Chapitre 490
[Traducteur — Night]
[Relecteur — Gun]
Chapitre 490 : L’Équilibre (7)
« Beuh… Je ne crois pas pouvoir refaire ça. »
Alors que Yeongwoo se traînait hors de l’espace entre les deux dragons gigantesques, une vaste mer de silhouettes en armure d’argent s’offrit à sa vue.
Cling, clang !
Les chevaliers royaux, placés sous le commandement direct du royaume de Shelbir, commençaient à se mettre en rang.
Non loin de la balance, la famille royale de Shelbir avait ses places réservées. Les chevaliers qui la protégeaient s’étaient empressés d’encercler les deux dragons et Yeongwoo.
Bien sûr, vu la taille colossale de Jiseon et de Song Jungho, les chevaliers royaux semblaient presque nains à côté d’eux.
— Ça devait être un événement important. Il y a une sacrée troupe de chevaliers.
Jiseon renifla pour expulser la terre qui s’était glissée dans ses narines, puis secoua tout son corps.
L’atterrissage de quelques instants plus tôt lui faisait encore mal partout.
∴ Combien d’extraterrestres se sont rassemblés ici, au juste ?
Song Jungho, lui, s’intéressait davantage à l’innombrable foule qui formait un mur derrière les chevaliers qu’aux chevaliers eux-mêmes.
De toute sa vie, il n’avait jamais attiré autant l’attention.
∴ Je ne sais pas si c’est la bonne façon de le dire… mais ça ne me déplaît pas.
Crac.
Song Jungho redressa raide son long cou et se leva, projetant une ombre immense sur les lieux.
Et alors…
<Ah, ah ! P-pitié, ne faites pas ça !>
La voix désincarnée de l’animateur retentit d’on ne savait où, et les centaines de milliers de spectateurs reculèrent tous d’un pas, effrayés.
∴ Ils ont peur de nous.
Song Jungho s’exclama, tout excité.
Mais, du point de vue de Yeongwoo, la situation était loin d’être idéale.
Après tout, ils n’étaient pas venus aujourd’hui pour prendre Doatel, mais pour redorer l’image de leur organisation caritative.
« Tss, tu peux rester tranquille deux secondes ? »
Yeongwoo donna un léger coup de pied dans la patte avant de son oncle, puis se dirigea vers les rangs de chevaliers.
Clang, clang.
Du côté de Doatel, un homme à l’allure bizarre venait d’apparaître, à la tête de dragons.
Naturellement, les chevaliers royaux ne parvenaient pas à cacher leur nervosité.
Curieusement, cela rassura Yeongwoo.
Tant qu’ils ne prenaient pas l’initiative, il n’y aurait pas de bain de sang inutile.
Il allait toutefois devoir sauter quelques formalités pour accélérer les choses.
La famille royale doit être installée là-bas.
Yeongwoo regarda une haute estrade dressée derrière les chevaliers en armure d’argent.
Le prince Aldo et les autres membres de la famille royale de Shelbir devaient s’y trouver.
« Hé ! Prince Aldo ! »
Yeongwoo fit signe au prince depuis l’estrade.
Quelques chevaliers devant lui se tournèrent vers l’estrade, surpris.
Après tout, qu’un homme tombé du ciel avec des dragons interpelle le deuxième prince par son nom, c’était stupéfiant.
Mais la suite le fut encore davantage.
— Hein ?
Quelqu’un, sur l’estrade, laissa échapper un bref cri et lança une médaille dorée sur le sol du terrain.
Fouu… Ting !
La médaille roula plusieurs fois sur le sol de pierre blanche avant de s’arrêter juste devant les chevaliers.
À cet instant…
Fiuu !
Les chevaliers, qui s’étaient tenus prêts à engager le combat à tout moment, rengainèrent tous leurs épées à l’unisson.
« … Quoi ? C’est censé être un ordre royal ou un truc du genre ? »
Alors que Yeongwoo fixait la médaille à terre, des marches blanches se déployèrent depuis le bord extérieur de l’estrade.
Grondement !
Puis une créature trapue couleur caramel se mit à dévaler rapidement les marches.
Tap-tap !
Ce n’était autre que le prince Aldo, deuxième dans l’ordre de succession au trône de Shelbir.
« Oh. »
En le reconnaissant, Yeongwoo leva la main pour le saluer. Aldo lui rendit son salut, mais baissa aussitôt la main.
Pour une raison ou une autre, il ne pouvait pas saluer Yeongwoo ouvertement.
Oui, forcément. J’ai quand même causé quelques problèmes.
Après tout, quelques instants plus tôt, cet endroit accueillait un rituel royal sacré : on y pesait les bonnes et les mauvaises actions sur une gigantesque balance.
Autrement dit, Yeongwoo et son groupe étaient des connaissances du prince Aldo, mais aussi, techniquement, des terroristes qui avaient perturbé l’événement.
— Mon Dieu… Y-Yeongwoo ? Qu’est-ce qui se passe ? Comment êtes-vous arrivé ici ?
Dépassé par la situation, Aldo parlait à toute vitesse, loin de son calme habituel.
— Comment avez-vous… ?
Il répéta sa question en levant les yeux vers le ciel.
Il voulait sans doute savoir comment ils avaient franchi le blocus de la flotte de réfugiés en orbite.
« … »
Yeongwoo n’arrivait pas à avouer qu’ils avaient détourné le vaisseau d’escorte et forcé les défenses intérieures.
Maintenant qu’il y pensait, il était un peu curieux du sort des malheureux Caramels qu’ils avaient laissés à bord.
« Je suis désormais le maître d’un Vaisseau planétaire. Il n’y a aucun endroit où je ne puisse aller… à part l’au-delà. »
— Hein ? Un Vaisseau planétaire… ?
« J’ai accompli la grande mission dont dépendait le destin de ma nation. »
Il pointa ensuite le ciel du doigt.
Frouf !
« Le Vaisseau terrestre attend juste au-delà de l’atmosphère. Avec des coordonnées, je peux aller n’importe où. »
L’espace d’un instant, Yeongwoo ressentit lui-même une certaine fierté.
Il possédait désormais quelque chose qui existait non seulement au-delà du ciel, mais aussi dans l’immensité de l’espace.
Et à ce moment précis, une partie de sa quête de longue date, « Obligations équilibrées », fut accomplie.
Bip !
[Cour planétaire] « Destin équilibré »
<Mission> Retrouver les trois personnes suivantes : (0/3)
- Aldo, le deuxième prince de Doatel
- Amana, la gardienne du Sutral sacré
- Taru, le dernier espoir de Pigot
<Spécial> Utiliser un vaisseau spatial appartenant à la famille.
<Récompense> Ajustement du score de karma garanti par la Cour planétaire.
« … Oh. »
[Traducteur — Night]
[Relecteur — Gun]
Il venait officiellement de retrouver l’un des « trois idiots ».
Une mission de bouclée.
Il ne lui restait plus qu’à rencontrer le chancelier, puis à se rendre en Amérique du Nord pour obtenir le Nombre d’or.
Il ne lui manquait plus qu’une condition pour accomplir le succès lié au Nombre d’or, la Tempête dorée.
[Tempête dorée]
|Invoquer le Nombre d’or de quatre façons différentes. (3/4)|
– Sur le continent nord-américain.
– Lorsqu’un être extradimensionnel de niveau 2 ou supérieur apparaît.
Je n’ai jamais fini par croiser une entité de niveau 2.
Bien sûr, à son niveau actuel, un affrontement avec un être de niveau 2 risquait fort de réduire son esprit en miettes.
Hmm.
Alors que Yeongwoo restait là, à contempler le vide en se caressant le menton, le prince Aldo prit la parole avec hésitation.
— Euh… Monsieur Yeongwoo ?
« Ah, oui, Votre Altesse. »
— Vous ne nous avez toujours pas… expliqué.
« Pardon ? Expliqué quoi ? »
À ces mots, Yeongwoo sortit brusquement de ses pensées et regarda Aldo en face.
« Oh, vous voulez savoir pourquoi je suis venu ici ? »
À peine eut-il prononcé ces mots qu’un vacarme assourdissant éclata derrière eux.
Boum, craaac !
Song Jungho se redressa, puis Jiseon fit de même. La balance, déjà en ruines, s’enfonça encore davantage dans le sol en s’effondrant.
« Ah. »
Yeongwoo comprit instinctivement que l’objet revêtait une grande importance pour les Caramels ; il prit un air embarrassé.
Comme prévu, Aldo transpirait à grosses gouttes et s’essuyait nerveusement le front jaunâtre.
— Quelle que soit la raison de votre venue… mon père est furieux.
C’était la première fois qu’Aldo parlait avec autant d’amertume.
« Je sais que je suis mal placé pour dire ça après avoir tout saccagé, mais… c’est quoi, exactement, ce truc ? »
Yeongwoo désigna l’objet qui ne ressemblait plus du tout à une balance. Aldo leva les yeux vers le ciel.
— C’est la Balance de l’Équilibre.
« La Balance de l’Équilibre ? »
— Oui. Nous pesons périodiquement les bonnes et les mauvaises actions qui se répandent dans l’univers.
Aldo ajouta que cette pesée constituait l’une des grandes cérémonies de Doatel.
Or, au beau milieu de cet événement crucial, le groupe de Yeongwoo était arrivé, avait perturbé la pesée et entièrement gâché la cérémonie.
« Mais… comment vous faites pour mesurer le bien et le mal ? C’est vraiment quantifiable, ce genre de chose ? Ce n’est ni visible ni tangible. »
Bien sûr, il savait que les « points de vertu » et les « points de mal » existaient sous forme de valeurs numériques dans le système.
La balance était-elle donc reliée au système central de l’univers, au Plan ?
« Vous, les Caramels, vous n’allez pas jeter un œil en douce aux archives, quand même ? Même Remu a passé sa vie à essayer de les étudier. »
— Ah… pour peser l’équilibre, il n’est pas nécessaire de recourir à des méthodes aussi compliquées.
« Quoi ? Alors comment ? »
— Partout dans l’univers, il reste des traces du bien et du mal. Notre balance a simplement la capacité de les détecter.
« Qu’est-ce que vous racontez… Vous voulez dire que l’espace lui-même est constitué de quelque chose, comme l’air est composé d’oxygène et d’azote ? »
Aldo le regarda avec une pointe de surprise.
— C’est à peu près ça. Chaque recoin de l’univers est fait de quelque chose.
Et le karma est l’une de ces choses.
Alors que des factions comme celle de Remu s’évertuent à jeter un œil aux Archives, la famille royale de Shelbir, à Doatel, étudie le « karma » qui imprègne tout l’univers.
« Vous pouvez donc vraiment voir l’équilibre de l’univers entier ? »
— Notre rayon de détection ne s’étend pas encore aussi loin. Pour l’instant, nous ne pouvons recueillir des données que dans un amas de galaxies centré sur Doatel.
Un amas de galaxies.
Une vaste structure cosmique composée de milliers de galaxies, située à un échelon au-dessus d’un groupe de galaxies, qui en compte des dizaines.
Ça reste assez vaste pour qu’on puisse parler de « l’univers ».
La plupart des êtres ne quittent jamais leur propre galaxie, et là, on parlait de milliers de galaxies réunies.
« Vous ne surveillez donc pas tout l’univers, mais vous gardez quand même un œil sur une région immense. »
— Oui. Mais l’équilibre n’a jamais penché du bon côté. Le mal a toujours été bien plus présent que le bien.
Jusqu’à maintenant.
Pour la première fois, la balance avait commencé à pencher dans l’autre sens, expliqua Aldo.
— Mais ensuite, vous…
Incapable de terminer sa phrase, Aldo fixa Yeongwoo, sans voix.
Mais les yeux de Yeongwoo s’étaient déjà mis à briller d’un air malicieux.
« Hé hé. Vous ne voyez que la moitié du tableau, prince Aldo. »
— Pardon ? Qu’est-ce que vous voulez dire… ?
« Vous ne comprenez pas ? Pourquoi la balance a-t-elle soudainement commencé à pencher du côté du bien aujourd’hui ? »
— … ?
Voyant qu’Aldo ne comprenait vraiment pas, Yeongwoo se redressa et bomba fièrement le torse.
« On est quel jour, aujourd’hui ? »
— Eh bien, c’est la cérémonie de l’Équilibre…
« Non. »
— Alors… quel jour sommes-nous ?
« Aujourd’hui, c’est le jour où le Gardien de l’Équilibre, Jeong Yeongwoo, est arrivé. »
— … ?
« Plus besoin de peser le bien et le mal. À partir de maintenant, l’équilibre sera toujours maintenu. Voilà pourquoi j’ai envoyé le poids valser. »
Yeongwoo dessina un grand arc dans les airs avec la main, pour illustrer le poids du bien, lancé dans le ciel et disparu un peu plus tôt.
— … C’est insultant.
« Je suis venu avec une proposition commerciale incroyable. Veuillez me conduire auprès de votre roi. »
— Je vous l’ai dit tout à l’heure… mon père est extrêmement furieux, pour le moment…
« Il se calmera extrêmement vite quand il entendra parler de ma technique miracle pour blanchir le linge. »
[Traducteur — Night]
[Relecteur — Gun]