Chapitre 540
[Traducteur - Night]
[Relecteur - Gun]
Chapitre 540 : Clients noirs (3)
« … Tu veux que je trouve un capitaine ? »
Yeongwoo pencha la tête à la suggestion de Mantero.
« Je crois que vous vous méprenez. À partir de maintenant, monsieur Mantero sera responsable de toutes les opérations pratiques liées au pilotage du Vaisseau terrestre. En réalité, ce sera le capitaine. »
— … Hein… ?
« Si vous voulez, je peux même renoncer à mon titre de capitaine et vous le céder. Je n’y connais rien. Vous seriez un capitaine de façade. »
Yeongwoo désigna le fauteuil de capitaine qui venait de surgir de nulle part et la barre à l’allure peu rassurante. Mantero, qui venait de comprendre à quel point il était coincé, porta la paume à son front.
— C-c’est… un Vaisseau planétaire dispose de trois fois plus de capacités et d’emplacements qu’un grand vaisseau ordinaire.
« Et alors ? C’est une bonne chose, non ? Quand est-ce qu’on aura une autre occasion de piloter un vaisseau pareil ? »
— Le problème, c’est que… même moi, je n’ai pas accès à de nombreuses fonctions.
« On peut les débloquer avec de l’argent. Aucun de nous deux n’a jamais piloté de Vaisseau planétaire ; on apprendra ensemble. »
Yeongwoo tenta de l’encourager.
Il savait bien que, si un évadé avait besoin d’une cachette, il était difficile de trouver des gens loyaux dont on avait éprouvé la fidélité.
Pourtant, Mantero, qui avait longtemps servi comme navigateur en chef de la famille royale, avait un avis un peu différent.
— Pour l’instant, je devrai m’occuper du pilotage, mais il faudrait quelqu’un de plus compétent que moi pour exploiter correctement ce vaisseau.
« Y a-t-il quelqu’un de meilleur que le navigateur en chef de la famille royale ? Et même si c’était le cas, pourquoi est-ce que je chercherais à le rencontrer ? »
Mantero passa soigneusement la main sur la roue de la barre et répondit :
— Pour la navigation ordinaire, j’ai confiance en mes compétences. Mais ce vaisseau… est différent. Il n’est pas seulement conçu pour se déplacer.
« C’est vrai. C’est un Vaisseau planétaire construit en brisant l’ordre naturel de l’espace. »
— Il est doté de systèmes de combat complexes et de fonctions auxiliaires. Quelqu’un qui a l’habitude des environnements hostiles et compliqués sera plus à même de le piloter que moi.
« Des environnements hostiles et compliqués ? »
— La guerre, par exemple… ou encore la vie de capitaine en cavale. Ceux qui ont traîné dans des endroits plus sales et plus rudes sauront mieux piloter ce vaisseau que quelqu’un comme moi, issu d’un milieu royal privilégié.
En somme, Mantero disait qu’un capitaine ayant passé davantage de temps dans les bas-fonds crasseux serait bien plus apte à piloter un Vaisseau planétaire qu’un navigateur en chef aussi protégé et privilégié que lui.
« Mais qu’est-ce qu’il y a donc à bord du Vaisseau terrestre pour que vous disiez ça ? »
Les professionnels avaient chacun leur domaine d’expertise ; Yeongwoo comprenait assez bien le point de vue de Mantero.
En clair, un Vaisseau planétaire était un engin que même le navigateur en chef de la famille royale trouvait intimidant. Ses performances étaient trop élevées et son potentiel immense.
— J’ai toujours confiance en mes talents de navigateur. Mais un capitaine doit savoir faire plus que ça. Il doit être capable de déployer tout le potentiel du vaisseau.
« Très bien. Alors, faisons comme ça. »
Yeongwoo leva l’index pour clore la discussion.
« Capitaine par intérim. »
— …… ?
« En attendant qu’on trouve un vrai capitaine, monsieur Mantero sera le capitaine par intérim. »
Ça ressemblait à un poste d’adjoint, mais dans les faits, il serait le capitaine.
Le terme « par intérim » n’était là que pour alléger le fardeau de Mantero.
« Ne me demandez pas quand ni comment on trouvera un véritable capitaine. Franchement, qui se porterait volontaire pour commander un bateau pirate ? »
— ……
Il avait raison.
Si Mantero n’avait pas été emprisonné, il n’aurait jamais eu la moindre raison de rencontrer Yeongwoo.
« Cela dit, je respecterai l’avis de quelqu’un qui connaît le métier. Si l’occasion se présente, on cherchera un nouveau capitaine. »
— … Très bien.
« Alors, à partir de maintenant, monsieur Mantero sera le navigateur en chef et le capitaine par intérim du Vaisseau terrestre ? »
Après avoir obtenu confirmation, Yeongwoo désigna l’étoile morte Gadoa, visible par la fenêtre de la barre.
« On dirait que l’heure est venue de gagner de l’argent. »
À l’ordre de Yeongwoo, Mantero, assis dans le fauteuil de capitaine, balaya l’air de la main.
Frouf.
Des écrans holographiques, jusque-là invisibles, apparurent à côté du fauteuil et affichèrent des indicateurs complexes.
« … Qu’est-ce que c’est, maintenant ? »
Yeongwoo se pencha vers ces fonctions inconnues. Mantero, lui, regardait par la fenêtre.
— Je calcule la trajectoire des principaux fragments de Gadoa. Ce n’est pas tout à fait précis, mais on peut prévoir où ils se trouveront dans trois à cinq minutes.
« Si ce n’est pas précis, la prévision peut se révéler fausse, non ? »
— Malgré tout, on peut consulter les données en temps réel. S’ils se déplacent autrement que prévu, on pourra adapter notre approche.
Mantero ajouta que c’était la compétence de base exigée d’un navigateur de grand vaisseau.
« Mais nous sommes encore plus imposants que les grands vaisseaux. Ce sera donc bien plus difficile de réagir aux imprévus. »
— Exactement. Quand on pilote un vaisseau de cette taille, il faut réagir beaucoup plus vite que d’habitude.
Mantero tira alors un levier qui dépassait sous la roue de la barre.
Grincement !
Le Vaisseau terrestre entama aussitôt sa manœuvre.
C’était la première fois qu’il passait en pilotage manuel.
『… Oh.』
La Terre observa Mantero avec curiosité : jamais un humain n’avait effectué de manœuvres aussi précises.
『Tiens, c’est vrai… on dirait un pilote de haut niveau ?』
La Terre se rapprocha de Yeongwoo et chuchota.
Entre-temps, le Vaisseau terrestre pénétra dans le champ de fragments de Gadoa.
— Les boucliers du vaisseau semblent tenir. On peut ignorer les petits fragments planétaires.
Mantero fit tourner la grande roue et manœuvra le levier de gauche. L’axe central du vaisseau pivota rapidement, modifiant sa trajectoire.
Vrrrr… !
— En revanche, il faut absolument éviter les fragments qui ont encore de la chaleur résiduelle et les gros débris planétaires.
Il voulait dire qu’ils devaient atteindre le coffre en se faufilant parmi d’interminables nuages de poussière et de gaz, tout en évitant les dangereux fragments brûlants et les gros morceaux.
Clac, clac.
Mantero tapota plusieurs fois l’écran holographique et projeta la trajectoire prévue dans l’espace du cockpit.
— Nous allons partir.
Après avoir vérifié l’angle d’approche, Mantero commença à accélérer.
Un membre d’équipage, qui regardait au-dehors, se tourna vers lui, la bouche béante.
— Vous voulez foncer tout droit là où les rochers volent dans tous les sens ?
De gigantesques roches filaient à l’endroit où le Vaisseau terrestre se précipitait.
Pourtant, Mantero ne ralentit pas.
— Dans huit secondes environ, une ouverture va se former.
Et au moment où le Vaisseau terrestre sembla sur le point de percuter la formation rocheuse…
Pop.
La file apparemment interminable de rochers se sépara d’un coup, ouvrant un vaste passage.
Comme Mantero l’avait annoncé, une voie venait de s’ouvrir.
— Mon Dieu.
Jiseon, la passagère, se frotta la joue, stupéfaite.
Puis un fragment d’étoile frôla le flanc du vaisseau et passa à un cheveu de le toucher.
— C’était prévu, ça aussi ?
— On avait prévu cet imprévu, mais il est passé plus près que prévu.
Mantero répondit tout en faisant de nouveau tourner vivement la roue.
Il commença ensuite à diriger le Vaisseau terrestre vers l’endroit d’où approchaient d’immenses masses rocheuses.
« Qu’est-ce que vous faites, maintenant ? »
La manœuvre avait beau paraître téméraire, Yeongwoo ne put cacher son exaspération et posa la question.
Mantero garda les mains sur la roue et répondit :
— C’est la seule zone dangereuse. Si on s’approche autant que possible de ce champ rocheux, on pourra atteindre le coffre sans risque.
Presque aussitôt, des rochers monstrueux commencèrent à frôler le sommet du Vaisseau terrestre.
Certains dévièrent même de leur trajectoire en touchant l’exosphère du Vaisseau terrestre.
« On est obligés de faire ça pour atteindre le coffre ? »
[Traducteur - Night]
[Relecteur - Gun]
— Dans exactement douze secondes, le Vaisseau terrestre et le coffre de monsieur Koatu seront alignés à la verticale.
« Quoi ? »
Si un autre que le navigateur en chef de la famille royale lui avait annoncé ça, Yeongwoo aurait pris ces paroles pour des absurdités.
Mantero, lui, avait déjà prévenu tout le monde dans le cockpit.
— Vous allez tous ressentir une forte chute. Accrochez-vous à vos sièges.
Il prit appui sur la roue avec les bras et écrasa la pédale de gauche du bout des orteils.
Clac !
« I-il y a une pédale ? »
Yeongwoo en resta bouche bée tandis que la chute digne d’un grand huit, annoncée par Mantero, emportait le cockpit.
Wouaaaaah !
La Terre se boucha les oreilles pour ne pas entendre les cris qui s’élevaient de sa population.
『Hé, prévenez-nous plus tôt, pour ce genre de choses !』
Wouaaaaah !
Pendant une dizaine de secondes, le Vaisseau terrestre chuta à toute vitesse. Quand Mantero atteignit le point prévu…
Fiiiiou !
Un objet mécanique, jamais vu jusque-là sur Gadoa, passa en trombe devant la fenêtre du cockpit.
« Quoi ? »
— Hein ? C’était quoi, ça ?
Tous ceux qui se trouvaient à bord, Yeongwoo et Jiseon compris, clignèrent des yeux de stupeur.
Mantero poursuivit calmement ses explications.
— Ce que vous venez de voir, c’était le coffre secret de monsieur Koatu. Nous allons le poursuivre et synchroniser notre vitesse avec la sienne.
Autrement dit, ils allaient voler à côté du coffre.
Pour que Yeongwoo et Koatu puissent y atterrir.
BOUM !
À peine Mantero eut-il fini de parler que les propulseurs du Vaisseau terrestre produisirent une poussée explosive. Sur la carte holographique qui flottait dans le cockpit, le point rouge représentant le coffre se rapprocha du vaisseau.
— Vous deux, préparez-vous à atterrir.
À l’ordre de Mantero, la Terre se leva maladroitement de son siège et tendit une pierre de retour à Koatu.
『J’espère qu’il n’y aura pas tant à faire là-dedans que tu ne puisses même pas utiliser la pierre de retour. Téléporte-toi ici quand tu auras terminé.』
À ces mots, Koatu hésita en prenant la pierre de retour.
« Qu’est-ce qu’il y a, Koatu ? Tu nous caches quelque chose ? »
Par réflexe, Yeongwoo posa la main sur la lame bâtarde à sa taille.
Koatu écarta légèrement les bras et répondit :
— Ce n’est pas que je l’aie caché exprès.
« Ah, merde. Quoi, alors ? »
Jusqu’ici, tout s’était passé sans accroc et Yeongwoo s’impatientait d’entendre la suite.
« Dis-moi qu’il y a de l’argent là-dedans. S’il n’y en a pas, Koatu, tu y passes. »
— Non, il y a bien de l’argent. Le problème, c’est qu’il manque quelque chose…
« Qu’est-ce qui manque ? »
— La clé de sécurité. Quand j’ai été emprisonné, on a pris la boîte à outils où je la gardais.
« Tu veux dire que sans cette clé, on ne peut pas ouvrir les portes ? »
— Je peux ouvrir le coffre central intérieur, mais je ne peux pas m’occuper des sentinelles mécaniques déployées dans le coffre sans la clé de sécurité.
En somme, même si le propriétaire du coffre était avec eux, ils devraient affronter les systèmes de sécurité du coffre secret sans la clé.
— Évidemment, quelqu’un d’assez doué pour neutraliser le chef des gardiens pourrait atteindre le coffre intérieur.
« Alors, où est le problème ? »
— Pour ressortir.
S’ils ouvraient le coffre central sans la clé de sécurité, toutes les sentinelles rencontrées sur le chemin du retour passeraient en mode autodestruction.
« Donc, toutes les sentinelles qu’on croisera en ressortant s’autodétruiront. »
« Il ne reste qu’une solution : détruire toutes les sentinelles avant d’atteindre le coffre central, puis ressortir. »
Mantero intervint alors :
— Ce sera difficile.
« Pourquoi ? »
— Nous ne pourrons rester en position qu’environ six minutes.
« Quoi ? On doit prendre l’argent et ressortir en moins de six minutes ? »
— Au bout de six minutes, nous devrons quitter notre position actuelle et trouver le meilleur itinéraire pour revenir.
Le coffre continuait de suivre l’orbite intérieure de Gadoa et des fragments filaient tout autour. Impossible de savoir quand il se retrouverait à nouveau dans une position stable.
Selon Mantero, mieux valait achever cette opération à la première occasion, si possible.
— Je vais vous déposer aussi près que possible de la zone centrale du coffre. Vous avez six minutes… non, plutôt cinq maintenant. Utilisez vos pierres de retour avant la fin du délai.
« Mais vous avez dit que tous les robots s’autodétruiraient dès qu’on toucherait au coffre central. Moi, je peux peut-être m’en sortir, mais Koatu… ? »
Koatu, directement concerné, prit la parole avec précaution.
— C’est pour ça que j’ai pensé à quelque chose.
Il s’assit brusquement par terre et retira sa jambe artificielle, le seul membre qui soutenait son corps.
Boum !
« Qu’est-ce que tu fais ? »
— Tu ne vas peut-être pas me croire, mais c’est la clé qui permet d’ouvrir le coffre central.
« … Quoi ? »
— Prends-la et entre seul dans le coffre. Ramasse autant d’argent que possible en cinq minutes, puis fraye-toi un chemin parmi les sentinelles en autodestruction et ressors sain et sauf.
« Non, t’es malade ? Tu veux que j’entre seul dans le coffre central alors que je ne sais même pas où il se trouve ? »
Yeongwoo posa la question avec colère. La jambe artificielle de Koatu tressaillit légèrement sur le sol.
— La jambe artificielle connaît assez bien l’emplacement du coffre pour t’y guider.
[Traducteur - Night]
[Relecteur - Gun]