Chapitre 487
[Traducteur — Night]
[Correcteur — Gun]
Chapitre 487 : L’équilibre (4)
SMACK !
Dans un fracas assourdissant, l’individu à la tête conique fut projeté en arrière.
Les autres Caramels, qui avaient déjà dégainé leurs épées, se ruèrent non pas sur l’assaillant, Yeongwoo, mais sur leur chef à tête conique, étendu au sol.
— I-Instructeur !
— Vous allez bien, monsieur ?!
Yeongwoo soupira et posa une main sur sa hanche.
« Vous ne devriez pas d’abord maîtriser l’assaillant ? Il va de toute évidence y avoir une suite. »
Ce n’est qu’alors que les Caramels se tournèrent vers Yeongwoo, en retard, et levèrent leurs armes.
— Hein ?
— N-Ne me dites pas que… !
« … Ces types se prétendent vraiment chevaliers royaux ? »
Bien sûr, même sans aucune retenue, Yeongwoo avait assez de puissance pour tuer tout le monde ici d’un seul coup.
Mais surtout, leurs capacités défensives étaient directement liées à la sécurité du prince Aldo.
Si l’organisation caritative de Doatel devait s’associer à eux à l’avenir, le prince Aldo devait rester en vie le plus longtemps possible — afin que le blanchiment d’argent puisse se poursuivre aussi longtemps que possible.
« Voyez ma visite d’aujourd’hui comme une sorte de vaccination. Parce que dans l’univers, il existe des gens bien pires que moi… »
Yeongwoo s’interrompit au milieu de sa phrase.
Il avait senti quelque chose derrière lui.
« Au moins, il y en a un ici qui fait son boulot. »
Presque au même instant, un énorme poing fonça vers son torse et sa tête.
WHOOSH !
— Jeong Yeongwoo, émissaire royal. Vous êtes en état d’arrestation immédiate pour avoir agressé un membre du personnel royal.
C’était le même « exécuteur » qui était venu seul accueillir Yeongwoo et Jiseon un peu plus tôt.
Comme prévu, celui-là était bien plus combatif que les autres Caramels.
« Une attaque par-derrière ? Pas mal. »
Mais Yeongwoo n’avait pas le loisir de rester détendu ; il leva donc rapidement son Aratubank.
BOUM !
À peine eut-il levé sa garde que le poing de l’exécuteur s’écrasa sur le panneau extérieur de l’Aratubank.
∴ Ouah, c’est quoi ce bordel ?
Même Song Jungho, qui se trouvait en stase dans le cercueil, fut tellement surpris par cette force inattendue que sa présence s’échappa.
« Quoi, mon oncle ? Vous étiez là-dedans ? »
∴ Qu’est-ce que tu racontes, “là-dedans” ? C’est toi qui m’y as mis, pour commencer.
« Alors, on est venus à trois, hein ? »
À peine Yeongwoo eut-il parlé qu’une autre présence massive s’éveilla derrière lui.
— Il va de toute évidence y avoir une suite.
L’exécuteur lui renvoyait sa propre réplique.
« Eh bien, eh bien. »
Yeongwoo se retourna, l’air ravi.
Sur cette planète peuplée d’imbéciles et de crétins, il y avait au moins un combattant digne de ce nom.
Mais il n’était toujours pas de taille à égratigner le seigneur Jeong Yeongwoo.
« Je ne laisserai plus rien passer. Si tu avais vraiment prévu une attaque de suivi, tu aurais dû frapper avant de parler. »
Sur ces mots, Yeongwoo libéra son Prestige cosmique, qui atteignait le niveau 48.
L’exécuteur, qui s’apprêtait à frapper, s’effondra sous l’écrasante pression.
— … !
Une puissance qu’il n’avait jamais rencontrée le submergea et força son corps à s’incliner en signe de respect.
— C-C’est…
Incapable de bouger d’un pouce, l’exécuteur entendit la voix calme de Yeongwoo.
« Tu avais l’air plutôt doué… Mais tu ne peux même pas bouger ? Alors comment Lemu a-t-il pu se battre contre le Président ? »
Depuis qu’il avait découvert le concept de Prestige, Yeongwoo avait souvent repensé au véritable duel entre Lemu et le Président.
Après tout, les deux avaient un niveau d’existence séparé par un échelon entier, et l’écart entre leurs niveaux de Prestige était lui aussi considérable.
Pourtant, Lemu avait réussi à échanger des coups avec le Président et avait même endommagé sa lame.
Certes, le prix à payer avait été énorme : il avait perdu un corps cybernétique coûteux et s’était même fait voler son vaisseau. Au bout du compte, il avait subi une défaite totale.
Frouf.
Yeongwoo tourna les yeux vers l’homme à tête conique et les chevaliers qui l’entouraient.
« Toi. Tu as l’air d’être une sorte d’intendant. Comment tu t’appelles ? »
Yeongwoo désigna l’homme à tête conique, qui relevait lentement le haut du corps.
— K… Kalbik. Je suis le Troisième Intendant, Kalbik.
« Ah, monsieur Kalbik. Vous êtes donc le plus haut gradé à bord de ce vaisseau ? »
Kalbik enfonça encore davantage son chapeau conique sur sa tête.
— … Oui.
« Alors, vous devriez pouvoir changer la destination du vaisseau. »
— ………
Le silence signifiait souvent oui.
Ayant confirmé que Kalbik, le Troisième Intendant, était bien la plus haute autorité à bord, Yeongwoo passa à l’action.
Clic, clic.
Il s’approcha de Kalbik, toujours assis par terre.
« Debout. »
— Pardon ?
« Vous venez avec moi dans la salle de pilotage. Ce vaisseau ne se dirige plus vers la prison. »
Sur ces mots, Yeongwoo saisit Kalbik par le devant de son armure et le hissa sur ses pieds.
BOUM !
Les chevaliers qui entouraient Kalbik reculèrent aussitôt et pointèrent leurs épées sur Yeongwoo.
— Relâchez l’intendant immédiatement !
— C’est votre dernier avertissement !
« Combien de derniers avertissements vous allez donner avant de passer à l’attaque ? »
Yeongwoo ricana en resserrant sa prise sur Kalbik.
Puis ses pupilles brillèrent d’or tandis qu’il libérait une vive décharge de Prestige.
FWOOSH !
— Argh ?!
— Guhk… !
Écrasés par ce Prestige accablant, les chevaliers lâchèrent leurs épées sans même s’en rendre compte.
À cette vue, Yeongwoo désigna du menton une porte au loin.
« C’est par là qu’on rejoint la salle de pilotage, non ? »
Kalbik répondit d’une voix hésitante.
— O-Oui.
Les vertueux ne mentent vraiment jamais.
Mais cela ne signifiait pas qu’ils se laissaient forcément manipuler.
— Cependant… même si nous arrivons à la salle de pilotage, vous n’obtiendrez pas ce que vous voulez.
« … Pourquoi ? »
— Je peux donner l’ordre de changer de destination, mais seul le capitaine peut l’exécuter.
« Quoi, il y a un capitaine à part ? »
Après tout, c’était la première fois qu’il montait à bord du vaisseau de quelqu’un d’autre.
Et le couloir qu’ils venaient d’emprunter faisait déjà plus de trente mètres de long ; impossible de savoir quelle taille avait vraiment ce transporteur.
« En gros, vous dites que le capitaine n’obéira pas aux ordres d’un criminel. »
Alors que Yeongwoo marmonnait ces mots en se caressant le menton, Kalbik leva les yeux au ciel et lança avec audace, au lieu de lui répondre directement :
— La paix de la famille royale est l’équilibre de l’univers… !
C’était sans doute un slogan qui signifiait qu’il était prêt à se sacrifier sur-le-champ.
Ce n’était pas très poli, mais Yeongwoo ne put s’empêcher de trouver ça amusant.
« Ne faites pas tant de manières. Je suis vraiment l’invité du prince Aldo. »
Sur ces mots, il poussa Kalbik devant lui et ajouta :
« Montrez-moi le chemin. Conduisez-moi à la passerelle. Et si vous tentez quoi que ce soit, je tuerai tous les autres Caramels, sauf vous. »
Kalbik se retourna alors vers Yeongwoo.
— C-Comme je le pensais… Vous révélez votre vraie nature. Un invité du prince ne prononcerait jamais de paroles aussi cruelles. Jamais.
« Dans cet immense univers, dire “jamais”, c’est un peu arrogant, vous ne trouvez pas ? »
[Traducteur — Night]
[Correcteur — Gun]
Yeongwoo donna ensuite un petit coup de pied dans le dos de Kalbik.
« Avancez. Entrons d’abord dans la planète. »
— ………
Tandis que Kalbik se mettait en route vers la passerelle sous les encouragements de Yeongwoo, Jiseon lui murmura :
— On n’est pas en train d’accumuler pas mal de karma ? Quoi qu’il arrive, on ne devrait pas tourmenter les braves gens.
« Ils sont tellement bornés que c’est la seule façon de leur faire comprendre. Et puis, au bout du compte… »
Yeongwoo ajouta que ce n’était qu’un petit méfait commis pour une bonne cause.
Ils devaient entrer à Doatel sains et saufs s’ils voulaient blanchir les fonds du don, ou peu importe comment ils appelaient ça.
« C’est un mal nécessaire. Et puis, aucun Caramel n’a été blessé, pas vrai ? »
— Ils ont sûrement le cœur meurtri.
« Moi aussi, j’ai le cœur brisé, tu sais. »
Pendant que Yeongwoo et Jiseon échangeaient ces quelques mots, Kalbik ouvrit une grande porte et désigna l’espace au-delà.
— La porte du milieu mène à la passerelle.
« Et celles de gauche et de droite ? »
Comme Yeongwoo venait de le dire, dans le vaste espace qui s’étendait devant eux, une porte se trouvait de chaque côté : il y en avait trois en tout, donnant sur la pièce suivante.
— Celle de gauche mène à la salle de propulsion et aux quartiers des chevaliers.
« Et à droite ? »
— À droite, c’est…
Kalbik hésita à répondre.
Lorsque Yeongwoo posa la main sur l’épée Bâtard à sa hanche, la réponse finit enfin par venir :
— Celle-là… mène à la zone de détention.
« Ah. »
C’était exactement ce qu’avait dit l’administrateur Kubu : ce vaisseau avait été construit et envoyé pour procéder à une arrestation.
« Donc, si tout s’était déroulé comme prévu, on nous aurait traînés par là. »
Mais le plan d’arrestation candide des Caramels avait échoué, et Yeongwoo s’apprêtait maintenant à pénétrer au cœur même du vaisseau.
« Ouvrez la porte de la passerelle. Je trouverai bien un moyen de baratiner le capitaine. »
Sur l’ordre de Yeongwoo, Kalbik s’avança rapidement et s’arrêta devant la porte de la passerelle.
Puis il posa la paume sur le panneau de la porte et parla avec prudence.
— Ici le Troisième Intendant Kalbik. Une grave situation s’est produite, et j’ai fait monter un étranger à bord.
Une voix surprise retentit derrière la porte.
— Un étranger ? Qu’est-ce que vous racontez ?
La mission principale de ce vaisseau était le transport de prisonniers.
Ce qui signifiait qu’à bord, un « étranger » ne pouvait être qu’un prisonnier transporté.
— … Vous feriez mieux d’ouvrir la porte.
Sachant pertinemment que le criminel pouvait de toute façon enfoncer une porte comme celle-ci sans difficulté, Kalbik frappa doucement.
À sa manière, il disait : « Ouvrez-la, tout de suite. »
Et enfin —
Pshhhhhk !
La lourde porte métallique de la passerelle coulissa dans les deux sens.
Et à l’intérieur —
— Intendant, que se passe-t-il donc… ?
Une silhouette qui ne pouvait être que celle du capitaine se tenait entre deux chevaliers, venue accueillir l’intendant.
Ce Caramel était le seul à ne pas porter d’armure : il était vêtu d’un tissu tissé.
— N’oubliez ni l’équilibre… ni votre devoir.
— … Pardon ?
À l’ouverture de la porte de la passerelle, l’intendant Kalbik adressa au capitaine ces paroles énigmatiques.
Et à peine eut-il fini de parler qu’une silhouette grise, de sinistre augure, apparut derrière lui.
Boum !
Ce n’était autre que Jeong Yeongwoo.
Le criminel qui tentait de détourner ce transporteur de sa destination, la prison, pour l’envoyer dans un lieu royal.
« Hé, c’est vous le capitaine ? Celui qui allait m’envoyer en prison ? »
— E-Eh bien…
La sueur ruisselait sur le visage du capitaine caramel comme la pluie.
Yeongwoo pénétra d’un pas assuré dans la passerelle et posa une main sur l’épaule du capitaine.
« Je sais à quel point vous êtes bornés. Même si vous deviez mourir sur place, vous ne consentiriez jamais à changer la destination, de la prison à un gala royal. »
Kalbik eut l’air sincèrement surpris.
— Hein ? De quoi parlez-vous tout à coup… ?
« Alors, allons en prison. Suivons le plan initial. »
Sur ces mots, Yeongwoo prit tranquillement place dans le fauteuil du capitaine.
Jiseon pencha la tête et s’approcha de lui.
— C’est quoi, cette idée complètement dingue ?
« On ne peut pas rester là à perdre du temps avec eux. Commençons par traverser cette flotte de réfugiés. »
— Mais si tu vas en prison, à quoi bon ?
« Qui a dit qu’on allait en prison ? »
— Quoi ? Mais tu viens de dire…
« On ne va pas en prison. »
Yeongwoo traça alors une longue courbe dans l’air du doigt.
« On sautera du vaisseau. En plein vol. Au-dessus de Doatel. »
— Quoi ? Tu es sérieux ?
« On a deux dragons. Pourquoi ce serait impossible ? »
[Traducteur — Night]
[Correcteur — Gun]