Chapitre 596
[Traducteur - Night]
[Relecteur - Gun]
Chapitre 596 : La Grande Exploration (4)
« Peut-être. C’est vrai, j’ai l’esprit plein de pensées malveillantes, mais si je suis pessimiste pour l’avenir, c’est parce que l’univers lui-même est conçu ainsi. »
Cependant, puisque le propriétaire de l’annonce voulait conclure un marché à l’envers, ils n’avaient pas le choix.
« Tu veux encore être mis à l’épreuve… C’est regrettable, mais on n’y peut rien. »
Lorsque Yeongwoo leva la main pour saisir la proposition de l’acheteur, tous les présents l’observèrent, le visage tendu.
Que le marché réussisse ou non, retourner dans le hall des transactions revenait pratiquement à offrir sa vie.
— Acheter de la Sélulite, hein… Qu’ils soient de véritables acheteurs ou une bande de brigands, ils ne seront pas ordinaires.
Kejen venait à peine de finir sa remarque inquiète que Yeongwoo accepta la proposition de l’autre partie.
Frouf !
Tous les textes holographiques qui flottaient dans les airs disparurent, et un nouveau message ne tarda pas à apparaître.
「Vous avez accepté la proposition de l’acheteur. Un passage reliant votre espace de transaction à celui de l’acheteur va être créé.」
Un portail gris ouvrit sa gueule en plein air.
« C’est le dernier marché. »
Yeongwoo marmonna en plongeant le regard dans le portail.
Une fois cette transaction conclue sans encombre, ils pourraient enfin retourner sur Terre.
Frouf.
Alors que Yeongwoo s’apprêtait à franchir le portail, Jeonggu l’interpella précipitamment.
« Hé, attends ! On ne devrait pas établir une sorte de plan ? »
« Un plan ? »
« Oui. Cette fois, on se plie à leurs règles. On ne sait pas ce qui peut arriver à l’intérieur. »
En effet, il n’y avait pas quatre méthodes de transaction différentes dans la Zone noire ?
[Commerce équitable]
| Échange : les deux commerçants se retrouvent au centre du hall et échangent directement les marchandises et le paiement.
[Lancer de pierre]
| Échange : les deux commerçants se tiennent aux extrémités opposées du hall et lancent leurs articles au signal du système.
[Carrefour]
| Échange : chaque commerçant se voit attribuer un emplacement à l’une des extrémités du hall. Après avoir déposé son article, il se rend à l’emplacement adverse pour récupérer le paiement.
[Marquage]
| Échange : dès que l’adversaire entre, son paiement ou ses marchandises vous sont transférés sur-le-champ.
En outre, le point de sortie variait selon la méthode choisie, ce qui multipliait les inconnues.
« Mais… le Marquage, ce n’est pas le plus probable ? »
Cette fois, Kejen intervint.
— Pas forcément. Le Marquage revient pratiquement à imposer un combat.
« Ah bon ? Donc les autres options servent essentiellement à éviter les combats forcés. »
— On peut voir les choses comme ça.
« Alors, ça ne change pas grand-chose pour nous, non ? S’ils sont venus pour conclure un vrai marché… c’est nous qui choisissons. »
— …Vraiment ?
« S’ils ont apporté l’argent comme il faut, la décision nous revient. On peut soit les dépouiller, soit conclure une transaction sans effusion de sang. »
Jeonggu répliqua aussitôt.
« Mais ça suppose qu’on soit largement plus forts qu’eux. »
« Exact. »
« Et s’ils sont plus forts que nous ? »
« Alors, Père ira mendier, pas vrai ? Tu n’as toujours pas compris les règles ? »
« Ah. »
Ce ne fut qu’à ce moment-là que Jeonggu comprit que Yeongwoo avait déjà tout prévu. Il resta bouche bée.
« De toute façon, ce ne sera pas un monstre absurde de puissance comme la dernière fois. »
« Pourquoi ? »
« S’ils étaient vraiment forts, ils ne prendraient pas la peine de faire une contre-proposition. Ils entreraient directement dans le hall des transactions qu’on a créé. »
C’était le même principe qui poussait à se méfier davantage d’un individu isolé que d’un groupe.
En réalité, même l’inspecteur mécanique Mohir était entré en sachant que le Marquage serait choisi.
*Plus ils sont puissants, plus ils ont tendance à être détendus.*
Jusqu’ici, tous les gros bonnets que Yeongwoo avait rencontrés avaient affiché un calme remarquable.
Cela allait de soi pour le Président, mais aussi pour la Chancelière Herisa, une autre Terrienne.
Or, le partenaire qui se présentait à eux ne lui semblait pas détendu du tout.
La Sélulite étant un objet si coûteux, peut-être ne faisaient-ils pas confiance au vendeur et avaient-ils préféré l’attirer sur leur territoire.
*Rien que ça prouve qu’ils ne sont pas sûrs de maîtriser la transaction.*
Après avoir brièvement jeté un œil à l’épée Bâtard à sa taille, Yeongwoo se dirigea droit vers le portail.
Frouf.
« Allons-y. Il est temps d’en finir avec notre dernière mission ! »
* * *
Fiiiiiiou !
La sensation familière de dissonance enveloppa tout son corps dès qu’il franchit le portail.
Le plafond en forme de dôme, désormais familier, emplit alors son champ de vision.
*Je vais vraiment bientôt pouvoir pointer.*
Yeongwoo tapota la barrière transparente qui lui barrait le passage. Un portail finit par se former à l’autre bout.
Frouuuush !
Et ce qui en sortit, c’était…
« …Hein ? »
Des mouches.
Des mouches marchant debout, couvertes de la tête aux pieds d’équipements de pointe, leurs têtes dissimulées sous des lunettes de protection.
« C’est quoi, ces types ? »
Yeongwoo se retourna, perplexe. Kejen fronçait déjà les sourcils à leur vue.
— On dirait des Gesrak.
« Des Gesrak ? »
— Des récupérateurs cosmiques. Ils errent partout, ramassent des débris et les revendent.
« Donc… en gros, ce sont des méchants ? Et puis, même à les voir, ils n’ont pas l’air d’être des types recommandables. »
Kejen croisa les bras, pensif.
— Est-ce que ramasser les déchets de l’univers suffit vraiment à en faire des méchants ? Cela dit… ils sont dangereux si on tombe sur eux sur une planète isolée.
« Pourquoi ? »
— Parce que les « débris » qu’ils récupèrent comprennent aussi le matériel des autres.
« Alors, c’est juste une bande de voleurs. »
— Ils considèrent simplement que tout ce qui reste dans la zone qu’ils ont choisie leur revient de droit.
« Dans tous les cas, ce n’est pas vraiment le client poli qu’on espérait. »
Quand Yeongwoo se retourna, il vit Amana hocher la tête.
— …Ils n’ont vraiment pas l’air très propres.
À ses yeux aussi, les Gesrak n’avaient rien de bienveillant.
— Mais ce n’est pas à nous de les juger ni de les condamner. Je veux seulement obtenir un prix équitable et partir.
« Moi non plus, je n’ai pas envie de chercher les ennuis. Et puis, cet objet n’est même pas à moi. »
À ces mots, un piédestal portant la Sélulite jaillit du centre de leur côté du hall.
« Hein ? Pourquoi ils présentent l’objet comme ça ? »
Kejen tendit l’oreille et regarda de nouveau de l’autre côté du hall.
— Ne me dis pas que…
Presque au même instant…
Biiiiip !
「Méthode de transaction : Lancer de pierre.」
Le type de transaction apparut en l’air.
« Le Lancer de pierre ? C’est celle où… »
[Lancer de pierre]
| Échange : les deux commerçants se tiennent aux extrémités opposées du hall et lancent leurs articles au signal du système.
| Sortie : le portail de sortie apparaît au centre du hall.
Des boutons rouge et vert apparurent à gauche et à droite du dispositif qui portait la Sélulite.
「Avant le début du Lancer de pierre, le prix sera fixé.」
「L’acheteur fera une offre initiale. Le vendeur pourra ensuite appuyer sur « Accepter » ou « Refuser » pour ajuster le prix.」
[Traducteur - Night]
[Relecteur - Gun]
« Oh, donc si le prix ne nous convient pas, on appuie sur le bouton rouge. »
Ils allaient donc se mettre d’accord sur le prix avant de passer aux lancers proprement dits.
« C’est étonnamment courtois. Même si se lancer de l’argent et des marchandises, c’est plutôt ringard. »
Pour une raison ou une autre, Yeongwoo avait l’impression de jouer à un jeu.
Amana, en revanche — la propriétaire d’origine — était visiblement tendue.
« Alors… c’était quoi, déjà, le prix du marché pour cette pierre ? »
À la question de Yeongwoo, Amana ouvrit son bec et répondit.
— Deux cents… deux cents milliards de karma, ce serait acceptable.
Kejen avait déjà dit un peu plus tôt que la Sélulite valait environ deux cents milliards.
Et vingt pour cent de cette somme reviendraient à Yeongwoo en commission.
« Il nous faut donc au moins deux cents milliards. »
Kejen exprima ses réserves.
— Si tu en demandes trop, le marché risque de capoter. Les Gesrak ont de l’argent, mais ils ne dépensent pas facilement.
« Alors pourquoi des types aussi radins essaient-ils d’acheter de la Sélulite ? »
— Ils ont probablement économisé assez pour construire un nouveau vaisseau.
À cet instant, le système leur transmit son dernier avertissement.
「Le nombre de refus autorisés dans cette transaction est limité à quatre. Si le vendeur refuse quatre fois, la transaction prendra immédiatement fin.」
Autrement dit, les Gesrak n’avaient droit qu’à quatre propositions.
Si leur offre finale était refusée, ils perdraient la possibilité d’acheter la Sélulite.
*Et si on refuse quatre fois, on n’aura pas réussi à la vendre à temps… Et en plus, les acheteurs sont des mouches.*
Est-ce que les choses ne pouvaient jamais se passer sans accroc ?
En espérant un client riche et décontracté, Yeongwoo sentit poindre un mal de tête.
「La fixation du prix va commencer. Unité de base : 100 millions.」
Puis, au signal strident, la première offre des récupérateurs de l’espace apparut.
Biiiiip !
[110]
« Cent dix milliards ? »
Yeongwoo fronça d’abord les sourcils, puis la barbe de Kejen se hérissa.
— Les salauds. Ils veulent nous faire traîner en longueur.
Yeongwoo se tourna vers Amana.
« Cent dix milliards. Ça ne te convient pas, hein ? C’est ton avis qui compte le plus. »
Amana ferma les yeux et prit une profonde inspiration.
— C’est une grosse somme… alors ils sont peut-être prudents. Mais cent dix milliards, c’est hors de question. Après ta commission, je ne pourrais même pas rembourser mes dettes.
« Alors, on refuse. »
Avant même qu’Amana ait fini de hocher la tête, Yeongwoo abattit la main sur le bouton rouge.
Kwaaang !
「Décision du vendeur : refus.」
À l’apparition du refus, les mouches se rassemblèrent et se mirent à chuchoter.
« Qu’est-ce qu’ils peuvent bien avoir à discuter ? Il y a matière à débattre ? Le juste prix, c’est deux cents milliards. »
Alors que la main de Yeongwoo flottait près de Bâtard, les mouches terminèrent leur conciliabule et envoyèrent leur deuxième offre.
Biiiiip !
[125]
Cent vingt-cinq milliards.
Une hausse de quinze milliards.
Il ne leur restait que deux offres.
— …Ils n’ont pas l’argent ?
Amana, qui commençait à s’inquiéter, prit la parole la première.
Kejen pencha la tête.
— Ils espèrent qu’on finira par céder s’ils restent en dessous ? Ils ne devraient pas manquer d’argent.
« Ou alors, ils essaient d’économiser ici pour renforcer d’autres parties du vaisseau. »
Amana réagit avec agacement aux paroles de Yeongwoo.
— Alors pourquoi économiser ici ? Ils ne devraient pas réduire les coûts ailleurs et s’assurer d’abord d’obtenir la Sélulite ?
« Eh bien, la Sélulite est une pierre de vertu, et naturellement, le vendeur est… »
Yeongwoo s’interrompit, la révélation lui venant soudain.
« Ah. Oui. Ils pensent qu’on est des gens bien. »
Voilà pourquoi leurs offres étaient si basses.
— Qu’est-ce que ça peut faire que je sois vertueuse ? Le prix est déjà fixé, de toute façon. Il est normal de payer le juste prix.
« Hé, être honnête ne fait pas de toi un méchant. S’il y a un pigeon, c’est naturel d’en profiter. »
Sur ces mots, Yeongwoo appuya de nouveau sur le bouton rouge.
Kuuung !
「Décision du vendeur : refus.」
Les mouches les fixèrent puis, sans même discuter, firent une nouvelle offre.
Biiiiip !
[130]
Cent trente milliards.
À peine cinq milliards de plus.
Ils n’avaient manifestement pas l’intention de payer le prix réel.
« C’est déjà leur troisième offre. Si on refuse encore, la prochaine sera la dernière. »
— Cent trente milliards, ce n’est toujours pas assez. Il me faut au moins cent quatre-vingts pour rembourser mes dettes.
« Alors, on refuse encore. »
Kuuung !
Yeongwoo appuya une nouvelle fois sur le bouton.
「Décision du vendeur : refus.」
Les mouches hésitèrent.
C’était leur dernière offre : elles devaient faire attention.
« Elles ont commencé à cent dix et sont péniblement montées à cent trente. Tu crois vraiment qu’elles vont soudain proposer cent quatre-vingts ? Même deux cents, ça me semble peu. »
À ces mots, Amana ferma de nouveau les yeux et expira lentement.
— Cent quatre-vingts milliards. J’accepterai cent quatre-vingts. Il faut d’abord sauver la planète.
Elle était prête à céder la Sélulite pour cette somme, au moins.
Mais l’offre finale des Gesrak apparut.
Biiiiip !
[150]
Cent cinquante milliards.
Un bon cinquante milliards sous le prix du marché.
Pour la première fois, le visage d’Amana se tordit de fureur.
— Ces salauds sont complètement dingues… !
Comme elle l’avait répété à plusieurs reprises, la Sélulite n’était pas qu’un caillou : elle renfermait la volonté accumulée d’innombrables êtres vertueux.
Si la planète n’avait pas été endettée, elle ne l’aurait jamais vendue pour de l’argent.
Et cet argent, en plus…
— Cent cinquante milliards ? Ils n’ont donc aucune décence ?!
Tandis qu’Amana tremblait de colère, Yeongwoo posa la main sur le bouton rouge et demanda :
« Alors, on refuse ? Si on le fait, le marché s’arrête là. On part tout de suite. »
Autrement dit, ils retourneraient à la saisie de la planète sans avoir gagné une seule pièce.
Prise dans un dilemme, Amana se cramponna au front si fort que ses plumes se froissèrent.
Badaboum !
— C’est… c’est insultant. Cent cinquante milliards, c’est inacceptable.
Yeongwoo déplaça alors sa main du bouton rouge vers le vert.
« Et si on prenait les cent cinquante milliards… tout en récupérant la Sélulite ? »
— …Quoi ? C’est possible ? Comment ?
Amana le demanda, incrédule.
Yeongwoo sourit d’un air mauvais.
« Eh bien, on appelle généralement ça… du “vol”. »
[Traducteur - Night]
[Relecteur - Gun]