Chapitre 488
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Chapitre 488 : Équilibre (5)
Le vol.
C’était généralement un privilège réservé aux êtres de haut rang, même si certaines races naissaient avec la faculté de voler, grâce à leurs caractéristiques biologiques.
Comme les dragons, par exemple.
Non seulement les dragons pouvaient modifier le climat de la planète qu’ils habitaient, mais ils étaient aussi capables de voler à haute altitude et même de planer pendant de longues périodes.
Autrement dit, leur race était parfaitement adaptée aux opérations aériennes.
Bien sûr, même Yeongwoo ignorait si une unité aérienne composée de dragons existait réellement dans cet univers.
Ce qui comptait, c’était…
« C’est un jour vraiment important, non ? Alors, pourquoi ne pas utiliser au maximum toutes les ressources à notre disposition ? »
— Attends, tu es sérieuse ? Tu veux que je te porte et que je saute du vaisseau ?
Jiseon ajouta prudemment :
— Ce n’est pas dangereux… ? Tu ne sais même pas à quoi ressemble l’atmosphère de Doatel.
Ce qui l’inquiétait, bien sûr, c’était sa propre sécurité.
Certes, la vie de Yeongwoo avait aussi son importance — il était le Chef de famille et la source d’énergie actuelle du Vaisseau terrestre —, mais tout de même.
« L’atmosphère… ? Allez, maman n’est pas un simple oiseau. C’est un dragon. L’état de l’atmosphère a vraiment de l’importance ? »
— Bien sûr que oui. Je ne sais pas pour les autres dragons, mais moi, je ne peux voler que dans des endroits où il y a de l’air.
« Hein ? »
— Qu’est-ce que tu as à faire cette tête déçue, petit morveux ?
« C’est juste que tu bats à peine des ailes, et tu as quand même besoin d’air ? »
Song Jungho intervint à son tour pour soutenir sa sœur.
∴ C’est parce qu’ils interagissent avec l’air pour générer de la portance.
« Mais… Il y a donc de la physique derrière le vol des dragons ? »
∴ Et si l’atmosphère de Doatel était composée d’autre chose que d’air…
Si c’était le cas, les résultats d’une opération aérienne seraient totalement imprévisibles, du moins selon Song Jungho.
Autrement dit, les dragons terrestres comme Jiseon et Jungho n’avaient utilisé que l’air pour créer de la portance. Impossible, donc, de savoir s’ils pourraient voler dans une atmosphère de composition entièrement différente.
« Sans blague… »
Yeongwoo fronça les sourcils, puis changea aussitôt d’avis.
« En fait, ça se tient. Après tout, seuls les êtres du niveau du Président peuvent vraiment voler librement. »
En bref, les êtres « véritables », comme le Président, pouvaient voler librement, quelles que soient les conditions atmosphériques, tandis que les dragons, qui ne faisaient qu’imiter le vol, avaient besoin de circonstances particulières.
« Mais quand même… »
Yeongwoo cligna rapidement des yeux, puis balaya l’air de la main à l’intérieur de la salle de contrôle.
« Je ne pense pas que l’atmosphère de Doatel soit si différente de celle de la Terre. »
— Hein ? Comment tu peux le savoir ?
« Parce que je respire très bien à l’intérieur de ce vaisseau, là, maintenant. »
∴ Ah, c’est vrai.
Jungho accepta rapidement son raisonnement.
Les Caramels de Doatel devaient eux aussi dépendre de l’oxygène, ce qui expliquait pourquoi les humains pouvaient respirer à l’intérieur du vaisseau de transport.
Bien sûr, Yeongwoo portait une armure de Vesedel dotée d’un système d’adaptation planétaire, mais cette fonction n’était pas activée pour le moment.
Ce qui signifiait que…
« Ces Caramels utilisent forcément l’oxygène, comme les humains. L’atmosphère de Doatel ne doit donc pas être si différente de celle de la Terre. »
Il pouvait y avoir quelques petites différences.
Mais cela pouvait-il vraiment avoir un effet aussi important sur le vol ?
« Si on compare ça à la nage, c’est comme la différence entre l’eau salée et l’eau douce, non ? »
— Petit morveux. Tu n’as jamais volé de ta vie, et tu parles comme si tu savais tout.
Malgré ses paroles, Jiseon semblait en partie convaincue.
Après tout, son raisonnement était logique.
— Attends, pourquoi est-ce qu’on en débat entre nous ? On n’a qu’à leur demander directement.
Jiseon se tourna vers Kalbik, qui se tenait discrètement à l’écart de la conversation. Le pauvre assistant se mit à suer à grosses gouttes, ses perles de sueur couleur caramel bien visibles.
— Q-Qu’est-ce que j’ai fait… ?
Yeongwoo posa donc la question à la place de sa mère.
« L’atmosphère de Doatel ressemble-t-elle à celle qu’on respire à l’intérieur de ce vaisseau ? »
Comme ces gens n’étaient jamais allés sur Terre, il prit l’intérieur du vaisseau comme point de comparaison.
Kalbik tourna maladroitement la tête, puis hocha légèrement celle-ci.
— E-À partir de la basse stratosphère, c’est assez similaire.
La stratosphère.
Même les termes qu’ils utilisaient pour décrire les couches de l’atmosphère étaient les mêmes que sur Terre.
Ce qui signifiait que sa composition ne devait probablement pas être très différente non plus.
« Donc, en dessous de la stratosphère, c’est à peu près comme ici ? »
Après avoir obtenu cette confirmation, Yeongwoo donna l’ordre au capitaine du vaisseau.
« Très bien, alors en route. Emmenez-nous dans cette prison en haute altitude, ou quel que soit son nom. »
—……
Le capitaine jeta un regard à Kalbik, qui acquiesça en silence.
Enfin, le vaisseau de transport se mit en marche.
— Nous mettons le cap sur la prison en haute altitude.
Le capitaine fit l’annonce à bord par radio.
Puis il se tourna vers Yeongwoo et dit :
— Hum…
« Quoi ? »
— Pour partir… il me faut le siège du capitaine.
« Quoi. »
Yeongwoo se leva pour lui céder sa place. Le capitaine s’approcha avec hésitation et s’assit.
Puis…
Clic.
Il fit surgir un petit pilier sous l’accoudoir, puis appuya sur le bouton carré qui se trouvait à son sommet.
« Ah, c’est le bouton de lancement, hein ? »
Yeongwoo avait appuyé sur un bouton similaire à bord du Vaisseau terrestre.
Et, comme la fois précédente, une violente vibration secoua tout le vaisseau.
Grrrrr !
Au même moment, une manette de pilotage jaillit devant le siège du capitaine.
Frouf !
Un dispositif semblable à un volant sortit du sol, puis une série d’écrans descendit du plafond pour encadrer le siège du capitaine, à gauche et à droite.
Et enfin…
Pa !
Un écran holographique apparut au-dessus du volant, affichant la trajectoire prévue du vaisseau ainsi que les principales coordonnées des planètes voisines.
Autrement dit, c’était pratiquement…
« On dirait… un vrai vaisseau spatial. Pourquoi est-ce qu’on n’a rien de pareil ? »
Alors que Yeongwoo contemplait avec envie le siège du capitaine à bord du vaisseau de transport de Doatel, la présence de la Terre s’éveilla dans sa conscience.
○ Parce que nous n’avons pas encore essayé le pilotage manuel.
« Attends, tu as suivi toute la conversation ? »
○ Bien sûr. Je suis toujours juste devant toi. Mais une fois qu’on sera arrivés à Doatel, qui sait ?
« Ah, oui. On est toujours connectés. »
En se grattant le nez, Yeongwoo revint au sujet principal.
« Mais attends, on n’a jamais piloté manuellement ? Qu’est-ce que tu veux dire ? »
○ Ce que ça veut dire. Tu as déjà accéléré manuellement pour esquiver un astéroïde qui fonçait sur toi ?
« Ah. Ça compte comme du pilotage manuel ? »
○ Si quelqu’un prend les commandes de navigation, c’est du pilotage manuel.
Mais la Terre ajouta que le pilotage manuel était extrêmement difficile sans une expérience suffisante.
○ Les capitaines de vaisseau ne sont pas payés une fortune pour rien. Piloter un vaisseau spatial, ce n’est pas comme conduire une voiture : on ne perçoit pas les distances de la même façon.
« Alors, qu’est-ce qu’ils utilisent ? »
○ L’analyse des données.
« Quoi ? »
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○ L’état interne du vaisseau et les variables externes sont transmises sous différentes formes de données. La plupart sont des coordonnées et des valeurs numériques qui fluctuent, mais savoir les lire ne suffit pas.
« Qu’est-ce qu’il faut de plus ? »
○ Ces flux de données évoluent en temps réel. Certaines valeurs chutent rapidement, d’autres augmentent lentement.
La Terre expliqua ensuite que la principale compétence d’un capitaine consistait à évaluer les risques en fonction de la vitesse à laquelle ces valeurs montaient ou descendaient.
○ Même moi, je ne peux pas les interpréter. Seul un capitaine qui a survécu à d’innombrables situations peut comprendre ce qu’elles signifient.
« Alors, où est-ce qu’on est censés trouver un capitaine pareil, bon sang ? »
À cette pensée, le regard de Yeongwoo se posa sur le capitaine du vaisseau d’escorte — un Caramel — qui tenait actuellement la barre.
« Notre vaisseau doit affronter beaucoup d’ennemis et d’incessants dangers de navigation. Parfois, les ennemis s’infiltrent même à l’intérieur. »
Le capitaine d’un vaisseau terrestre devait donc non seulement exceller en navigation, mais aussi être un redoutable combattant et avoir un talent pour la tromperie.
Yeongwoo estimait qu’il fallait savoir mentir pour repérer rapidement les mensonges d’autrui et les contrer.
À cet égard…
« Merde… Un humain serait parfait. »
Après avoir passé tout cela en revue, il parvint à une conclusion : un humain.
Quelqu’un d’assez malfaisant, mais parfois honnête et droit.
Quelqu’un capable de distinguer clairement le vrai du faux, et constamment placé devant des choix difficiles.
Quelqu’un qui partageait, au fond, un point commun avec Yeongwoo, le propriétaire du vaisseau.
Quel être, dans l’univers, pouvait mieux répondre à cette description qu’un humain ?
« Bien sûr, il faudrait qu’il soit incroyablement fort, comme nous, après avoir subi une réinitialisation ou quelque chose du genre. Et qu’il s’y connaisse un minimum en espace, aussi. »
Et, en plus, il devrait avoir été formé à la navigation spatiale.
« Trouver quelqu’un comme ça, c’est pratiquement impossible… »
Pendant que Yeongwoo faisait la moue, la paroi extérieure de la salle de contrôle du vaisseau d’escorte devint noire comme la nuit.
Comme dans la salle de contrôle du Vaisseau terrestre lorsque la navigation avait commencé.
— Nous entrons à présent sur le territoire de Doatel.
Le capitaine Caramel l’annonça tout en manœuvrant lentement la barre.
À cet instant, Yeongwoo et Jiseon aperçurent toutes sortes de vaisseaux qui remplissaient l’espace autour d’eux.
« Waouh. Tous ces débris… c’étaient des vaisseaux, en fait ? »
Comme l’avait dit Jiseon, ils étaient entourés d’une véritable mer de vaisseaux.
Ils avaient tous des formes et des tailles différentes, mais, chose incroyable, le capitaine Caramel se faufilait entre eux sans même les frôler.
« Il fait tout ça… en se contentant de lire les données ? »
○ Toutes les variables externes sont transmises au capitaine.
Sur ce, Yeongwoo s’approcha de la barre et s’adressa au capitaine :
« Excusez-moi, capitaine. »
— Oh ! O-Oui, monsieur. Qu’y a-t-il ?
« À l’échelle de l’univers, quel est votre niveau en navigation ? »
Caramel jeta brièvement un regard à Yeongwoo, puis reporta les yeux devant lui.
— Je ne suis habilité à piloter que des vaisseaux de classe moyenne. Je ne suis donc pas vraiment en mesure de me comparer à tous les capitaines de l’univers. Cependant…
« Cependant ? »
— Je suis un capitaine d’escorte qui a reçu l’insigne royal de l’Empire Shelbir. Tant que je serai conscient, j’accomplirai ma mission d’escorte, quoi qu’il arrive.
Une détermination qui frisait le glacial.
En clair, même s’il devait y laisser sa tête, il accomplirait sa mission avant de mourir.
« Impressionnant. Vous dites que, quelle que soit la crise, vous exécuterez la mission que la famille royale vous a confiée, c’est bien ça ? »
— Exactement.
À cet instant, le vaisseau d’escorte qui transportait Yeongwoo pénétra enfin dans l’atmosphère de Doatel et se mit à trembler violemment.
Vroum-vroum-vroum… !
— Veuillez vous agripper fermement à la structure autour de vous. Nous traversons actuellement l’exosphère.
« L’exosphère ? Alors, dans combien de temps est-ce que les secousses vont s’arrêter ? »
— Il faut que nous atteignions la basse stratosphère.
Sur ces mots, le capitaine désigna l’un des écrans autour de son siège.
Celui-ci affichait un modèle de l’atmosphère en cinq couches, traversé par un point qui descendait à toute vitesse.
Ce point devait représenter l’altitude du vaisseau d’escorte.
BOUM !
Une violente secousse ébranla le vaisseau, puis les vibrations intenses commencèrent à s’atténuer.
« On est dans la stratosphère, maintenant ? »
— Pas encore tout à fait. Mais on y est presque.
Le capitaine désigna de nouveau le modèle de l’atmosphère.
Comme Yeongwoo avait du mal à interpréter les données, il préféra regarder par la fenêtre.
Le mélange de bleu profond et de blanc, qui tourbillonnait jusque-là, prenait peu à peu une teinte bleu ciel.
Et enfin…
Clac !
À la suite d’une secousse brève, le paysage extérieur se transforma pour devenir beaucoup plus familier.
Yeongwoo se tourna de nouveau vers le capitaine.
« Capitaine. »
— Oui, monsieur ?
« Vous avez assez de talent pour piloter un vaisseau auquel il manque un morceau ? »
— Un morceau ? Pardon, qu’est-ce que vous voulez dire… ?
« Vous pourriez quand même mener ce vaisseau jusqu’à une prison en haute altitude si la moitié de la salle de contrôle était soufflée ? »
Tout en parlant, Yeongwoo tira Bâtard de sa ceinture.
Comprenant ce qui se passait, le capitaine ouvrit de grands yeux.
— A-Alerte ! Tout le personnel, préparez-vous à réagir immédiatement à une situation d’urgence !
Le capitaine écrasa le bouton rouge sur le côté gauche de la barre.
Vziiiing !
Des câbles jaillirent du sol de la salle de contrôle comme des tentacules et attachèrent aussitôt les Caramels à leur siège.
C’était un dispositif de sécurité intégré, prévu en cas de brèche dans la coque.
« Ah, ça, c’est rassurant ! »
En voyant cela, Yeongwoo sprinta vers le côté droit de la salle de contrôle et déploya Bâtard jusqu’à sa longueur maximale.
Fchouuu !
Puis…
« Hyaaaah !! »
D’un puissant coup, il trancha la paroi extérieure de la salle de contrôle.
KRA-KRAKAKAK !
— Ce fou ! C’est donc comme ça qu’il comptait sauter du vaisseau ?!
Jiseon hurla tandis que l’énorme dépressurisation déchirait la cabine.
Yeongwoo, lui, écartait encore davantage les bords de la brèche à mains nues, comme un extraterrestre dans un film de science-fiction.
« Vite, par ici ! Ma mère me servira de parachute ! »
KRAK !
Enfin, une énorme brèche de huit mètres de large s’ouvrit dans la salle de contrôle, et tout ce qui s’y trouvait se mit à être aspiré vers l’extérieur.
Les Caramels attachés par les câbles se balançaient dans les airs, mais toutes les armes qu’ils tenaient s’envolèrent hors du vaisseau.
Puis, enfin…
CLAC !
Debout au bord de cette terrible brèche, le Propriétaire du vaisseau terrestre, Jeong Yeongwoo, adressa un dernier au revoir aux Caramels.
« Ce qui ne me tue pas… me rend plus fort ! »
— … ?
« C’est une citation célèbre de la Terre. Devenez tous plus forts, et on se reverra ! »
Sur ces mots, Yeongwoo saisit la main de Jiseon et sauta dans le vide.
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