Chapitre 541
[Traducteur - Night]
[Correcteur - Gun]
Chapitre 541 : Clients noirs (4)
« Quoi… qu’est-ce que tu racontes ? Je dois juste prendre cette jambe artificielle et entrer dans le coffre ? »
Devant la mine stupéfaite de Yeongwoo, Koatu s’expliqua.
— Avec cette jambe, tu peux ouvrir le coffre central. Elle t’indiquera aussi le chemin.
« D’accord, mais comment suis-je censé savoir ce qui se passe là-dessous ? »
— Même s’il arrive quelque chose, à quoi te servirait ce cul-de-jatte ?
« … »
Il n’avait pas tort.
En plus, Yeongwoo n’avait même plus le temps de discuter avec Koatu.
Dans quelques instants, il ne leur resterait que moins de cinq minutes.
« Bon sang, pourquoi ces enfoirés me compliquent-ils autant la vie ? »
Malgré tout, Yeongwoo réfléchissait à toute vitesse.
« Oh, tant pis. À la place de ce type à une jambe, tu viens avec moi. »
Il désigna le Gobelin doré assis dans un coin du pont.
Jeonggu pencha la tête.
« Pourquoi un gobelin, tout à coup ? »
« On ne sait pas comment l’argent est entassé dans ce coffre. Il nous faudra un porteur. »
Puis il donna un ordre à la Terre.
« Prépare une capsule de largage. On y va tout de suite. »
『Je vous déposerai aussi près du coffre que possible. Elle sera prête dans cinq secondes.』
La Terre fit rouler ses yeux en cercle, agita la main dans les airs et ouvrit un portail.
『Un gobelin, c’est assez petit pour être transporté. Tiens-le et monte.』
Autrement dit, ils n’utiliseraient qu’une seule capsule.
Sans un mot de plus, Yeongwoo appela le gobelin et le souleva sans effort.
« Tu as dit qu’il nous restait cinq minutes ? » La source officielle est novelFire.net
『À l’instant, il reste cinq minutes et vingt et une secondes. À votre arrivée, il vous restera presque exactement cinq minutes.』
Yeongwoo tapota alors son poignet et fit apparaître un compte à rebours de cinq minutes et dix secondes.
« Je rapporterai tout ce que je pourrai. Attends juste cinq minutes. »
Puis il ramassa au sol la jambe artificielle de Koatu.
« Si ça tourne mal là-dessous, je ne pourrai peut-être pas te la rendre. »
Autrement dit, il risquait de devoir l’abandonner en affrontant les gardes.
Koatu eut l’air contrarié, puis répondit :
— C’est ma seule jambe, alors, bien sûr, j’aimerais la récupérer… mais si je la perds, je ne t’en voudrai pas, capitaine.
« Parfait. À tout de suite, alors. »
Sur ces mots, Yeongwoo bondit dans le portail.
Ta-at !
L’instant d’après, il se retrouva dans l’espace exigu de la capsule de largage et sentit la plateforme sous ses pieds.
« Même après toutes ces fois, je n’arrive pas à m’y habituer. »
Surtout maintenant qu’il transportait le Gobelin doré.
— Kiiik !
Le gobelin s’aplatit contre l’épaule et la poitrine de Yeongwoo, s’y agrippant tant bien que mal.
« Comment je peux éviter d’utiliser ces capsules jetables ? »
Il posa la question à voix haute, et la Terre lui répondit par leur conscience commune.
○ Avec de l’argent. Quoi d’autre ?
« …Combien ? »
○ Même une navette bon marché coûte entre cinq et six cents millions. À partir des vaisseaux de taille moyenne, les prix s’envolent.
« Des vaisseaux de taille moyenne… comme ceux à bord desquels j’ai vu les chefs de clan, l’autre fois ? »
○ Non, ceux-là étaient de grande classe. Au mariage de tes parents, la plupart des invités sont venus dans des vaisseaux de taille moyenne.
Un vaisseau de taille moyenne coûtait au moins quelques milliards.
Les vaisseaux de classe semi-grande dépassaient les dix milliards.
Quant aux vaisseaux de grande classe des grandes familles, leur prix était tout bonnement inestimable.
« Alors, combien vaut le vaisseau du Président ? »
○ C’est un vaisseau fabriqué sur mesure, selon ses goûts. Je doute qu’on puisse même lui attribuer une valeur. Rien que le coût de production doit être astronomique.
Puis la Terre ajouta :
○ Malgré tout, vu son rang, le vaisseau du Président n’est pas si grand. En fait, il est plutôt petit.
En termes de dimensions, le vaisseau-tombeau du Président n’était que de classe moyenne.
○ Mais ce n’est pas comme s’il n’avait pas les moyens de s’en offrir un plus grand. Il doit bien avoir une raison.
À cet instant, la capsule gémit.
Grincement, clac !
Elle venait d’être verrouillée dans la chambre de lancement.
Et alors…
Vroooooom !
La capsule fut propulsée dans un rugissement de tonnerre.
« C’est juste devant, pas vrai ? »
Fouuuush !
Au milieu des hurlements du vent qui déchirait la coque, Yeongwoo posa sa question.
La Terre le prévint :
○ On y est presque. Prépare-toi.
Puis, presque au même instant…
Kwaaaang !
Un choc violent secoua la capsule, dont la coque métallique éclata en morceaux dans toutes les directions.
Ils étaient arrivés au coffre secret de Koatu.
« Ouf ! »
Comme toujours, projeté hors de la capsule, Yeongwoo retomba rapidement sur ses pieds.
Clac !
Au lieu de la roche, ses pieds foulèrent un revêtement d’acier renforcé.
Il se trouvait déjà à l’intérieur d’une partie d’une immense structure.
« …Hein ? »
En levant les yeux, Yeongwoo aperçut une entrée de coffre bâtie comme un temple.
Un énorme portail d’acier — haut d’au moins quinze mètres — dominait son champ de vision.
De chaque côté s’étendaient d’épais murs extérieurs, sans la moindre fissure.
Ce portail était l’unique entrée.
« …Ce sont forcément des gardes. »
Perchées au sommet du portail, deux gargouilles mécaniques gigantesques s’y agrippaient comme des ornements, prêtes à bondir.
« Hum. »
Sentant qu’un combat se préparait, Yeongwoo tendit la jambe artificielle au gobelin, puis tira le Bâtard de sa ceinture.
Fouuuush !
Mais dès qu’il fit un pas vers le portail…
Crik.
Comme prévu, les gargouilles glissèrent vers le bas dans un grincement métallique.
Boum, bouuum !
「Halte !」
「Propriété privée. Faites un pas de plus et vous serez exécuté.」
Hautes de six mètres, elles avaient une carrure massive en triangle inversé : c’étaient clairement des modèles de combat.
« Au moins, elles n’attaquent pas tout de suite. C’est… courtois. »
Pourtant, il avait l’air d’un intrus, ça ne faisait aucun doute.
Il n’y avait aucune chance qu’on arrive ici par hasard.
Mais les gargouilles se contentèrent de croiser les bras et de le dévisager.
« … »
Yeongwoo s’abstint donc de frapper sur-le-champ.
À la place…
Frouf.
[Traducteur - Night]
[Correcteur - Gun]
Il reprit la jambe artificielle de Koatu au gobelin et la brandit dans les airs.
« Regardez, le propriétaire du coffre m’a donné la clé. Je ne suis pas un intrus. »
Les gargouilles se penchèrent pour examiner attentivement la jambe.
「Il a vraiment la clé.」
「Alors… il aurait fait du mal au Seigneur Koatu ?」
« …Quoi ? »
Il ne s’attendait pas à cette conclusion.
Plus étrange encore, ces machines agissaient et parlaient comme des êtres vivants.
Presque comme…
« …Lemu. »
Des machines dotées d’une intelligence exceptionnelle et d’une personnalité, en somme.
Yeongwoo pensa à la lance légendaire, le Paratonnerre, et à son étrange propriété : le Sceau de Lemu.
【Sceau de Lemu】
| Chaque fois que vous prononcez « Lemu », vous recevez une décharge électrique grisante et gagnez les faveurs des machines.
« C’est peut-être le moment de m’en servir… ? »
Yeongwoo hésita, et les gargouilles devinrent menaçantes en venant l’encercler.
Boum, boum !
「Vous ne portez aucune marque d’autorisation, mais vous avez la clé du coffre…」
「Cela ne peut signifier qu’une chose : le Seigneur Koatu a été compromis.」
« Hé, alors vous êtes libres, maintenant. Ça ne vous arrange pas ? »
Mais les gargouilles ne lui prêtèrent aucune attention.
「Pour garantir la sécurité du coffre, nous allons récupérer la clé !」
Elles se jetèrent sur lui pour la lui arracher.
Fouuuush !
« Quoi ?! »
Leurs bras fusèrent vers lui avec une telle rapidité que le guide holographique donna l’alerte au même instant.
Elles étaient redoutables.
Mais pas à la hauteur de Yeongwoo.
Leurs mains ne fendirent que le vide.
Fwap !
「… !」
「Où est-il… ?」
Le temps qu’elles clignent des yeux, Yeongwoo se trouvait déjà devant le portail.
« Comment je l’ouvre ? Je préférerais éviter d’abîmer l’endroit. »
Les yeux des gargouilles s’embrasèrent de rouge tandis qu’elles découvraient leurs crocs.
「Mourez ici, et votre corps sera transporté jusqu’à l’incinérateur de déchets organiques.」
「Vous ne pourrez franchir le portail qu’à cette condition !」
Un sacré lyrisme pour des machines.
Fouuuush !
Alors qu’elles chargeaient, Yeongwoo invoqua le Paratonnerre et prononça le mot avec force.
《Lemu… !》
Aussitôt, l’arme et le corps de Yeongwoo s’illuminèrent de blanc, tandis que des éclairs lui transperçaient le crâne.
« Argh ! »
Mais il ne fut pas le seul à recevoir une décharge.
Crac !
Les gargouilles s’illuminèrent elles aussi de blanc ; des étincelles jaillirent de leur cou et leurs yeux pâlirent.
「Hein ?」
「Ghhk !」
Bras levés pour frapper, elles les replièrent soudain poliment contre elles.
「Ah, qu’avons-nous fait ?」
「Nous avons failli offenser gravement un frère.」
« Qu’est-ce qui vous prend ? Pourquoi vous réagissez comme ça, maintenant ? »
Yeongwoo recula, et l’une des gargouilles posa la paume contre le mur.
Clac.
「Nous avons été trop prompts à juger. Vous ne pourriez pas mentir.」
« …Quoi ? »
「Si vous avez la jambe du Seigneur Koatu, c’est que vous êtes en mission pour lui.」
« Ces types sont complètement cinglés… »
Tandis qu’il marmonnait intérieurement, la gargouille poursuivit :
「Mais le règlement nous interdit de laisser quiconque franchir l’entrée principale sans autorisation.」
« Quoi ? Alors, on fait comment ? »
「À la place, nous allons ouvrir un passage réservé aux machines. Vous êtes notre frère, presque une machine vous-même.」
« C’est quoi, ce bordel… ? »
Apparemment, le Sceau de Lemu avait créé un sentiment de fraternité si profond qu’elles le considéraient désormais comme l’un des leurs.
Comme la tribu Redfoot qui donnait tout à « Petit Pied ».
Mais ici, cela s’appliquait à toutes les machines.
« Le Président Lemu… serait-il le roi des machines ? »
Yeongwoo resta bouche bée tandis que le mur coulissait, révélant un couloir droit.
「Montez sur la plateforme devant vous. Elle vous conduira directement au coffre central.」
Une inscription en langue universelle figurait sur la plateforme : « Pour déploiement d’urgence ».
Il s’agissait d’un moyen de transport express destiné aux gardes — qu’elles lui prêtaient à présent.
« M-merci. »
Yeongwoo hocha la tête et monta sur la plateforme avec le gobelin.
Le mur se referma derrière eux, et les gargouilles reprirent la parole.
「Si le Seigneur Koatu est toujours en vie, transmettez-lui nos salutations. Cela fait bien trop longtemps que nous ne l’avons pas vu.」
« Haha, bien sûr. Merci, mon fr… frère ! »
La plateforme accéléra, et Yeongwoo songea :
« Si je construis un jour un coffre, je n’engagerai jamais de gardes mécaniques. »
[Traducteur - Night]
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