Chapitre 536
[Traducteur – Night]
[Relecteur – Gun]
Chapitre 536 : L’évadé (4)
Sceau royal.
Un sceau de jade, généralement utilisé comme cachet par un roi ou un empereur.
Autrement dit, le sceau qui approuvait les affaires d’État.
Alors, si ce voleur, Kejen, avait vraiment dérobé le sceau royal de la famille royale de Kardal, il y avait de fortes chances que…
La famille royale mette cet endroit sens dessus dessous pour le retrouver.
Et il y avait peut-être même une énorme prime sur le sceau royal.
Même sans prime, on pourrait soutirer beaucoup d’argent à Kardal en négociant.
Le jackpot. Le jackpot.
Tandis que Yeongwoo souriait, satisfait, la Terre lui donna un conseil plein de bon sens.
○ Le chantage et la négociation ne sont séparés que par un cheveu. Tu devrais faire attention. De plus, tu as affaire à la famille royale.
Pour le dire franchement, que se passerait-il si la famille royale de Kardal refusait de négocier avec Yeongwoo et décidait d’employer la force ?
S’ils ne se conduisent pas en gentlemen, je n’aurai vraiment pas d’autre choix que de devenir un vrai bandit.
Si les négociations échouaient, le Plan B de Yeongwoo consistait à écouler le sceau royal comme une marchandise volée.
Dans tous les cas, on ne sera pas perdants. Si les négociations tournent mal, on décampe sur-le-champ.
Sa décision prise, Yeongwoo retourna à la cellule de Kejen.
Clac.
Il traça le nom du voleur sur la liste des prisonniers gravée dans la dalle de pierre.
La porte de fer, qui luisait faiblement, coulissa et la cellule s’éclaira.
Fouh !
— Beuh.
Kejen plissa les yeux devant cette lumière qu’il n’avait pas vue depuis longtemps.
Bien qu’il fût le grand voleur qui avait dérobé le sceau royal de Kardal, Kejen n’était en réalité qu’un homme-rat d’un mètre quarante.
« Encore un homme-rat ? »
Yeongwoo secoua la tête. Kejen agita les menottes délicates à ses poignets en criant :
— Dépêche-toi de m’enlever ça !
« Tu peux toujours courir. »
— Quoi, comment… ?
« Tu n’as même pas le sceau royal sur toi, alors pourquoi est-ce que je te libérerais ? Je vais te sortir d’ici, mais tu restes mon prisonnier tant que je n’ai pas récupéré la marchandise. »
Sur ces mots, Yeongwoo lui fit signe de sortir.
Kejen joignit les mains et désigna ses pieds.
— Alors enlève-moi au moins ça. Je ne peux même pas marcher.
Yeongwoo baissa les yeux et vit des chaînes bleues relier la chaise aux chevilles de Kejen.
Apparemment, ce voleur capable de dérober un sceau royal bénéficiait d’un traitement spécial en prison : on l’avait enchaîné pour l’empêcher de bouger.
« Tu avais droit à un traitement de faveur, hein. »
Yeongwoo haussa les épaules et lança un Bâtard pour briser la chaîne bleue.
Crac !
Après avoir récupéré le Bâtard, Kejen fixa Yeongwoo, les yeux écarquillés.
— Mais t’es quoi, au juste ?
« Quoi ? Si nécessaire, je suis un bandit qui fait même sauter les portes des prisons. »
Yeongwoo tourna ensuite la tête vers la cellule de son dernier client, le marchand d’armes Koatu.
« On sort tous discrètement. Pour quitter cet endroit, il nous faut emmener une personne de plus. »
* * *
Le marchand d’armes Koatu.
Quand le roi Teroph avait désigné Koatu comme sa première cible à capturer, Yeongwoo n’y avait pas prêté grande attention.
Il avait supposé que Koatu n’était qu’un criminel ordinaire.
Mais maintenant…
Bon sang… J’ai mis les pieds dans une prison pour extorquer de l’argent à un marchand d’armes.
Qui était vraiment ce type ?
Et pourquoi diable était-il enfermé ici ?
Clac.
La curiosité au ventre, Yeongwoo s’arrêta devant la cellule de Koatu.
« Je suis de retour. Je me suis occupé du gardien. »
Yeongwoo frappa la porte du revers de la main. Depuis l’intérieur, Koatu lui répondit d’une voix posée :
— Impressionnant. Mais pourquoi quelqu’un d’aussi puissant viendrait-il me voir… ?
Il était évident qu’il n’avait rien d’ordinaire : malgré son incarcération, il restait parfaitement détendu.
« On m’a dit que tu avais beaucoup d’argent liquide. »
— Ah.
Koatu réagit exactement comme prévu, puis remua légèrement les bras. Ses menottes tintèrent dans la cellule.
— Tu m’as trouvé. Mais enfermé comme ça, je ne peux pas dépenser mon argent, pas vrai ?
« Oui. C’est pour ça que je suis là. »
Yeongwoo commença à ouvrir la porte, mais posa d’abord une question.
« Au fait, comment tu t’es retrouvé dans cette prison ? »
Il le lui demandait parce que le crime de Koatu était indiqué comme étant la « trahison ».
[Koatu]
|Affiliation : Germ
|Crime : Trahison
Les menottes tintèrent de nouveau et Koatu répondit d’un ton abattu :
— J’ai foiré une affaire.
« Une affaire ? »
— J’ai vendu des armes aux ennemis de la famille royale.
En entendant ça, Yeongwoo resta bouche bée.
… C’est dingue. Il a vendu des armes à des maisons rivales, et l’une d’elles était une famille royale ?
Après tout, une famille royale n’était qu’une maison comme une autre.
« Pourquoi tu t’en es pris à une famille royale ? »
— Les conditions supplémentaires étaient très avantageuses. Si nous gagnions la guerre, le contrat prévoyait que nous recevions une part du butin.
C’était un pari.
À en juger par la situation actuelle de Koatu, le pari avait été perdu, et lui comme ses alliés en avaient payé le prix.
« Tes camarades ont tous été emprisonnés ou exécutés, j’imagine. »
— Probablement.
« … Hmm. Mieux vaut éviter de se mettre une famille royale à dos. »
Yeongwoo ne put s’empêcher d’avoir un soupçon légitime.
« Et ton argent, alors ? Du point de vue de la famille royale, tu es un criminel de guerre. Pourquoi n’a-t-elle pas saisi tes biens ? »
Koatu éclata de rire.
— À ton avis, quel genre de clients j’avais ?
« Qui peut bien aller voir un marchand d’armes dans cet univers ? »
[Traducteur – Night]
[Relecteur – Gun]
Ceux qui avaient besoin d’armes, évidemment.
Des petites bandes de brigands aux grandes maisons qui se préparaient à la guerre.
— Quand on vend des armes, il n’est pas rare qu’un client se transforme soudain en bandit.
« … À ce stade, tu devrais changer de métier. »
— C’est pour ça que cacher ses biens, c’est la base. Et ne jamais révéler où se trouve son argent, quelle que soit la menace, c’est un principe fondamental du trafic d’armes. Même les spécialistes de la torture de la famille royale de Tifur n’ont pas réussi à me faire parler.
« Mais qu’est-ce que… »
— Alors, allons droit au but. Combien tu veux pour me faire évader ?
« Merde. »
Yeongwoo sentit que la situation commençait déjà à lui échapper.
Pourquoi il y a autant de cinglés dans cet univers ?
Bien qu’il vieillît de cent millions d’années chaque jour, sa prudence n’avait pas grandi autant que sa fortune.
Alors il annonça un prix exorbitant.
« Trente milliards. »
— Trente milliards ? C’est beaucoup trop. Tu sais bien que tu ne les auras pas.
« Franchement, tu dois avoir au moins trente milliards sur toi. »
— C’est une somme trop importante pour la perdre d’un coup.
« Tu ne crois pas que tu pourrais sortir de cette cellule avec une somme pareille… ? »
— …
Koatu se tut, comme s’il était à court de mots. Yeongwoo profita de son silence pour négocier.
« Quinze milliards. Moitié prix. C’est absurde, mais faisable. »
— Tu veux que je sorte d’ici pour vivre comme un mendiant ?
« Les mendiants ont au moins leur liberté. Ici, tu es plus mal loti qu’eux. »
Puis Yeongwoo ajouta :
« Et tu as au moins trente milliards, en réalité. Quinze milliards, c’est beaucoup, mais ce n’est pas le moment de chipoter. »
Kejen, qui se tenait derrière Yeongwoo, hocha discrètement la tête.
« Au lieu de rester ici, paie les quinze milliards, sors et refais fortune. »
— … Tu n’as vraiment aucune idée de ce que représentent quinze milliards.
« Ta vie vaut plus que ça ! »
Vlan !
À bout de patience, Yeongwoo frappa la porte de la cellule.
« Alors, tu comptes rester là ? On n’a pas le temps. Décide-toi vite ou je me tire. »
Sans le vouloir, il avait déjà fini par libérer deux autres prisonniers aujourd’hui ; abandonner Koatu ne serait pas une perte.
Rien qu’avec le sceau royal de Kardal, il pourrait faire fortune.
Évidemment, plus d’argent, c’est toujours mieux.
Alors que Yeongwoo s’apprêtait à marchander une dernière fois,
— Très bien.
Le marchand d’armes Koatu accepta de payer quinze milliards pour son évasion.
— Mais je veux que tu garantisses ma sécurité jusqu’à ce que je sois suffisamment à l’abri.
« Tu as peur que la famille royale te poursuive ? Ce service peut s’arranger. »
Après tout, c’était un client à quinze milliards. Quelle famille royale pourrait l’effrayer ?
En plus, il allait de toute façon s’attirer bientôt l’hostilité d’autres maisons.
Ils allaient se servir du sceau royal de Kardal pour faire des affaires.
À bien y réfléchir, ces types… ils ont tous commis des crimes contre des familles royales, non ?
Après avoir jeté un coup d’œil à cette brochette d’évadés hauts en couleur, Yeongwoo ouvrit enfin la cellule de son dernier client.
Grincement !
À la surprise générale, Koatu était affalé sur une chaise — rien à voir avec ce que Yeongwoo avait imaginé.
« … Hein ? »
— Mon Dieu.
— Qu’est-ce que c’est que ça ?
Mantero et Kejen poussèrent tous deux un cri et se couvrirent la bouche, horrifiés.
Le marchand d’armes Koatu avait l’air complètement démoli.
Qui savait ce qu’il avait subi ? Il lui manquait la jambe gauche, et sa jambe droite était déjà une prothèse mécanique.
De profondes entailles lui barraient le corps : les marques d’une torture atroce.
Bon sang… les spécialistes de la torture lui ont donc vraiment rendu visite.
Malgré les sévices qui l’avaient réduit à cet état, il n’avait pas révélé l’emplacement de ses biens cachés.
« Tu tiens vraiment à ton argent, hein ? Tu aurais pu t’épargner quelques souffrances. »
Un peu gêné, Yeongwoo défit les chaînes qui attachaient Koatu à la chaise.
« Hé… ton visage a toujours été comme ça ? »
La moitié du visage de Koatu était mécanique ; Yeongwoo lui posa donc la question.
Koatu esquissa un sourire amer.
— Disons que j’ai rencontré un client particulièrement féroce, il y a longtemps.
« Ah. Encore une histoire, donc. »
Yeongwoo aida Koatu à se relever avec précaution.
« Hé, Mantero. Soutiens notre client. Je vais peut-être devoir me battre ; je ne peux pas rester planté là. »
— Ah, oui. Compris.
Le gentil Mantero s’empressa d’accourir sans protester.
Pendant ce temps, Kejen scrutait les ténèbres au-delà du couloir de la prison.
— Hé… il y a quelque chose qui cloche. Je crois qu’on a des ennuis.
« … Qu’est-ce qu’il y a ? »
Kejen désigna le lointain. Au-delà des cellules, Yeongwoo vit une masse plus sombre que les ténèbres elles-mêmes s’avancer.
Tré… tré… tré…
C’était le corps de garde de la Prison de Fer-Noir.
Ils avaient déjà déployé des équipes d’intervention dans le bloc souterrain.
« Ah, ces salauds. Je n’avais pas envie de faire couler le sang aujourd’hui. »
Yeongwoo s’avança en serrant le Bâtard, agacé. Kejen leva ses mains menottées pour les lui montrer.
— Vite ! Enlève-moi ça. Je vais t’aider !
« La ferme. Tu ne seras libre que quand la rançon aura été payée. »
Puis Yeongwoo interrogea la Terre.
Il nous faut au moins quatre bateaux d’évasion, je pense. Tu peux nous préparer ça ?
○ Si tu renonces au confort, oui. Je vais envoyer des bateaux d’évasion à bas prix.
La Terre ajouta une condition.
○ Mais il faut au minimum que tu atteignes la cour du château. Tu peux y arriver ?
Yeongwoo jeta un regard à Koatu, que Mantero soutenait, puis acquiesça.
Quinze milliards peuvent rendre l’impossible possible.
[Traducteur – Night]
[Relecteur – Gun]