Chapitre 648
[Traducteur - Night]
[Correcteur - Gun]
Chapitre 648 : Bureau de la police spatiale (4)
Pahalufe.
Un centre de détention de haute sécurité, placé sous l’autorité du Bureau de la police cosmique, capable d’emprisonner même des êtres de palier 3.
Voilà pourquoi, à Pahalufe, tout ce que Jeong Yeongwoo voyait et entendait lui semblait le concerner de près.
Si Pahalufe pouvait emprisonner un être de palier 3, alors le Président aussi pouvait donc y être enfermé, non ?
Si le Président était traîné ici… est-ce qu’on le traiterait de la même façon ?
La tête écrasée contre le sol, Jeong Yeongwoo leva les yeux vers son adversaire.
La première chose qu’il vit fut une grosse main cerclée d’acier.
La même main brutale qui lui broyait le crâne en cet instant.
Puis…
« … ? »
Au-delà des bourrasques furieuses qui brouillaient sa vision, il aperçut trois couleurs éclatantes.
Du rouge… du bleu et du vert ?
Ce n’étaient rien d’autre que les trois couleurs primaires de la lumière.
Pourquoi ces couleurs, un concept purement humain, existaient ici, il n’en savait rien, mais ce n’était pas le plus important.
Les trois lumières émanaient des gemmes enchâssées dans la ceinture de Ketu. Bientôt, chacune traça un long arc en s’élevant dans les airs.
Ketu s’était relevé.
Puis, derrière le masque d’acier qui lui recouvrait entièrement le visage, il parla de sa voix terrifiante habituelle.
■ Avancez. Nous nous rendons au Quartier fermé.
À ces mots, les gardiens postés de chaque côté de Jeong Yeongwoo le tirèrent de force sur ses pieds.
Quand Jeong Yeongwoo tourna la tête, il vit des gardiens portant des masques d’acier semblables à celui de Ketu.
« Qu’est-ce que c’est que ça ? Vous êtes tous du Bureau de la police, non ? Alors pourquoi vous cacher le visage ? Ne me dites pas que c’est parce que vous ne voulez pas que les prisonniers connaissent vos identités ? »
Vu que les principaux détenus étaient des puissances cosmiques, des êtres de palier 3, sa supposition semblait plausible.
Bien sûr, personne ne lui répondit, pas même Ketu.
■ Estimez-vous heureux de ne pas être détenu à Pahalufe. En temps normal, vous auriez été jeté au Quartier de punition.
« … Le Quartier de punition ? Et c’est censé être quoi, ce truc, espèce d’enfoiré ? Vous êtes censés nous faire visiter, non ? Vous pourriez au moins éviter de nous sortir des termes que vous seuls comprenez ! »
Comme Jeong Yeongwoo parlait, appuyé contre les gardiens qui le soutenaient, il vit Ketu porter machinalement la main à sa taille.
À côté de sa ceinture pendait le gros manche d’un fouet.
Un genre de prison où les gardiens ont le droit de cogner les détenus, donc.
D’ordinaire, dès qu’un prisonnier se mettait à débiter des sottises, Ketu se contentait de faire claquer son fouet.
À cet instant, Shero se fraya un chemin parmi les gardiens et prit Jeong Yeongwoo en charge, le soutenant à sa place.
— Le Quartier de punition… est une sorte de dortoir collectif où les prisonniers peuvent circuler librement.
« Un endroit où ils peuvent se déplacer librement ? Alors pourquoi l’appeler Quartier de punition ? »
— Une fois dans le Quartier de punition, vous êtes sûr de tomber sur au moins un détenu qui vous en veut. En plus, le recours aux pouvoirs, jusque-là interdit, y est partiellement autorisé…
D’après les explications de Shero, neuf fois sur dix, de violentes bagarres éclataient entre détenus dans le Quartier de punition.
« Mais si quelqu’un y atterrit sans connaître les autres détenus ? »
Shero secoua la tête.
— Les prisonniers de Pahalufe sont des individus qui ont accumulé des méfaits à l’échelle cosmique pendant très longtemps. Il est extrêmement rare que quelqu’un échappe à son « châtiment » dans le Quartier de punition.
Autrement dit, le karma qu’ils avaient accumulé leur revenait sous forme de punition.
Hmm… Dans mon cas, ça reviendrait à entrer dans le Quartier de punition et à tomber sur des types comme Shirach ou Kardal, qui grouilleraient là-dedans.
Tandis que Jeong Yeongwoo hochait intérieurement la tête, Ketu, qui avait déjà pris de l’avance, cria dans le vent mordant.
■ Avancez !
Les gardiens se mirent en marche, et Shero soutint Jeong Yeongwoo en le tenant presque à moitié dans ses bras.
Au bout d’un moment, Shero le fixa droit dans les yeux.
— Vous devriez pouvoir vous déplacer, maintenant.
Il avait murmuré si bas que Jeong Yeongwoo était le seul à l’entendre.
Jeong Yeongwoo lui adressa un sourire en coin et raffermit ses jambes qui pendaient mollement.
« Ah, on en est déjà là. »
Comme il se mit soudain à marcher tout à fait normalement, Shero s’écarta légèrement et marmonna :
— Vous êtes quelqu’un d’intéressant, monsieur Yeongwoo.
« Quand on est un petit criminel, survivre dans l’espace, c’est déjà assez difficile. »
Ils continuèrent longtemps à avancer dans le vent cinglant, mais Shero ne dénonça jamais Jeong Yeongwoo à Ketu.
Pas même quand un immense mur gris finit par se dessiner devant eux.
— Voici le mur extérieur du Quartier fermé.
« Qu’est-ce que le Quartier fermé ? »
— C’est une installation située à la périphérie de Pahalufe. Elle sert de barrière pour empêcher les intrusions depuis l’extérieur et les évasions depuis l’intérieur.
Puis Shero ajouta :
— C’est aussi là que sont détenus les prisonniers les moins surveillés, les « petits criminels ».
« Les petits criminels sont enfermés juste derrière ce mur ? »
Jeong Yeongwoo observa le mur extérieur du Quartier fermé, les yeux écarquillés.
Le mur était gigantesque, mais la tempête de poussière qui obscurcissait la vue rendait impossible d’estimer à l’œil nu la hauteur de son sommet.
■ Ouvrez !
Enfin, Ketu leva son fouet vers le ciel et cria.
Les gemmes enchâssées dans sa ceinture clignotèrent, et le centre même du mur extérieur commença à s’ouvrir en deux.
Krrrrrrrk… !
Le mur extérieur, qui ressemblait à une montagne, se sépara vers la gauche et la droite. Le spectacle était stupéfiant.
Pourtant, le passage créé par l’ordre de Ketu ne faisait que dix mètres de large ; à l’échelle de ce mur colossal, ce n’était guère plus qu’une minuscule fissure.
« Ça ne doit vraiment pas être facile de s’évader d’ici. »
Tandis que Jeong Yeongwoo suivait Ketu et les gardiens dans le passage, Shero s’exclama, alarmé :
— Une évasion ? Je vous prie de ne pas dire ce genre de choses.
« C’est considéré comme un propos criminel, ça aussi ? »
— Seuls les criminels ont besoin de s’évader de prison.
« … Difficile de vous contredire. »
[Traducteur - Night]
[Correcteur - Gun]
Le mur extérieur du Quartier fermé était absurdement épais.
Ils avaient beau avoir marché près de cent mètres, les murs de chaque côté ne montraient aucun signe de fin.
En revanche, le vent cinglant venu de l’extérieur s’atténuait peu à peu, tandis qu’un autre bruit montait des profondeurs du passage.
Goooooo… !
On aurait dit le grondement d’une énorme machine, mais aussi le vent rugissant dans un canyon.
Comme ce son étrange ne cessait pas, Jeong Yeongwoo finit par demander :
« C’est quoi, exactement, ce bruit ? »
Cette fois, Ketu répondit à la place de Shero.
■ Ce sont les prisonniers du Quartier fermé qui vous attendent.
« Les prisonniers… ? »
■ Pour eux, l’ouverture et la fermeture du passage d’entrée sont le plus grand changement dans leur quotidien. Ils doivent déjà être agrippés aux « encadrements des fenêtres » comme des insectes.
À cet instant, le mystérieux vacarme enfla encore et se fit plus varié.
Ah.
Jeong Yeongwoo comprit alors que ce bruit était en réalité constitué des acclamations de milliers et de milliers de prisonniers.
— Ooooh… !
— WAAAAAAAH !
— Hiiiyaaa !
Des cris de toutes sortes.
Non… à vrai dire, ils ressemblaient davantage à des hurlements.
Leurs échos se brisaient en dizaines de milliers de fragments entre les murs du Quartier fermé, et la peau de Jeong Yeongwoo se hérissa.
Quand il comprit qu’à mesure qu’ils avançaient, la source du bruit semblait descendre plus bas, une étrange appréhension commença à l’envahir.
« Le bruit… on dirait qu’il vient d’en dessous ? »
À peine Jeong Yeongwoo eut-il marmonné ces mots que le passage du mur extérieur prit fin. Sous leurs pieds, la pierre solide céda la place à un plancher de fer, dont le son était plus aigu.
Kwiing.
« … ? »
À ce bruit métallique étrange, Jeong Yeongwoo baissa les yeux.
Le sol était constitué de barreaux de fer étroitement entrelacés.
Et, sous ces barreaux, d’innombrables prisonniers les fixaient d’un regard sauvage.
— GRAAAAAAH !
— AAAAAAAH… !
Les hurlements jaillirent de nouveau, pareils à de la vapeur.
Chacun à sa manière, ils tentaient désespérément de faire passer un message à Jeong Yeongwoo.
« … Quoi ? »
Pris d’un étrange malaise, Jeong Yeongwoo hésita.
Ketu laissa échapper un rire grave.
■ Il est interdit à tous les prisonniers du Quartier fermé de parler.
« Il leur est interdit de parler ? Alors comment communiquent-ils ? »
■ Comme les vôtres le faisaient à l’origine.
À l’image des méchants qui laissent parler leurs lames avant leurs mots, ils communiquaient en se battant.
Mais ce n’était pas tout.
En observant attentivement les prisonniers qui hurlaient sous les barreaux, Jeong Yeongwoo remarqua que certains se servaient de leurs mains — ou de quelque chose qui y ressemblait — pour faire une sorte de langage des signes.
Du langage des signes ? C’en est forcément.
Les prisonniers répétaient des gestes précis, mais Jeong Yeongwoo ne connaissait pas la langue utilisée dans cette prison et ne pouvait même pas deviner ce qu’ils voulaient dire.
— Allons-y. Les visiteurs aussi ont interdiction de rester longtemps dans le Quartier fermé.
Shero poussa doucement Jeong Yeongwoo, qui n’arrivait toujours pas à détacher les yeux du sol.
Quand Jeong Yeongwoo releva la tête, Ketu et les gardiens avaient déjà ouvert une autre barrière, de l’autre côté du Quartier fermé.
« Et cette porte mène à quel genre de trou infernal ? »
— Au Quartier de sécurité. C’est une zone équipée de forces et de pièges destinés à maîtriser les détenus à haut risque. Après l’avoir traversée, nous entrerons directement dans le Quartier de confinement, la zone scellée la plus sécurisée de Pahalufe.
« … Le Quartier de confinement. »
Cette prison insensée, où étaient enfermés des êtres de palier 3, se trouvait quelque part derrière cette barrière.
« Attendez. Alors ceux qu’on a vus tout à l’heure dans le Quartier fermé… ? »
— Pour la plupart, des prisonniers de palier 4 ou 5. Il arrive aussi que des prisonniers de palier 6 y soient envoyés, mais ils ne tiennent pas longtemps.
Ce qui signifiait sans doute que les êtres de palier 6 mouraient presque toujours après leur arrivée ici.
Il y a vraiment autant de criminels de palier 4 qui méritent d’être enfermés dans un endroit pareil ?
Jeong Yeongwoo se retourna, incrédule, et Shero désigna le passage devant eux.
— Nous devons monter sur le moyen de transport avant qu’il ne soit trop tard. Dépêchez-vous.
Comme Shero venait de le dire, derrière la deuxième barrière, désormais grande ouverte, s’étirait un immense couloir qui semblait ne jamais finir.
Près de l’entrée flottait dans les airs une grande dalle de pierre, semblable à une plateforme.
« C’est ça, le moyen de transport ? »
— Oui. Traverser le Quartier de sécurité à pied serait de la folie, seuls des évadés tenteraient une chose pareille. Nous allons prendre un appareil de transport.
À peine Shero eut-il dit cela et se dirigea-t-il vers la dalle, où Ketu et les gardiens étaient déjà montés, que Jeong Yeongwoo sentit une chaleur près de sa poitrine.
« … ? »
Il crut d’abord que c’était simplement le stress, sans s’en rendre compte.
Mais après avoir cligné des yeux plusieurs fois, il comprit que ce n’était pas ça.
La lettre…
La lettre couleur de sang que la Chancelière Herisa lui avait remise chauffait lentement sous ses vêtements.
[Traducteur - Night]
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