Chapitre 535
[Traducteur — Night]
[Relecteur — Gun]
Chapitre 535 : L’Évadé (3)
○ De quoi tu parles, maintenant ? D’un client précieux.
La Terre était fondamentalement opposée à la libération des prisonniers.
Elle avait donc déjà adopté une posture défensive.
○ Ce n’est pas qu’une question d’argent. Tu ne te soucies pas du Karma maléfique qu’ils répandent ? Et surtout…
Quel mal ces criminels abjects causeront-ils dans l’espace une fois libérés ?
Non seulement cela alimenterait le Karma maléfique des criminels, mais cela infligerait aussi des dégâts bien réels à l’échelle de l’univers.
Mais Yeongwoo voyait les choses un peu différemment.
« Hé, tu as oublié ? Notre métier, c’est la charité. »
○ … À proprement parler, c’est du blanchiment de dons. Une activité de blanchiment d’argent.
« Exactement, du blanchiment ! Notre boulot, c’est de prendre l’argent des méchants et de les forcer à le verser en dons, pas vrai ? »
○ … C’est ça ?
« Et bientôt, on lavera aussi leur Karma maléfique. »
○ … Ah bon ?
La Terre pencha la tête dans la conscience de Yeongwoo.
« Ce n’est pas “ah bon ?” : c’est exactement ça. À la base, tout ça vise à rétablir l’équilibre cosmique des bonnes actions. C’est pour ça que le roi Teroph a donné son accord. »
C’était vrai.
L’argent entre les mains des méchants engendrait généralement davantage de Karma maléfique.
L’idée était donc que Doatel reçoive cet argent sous forme de « dons » et le dépense réellement en bonnes actions : c’était là tout l’intérêt de sa collaboration avec Renaissance.
Autrement dit, Doatel et Renaissance s’efforçaient de convertir le Karma maléfique à venir en bonnes actions grâce aux dons.
« Alors, si on libère des prisonniers en échange de dons, ça ne générera pas tant de Karma maléfique supplémentaire. Bien sûr, il faut bien choisir les bénéficiaires. »
Certains prisonniers de cette prison avaient un Karma maléfique qu’on ne pouvait pas compenser avec quelques pièces.
C’était pourquoi il était important de mettre la main sur la liste des détenus.
「Liste des détenus de l’aile inférieure」
Sur la tablette tombée du pantalon du gardien, les informations concernant les prisonniers étaient soigneusement consignées, et Yeongwoo en avait déjà repéré deux.
[Mantero]
| Affiliation : Soura
| Crime : Passager clandestin spécial
[Kejen]
| Affiliation : Yef
| Crime : Vol
Les autres étaient des criminels abjects dont le Karma maléfique ne pouvait être compensé par des dons.
« Hmm… Avec Koatu, ça en fait donc trois en tout. »
À l’origine, il était venu en sauver un, mais il allait finalement en tirer trois d’un coup. Une sacrée bonne affaire.
« Ils les ont même bien classés. »
Un symbole distinctif figurait à côté du nom de chaque prisonnier sur la tablette.
De plus, quand il touchait un nom, la cellule du détenu correspondant s’illuminait faiblement.
« Un genre de dispositif de contrôle. Je pense que ça peut ouvrir les portes. »
Après avoir vérifié tout cela, Yeongwoo récupéra le butin avant d’aller voir les prisonniers.
Il s’agissait du grand marteau du gardien.
« Excusez-moi. »
Yeongwoo s’inclina légèrement devant le mort, puis posa la main sur le grand marteau qui gisait au sol.
Clang.
Il comprit alors pourquoi le gardien avait été si puissant.
「Gardien de Porte」 — Grand marteau légendaire
【Devoir du Gardien】
【Prison robuste】
【Devoir du Gardien】
| # Tant qu’il se trouve dans la prison, toutes ses capacités de combat augmentent de 15 %.
【Prison robuste】
| # Il conserve son statut mythique à l’intérieur de la prison.
« C’est une blague ? Pas étonnant que les prisonniers ne puissent pas s’évader. »
Après tout, une prison était un endroit où l’on enfermait même les détenteurs de mythes.
Il était donc logique que le gardien soit équipé pour affronter un être mythique.
« Ils confisquent leur équipement avant de les emprisonner… mais, à en juger par le troll de tout à l’heure, ils ne leur retirent pas des morceaux du corps. »
Donc, si quelqu’un possédait un bras ou une jambe mythique, il pouvait en pratique faire entrer dans la prison de l’équipement mythique.
« Si tout ton corps est remplacé par de l’équipement, tu peux devenir un prisonnier redoutable. »
Il ne serait pas étonnant que le chef de Renaissance, Jeong Yeongwoo, finisse un jour en prison.
Yeongwoo nota donc mentalement que l’équipement intégré au corps était utilisable dans la prison.
« Bon, allons rencontrer nos clients. »
Le premier bénéficiaire de l’aide à l’évasion de Yeongwoo fut Mantero, emprisonné pour avoir été un passager clandestin spécial.
[Mantero]
| Affiliation : Soura
| Crime : Passager clandestin spécial
« Mantero ? Tu es où ? »
Quand Yeongwoo toucha le nom de Mantero sur la tablette, une porte de fer au loin s’illumina faiblement.
Et, bientôt…
— Je suis là !
Une voix plutôt enthousiaste lui parvint de derrière la porte.
— Vous voulez aussi me sauver ?
Il était difficile de croire qu’une voix aussi polie venait de quelqu’un enfermé au milieu de criminels abjects.
Yeongwoo se posta donc devant la cellule, le visage sérieux.
« Réponds honnêtement à quelques questions et je te ferai sortir. »
— Des questions… ? Allez-y, posez-les.
Yeongwoo jeta un nouveau coup d’œil aux informations de Mantero et lui demanda :
« Excuse-moi, ton crime est indiqué comme “passager clandestin spécial”… Qu’est-ce que tu as fait, exactement ? »
Être passager clandestin signifiait quitter un pays sans suivre la procédure légale.
Mais qu’est-ce qu’un passager clandestin dans l’espace ?
Ce n’était pas de la contrebande, et Yeongwoo ne comprenait pas pourquoi quelqu’un pouvait être emprisonné pour ça.
De l’autre côté de la porte de fer, Mantero hésita un instant, puis répondit avec précaution :
— Eh bien… à proprement parler, j’ai aidé quelqu’un à partir en clandestin.
« Tu as aidé quelqu’un à partir en clandestin… Qui ? »
— Le prince.
« Ah. »
Yeongwoo ne put s’empêcher de se frotter le front.
Il comprenait maintenant pourquoi ce type s’était retrouvé dans une prison aussi terrible.
« Tu as aidé le prince à s’enfuir ? Ce serait pas du kidnapping, ça ? »
— … Non. Le prince m’a demandé de l’aider à partir, mais…
Mantero expliqua que la famille royale ne l’avait jamais voulu.
Autrement dit, aux yeux de la famille royale, Mantero était coupable d’avoir aidé le prince à s’enfuir.
« Où est le prince, maintenant ? »
— Le prince a réussi à quitter le territoire royal.
« Quoi ? Alors pourquoi tu t’es fait prendre ? »
— Eh bien… je devais faire gagner du temps au prince pour qu’il puisse s’échapper.
« Ah. »
Yeongwoo marmonna de nouveau.
Ce pauvre idiot avait donc d’abord fait partir le prince, puis était resté se battre avant de se faire capturer.
On pouvait appeler ça de la loyauté, mais le prix à payer avait été lourd.
Yeongwoo sentit une pointe de tristesse.
« Ce type est complètement fauché. »
Quoi qu’il en soit, après avoir entendu son histoire, il était temps d’en venir au fait.
« Bon, le prince est déjà parti et la famille royale n’est pas de ton côté. À qui tu comptes demander l’argent de ta caution ? »
— … Hein ? L’argent de ma caution ?
« Quoi ? Libérer un prisonnier, c’est aussi un crime, non ? Je prends un gros risque, alors il faut que tu me paies. »
— Oh… c’est vrai. Mais tout ce que j’ai, c’est…
[Traducteur — Night]
[Relecteur — Gun]
Mantero ne possédait vraiment rien.
Lors de sa capture par les poursuivants royaux, on lui avait pris tout son équipement ; à son incarcération, on lui avait confisqué le reste. Il n’avait donc plus ni armes ni objets.
« Ce salaud n’a donc vraiment que son corps. »
Yeongwoo se sentit découragé.
Devrait-il donc accomplir cette bonne action gratuitement ?
Il réfléchit un instant, puis s’adressa de nouveau à la porte de fer.
« Tu sais où se trouve le prince, maintenant ? »
Mantero garda le silence un moment, puis prit la parole avec difficulté.
— Je le sais, mais je ne peux pas vous le dire.
« Tu es dingue ? »
Aucune torture ordinaire ne ferait parler un homme aussi loyal.
Mais laisser un idiot aussi obstiné croupir dans cette crasse rendait la tâche difficile à Yeongwoo de s’en aller.
« Alors je te laisse ici ? Tout à l’heure, à ta voix, on aurait dit que tu avais hâte de sortir. »
— Je veux sortir.
« Alors, soit tu vends le prince, soit tu trouves l’argent quelque part. Ça me fout vraiment en rogne, cette histoire. »
Yeongwoo fronça les sourcils.
Mais il se rendit compte qu’il n’avait aucun moyen de tirer de l’argent de ce type pour l’instant.
« Je suis donc venu faire semblant d’être charitable, et je vais finir par faire une vraie bonne action ? »
La Terre s’immisça dans ses pensées.
○ Quoi qu’il en soit, c’est une véritable « bonne action », alors elle te sera rendue plus tard. Le roi Teroph accorde ce genre de faveurs pour obtenir beaucoup de bons rendements.
« Teroph ? Ne prononce surtout pas le nom de cet escroc devant moi. »
Yeongwoo dit cela, mais continua de fixer le nom de « Mantero », gravé sur la tablette.
Car, lorsqu’il se tenait devant la cellule de Mantero, le nom du détenu clignotait.
« Impossible. »
Quand Yeongwoo posa le doigt sur le nom clignotant du détenu, la porte de fer qui bloquait la cellule s’ouvrit en grinçant et une faible lumière s’alluma.
Grincement !
« Oh ! »
En utilisant la tablette du gardien pour ouvrir la cellule, il avait aussi allumé les lumières.
— Merci.
Le prisonnier Mantero était un cyclope de trois mètres de haut.
Comme le troll qu’il avait vu plus tôt, il était assis sur une chaise de fer, les deux bras entravés.
« Lève-toi. On s’occupera du paiement plus tard. »
— Vraiment ?
Mantero se leva de sa chaise avec un grand sourire.
Yeongwoo guetta une réaction du Serpent de l’Avidité, mais, à sa déception, il ne releva pas la tête.
« Maintenant, viens avec moi. Il nous reste encore deux clients. »
Les autres étaient Kejen, emprisonné pour vol, et le marchand d’armes Koatu.
Toc.
Comme tout à l’heure, Yeongwoo posa la main sur la tablette, et la cellule de Kejen s’illumina faiblement.
[Kejen]
| Affiliation : Yef
| Crime : Vol
« Qu’est-ce que ce salaud a encore volé ? »
Il était à moitié curieux, à moitié inquiet.
Heureusement, la cellule de Kejen n’était pas trop loin de celle de Mantero, et il était déjà prêt à accueillir Yeongwoo.
— Qui… qui est là ? C’est moi ? Moi ?
Contrairement à la présence imposante de Mantero, Kejen débordait de légèreté.
« Qui es-tu, espèce de salaud ? Je n’ai pas encore promis de te libérer. »
Derrière la porte de fer, Kejen fit bruyamment tinter ses chaînes.
Cling.
— J’ai tout entendu ! Vous avez dit que vous me feriez sortir si je payais, pas vrai ?
« Étonnamment, tu as la tête sur les épaules. »
— De l’argent ? Je vous en trouverai autant que vous voudrez !
« … “Autant que tu voudras” ? Je n’aime pas trop ça. Si tu ne peux pas payer aujourd’hui, reste où tu es. »
Quand Yeongwoo fit mine de s’éloigner, Kejen se mit à agiter désespérément ses menottes.
Clang, clang !
— Attendez ! Pourquoi vous ne me demandez rien ?
« Quoi donc ? »
— Pourquoi on m’a enfermé ici, à votre avis ?
« Ah oui, pourquoi tu t’es fait arrêter ? »
Kejen répondit alors d’une voix nettement plus claire qu’avant.
— J’ai volé le Sceau royal de Kardal.
« Le Sceau royal ? »
— Et je suis le seul à savoir où je l’ai caché.
Il comptait écouler le sceau comme un objet volé et utiliser l’argent de la vente pour payer son évasion.
« Il vaut combien, ce sceau ? »
— … Hein ? Eh bien, impossible de le savoir sans le vendre. Mais il vaut forcément très cher.
Yeongwoo s’adressa à la Terre en pensée.
« Terre, dis à Kubu de se renseigner sur la famille royale de Kardal. »
○ Quoi ? Pourquoi, tout à coup ?
« Au lieu de vendre le sceau au rabais comme un objet volé, ne gagnerait-on pas plus en négociant avec son propriétaire légitime ? »
[Traducteur — Night]
[Relecteur — Gun]