Chapitre 649
[Traducteur — Night]
[Relecteur — Gun]
Chapitre 649 : Le Bureau de la police spatiale (5)
« Mais à quoi diable cette lettre réagit-elle, là ? »
Yeongwoo cligna rapidement des yeux.
Comme la Chancelière Herisa — dont les manigances n’avaient rien d’ordinaire — la lui avait remise, et qu’elle contenait même une mission rémunérée à hauteur de cinquante milliards, il avait déjà deviné qu’il s’agissait de quelque chose d’inhabituel.
C’est pourquoi il avait naturellement supposé que le sceau ne se libérerait qu’une fois qu’il serait proche de Ketu.
Mais cette réaction, maintenant…
« Ce n’est pas à cause de Ketu. Si c’était le cas, la lettre aurait commencé à chauffer dès l’entrée du quartier de détention. »
À cette pensée, Yeongwoo leva naturellement les yeux devant lui.
Ketu et les gardes avaient déjà pris place. À cet instant, Shero venait de grimper sur la grande plateforme au-dessus d’eux et leur faisait signe de le rejoindre.
« Non, c’est pas possible. »
Le transport du quartier de sécurité.
Autrement dit, le moyen de rejoindre directement le quartier de détention où étaient emprisonnés les êtres de classe 3.
Et à cet instant, Shero cria d’un ton pressant :
— Dépêchez-vous ! Nous partons !
En réalité, des lumières s’étaient déjà allumées sous la plateforme. Yeongwoo s’y hissa donc à toute vitesse.
Flouf !
Puis Shero s’avança vers le centre de la plateforme, près des gardes, et déclara :
— Faites attention à ne pas tomber. Tout le quartier de sécurité est truffé de pièges.
« Des pièges… ? »
Yeongwoo n’avait pas encore fini de pencher la tête, perplexe, que la plateforme qui les transportait tous s’élança.
Frrrrrrrr !
— Oui. Tout le quartier de sécurité est équipé de dispositifs défensifs destinés à capturer de nouveau les détenus évadés. À chaque pas, un piège différent se déclenche.
« En gros, c’est un mixeur à évadés, cet endroit… ? »
Yeongwoo contempla avec horreur le quartier de sécurité, aménagé dans une immense structure cylindrique.
— Sans marque de sécurité, même un garde de Pahalufe ne peut pas circuler librement dans le quartier de sécurité.
« Qui a ces marques de sécurité ? »
À la question de Yeongwoo, Shero jeta discrètement un regard vers les coins plongés dans l’ombre qui parsemaient le quartier.
— Seuls les agents affectés au quartier de sécurité et l’Exécuteur Ketu, responsable de Pahalufe, possèdent une marque de sécurité.
Autrement dit, même les gardes qui accompagnaient Ketu n’étaient pas assurés de survivre s’ils venaient à tomber au fond du quartier de sécurité.
« Non… Ils pourraient au moins laisser passer leurs collègues, non ? »
— Les détenus du quartier de détention ont tous de puissants soutiens. Même en ce moment, hors de Pahalufe, les tentatives de les faire évader ne cessent pas.
« … »
Pour une raison ou une autre, Yeongwoo eut l’impression que sa conscience le titillait.
Pendant ce temps, Shero baissa encore la voix.
— C’est rare, mais il arrive qu’un garde soit acheté par des forces extérieures. C’est pour cela que l’accès aux marques de sécurité est extrêmement restreint.
« … C’est vrai. Dans cet univers, quand on a assez d’argent, on peut faire faire n’importe quoi à n’importe qui. »
En prononçant ces mots, le visage de Yeongwoo s’assombrit nettement.
Après tout, il venait de se dire qu’il était peut-être lui-même venu ici pour faire évader quelqu’un en échange de cinquante milliards.
« Est-ce que je pourrai seulement sortir d’ici… ? »
Heureusement, en tant que visiteur, il avait pour l’instant pu constater de ses propres yeux le niveau de sécurité de Pahalufe.
Un niveau qui dépassait de loin la simple sévérité.
Et s’il causait des problèmes ici et finissait emprisonné à Pahalufe…
« Terrifiant. »
Bien sûr, l’obligation de cinquante milliards était restée à bord du Vaisseau terrestre. Même s’il ne parvenait pas à s’échapper, il lui suffisait de finir de lire la lettre pour pouvoir au moins léguer cinquante milliards de karma à son successeur.
Mais à quoi cela lui servirait-il ?
« Sans moi, cinquante milliards ne suffiront pas à rétablir notre position actuelle. Au mieux, ils baisseront la queue et prendront la fuite chaque fois qu’ils tomberont sur un ennemi. »
Il devait donc sortir d’ici sain et sauf, coûte que coûte.
« … »
Tandis que Yeongwoo scrutait lentement les alentours depuis la plateforme, Shero s’approcha et lui murmura tout bas :
— Monsieur Yeongwoo, vous avez l’air anxieux.
« Je suis un criminel, après tout. J’ai l’air de quelqu’un qui ne serait pas anxieux ? Vous venez de dire qu’on allait entrer dans la zone la plus sécurisée. »
— Malgré tout, vous êtes officiellement un visiteur. Vous n’avez donc pas à vous inquiéter. L’Exécuteur n’a aucun motif pour vous détenir.
À moins qu’un tel motif ne se présente bientôt.
« … »
Peu convaincu, Yeongwoo fixa le passage devant lui.
Il vit alors un point blanc grossir rapidement.
— C’est l’entrée du quartier de détention.
Le quartier de détention.
La prison la plus sécurisée de Pahalufe, où étaient enfermés les détenus de classe 3.
L’entrée du quartier de détention était une porte circulaire en métal blanc.
Comme la porte d’un coffre-fort.
Kiiiiing… !
À l’approche de la plateforme qui transportait Ketu et les visiteurs, le disque blanc émit un signal aigu et commença à glisser sur le côté.
« … La vraie prison commence donc ici. »
Les êtres de classe 3 étaient des individus comme le Président ou Mara.
Autrement dit, au-delà de ce point s’étendait un lieu où étaient emprisonnées des personnes qui, aux yeux de Yeongwoo, étaient aussi imposantes que le ciel lui-même.
Trdrdrdrk !
Bientôt, le disque blanc s’ouvrit complètement et la plateforme sur laquelle se trouvait Yeongwoo s’enfonça lentement.
Dans l’entrée parfaitement circulaire du quartier de détention.
Fouuuuu…
Le transport du quartier de sécurité, avec les gardes et Yeongwoo à son bord, s’arrêta net à la frontière entre le quartier de sécurité et celui de détention.
Yeongwoo put ainsi voir l’intérieur du quartier de détention, soigneusement dissimulé par le quartier de sécurité.
« … Mon Dieu. »
Du blanc.
Tout était blanc.
L’étrange matériau qui recouvrait l’immense sol s’étendant à perte de vue, les murs qui s’élevaient haut dans le lointain… Tout était blanc.
Et, tout au fond, au-dessus de ces murs vertigineux…
« Qu’est-ce que c’est que ça ? »
Yeongwoo resta bouche bée.
Des centaines de cubes opaques flottaient dans les airs, à l’intérieur du quartier de détention.
Dans chacun d’eux se dessinait une silhouette, toutes de formes différentes.
« Ne me dites pas que ce sont les détenus ? »
Il le comprit instinctivement. Ketu désigna les cubes en parlant :
■ Vous les voyez ? Ce sont les détenus du quartier de détention. Autrefois, ils ont plongé l’univers dans le chaos.
Ketu eut un sourire mauvais.
Puis il descendit du transport du quartier de sécurité et sauta sur le sol d’un blanc immaculé.
Paaat !
À l’endroit où son pied se posa, une vague rouge sombre se répandit et laissa une empreinte.
« C’est censé servir à quoi, ce truc ? »
À ces mots marmonnés par Yeongwoo, Shero, qui se tenait juste à côté de lui, répondit à voix basse :
— Toutes les surfaces du quartier de détention sont constituées de capteurs de mouvement et de masse. Même si un détenu capable de se rendre invisible tente de s’évader, on peut immédiatement déterminer où il se trouve.
« C’est dingue. »
Fallait-il vraiment en arriver là pour emprisonner des êtres de classe 3 ?
« Et eux, alors ? Les détenus restent coincés là-dedans toute la journée ? »
Yeongwoo désigna les prisonniers dans les cubes opaques, qui semblaient presque figés sur place. Shero acquiesça.
— Les détenus n’ont pas de quotidien. Ils doivent rester là-dedans jusqu’à la fin de leur peine.
« Ils doivent rester là à ne rien faire ? »
[Traducteur — Night]
[Relecteur — Gun]
Yeongwoo en resta bouche bée.
Car il comprit que cela seul constituait déjà un châtiment terrifiant.
« C’est comme attendre cent millions d’années, tous les jours… »
— Cela dit, il arrive, très rarement, que les détenus du quartier de détention sortent de leur prison individuelle.
« … Dans quelles circonstances ? »
— Lorsqu’une tentative d’évasion vient de l’extérieur.
« Ah. »
— Les détenus qui participent à l’évasion voient tous leur peine alourdie et subissent des sanctions supplémentaires. En revanche, ceux qui n’y prennent pas part et restent à leur place bénéficient d’une réduction partielle de leur peine.
« Leur peine est réduite ? Alors j’imagine qu’il y en a plein qui attendent que quelqu’un d’autre tente de s’évader. »
— Et ce n’est pas tout. Un détenu qui contribue de manière remarquable à faire échouer la tentative d’évasion…
« Hein… ? »
Yeongwoo écarquilla les yeux malgré lui.
La suite lui parvint alors d’une voix inattendue.
■ La moitié de sa peine sera remise.
En réalité, Ketu avait entendu toute leur conversation.
« Quoi ? La moitié de sa peine est remise ? Vous voulez dire qu’on divise par deux le temps qu’il lui reste à purger ? »
Ketu jeta un regard par-dessus son épaule.
■ Bien sûr que non. La moitié de la peine totale.
« Quoi ? »
Autrement dit, si un détenu avait déjà purgé la moitié de sa peine, il pouvait être libéré sur-le-champ en arrêtant des prisonniers en fuite.
« Alors, qui tenterait de s’évader ? Ils n’auraient qu’à arrêter ceux qui essaient de fuir et leur peine serait réduite. »
Ce n’est qu’à cet instant que Yeongwoo comprit pourquoi Pahalufe était considérée comme une prison de haut niveau.
Pour s’évader, un détenu de classe 3 devait non seulement déjouer les systèmes de sécurité de Pahalufe, mais aussi affronter d’autres détenus de classe 3 comme lui.
■ Vous comprenez maintenant ? L’endroit où vous êtes venu.
Pahalufe.
Une prison ultime qui utilisait même les détenus les plus puissants comme éléments de son système de sécurité.
Le choc fut tel qu’un gémissement échappa à Yeongwoo.
« … Ugh. »
Puis, une nouvelle fois…
« Ugh ? »
Au moment où un autre gémissement lui échappa, Yeongwoo comprit quelque chose.
« Non, merde. Qu’est-ce qui lui prend ? »
La lettre rouge sang de la Chancelière Herisa, qu’il gardait contre sa poitrine, était devenue brûlante comme de la lave.
Tssaaaaaaaa !
Elle lui brûlait même la peau en temps réel. Yeongwoo s’empressa donc de la sortir de son armure.
Fwap !
Le sol près de Yeongwoo se couvrit aussitôt de taches en détectant la chaleur intense.
Ketu, Shero et tous les gardes alentour se tournèrent alors vers Yeongwoo.
■ … Qu’est-ce que c’est ? 2142.
L’Exécuteur Ketu fixa la lettre rouge sang, qui avait tout d’un objet suspect.
Shero, qui semblait avoir compris quelque chose à la situation, promena son regard entre Yeongwoo et l’enveloppe, puis força un sourire.
— Ha… haha, veuillez vite ranger ça. J’ai cru que c’était une arme, ça m’a fait sursauter. Même pour un visiteur, il est interdit de tenir quoi que ce soit à la main.
Mais Yeongwoo ne sourit pas.
Car Ketu avait déjà levé un doigt et le pointait droit sur l’enveloppe.
■ J’ai l’impression que la raison de votre venue se trouve là-dedans. Apportez-la-moi, 2142.
À ces mots, Yeongwoo sentit les gardes autour de lui changer de posture.
Au besoin, ils étaient prêts à se jeter sur lui pour s’emparer de la lettre.
Alors, au lieu de cela, Yeongwoo déplia hardiment le papier et prit la parole.
Flap !
« Inutile de la lire vous-même. Je vais la lire à voix haute. Après tout, cette lettre vous est destinée. »
■ Quoi ?
Alors que Ketu penchait la tête derrière son masque d’acier, Yeongwoo baissa les yeux sur le texte inscrit sur le papier rouge sang.
« N’oubliez pas. Pour que le contrat soit mené à bien, vous devez lire à voix haute le contenu écrit ici. »
■ … ?
« D’abord… Je voudrais vous présenter mes excuses. Pour que cette lettre ait un sens… il faut d’abord que vous soyez en danger ? »
■ Qu’est-ce que vous fabriquez, au juste ?
Comme Ketu claqua la langue et fit signe aux gardes, visiblement à bout de patience, Yeongwoo s’empressa de lire la suite.
« Mes amis sont emprisonnés à Pahalufe ! Si vous lisez cette lettre, c’est que vous êtes déjà entré dans le quartier de détention, ou que Ketu se tient juste devant vous ! »
■ Ordre de détention. Arrêtez le 2142.
Comme prévu, au moment même où Ketu porta la main au fouet accroché à sa taille…
Yeongwoo se précipita vers lui comme une flèche.
Fouaaaaa !
« Regardez la ceinture de ce salaud ! Et ne vous trompez pas dans l’ordre ! »
La ceinture du salaud.
Celle où étaient enchâssées trois pierres précieuses correspondant aux trois couleurs primaires de la lumière.
Les mains de Yeongwoo fouillaient déjà frénétiquement la taille de Ketu.
Tout en criant :
« Rouge-vert-rouge-rouge-bleu ! On n’a qu’une chance ! »
■ 2142… !
Ketu poussa un cri plus pressant que jamais et abattit sur son propre corps le fouet qu’il tenait à la main.
Fchiiiiiaaak !
Et presque au même instant…
Clac !
Une série de bruits retentit au-dessus de la salle plongée dans le chaos, comme si quelque chose s’ouvrait.
— Euh… !
La voix stupéfaite de Shero retentit à son tour.
Tout le sol blanc du quartier de détention vira au rouge sombre.
Depuis le ciel, les détenus de classe 3 tombaient comme une pluie.
[Traducteur — Night]
[Relecteur — Gun]