Chapitre 593
[Traducteur – Night]
[Relecteur – Gun]
Chapitre 593 : La Grande Exploration (1)
Un hypocrite.
Quelqu’un qui est mauvais au fond, mais qui prétend être bon.
Ainsi, même si l’hypocrisie est par essence proche du mal, peut-on malgré tout parler de bonté lorsqu’elle finit par produire un bon résultat ?
Évidemment que oui, non ? Au bout du compte, tu as accompli une bonne action. Au moment où tu as agi en hypocrite, tu faisais le bien.
Sentant le Catalogue de l’Hypocrite s’activer, Yeongwoo franchit le portail gris cendre.
Frouf !
La sensation de distorsion caractéristique du portail l’envahit de la tête aux pieds. Bientôt, le repaire de Kejen s’étendit devant ses yeux.
Il aperçut Kejen, arrivé avant lui, qui était assis par terre, effondré.
Frouf !
Lorsque Yeongwoo eut entièrement franchi le portail, Kejen leva vers lui un regard épuisé.
— C’est la première fois que je suis aussi crevé. Même quand j’ai volé le sceau royal, je n’étais pas dans cet état.
Après s’être assuré que Jeonggu, Amana et le Gobelin doré arrivaient derrière lui, Yeongwoo glissa son épée mythique, Bâtard, à sa ceinture.
« On n’en est qu’à la moitié. Mais on dirait qu’on a déjà franchi la plupart des gros obstacles. »
— La moitié ?
« Ouais. Si possible, il nous reste encore à vendre la Sélulite, puis à nous tirer d’ici, non ? »
Il lui restait beaucoup de lingots de Katangdal, mais il s’était déjà fait deux ennemis depuis son arrivée. Mieux valait donc partir au plus vite.
Et il pourrait toujours utiliser les lingots de Katangdal plus tard pour modifier ou construire des vaisseaux.
— C’est vrai. Ce salaud de pisteur ne sera pas rentré sans rien dire. Il a probablement demandé des renforts à la famille royale.
« Cela dit, la ville est immense. On ne risque pas tant que ça de se faire attraper, si ? »
— En ville, non… Mais les zones où l’on peut embarquer pour partir sont limitées. Si on traîne trop, on aura des problèmes.
Autrement dit, plus ils partiraient tôt, moins ils risqueraient d’avoir des ennuis.
Ziiiiing… !
Entre-temps, le Catalogue de l’Hypocrite émit un étrange bourdonnement, comme s’il préparait quelque chose.
« Oh, ça y est. »
— Quoi donc ?
Au moment où Kejen pencha la tête, une lumière dorée se répandit au centre du champ de vision de Yeongwoo.
Fwoooosh !
[Effet de collection : 5]
| Dégâts infligés aux malfaiteurs +20 %.
« Quoi ? »
Yeongwoo resta bouche bée en découvrant la première véritable capacité du Catalogue de l’Hypocrite.
« Mais c’est complètement pété ! »
— Q-quoi donc ?
« Le Catalogue de l’Hypocrite. J’ai débloqué le premier stade : les dégâts infligés aux malfaiteurs augmentent de 20 %. »
— 20 %… ?
En entendant cela, Kejen ouvrit lui aussi de grands yeux, stupéfait.
Jeonggu intervint alors.
« Alors, ce n’est pas une réduction des dégâts, mais une augmentation ? Pour le Catalogue de l’Hypocrite ? Sa première capacité est offensive ? »
« Ah, oui. C’est bizarre, en effet. »
Yeongwoo examina de nouveau le premier effet de collection du Catalogue.
Jusqu’à présent, la capacité intrinsèque du Catalogue avait toujours réduit les dégâts.
Plus précisément, elle réduisait les dégâts infligés par la famille ou le clan de la cible envers laquelle le propriétaire du Catalogue avait fait preuve d’hypocrisie.
En d’autres termes, comme il convenait à un Catalogue associé au « bien », du moins en apparence, ses capacités étaient défensives.
Mais au moment où il avait débloqué toutes les fonctions du Catalogue, celui-ci lui avait accordé une capacité offensive.
« Pourquoi ? Pourquoi est-il soudain devenu un Catalogue d’attaque ? »
Comme Yeongwoo marmonnait, Jeonggu répondit d’un ton désinvolte :
« Peut-être parce que, dans cet univers, l’hypocrisie revient en gros à… tabasser les malfaiteurs ? »
« Quoi ? »
« Tu vois, que la bonté soit feinte ou non, quand tu la mets en pratique, tu finis forcément par te battre contre des malfaiteurs. »
Selon la théorie de Jeonggu, le Catalogue augmentait donc la puissance offensive de son propriétaire afin qu’il puisse continuer à faire preuve d’hypocrisie envers les malfaiteurs.
« D’une certaine façon, ça reste défensif. La plupart des attaques préventives viennent quand même des malfaiteurs. »
« … Ah bon ? »
Ça avait l’air absurde, mais ce n’était pas complètement faux.
Surtout…
« Enfin, ça m’avantage, donc c’est forcément juste. »
Cette capacité augmentait en pratique les dégâts infligés à presque tous les ennemis qu’il pourrait affronter.
Yeongwoo n’était pas du genre à « faire le bien », mais il s’était toujours heurté à des malfaiteurs.
Il était presque certain que 80 % des ennemis qu’il combattrait à l’avenir seraient eux aussi des malfaiteurs.
Et j’ai déjà une réduction des dégâts infligés par les malfaiteurs.
Frouf.
Yeongwoo sortit la pièce blanc laiteux qu’il gardait toujours dans sa poche.
「Emblème du réconfort」 – Monnaie mythique
【Manteau de lumière】
| Dégâts subis de la part des malfaiteurs −20 %.
【Chœur de la Vertu】
| En donnant ce jeton en garantie, vous pouvez emprunter une fois chacune des armes ultimes des planètes suivantes :
— Doatel, Delmir, Shuaarel
【Protection de la famille royale Shelbir】
| Cet emblème tient lieu de sceau royal.
Cet objet aberrant était un jeton que le roi Teroph lui avait remis en prétendant qu’il l’aiderait dans ses œuvres de charité.
C’était le symbole prouvant que ce « méchant » œuvrait en réalité pour Doatel et la famille royale Shelbir.
Si cet emblème réduit les dégâts de 20 %, il n’y a rien d’étonnant à ce que le Catalogue les augmente.
Avoir à la fois une augmentation et une réduction des dégâts, c’était tout simplement idéal.
Et de toute évidence, en matière de capacités liées à la morale, le Catalogue surpassait tous les autres, à l’exception des codex mythiques dotés de privilèges hors norme.
En matière de puissance offensive pure, les codex d’armes sont probablement plus puissants… Mais quand même.
Tandis que Yeongwoo réfléchissait, Jeonggu se caressa le menton et ajouta :
« Si le premier stade offre déjà +20 % de dégâts… qu’est-ce que ça donnera au deuxième ? »
« Exactement. D’habitude, les capacités deviennent beaucoup plus puissantes à mesure qu’on progresse. »
Le prochain palier de collection du Catalogue de l’Hypocrite était fixé à une valeur de collection de 10.
[Traducteur – Night]
[Relecteur – Gun]
Autrement dit, il lui restait cinq actes d’hypocrisie à accomplir.
Avant, le Catalogue indiquait chaque fois combien il en restait, mais maintenant, plus rien.
C’était peut-être parce que la première capacité avait déjà été débloquée.
Il eut beau attendre, aucune notification ne lui indiqua le nombre d’actes d’hypocrisie restants.
Yeongwoo détourna les yeux du Catalogue et se tourna vers le groupe.
« Bon, faisons le bilan. »
« De quoi ? »
« De combien… non, de combien j’ai gagné. »
« …… »
« J’ai actuellement 40,4 milliards de wons en liquide. »
« Hein ? »
Un hoquet lui échappa à l’annonce de cette somme.
« Mais quinze milliards reviennent à Koatu. »
« Il te reste donc 25,4 milliards. »
« Et on a treize lingots de Katangdal. »
Il s’agissait d’un butin volé complètement insensé, qu’ils avaient dérobé quasiment sous le nez de Mohir.
« Tu vas les vendre aussi ? Au cours actuel, ils valent environ un milliard et demi chacun… »
Soit dix-neuf milliards et demi environ.
Mais Yeongwoo secoua la tête.
« Je n’ai pas besoin d’argent rapidement, et on ne peut pas rester éternellement ici à faire des affaires. On les ramènera avec nous. »
— Les lingots de Katangdal sont toujours utiles. Inutile de se presser pour les vendre.
Kejen, qui voulait désespérément échapper à l’emprise de la famille royale de Kardal, prit la parole d’un air suppliant.
« C’est quand même une belle prise. Même si on a risqué notre vie pour ça… »
Alors que Jeonggu disait cela, Yeongwoo fixa les billets de grande valeur qu’il tenait en main.
« Mais après avoir blanchi cet argent, il ne restera pas grand-chose. Ce n’est toujours pas assez. »
Et indépendamment de l’argent, le Catalogue pouvait aussi s’activer de nouveau pendant le blanchiment.
Après tout, donner un butin volé à une organisation interstellaire d’aide humanitaire pouvait sans doute être considéré comme un acte d’hypocrisie.
Mais comme j’avais prévu de le faire depuis le début, le Catalogue ne le comptabilisera peut-être pas.
S’il le comptabilisait, il aurait en pratique accompli six actes d’hypocrisie.
« Alors, il ne nous reste plus que… à vendre la Sélulite ? »
Jeonggu replia un à un les doigts de sa main.
Yeongwoo hocha la tête en jetant un regard à Amana.
« Ouais, si un acheteur se présente. Si personne n’en veut après qu’on a attendu un peu, on rentre chez nous. »
Amana ouvrit le bec.
— Et, ce « peu », ça veut dire combien de temps ?
« Quoi d’autre ? Jusqu’à ce que le célèbre bandit qui me doit la vie trouve quelque chose de valeur pour l’acheter. »
— ……
En gros, il n’attendrait pas du tout.
— Mais je dois la vendre. Absolument.
« Survivre, ça ne te suffit pas ? »
— La dette de ma planète compte autant que ma vie.
« …… »
Yeongwoo comprit enfin que le visage d’Amana exprimait une détermination farouche.
« Si tu acceptais de la vendre à moitié prix, je pourrais l’acheter tout de suite. »
— Tu es vraiment impoli.
« Alors laisse tomber. »
Yeongwoo haussa les épaules, puis se retourna vers Kejen.
« Il est temps de régler ta dette de vie. Je suis très curieux de savoir quel est l’objet qui compte le plus pour toi. »
À ces mots, Kejen tressaillit et se mit à trembler.
Pourtant, il ne semblait pas vouloir voler ce qu’il devait offrir pour sauver sa vie : il leva deux doigts.
— Je vais te laisser choisir.
« Choisir ? »
— Entre deux choses.
« Lesquelles ? »
— La plus chère et la plus précieuse.
« La plus chère ou la plus précieuse ? Ça sent l’embrouille. »
Proposer des options de but en blanc laissait clairement entendre qu’il avait une arrière-pensée.
Mais Yeongwoo n’hésita pas.
« Donne-moi la plus précieuse. »
— … Pourquoi ?
« Parce que quand tu étais désespéré, celle que tu as juré de me donner était la chose la plus précieuse. »
Yeongwoo répéta mot pour mot la supplication que Kejen lui avait adressée plus tôt :
— P-pitié, réfléchissez-y encore. Vous ne savez pas ce qu’il y a d’autre dans mon repaire ! Si vous m’épargnez, je vous donnerai la chose la plus précieuse que j’aie cachée !
Ce qu’il lui avait promis pour payer sa dette de vie, c’était donc l’objet « le plus précieux ».
« Et là, tu veux soudain me donner le plus cher ? Ça veut dire que tu as changé d’avis une fois tiré d’affaire. »
Alors que Yeongwoo le transperçait du regard, Kejen plaqua les oreilles contre sa tête.
— Mais… le plus cher, c’est une bonne option aussi. Tu aimes l’argent.
« L’argent n’est que de la valeur quantifiée. Arrête de discuter et donne-moi ce que tu as de plus précieux. »
Puis Yeongwoo lui coupa toute possibilité de se défiler :
« Si tu me sors une ânerie de rat du genre “ma vie est ce que j’ai de plus précieux”, je te coupe la tête sur-le-champ. »
— … !
Sentant qu’il était sérieux, Kejen recula malgré lui.
— Tu es vraiment un bandit…
« Si tu ne l’as compris que maintenant, pas étonnant que tu aies eu une vie si courte. »
Quand Yeongwoo posa la main sur Bâtard, Kejen roula nerveusement des yeux.
— Très bien. Ne le regrette pas. Ce n’est pas du tout ce que tu crois.
« Accouche. Je ne le regretterai pas, alors donne-le-moi. »
Acculé, Kejen posa enfin la main sur l’un des nombreux coffres-forts alignés le long du mur.
Boum !
— … Une carte.
« Une carte ? Une carte de quoi ? »
Yeongwoo tira légèrement son épée mythique de son fourreau, et Kejen jeta un regard inquiet à son aura cramoisie.
— Une carte. Une carte pour trouver des mythes.
[Traducteur – Night]
[Relecteur – Gun]