Chapitre 598
[Traducteur — Night]
[Relecteur — Gun]
Chapitre 598 : La Grande Exploration (6)
Paaaash !
À l’instant où la barrière qui entravait les déplacements des deux côtés disparut, une porte de sortie apparut bel et bien au centre de la zone d’échange.
Un portail gris s’ouvrit à la manière d’une gueule béante.
Et presque au même moment, les mouches se dispersèrent dans une fuite désespérée.
« À les voir détaler comme ça, on dirait qu’ils ont compris qu’ils étaient en tort. »
Comme prévu, les mouches n’étaient pas particulièrement mobiles.
Ce qui signifiait sans doute que leur mobilité n’avait rien d’exceptionnel.
Mais elles étaient nombreuses et disposaient de toutes sortes d’outils ; mieux valait donc rester prudent.
« Arrêtez-vous ! Tout le monde, ne bougez plus ! »
Quand Yeongwoo cria ces mots et fonça à toute vitesse vers la sortie, les mouches qui fuyaient de l’autre côté hésitèrent.
L’une d’elles, qui tenait la Sélulite, fourra précipitamment l’objet dans une bourse à sa ceinture, puis prit la parole.
— La transaction n’est-elle pas déjà terminée ?
« Si. La transaction est terminée. Maintenant, le braquage commence. »
— Quoi… ?
Les Gesrak, ces êtres connus comme les nettoyeurs de l’univers.
Forts de leurs innombrables batailles et épreuves, ils ne paniquèrent pas outre mesure.
Non, en fait…
—……
Après avoir examiné calmement l’équipement que portait Yeongwoo, ils tirèrent rapidement une conclusion.
— Vous manquez d’argent, c’est ça ? Combien voulez-vous ?
Ils comprirent aussitôt qu’ils n’avaient aucune chance de l’emporter contre lui de front.
Yeongwoo devina alors que ces types survivraient très longtemps dans cet univers.
Malheureusement pour eux, il ne voulait pas simplement quelques pièces.
« Donnez-moi d’abord la pierre. »
Yeongwoo désigna du Bâtard la bourse qui contenait la Sélulite. Le Gesrak auquel il s’adressait recula d’un pas.
— Même un braquage a ses limites.
« C’est quoi, cette connerie ? Un braquage, ça va des coups jusqu’au meurtre. Depuis quand y a-t-il des règles ? »
— Mais il s’agissait d’une transaction.
« Si vous aviez proposé un prix raisonnable dès le départ, rien de tout ça ne serait arrivé. »
—……
« Considérez ça comme une rémunération pour le genre de travail que vous faites. Remettez-moi l’objet sans faire d’histoires et je vous laisserai la vie sauve. »
À ces mots, la mouche qui tenait la Sélulite jeta un regard à ses compagnons.
— Si c’est la Sélulite que vous voulez, vous nous rendrez l’argent de la transaction ?
Autrement dit, ils tenaient à la vie et accepteraient de céder la Sélulite si on leur rendait l’argent.
Mais, comme Yeongwoo l’avait dit, il n’avait aucune « limite » de ce genre.
« Qu’est-ce que vous racontez ? Donnez-moi la Sélulite et tout l’argent que vous avez. »
— Vous êtes vraiment nul en négociation.
La mouche laissa tomber sa mâchoire.
Puis, avec une rapidité fulgurante, elle sortit un pistolet de sa ceinture et lança :
— Alors, crève.
Bang !
Au même instant, son canon cracha une flamme et, presque aussitôt, les autres mouches se mirent elles aussi à tirer.
Ratatatata !
Une pluie de balles s’abattit sur lui, comme si elles voulaient le transformer en ruche.
Yeongwoo leva précipitamment Aratubank, mais ne parvint pas à couvrir tout son corps.
Des balles lui effleurèrent l’épaule et la jambe, lui laissant des blessures superficielles.
« Tss, leur puissance de feu est meilleure que prévu. »
Après tout, on ne se présentait pas avec une pierre de crédit valant deux cents milliards sans avoir de quoi se défendre.
Et il devait bien y avoir une raison pour laquelle elles avaient survécu en parcourant l’univers et avaient amassé une telle somme.
Il y a donc vraiment des types qui n’ont rien d’exceptionnel en matière de mobilité, mais qui compensent avec leur équipement.
Une fois encore, Yeongwoo apprit quelque chose de nouveau sur l’univers.
Mais il ne pouvait pas continuer à encaisser leur tir sans réagir ; il passa donc enfin à la contre-attaque.
Bon sang… cette politique de non-meurtre complique vraiment les choses.
Il savait d’où venaient les balles et pouvait donc deviner où se trouvaient leurs têtes, mais l’ordre spécial d’Amana lui interdisait de les décapiter.
Alors, Yeongwoo choisit de…
Fsssh !
Il allongea le Bâtard au maximum et trancha en diagonale les canons de leurs armes.
Certains malchanceux risquaient d’y perdre aussi la main qui tenait leur arme… mais c’était toujours mieux que de perdre la tête, non ?
Kwaaash !
À peine Yeongwoo avait-il balayé l’air de son épée que les canons qui crachaient des flammes se fendirent en diagonale et cessèrent de fonctionner.
Pouf, pouf, boum !
Les balles qui suivirent explosèrent à l’intérieur des canons.
— Aaaah !
— F-formation sur trois rangs !
Elles avaient apparemment prévu un Plan B pour ce genre de situation.
L’une des mouches cria « formation sur trois rangs », sortit une petite boîte de sa poitrine et la jeta au sol.
Tac !
Une membrane se déploya depuis la boîte posée à terre, prit la forme d’un polygone et créa une sorte de barrière qui encercla Yeongwoo et l’essaim de mouches.
« C’est quoi, encore, ce truc… ? »
Et puis…
Clac !
Les mouches dégainèrent les longs fusils à pompe attachés dans leur dos.
« … ! »
Sans hésiter, elles tirèrent dans le vide.
Boum !
Les plombs furent arrêtés par la barrière et ricochèrent dans toutes les directions.
En voyant ça, Yeongwoo comprit que leur fameuse « formation sur trois rangs » était en réalité une tactique suicidaire.
Elles veulent entraîner tout le monde dans leur chute. Vu leur nombre, certaines pourraient s’en sortir.
Une méthode audacieuse et dégueulasse, digne des nettoyeurs de l’univers.
Face à un adversaire qu’elles ne pouvaient pas battre de front, elles recouraient à ce genre de tactique pour l’abattre d’une façon ou d’une autre et sauver au moins une partie des leurs.
[Traducteur — Night]
[Relecteur — Gun]
Mais, ironie du sort, Yeongwoo ne voulait pas seulement la Sélulite : il voulait aussi que les mouches quittent cet endroit vivantes.
« Espèces de tarés, ne crevez p-pas ! »
Voyant les plombs ricocher et commencer à déchiqueter les mouches, Yeongwoo leur lança Aratubank tout en faisant tomber celles qui se trouvaient à proximité d’un coup de pied.
Ainsi, la surface touchée serait plus réduite et les plombs auraient moins de chances de leur faire exploser la tête.
Face à cette réaction inattendue, les mouches se figèrent et cessèrent de tirer.
— M-Mais… qu’est-ce qu’il fait ?
« Je vous ai dit de me donner votre argent. Quand est-ce que j’ai dit que vous deviez y laisser la vie ? Pourquoi vous vous suicidez, bande de tarés ? »
Il leur montra alors sa joue, qu’une balle avait effleurée.
« Votre attentat-suicide ne me laissera même pas une vraie égratignure. Vous ne le voyez pas ? »
La blessure sur la joue de Yeongwoo guérissait déjà à toute vitesse. En voyant cela, les mouches contemplèrent, hébétées, les fusils à pompe qu’elles tenaient entre leurs mains.
Si même cette ultime solution ne fonctionnait pas, alors il n’y avait vraiment plus aucun espoir.
« Ne mourez pas dans un endroit pareil. Sortez d’ici et continuez à vivre. »
Yeongwoo prononça ces mots sur un ton qui ressemblait à un slogan de campagne.
Et il n’oublia pas le plus important.
« Alors maintenant, videz vos poches jusqu’au dernier sou. Allez-y. »
* * *
Quand Jeonggu, Kejen, Amana et le Gobelin doré eurent récupéré les cent cinquante milliards en liquide et se dirigèrent vers la sortie, les mouches se tenaient, pour une raison ou une autre, bien sagement en ligne.
« Qu’est-ce qui se passe… ? »
Jeonggu pencha la tête sur le côté, tandis que Kejen se caressait la barbe d’un doigt.
— Ce fou a dû finir par régler ses comptes avec les mouches.
En effet, Kejen avait déjà aperçu les piles d’argent entassées entre Yeongwoo et les mouches.
Toutes les armes qu’elles avaient tenues étaient également empilées bien proprement sur le côté.
Quand Jeonggu et les autres arrivèrent sur place, Yeongwoo se retourna pour les saluer.
« Vous avez tout récupéré ? »
Le Gobelin doré leva la main au nom de tout le monde.
— Kiiit !
Cent cinquante milliards, récupérés jusqu’au dernier billet.
Yeongwoo désigna ensuite une autre pile de billets de grande valeur, posée à terre.
« Ces types avaient encore plus d’argent. Et tout était en grosses coupures. »
— Il y en a pour combien ?
Amana posa la question en regardant la deuxième pile. Yeongwoo leva quatre doigts.
« Quarante milliards. Plus quelques bricoles. »
— Quarante milliards ?
Les mouches avaient donc apporté cent quatre-vingt-dix milliards au total.
Elles n’avaient jamais eu l’intention de payer le véritable prix du marché de la Sélulite, soit deux cents milliards.
« Enfin, ce n’est pas déjà suffisant ? Ça aurait été mieux de récupérer les deux cents milliards, mais… elles devraient être reconnaissantes de ne pas avoir perdu la pierre. »
Amana secoua la tête, comme si elle venait de se souvenir de quelque chose.
— Où est la pierre de vertu… ?
« Oh, elle est déjà entre mes mains. »
— … Quoi ?
« Vous avez bien récupéré l’argent, non ? Tout est réglé, alors je prends la Sélulite. »
Il désigna alors les liasses de billets au sol.
« En échange, je vous fais don de la commission que je vous avais promise. Utilisez-la pour les finances de la planète. »
Yeongwoo s’empara de la Sélulite sans payer un seul sou.
Amana reprit les patrouilles planétaires avec un total de cent quatre-vingt-dix milliards.
L’incident prit fin ainsi.
— Cent quatre-vingt-dix milliards… Ça suffira pour le moment, au moins.
Le visage préoccupé, Amana regarda la Sélulite dans la main de Yeongwoo.
Quoi qu’il en soit, c’était un minerai connu sous le nom de pierre de vertu, et le fait qu’il soit tombé entre les mains d’un homme aussi hors-la-loi la tracassait.
« Pourquoi cette tête ? Que ce soit moi qui l’aie ou que les mouches l’aient eue, ça revient au même, non ? »
— Je suppose que oui.
« Je ne vais pas m’en servir pour tuer quelqu’un à coups de bâton, alors ne vous inquiétez pas trop. »
— Alors, qu’est-ce que vous comptez faire de la Sélulite ?
« Qui sait ? Il faudra que j’en discute avec mes vassaux. »
Renaissance avait peut-être une tête vulgaire, mais ses vassaux ne manquaient pas de qualités.
Pour commencer, une ancienne navigatrice en chef de la famille royale, triée sur le volet, était à la barre ; de plus, ils pouvaient obtenir directement des conseils sur le Vaisseau terrestre auprès des êtres célestes natifs du Système solaire.
L’une des fondatrices du clan avait même dirigé une grande entreprise au sommet de sa carrière.
Pour une question aussi importante que l’utilisation de la Sélulite, mieux valait donc consulter les vassaux.
« Au fait, c’est quoi, ça ? »
Jeonggu désigna les armes soigneusement rassemblées.
« Oh, c’est l’équipement des mouches. J’ai pensé les ajouter au Catalogue des armes, mais peut-être qu’elles sont tellement bricolées qu’elles n’ont même pas été répertoriées. »
De l’équipement improvisé, sans la moindre infobulle.
C’était la première fois que Yeongwoo découvrait l’existence de ce genre de choses.
Elles étaient si rudimentaires que le système ne les reconnaissait même pas.
« Alors… tout est vraiment terminé, maintenant ? »
« À condition qu’on sorte d’ici vivants. »
Sur ces mots, Yeongwoo se tourna vers Kejen, celui qui devait assurer leur fuite.
« C’est à ton tour de te rendre utile. On n’aura pas à faire de folie sur le chemin du retour, j’espère ? »
Kejen haussa les épaules, puis regarda Amana.
— Vous êtes venue ici à bord d’un vaisseau fourni par la planète, c’est bien ça ?
— … C’est exact. Pourquoi cette question ?
— Si c’était un vaisseau qui attirait l’attention, quelqu’un a peut-être déjà mis la main dessus.
Yeongwoo ouvrit de grands yeux.
« Quoi ? Qu’est-ce que tu racontes ? Quelqu’un l’a pris ? »
— Bien sûr. Tu ne pensais tout de même pas que nous étions les seuls à être venus ici dans des navettes à l’aller simple ?
Kejen ajouta :
— Mais comme nous ne sommes pas là depuis longtemps, il y a encore de bonnes chances que le vaisseau soit toujours là. Si c’est le cas, tout s’arrange.
« Et s’il n’y est plus ? »
— Alors, on n’aura qu’à voler le vaisseau de quelqu’un d’autre. C’est la moindre des choses, par ici, donc tout va bien.
[Traducteur — Night]
[Relecteur — Gun]