Chapitre 646
[Traducteur — Night]
[Relecteur — Gun]
Chapitre 646 : Le Bureau de la police spatiale (2)
« Qu’est-ce que… ? Je dois vraiment choisir parmi ces options ? »
Tandis que Yeongwoo clignait des yeux, déconcerté, Jiseon s’avança et désigna du doigt les options présentées par le Bureau de la police spatiale.
— Attends, ils proposent même de se rendre ? Les gens viennent vraiment jusqu’au Bureau de la police spatiale pour se livrer ?
Mantero lui répondit avec un certain sens du devoir.
— Je… c’est aussi la première fois que je viens directement au Bureau de la police spatiale, alors je n’en suis pas sûr.
— Ah, je ne vous posais pas vraiment la question, directeur adjoint.
Koatu se caressa le menton et prit la parole.
— Peut-être que ça veut dire : « Si vous avez quelque chose sur la conscience, profitez-en pour l’avouer tant que vous êtes là. »
— Oh, monsieur Koatu, vous êtes déjà allé au Bureau de la police spatiale ?
Koatu était marchand d’armes.
Il n’aurait donc rien eu d’étonnant à ce qu’il ait dû se rendre au Bureau de la police spatiale, un jour ou l’autre.
Koatu fixa bientôt le vide et répondit :
— Je ne suis jamais allé dans un quartier général comme celui-ci, mais j’ai déjà visité en personne une antenne du Bureau de la police spatiale installée dans une galaxie.
À ces mots, Yeongwoo tendit l’oreille.
« Une antenne ? Alors, la structure là-bas devait être assez semblable à celle d’ici, non ? »
— Sans doute. Je me souviens avoir vu un écran comme celui-ci, à l’époque aussi.
Koatu désigna les options projetées sur la vitre.
[Se rendre]
[Refuser l’arrestation]
[Signaler un fait]
[Visite guidée]
[Don d’intérêt général]
[Rencontre avec un Exécuteur]
« Qu’est-ce qui t’avait amené au Bureau de la police spatiale, à l’époque ? Ils t’avaient arrêté pour crimes de guerre ou un truc du genre ? »
À la question de Yeongwoo, Koatu fronça les sourcils.
— Qu’est-ce que tu racontes ? Je m’étais fait voler, alors j’y étais allé pour déposer plainte.
« Voler ? »
À bien y réfléchir, Koatu ne le lui avait-il pas déjà dit ?
La plupart des clients qui traitaient avec les marchands d’armes étaient des criminels, alors les transactions risquaient toujours de mal tourner.
« Tu devais être un marchand d’armes débutant, à l’époque. Te faire dépouiller comme ça… »
— La force est relative, par nature. Si tu tombes sur plus fort que toi, tu ne peux rien faire.
Koatu, un marchand d’armes qui avait connu son lot de difficultés.
Et pourtant, ironie du sort, il faisait désormais partie d’une bande de brigands.
« Alors, explique-moi. Ça veut dire quoi, toutes ces options ? »
Yeongwoo désigna les options du guide du Bureau de la police spatiale. Koatu haussa les épaules.
— La première chose qui me saute aux yeux, c’est qu’il n’y a aucune option pour déposer plainte.
« Il y en avait une à l’antenne ? »
— Oui. C’est justement pour déposer plainte que j’y étais allé… Mais ici, c’est le quartier général ; j’imagine qu’ils ne s’occupent pas directement de ces petites affaires.
Autrement dit, pour signaler une affaire à la police, il fallait se rendre dans une institution de rang inférieur.
« Alors, “Signaler un fait”, ça correspond à quoi ? Ce n’est pas déposer plainte ? »
— Ça doit plutôt désigner des informations sur des fugitifs recherchés… ou l’annonce d’une guerre imminente, ce genre de signalement important. Des crimes assez graves pour que le quartier général du Bureau de la police spatiale intervienne lui-même.
Jiseon ajouta prudemment :
— Par exemple… l’emplacement de la cachette d’un Maître du vaisseau planétaire à la retraite… ?
Elle faisait allusion à Phaemong, le Maître du vaisseau planétaire à la retraite.
— Ah, oui, un renseignement de cette importance mériterait certainement d’être signalé directement au quartier général. Il doit y avoir plusieurs mandats contre lui, et la prime serait conséquente.
Mais Yeongwoo secoua la tête.
« C’est l’un des rares êtres de mon espèce dans toute l’histoire de l’univers. Je ne compte pas le vendre pour de l’argent. »
Koatu eut l’air sincèrement surpris.
— Vraiment ? Je ne m’y attendais pas du tout.
« Et il n’y a probablement même pas de mandat contre lui. Phaemong l’a dit lui-même : quand on prend sa retraite, toutes les dettes et les rancunes sont réglées. »
Toutes les faveurs rendues, toutes les rancunes apaisées.
Il ignorait comment Phaemong avait réglé ses comptes avec ses ennemis, mais une chose était sûre : il ne devait plus rien au monde.
— Tout de même… C’est un Maître du vaisseau planétaire. Il a un vaisseau planétaire à côté de lui. Le Bureau de la police spatiale voudrait le récupérer. Et la prime pour un tuyau serait sûrement énorme.
« Il n’est pas exactement intact. C’est un vaisseau planétaire en trois morceaux. »
— Même comme ça, il aurait une valeur considérable. Comme tu l’as dit, ces vaisseaux sont rares à l’échelle de toute l’histoire cosmique.
« C’est précisément pour ça qu’ils n’y toucheraient pas. Si la rumeur se répandait que le vaisseau de Phaemong a fini entre les mains du gouvernement à cause de mon signalement, tu crois que les autres Maîtres du vaisseau planétaire resteraient les bras croisés ? »
Koatu acquiesça, convaincu.
— Hmm… S’il existe encore d’autres vaisseaux planétaires, oui, ça représenterait une menace énorme.
« À vouloir économiser un sou, on perd un louis. Mieux vaut ne pas se mêler des affaires de Phaemong. En plus, il ne m’est pas hostile. J’aurai peut-être besoin de son aide, un jour. »
Un être qui avait été Maître du vaisseau planétaire pendant une période presque éternelle, à son échelle.
Quelqu’un comme Phaemong devait forcément avoir accumulé un savoir-faire immense, et Yeongwoo lui accordait beaucoup de valeur.
Même s’il se reposait actuellement dans un vaisseau planétaire en miettes, la vie des Maîtres du vaisseau planétaire n’était-elle pas imprévisible par nature ?
Phaemong pourrait lui aussi reprendre du service un jour.
« Quoi qu’il arrive, je ne vendrai ni un vaisseau planétaire ni un Maître du vaisseau planétaire. »
Yeongwoo posa fermement ses limites. Koatu prit un ton regrettant :
— Alors, on n’a pas vraiment de quoi faire un signalement ici.
Il ne restait donc que trois options.
[Visite guidée]
[Don d’intérêt général]
[Rencontre avec un Exécuteur]
« C’est quoi, exactement, une visite guidée ? Ne me dis pas qu’on peut vraiment visiter le Bureau de la police spatiale ? »
— Évidemment, on ne te laissera pas voir les secteurs sensibles, mais tu pourras sans doute visiter les principaux services périphériques. Selon la taille de l’antenne, ils montrent parfois même les cellules ou les quartiers de détention.
« Quoi ? »
À la mention des cellules et des quartiers de détention, les yeux de Yeongwoo s’écarquillèrent.
« Si c’est déjà le programme dans une antenne, alors ici, au quartier général, c’est forcément encore mieux, non ? Ils doivent avoir un immense complexe pénitentiaire. »
— Sans doute. Une prison installée dans la galaxie où se trouve le quartier général du Bureau de la police spatiale… Rien que d’y penser, ça fait froid dans le dos.
Mais Yeongwoo pensait à tout autre chose.
« Puisqu’on a fait tout ce chemin, je dois absolument la voir. »
— …Voir quoi ?
« La prison directement gérée par le Bureau de la police spatiale. »
— T’es malade ? Toi plus que quiconque, tu devrais te tenir le plus loin possible des prisons. Tu es déjà un criminel.
« Mais pour l’instant, je ne suis encore qu’un petit nouveau inconnu, dont le Bureau de la police spatiale ne se méfie pas. Quand je serai devenu un grand raider, je ne pourrai plus visiter un endroit pareil, même si j’en ai envie, à moins de me faire arrêter. »
Or, Yeongwoo n’avait aucune intention de se faire capturer par la police spatiale. C’était donc peut-être sa première et dernière occasion de voir de ses propres yeux le quartier de détention du Bureau de la police spatiale.
— Tu as déjà oublié pourquoi on est venus ? Tu devais rencontrer cet Exécuteur et lui faire lire la lettre, non ?
« Ketu, l’Exécuteur. Je n’ai pas oublié. Mais on ne peut pas faire ça après la visite ? »
— Je veux dire… si, mais…
À court de mots, Koatu reporta son regard sur le système de guidage.
[Visite guidée]
[Don d’intérêt général]
[Rencontre avec un Exécuteur]
Alors qu’une option intitulée « Rencontre avec un Exécuteur » s’affichait littéralement sous leurs yeux, cet étrange Maître du vaisseau planétaire s’agitait pour visiter la prison à la place.
« Dans cet univers, on survit en agissant de façon imprévisible. »
Ironiquement, bien des choses dans cet univers étaient prévisibles.
Même les innombrables corps célestes qui remplissaient le vaste cosmos suivaient des orbites prédéterminées.
Et comme si leur rôle leur avait été attribué dès la naissance, la plupart des êtres se répartissaient entre vertueux et malfaisants, chacun agissant selon sa nature.
C’était peut-être pour cela que les vaisseaux planétaires étaient considérés comme des merveilles de l’univers.
[Traducteur — Night]
[Relecteur — Gun]
Des corps célestes qui abandonnaient sans hésiter les orbites qui leur étaient assignées.
Dans un univers où tant de choses étaient prédéterminées, ils choisissaient eux-mêmes l’imprévisible.
« Alors, on choisit la visite guidée. Personne n’y voit d’objection ? »
Avant que quiconque puisse l’en empêcher, Yeongwoo posa la main sur l’option [Visite guidée].
Tac.
Aussitôt, un message système émis par le Bureau de la police spatiale apparut dans les airs.
[Vous avez demandé une visite guidée. Un vaisseau de transport avec l’officier qui vous a été attribué arrivera sous peu. Veuillez vous désarmer et patienter.]
Presque au même instant, la Terre leva les yeux au ciel.
« Qu’est-ce que c’est ? Ils l’ont vraiment envoyé tout de suite. »
« Tu parles du vaisseau de transport ? »
« Oui. À cette vitesse, ils devaient déjà avoir un officier en attente. »
Koatu ajouta :
— Tout un système planétaire s’approche. Ils ont dû nous repérer depuis longtemps. L’officier qui nous a été attribué ne sera pas un simple agent, lui non plus. Et ils ne se préparent même pas à tirer… Quelle confiance !
En effet, le Bureau de la police spatiale n’avait manifesté la moindre hostilité envers le Vaisseau terrestre.
« Impressionnant, quand même. Enfin, sur Terre, les policiers ne pointent pas non plus leurs armes sur les visiteurs. »
Sur ces mots, Yeongwoo rangea Bâtard et Aratubank dans son Catalogue.
Contrairement à ce qui l’attendait avec l’Exécuteur chargé de lire la lettre, il n’avait absolument pas l’intention de se battre contre l’officier qui les accompagnerait pendant la visite.
Et il voyait déjà le vaisseau de transport du Bureau de la police spatiale foncer vers eux à toute allure. Ils n’avaient donc pas une seconde à perdre.
« Tu y vas seul ? »
La Terre demanda cela tout en préparant une Pierre de retour.
Yeongwoo jeta un coup d’œil autour de lui, puis hocha la tête.
« Avec deux otages, les choses se compliquent. Ce sera plus simple si j’y vais seul et que je règle moi-même ce qui se présentera. »
Il n’oublia pas d’ajouter :
« Si tu vois que je ne peux pas revenir, ne va pas semer le chaos en essayant de me tirer des griffes du Bureau de la police spatiale. Fuis, tout simplement. À mon avis, on n’est toujours pas de taille à affronter le Bureau de la police spatiale de front. »
Il en avait eu la certitude en voyant leur calme, malgré le vaisseau planétaire qu’ils avaient repéré.
« Si tu m’abandonnes et que tu t’enfuis… qui commandera le vaisseau ? »
« De toute façon, maman et papa sont à peu près à égalité, maintenant, non ? Ils n’ont qu’à se mettre d’accord ou régler ça en duel. »
À peine Yeongwoo eut-il fini de parler que le vaisseau de transport du Bureau de la police spatiale s’amarra à l’extérieur de l’atmosphère du Vaisseau terrestre.
« Il est déjà là. Une fois que tu seras dans le quartier de détention, notre connexion risque d’être coupée. »
« C’est probable. »
« Si ça arrive, je ne pourrai plus savoir ce qui se passe. Alors, si tu ne peux pas revenir, appuie rapidement quatre fois sur la Pierre de retour. Dans ce cas, je partirai d’ici sans me retourner. »
Sur ces mots, la Terre ouvrit un portail menant au vaisseau de transport. Yeongwoo jeta un coup d’œil à la Pierre de retour dans sa main, puis s’avança sans hésiter.
Frouf.
Vers le vaisseau de transport qui l’emmènerait au quartier de détention du Bureau de la police spatiale.
Fiiiiou !
La sensation de dissonance caractéristique du portail enveloppa Yeongwoo. Sa vision changea brièvement, puis un intérieur sombre l’accueillit.
« … ? »
Un léger malaise se répandit dans tout son corps.
Après avoir traversé le portail, Yeongwoo se retrouva assis — ou plutôt immobilisé — dans un fauteuil moulé exactement à sa morphologie.
Un fauteuil avait été installé à l’avance, précisément à l’endroit où il allait apparaître.
« Qu’est-ce que c’est que tout ça ? »
Comme Yeongwoo posait la question en relevant la tête du fauteuil, une silhouette vêtue de la tête aux pieds d’un équipement semblable à une combinaison spatiale sortit de l’obscurité, devant lui.
— Bienvenue, monsieur Jeong Yeongwoo. Je suis l’officier Shero, chargé de vous accompagner aujourd’hui pendant votre visite.
Il leva ensuite un bras épais et désigna le fauteuil où Yeongwoo était assis.
— Comme vous ne faites pas l’objet d’un mandat d’arrêt, aucun dispositif de contention n’a été installé. Vous êtes libre de vos mouvements.
Inversement, cela signifiait que s’il avait été recherché, il aurait été complètement immobilisé à l’instant même où il aurait franchi le portail.
Frouf.
Tandis que Yeongwoo se levait, l’officier Shero sortit de sa ceinture une petite tablette mécanique et déclara :
— Pour l’instant, vous n’avez aucun lien avec nous. Mais je me demande pourquoi un Maître du vaisseau planétaire a choisi de venir ici en personne.
« Je voulais savoir à quel point le Bureau de la police spatiale était impressionnant. Je ne veux rien d’autre : montrez-moi la prison. »
Quand Yeongwoo dit cela, trois points vacillèrent derrière la visière de verre translucide qui recouvrait la tête de Shero.
— Bien entendu. La visite du quartier de détention fait partie de notre programme de réinsertion des criminels.
Cela signifiait peut-être que voir de ses propres yeux la prison du Bureau de la police spatiale suffisait à faire passer toute envie de commettre des crimes.
Pendant que Yeongwoo parcourait nonchalamment du regard l’intérieur du vaisseau, s’habituant peu à peu à la pénombre, l’officier Shero manipula sa tablette et s’adressa au vide.
— Exécuteur. Exécuteur, êtes-vous là ? Le sujet 2142 souhaite visiter le quartier de détention. Départ dans quatorze secondes.
Et alors, à la stupéfaction générale, un nom familier résonna dans le vaisseau de transport.
— Je suis Ketu, Exécuteur du quartier de détention. Autorisation d’entrer accordée.
[Traducteur — Night]
[Relecteur — Gun]