang.
Finalement, quelqu’un du camp opposé à l’évasion désigna Yeongwoo.
— Qui l’a amené ici ? Quelqu’un a forcément déclenché toute cette histoire au départ.
« … ! »
Yeongwoo tressaillit…
Tap.
Quelqu’un s’approcha de lui par-derrière sans un bruit et posa la main sur son épaule.
« Qui… ? »
Yeongwoo se retourna, la chair de poule lui parcourant la peau, et aperçut un grand homme dont de longs cheveux dissimulaient la moitié du visage.
« Hein ? »
Le premier « humain » qu’il avait vu dans cet endroit.
Et Yeongwoo comprit instinctivement.
C’était cet homme que la Présidente Herisa voulait faire libérer.
C’est donc mon client !
Yeongwoo resta bouche bée, incapable de poursuivre, tandis que l’homme en question désignait les prisonniers regroupés à leur gauche et à leur droite.
— Pour franchir le bloc de sécurité, il faut mobiliser le plus de prisonniers possible. Mais si autant d’entre eux restent ici, l’évasion échouera. En réalité, ça ne fera que donner au Bureau de la police spatiale un prétexte pour procéder à des exécutions.
Puis il resserra légèrement la main posée sur l’épaule de Yeongwoo et poursuivit :
— Alors, dis-moi. Pourquoi Herisa t’a-t-elle choisi ? Donne-nous la réponse.
Dès qu’il eut fini de parler, des centaines de regards d’êtres de grade 3 convergèrent vers Yeongwoo seul.
« Ah… non, merde. »
Il devait maintenant trouver une réponse quelconque pour les plus grands criminels de l’univers.
Après un instant de réflexion, Yeongwoo sortit un autre objet qu’il avait gardé dans sa poche.
Sssk.
Ce n’était autre que la Pierre de retour du Vaisseau terrestre.
Naturellement, elle ne pouvait pas s’activer dans le bloc de détention, mais elle devrait fonctionner dans cette région glaciale et venteuse qu’il avait aperçue en arrivant ici.
Yeongwoo leva donc la Pierre de retour bien haut.
Hwaeet !
Les centaines de prisonniers de grade 3 relevèrent la tête d’un même mouvement et demandèrent :
— Qu’est-ce que c’est ?
— C’est ça, la réponse que tu as apportée ?
— Parle, gamin. Cet objet peut nous sauver ?
L’homme aux longs cheveux pressa lui aussi Yeongwoo de répondre.
— Si tu as quelque chose à dire, mieux vaut te dépêcher. Une fois que ton cou commencera à se tordre, je ne pourrai plus rien pour toi.
Yeongwoo leva aussitôt les yeux vers le plafond du bloc de détention et déclara :
« Mon vaisseau est actuellement amarré à l’extérieur de Pahalufe pour vous embarquer tous. »
Le silence tomba un instant.
Puis des soupirs s’élevèrent.
— Un vaisseau ?
— À peine sortis de Pahalufe, vous le verrez sombrer.
— Une tentative bien stupide.
— Ha…
Les prisonniers étaient très déçus d’apprendre qu’un seul vaisseau les attendait.
L’homme aux longs cheveux se tourna lui aussi à moitié vers Yeongwoo, comme s’il n’en croyait pas ses oreilles.
— Un vaisseau ? Tu dis que tu n’en as amené qu’un seul ?
Yeongwoo secoua la tête.
« Tu crois vraiment ? »
— Alors ?
« Ce que j’ai amené… c’est un vaisseau planétaire. »
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