Chapitre 583
[Traducteur — Night]
[Relecteur — Gun]
Chapitre 583 : Positions d’échange (3)
« C’est quoi ce… Tout ça est dingue. »
Après avoir consulté la liste des méthodes d’échange possibles, les yeux de Yeongwoo s’illuminèrent.
Si un permis de troisième catégorie offrait de tels avantages, alors se faire tabasser par le gardien n’avait soudain plus rien de grave.
À cet instant, Jeonggu, la bouche grande ouverte devant la liste, tourna lentement la tête vers Kejen.
« Mais… dis, Kejen. »
— Hein ? Quoi ?
« Parmi tout ça… lesquelles as-tu déjà expérimentées ? »
Une question on ne peut plus pertinente.
À bien y réfléchir, avant d’afficher cette liste, Kejen l’avait dit lui-même.
Il n’avait jamais obtenu de permis de troisième catégorie ; tout ce qu’il avait connu, c’était des adversaires qui avaient choisi à l’avance l’agencement de la salle pour lui tendre un piège.
— Euh… eh bien.
Kejen leva les yeux vers le vide, comme s’il se remémorait un mauvais souvenir.
Puis il désigna deux méthodes d’échange bien précises dans la liste…
Le Jeu de pierre et le Jeu du chat.
— Les deux sont pourries quand on les subit. Mais il y a une différence…
Kejen fit le geste de lancer quelque chose.
Frouf !
— Tu te rappelles comment le gardien a lancé le badge tout à l’heure ? Le Jeu de pierre, c’est exactement ça.
Yeongwoo pencha la tête.
« En gros, on peut attaquer quelqu’un en lui lançant des objets ? »
— Ouais. S’il y a un énorme écart de niveau en arts martiaux, c’est extrêmement efficace. Et même sans ça, on peut observer la réaction de l’adversaire quand il attrape l’objet, puis décider si on se bat ou non.
Autrement dit, s’ils voulaient provoquer un incident pendant l’échange sans prendre trop de risques, le Jeu de pierre n’était pas une mauvaise option.
— Vous sortez tous les deux par une seule issue, au centre. Si l’adversaire a l’air fort, vous pouvez le laisser partir en premier. Si c’est nous les plus forts, on bloque la sortie avant lui.
« Mais ça peut aussi se retourner contre nous. L’adversaire peut bloquer la sortie. On n’est pas les seuls à pouvoir jouer les bandits. »
— Bien sûr. Mais l’avantage du Jeu de pierre, c’est qu’il laisse toujours au moins une possibilité de fuite.
« Et le Jeu du chat, c’est carrément annoncer : “On va se battre”, non ? »
— Si tu as une mobilité exceptionnelle, il n’y a presque rien de mieux que le Jeu du chat. Et puis…
« Quoi d’autre ? »
— Réfléchis. C’est une méthode qui permet d’obtenir l’objet sans contact physique. Donc, techniquement, on n’a même pas besoin de recourir à la violence.
« Mais celui à qui tu as pris son objet ne va pas rester les bras croisés. »
— S’il cherche la bagarre, on décide comment réagir. Sinon, ça devient un échange sans effusion de sang.
Enfin… à proprement parler, un vol sans effusion de sang.
— Si tu veux conclure un marché vraiment honnête, récupère d’abord l’objet avec le Jeu du chat, dépose le paiement à l’endroit où il se trouvait, puis dirige-toi vers la sortie.
« Pas mal. Si on laisse le paiement, l’adversaire sera moins tenté de nous attaquer à l’aveuglette. »
— Exact. Et en plus, c’est nous qui fixons le prix.
« Quand tu as été victime du Jeu du chat… quel objet t’a-t-on pris ? Tu es encore en vie, donc j’imagine que tu ne t’es pas battu ? »
À ces mots, le visage de Kejen s’assombrit.
— Des chevaliers avec un emblème que je ne connaissais pas. Ils m’ont piqué mon objet avec le Jeu du chat et ont laissé un sac à sa place.
Il avait compris que c’était une arnaque dès qu’il l’avait vu, mais ils étaient trop nombreux pour qu’il les poursuive.
« Alors… tu l’as ramassé ? »
— Qu’est-ce que tu voulais que je fasse d’autre ? On n’a qu’une vie.
« Qu’est-ce qu’il y avait dedans ? »
— Une pièce de 1 000 karmas.
« Tu te fous de moi. »
— Voilà pourquoi, dans le Secteur Noir, la force, c’est tout. Si tu es faible, on te fait les poches à longueur de journée.
C’était pour ça que Kejen avait amené « le poing » avec lui cette fois-ci…
Le chef du gang des voleurs de la Renaissance au Bras Puissant : Jeong Yeongwoo.
« Le Jeu du chat a l’air d’être le plus avantageux. Surtout qu’on peut vérifier que l’acheteur a bien apporté de l’argent. »
Mais Jeonggu ajouta, inquiet :
« Le problème, c’est que… une bagarre va presque sûrement éclater. »
« Ça, c’est mon affaire. On dira simplement qu’on a choisi le Jeu du chat pour vérifier qu’ils avaient bien le paiement prévu. »
Dans ce cas, tant que les deux parties respectaient les règles, un « échange sans effusion de sang » était théoriquement possible.
« Ah, attends. »
Une idée traversa l’esprit de Yeongwoo, qui se tourna vers Kejen.
« Quand on choisit la méthode d’échange, ça ne s’applique que si nous sommes les vendeurs, pas vrai ? »
— Ouais. Les lingots de Katangdal sont très recherchés, mais on en a trop. Plus la transaction est importante, plus les gens préfèrent utiliser leur propre territoire.
Autrement dit, il leur arriverait parfois d’entrer dans la zone d’échange de l’adversaire.
« Donc on pourrait nous-mêmes être victimes du Jeu du chat. »
— Exactement. C’est pour ça que je t’ai dit d’étudier soigneusement ces méthodes. Si on se retrouve dans la position de la victime, il faudra réagir immédiatement.
Kejen jeta alors un regard au-delà du mur vert jade.
— Choisissons la méthode et inscrivons les marchandises. On a un sceau impérial à retrouver.
« D’accord, on part sur le Jeu du chat. »
Dès que Yeongwoo sélectionna le Jeu du chat, toutes les autres options disparurent.
Frouash !
[Jeu du chat]
| Échange : À l’entrée de l’adversaire, son paiement ou ses marchandises vous sont transférés.
| Sortie : Le portail de sortie apparaît à l’endroit le plus éloigné des deux négociants.
「Vous avez choisi le Jeu du chat comme méthode d’échange.」
「Veuillez enregistrer les marchandises à vendre.」
Un carré bleu apparut sur le sol, à côté du lit de Yeongwoo.
« Qu’est-ce que c’est ? »
— Une vérification de propriété. Le Secteur Noir contrôle qu’il ne s’agit pas d’une annonce frauduleuse.
Un autre message du système s’afficha.
「Pour les objets volumineux, touchez trois fois votre permis d’entrée.」
Ça devait servir à inscrire des machines lourdes ou des objets gigantesques, comme un vaisseau.
Mais puisqu’ils vendaient des lingots de Katangdal, il leur suffisait de les déposer dans le carré.
— Kiiik !
Le Gobelin doré ouvrit sa sacoche spatiale et commença à empiler les lingots dans le carré.
Le nombre d’objets se mit à jour en temps réel.
BIP !
[Lingot de Katangdal : 25]
Chacun valait 1 milliard.
Selon les prix du Secteur Noir, ils en valaient 1,5 milliard pièce, soit 25 lingots au total.
— C’est dingue. Il n’y a pas beaucoup de gens capables d’en acheter autant d’un coup.
À la vue de la pile, Kejen se lécha les lèvres sans même s’en rendre compte.
— On peut autoriser à la fois la vente en gros et la vente partielle. Coche les deux options et voyons comment ça se passe.
« Et pendant ce temps, on part chercher le sceau ? Mais ce ne sera pas dangereux de transporter le sceau et ces lingots en même temps ? »
— Si on met aussi le sceau en vente, il sera gardé temporairement en lieu sûr chaque fois qu’on sortira vendre les lingots.
« Et si on meurt pendant la vente des lingots ? »
— Hé hé. Alors le Secteur Noir récupère le sceau.
« Quelle entreprise monstrueuse, ce Secteur Noir… »
Une fois la vérification terminée, le carré bleu disparut avec les lingots.
「Enregistrement terminé.」
「Autoriser les ventes partielles ? Veuillez définir les quantités minimale et maximale.」
Yeongwoo saisit cinq comme quantité minimale et vingt-cinq comme quantité maximale.
Un code d’identification apparut aussitôt au dos de son permis d’entrée.
« On dirait que c’est bon. »
— Maintenant, on attend juste un acheteur. Tu recevras une alerte.
Kejen se dirigea vers la sortie.
— Récupère tes affaires et suis-moi. On va à ma planque.
* * *
[Traducteur — Night]
[Relecteur — Gun]
Le Secteur Noir.
Un marché souterrain colossal, grouillant de criminels.
Quand Yeongwoo était allongé dans la salle de convalescence, il n’avait pas pu saisir l’ampleur véritable de cet endroit.
Il n’avait vu qu’un grand lac et une immense falaise noire, dressée là où aurait dû se trouver un rempart urbain.
Mais maintenant…
« Putain… Tous ces gens sont des criminels ? »
La salle de convalescence se trouvait dans une petite clinique, au milieu d’un quartier de la ville. En sortir, c’était déboucher directement sur une rue animée où fourmillaient des milliers de criminels.
Des borgnes, des êtres à quatre yeux, des golems, des hommes-rats… Toutes les espèces qu’on pouvait croiser dans l’univers se mêlaient ici, chacune vaquant à ses occupations.
Et maintenant, le groupe était l’un des nombreux groupes présents.
— Ahhh… J’ai l’impression d’être rentré chez moi.
Debout au milieu de cette rue bondée de vauriens, Kejen ouvrit les bras et inspira profondément.
Yeongwoo, lui, rabattit sa cape d’invisibilité sur la tête.
« À ce rythme, les pickpockets doivent être légion… »
Mais Kejen, voleur professionnel, secoua la tête.
— Tu n’y connais vraiment rien. Il y a plein de pickpockets, mais avec une cape comme ça, tu te fais remarquer et tu deviens une cible encore plus facile.
À cet instant, un gobelin à trois yeux qui passait près de Yeongwoo heurta son épaule invisible.
— Aïe ! C’est quoi, ça ?
De nombreux criminels alentour tournèrent la tête vers le bruit.
« Merde, il a raison. »
Comprenant que sa cape attirait l’attention, Yeongwoo l’enleva.
« Mais je ferais quand même mieux de cacher mes armes. Quelqu’un de futé pourrait les reconnaître. »
Il recouvrit l’Aratubank et le Bâtard avec la cape.
Kejen hocha la tête.
— Au moins, tu as un peu de jugeote. Suis-moi.
CLAC
Sans la moindre enseigne ni aucun repère, Kejen s’avança avec assurance dans le dédale de rues.
« Comment tu sais où aller, bon sang ? »
— En repérant la position des bâtiments publics. Regarde bien : même les cliniques identiques n’ont pas les mêmes couleurs de murs.
« Ils pourraient pas… mettre des panneaux ou distribuer des plans ? »
— Ils font ça pour empêcher les agents du gouvernement de s’infiltrer. Ça les empêche de se repérer facilement.
« Attends… le gouvernement envoie des espions ici ? »
— Parfois, ouais. Pour attraper les fugitifs de longue date. Et aussi pour des opérations secrètes.
Yeongwoo cligna des yeux.
« Mais si l’espion reste assez longtemps, il finira bien par apprendre à s’orienter, non ? »
— T’inquiète pas. Il meurt avant. Si tu n’es pas un vrai criminel, tu finis par te faire remarquer.
Après cette remarque sinistre, Kejen tourna brusquement dans une autre rue.
— On va à la Zone de libre-échange Est. Il y a toujours des bagarres liées aux échanges de rue, alors reste sur tes gardes.
« Quoi ? On ne cherche pas le sceau ? Pourquoi aller dans un endroit où ça se bat ? »
— Ma planque est dans le coin. Les loyers sont bas.
À cet instant, une immense arche surmontée d’un portail lumineux apparut devant eux.
« C’est quoi, maintenant… Il y a un portail en pleine ville ? »
— Sans ça, impossible de traverser une ville aussi immense. Bref, une fois là-bas, ne te mêle à aucune bagarre. Reste derrière moi.
« Ouais, je ne me bats pas s’il n’y a pas d’argent en jeu. Allez, on y va. »
Yeongwoo vérifia ses armes mythiques dissimulées et entra dans le portail.
Frouf.
Un instant d’étourdissement… puis un quartier complètement différent apparut.
À l’abandon. Un vrai bidonville.
Et au même moment…
BOUM ! BOUM ! BOUM !
Une énorme explosion retentit devant eux, projetant de la poussière partout.
« Qu’est-ce que… ?! »
Kejen s’élança dans le nuage de poussière.
— Tu vois ça ? C’est la vie de tous les jours, ici ! On dirait un incident lors d’un échange de rue ! Reste près de moi !
« O-oui, chef ! »
Terrifié à l’idée d’être abandonné, Jeonggu courut devant Yeongwoo.
Pendant ce temps, Yeongwoo…
« Mais qu’est-ce que… »
Dans l’épaisse poussière, les silhouettes de plus d’une centaine de criminels semblaient s’affronter dans une mêlée générale.
Puis…
« …Hein ? »
Au milieu du chaos, il entendit une voix étrangement familière.
Il tendit l’oreille.
— Bande de lâches ! Arrêtez !
Il connaissait cette voix, mais ne parvenait pas à la reconnaître tout de suite.
En s’approchant…
FROUASH !
Une puissante rafale chassa la poussière et révéla un hibours en plein vol.
« …Quoi ? »
Yeongwoo ouvrit de grands yeux.
Ce n’était autre qu’Amana, gardienne de la planète sacrée Sutral et candidate comme lui à l’examen de promotion planétaire.
« Qu’est-ce qu’elle fout ici ? »
Kejen avait dit que les espions du gouvernement se faisaient toujours remarquer.
Yeongwoo comprit exactement ce qu’il voulait dire.
Dans un repaire de criminels, Amana, parangon de vertu, détonnait de façon spectaculaire.
Pas à cause de ses plumes, mais parce que toutes ses répliques respiraient une bonté exaspérante.
— Espèces d’escrocs sans vergogne ! Vous aviez promis d’acheter quelque chose, et vous osez venir sans paiement !
Alors qu’elle piquait vers quelqu’un, Yeongwoo cria :
« Hé ! Amana ! Encore un geste et tu vas te faire tuer ! »
Mais, dans le chaos, personne ne pouvait l’entendre.
À cet instant, Kejen revint en courant et attrapa Yeongwoo par le bras.
— Espèce de cinglé ! Pourquoi tu restes planté là ? Bouge !
Kejen avait risqué sa vie en revenant : sans Yeongwoo, l’échange du sceau échouerait.
Mais Yeongwoo avait déjà ôté la cape qui recouvrait le Bâtard et l’Aratubank.
« Je dois la rattraper. »
— Qui ça ? Qui est-ce que tu veux poursuivre dans cette zone de guerre ?!
« Une idiote que je connais. Elle est trop juste pour survivre ici. »
Kejen secoua la tête.
— Oublie-la. Tant pis pour elle. Les criminels des quartiers résidentiels voisins vont bientôt se joindre à la bagarre.
Mais Yeongwoo avait une raison de ne pas pouvoir l’abandonner.
« Non. C’est impossible. J’ai une quête de mandat de la Cour. Si elle meurt ici, je ne pourrai jamais la terminer. »
— Quoi ? Un mandat de la Cour ?
Pendant que Kejen restait bouche bée, Yeongwoo fit apparaître la quête qu’il avait depuis longtemps.
FLASH !
[Cour planétaire] « Destin équilibré »
<Mission> Retrouver les trois individus suivants : (0/3)
- Aldo, deuxième prince de Doatel
- Amana, gardienne du Sutral sacré
- Taru, dernier espoir de Pigot
<Spécial> Vous devez utiliser un vaisseau spatial appartenant à la famille.
<Récompense> Ajustement du score de karma garanti par la Cour planétaire.
« Waouh… Elle a dû accumuler pas mal de mérites. Ça ne m’étonne pas qu’on se croise dans un endroit pareil. »
[Traducteur — Night]
[Relecteur — Gun]