Chapitre 485
[Traducteur — Night]
[Relecteur — Gun]
Chapitre 485 : Équilibre (2)
Chasseur de planètes.
Une arme démentielle montée sur le vaisseau de classe planétaire de Renaissance : son canon de rang légendaire pouvait déchaîner des salves d’une puissance de feu absurde, à raison d’un tir toutes les trois secondes, par volées de quatre.
De plus, comme le vaisseau de classe planétaire tirait directement son énergie d’une étoile, il pouvait recharger aussitôt toutes ses munitions épuisées.
Bien sûr, le simple fait de pointer une telle arme ne suffirait pas à transmettre toutes ces informations à Doatel.
En revanche, l’énorme accumulation d’énergie à l’extérieur du périmètre défensif de Doatel était largement assez importante pour être détectée.
Vweeee… !
Dès que le Vaisseau terrestre, sur ordre de son capitaine, prit Doatel pour cible, la communication en cours fut interrompue et disparut.
Flash !
Une nouvelle silhouette apparut sur l’écran de communication : un Caramel en armure, recouvert d’épaisses plaques.
Tzzzt !
<Sauf erreur de notre part, vous semblez actuellement viser le cœur de Doatel.>
« Oh. »
Le simple fait de ne plus avoir à regarder cette satanée tablette de pierre représentait déjà un grand pas en avant.
« Non, vous ne vous trompez pas. Nous visons bel et bien votre planète. »
Yeongwoo pointa son arme hybride vers l’image du Caramel. Celui-ci marqua une pause.
<…>
Puis il sembla communiquer avec quelqu’un hors champ.
Il recevait sans doute un compte rendu du service qui s’était d’abord occupé de ce vaisseau pirate.
<Ah… Seriez-vous par hasard l’invité du prince Aldo ?>
Le Caramel en armure acheva enfin son évaluation sommaire de la situation.
Yeongwoo hocha la tête et salua l’écran d’un geste désinvolte de son arme.
« J’ai reçu en personne un cadeau de mariage du prince Aldo. Alors allez le prévenir que je suis là. »
Yeongwoo mit à rude épreuve le peu de patience qui lui restait, ce qui poussa le Caramel à jeter un nouveau coup d’œil hors champ.
Puis il formula une requête.
<Si vous êtes vraiment l’invité du prince Aldo, vous devez avoir un insigne d’invité…>
« Oh, putain, ça suffit ! J’ai pas cette merde ! Allez juste lui dire que je suis là ! Ou vous préférez que je fasse un trou dans votre planète, tout de suite ?! »
<… !>
Ce ton violent, inhabituel sur Doatel, fit visiblement tressaillir le Caramel en armure.
<A-alors… nous allons d’abord envoyer un vaisseau d’escorte à vos coordonnées. Veuillez monter à bord afin que nous puissions discuter.>
« Voilà qui est mieux. »
Yeongwoo abaissa enfin son arme.
Le Caramel se mit à regarder autour de lui, comme s’il examinait la passerelle du Vaisseau terrestre.
<Nous dépêcherons le vaisseau d’escorte aux coordonnées que nous avons relevées. Combien de visiteurs devons-nous attendre ?>
« Ah, une seconde. »
Yeongwoo se tourna vers les personnes autour de lui et demanda :
« Quelqu’un veut visiter Doatel en personne ? »
Moro secoua la tête.
« Ne nous comptez pas. Les affaires familiales ne nous intéressent pas. Et puis, on est encore complètement déboussolés. »
« D’accord, pas de problème. »
Yeongwoo n’allait pas forcer Moro, qui avait le sang chaud, à l’accompagner.
« Et vous deux ? »
Il regarda Jiseon et Jeonggu.
Jeonggu recula d’un pas.
« Je… crois que je vais rester ici. »
Mais Jiseon semblait curieuse de découvrir Doatel et les Caramels.
— Ça ne ferait pas un peu minable que tu y ailles tout seul ? Techniquement, c’est une visite d’affaires, alors autant y aller ensemble.
« Bon, alors nous serons deux. »
Yeongwoo prononça ces mots, puis se retourna vers l’écran de communication. Le Caramel hocha la tête.
<Deux visiteurs… Bien compris. Le vaisseau d’escorte arrivera sous peu.>
Sur ces mots, Doatel mit fin à la communication. Juste après, l’Administrateur Kubu le mit en garde.
— Ils vont vous arrêter, Seigneur.
« Quoi ? »
— Le vaisseau d’escorte qu’ils envoient n’est pas destiné aux invités. C’est un vaisseau de capture.
« Qu’est-ce que tu racontes ? Pourquoi tu crois ça ? »
— Ils ne laisseraient pas entrer aussi facilement quelqu’un dans leur forteresse royale sans insigne officiel.
Kubu pensait que les gardes royaux tenteraient d’arrêter — non, d’enlever — le chef indésirable qui les menaçait, pour faire cesser le bombardement et tirer les choses au clair.
« Allez. Ces bons samaritains iraient vraiment jusque-là ? »
— … Le prince Aldo est peut-être un idiot, mais pas la Garde royale.
Jiseon se gratta le front et marmonna :
— Cette conversation… On peut vraiment dire tout ça ? L’autre partie est juste devant nous, en gros.
À cet instant, elle regarda par la baie de la passerelle en direction de Doatel.
Flash !
Une lueur ténue scintilla sur Doatel et fendit le groupe de vaisseaux de réfugiés ; une petite silhouette approchait.
— Hé, il est déjà là.
À ces mots de Jiseon, le Vaisseau terrestre activa son radar.
« Confirmé. C’est le vaisseau d’escorte de Doatel. »
« Ce truc vient m’arrêter ? Si c’est vrai, je suis plutôt impressionné. »
Yeongwoo observait le vaisseau d’escorte avec un sourire satisfait quand la Terre lui tapota le bras.
« Vous comptez vraiment y aller ? On pourrait attendre ici que le prince Aldo apprenne votre arrivée. »
« Et attendre combien de temps ? Les corps célestes peuvent bien traîner pendant des éternités, mais les humains ne sont pas faits pour ça. »
Et puis, quand aurait-il une autre occasion de se faire enlever par des Caramels ?
Yeongwoo était vraiment curieux de voir comment ces êtres bienveillants s’y prendraient pour le kidnapper.
« Si c’était Mara, je m’inquiéterais peut-être. Mais la famille royale Shelbir ? Ce n’est pas le genre à tuer un invité sur-le-champ. Et je ne crains pas vraiment de me faire tabasser non plus. »
Il était plus fort que jamais.
C’était peut-être l’occasion idéale de mettre sa nouvelle force à l’épreuve.
[Niveau de prestige : 48]
| 00/100 |
*Karma requis par niveau : 13,1 milliards
Quand j’atteindrai le niveau 50, je n’aurai plus à m’embarrasser de formalités. Je ne sais pas quelle puissance ont leurs élites… mais elles ne m’avaient pas paru si impressionnantes pendant le mariage.
[Traducteur — Night]
[Relecteur — Gun]
Yeongwoo rengaina son arme hybride et observa le vaisseau d’escorte, désormais plus proche. La Terre lui tendit une petite pierre.
Tap.
« … Qu’est-ce que c’est ? »
« C’est une Pierre de retour vers le vaisseau de classe planétaire. En temps normal, les pierres de retour ne vous renvoient que vers des vaisseaux proches. Mais celle-ci… »
Elle pouvait le ramener directement à Renaissance, amarré loin à l’extérieur du système.
Un avantage de plus à bord d’un vaisseau de classe planétaire.
« Bien sûr, quand vous l’utiliserez, vous serez déjà à l’intérieur de Doatel. C’est pour ça que son activation prend beaucoup de temps. Autrement dit, vous ne pouvez pas vous en servir en cas d’urgence. »
C’était une sorte de contrepartie.
Normalement, pour se rendre sur une autre planète, un vaisseau devait s’y amarrer directement.
Mais un vaisseau planétaire pouvait régler les choses tout en restant stationné hors de l’atmosphère.
En échange de cet avantage, il perdait la possibilité de rentrer en urgence.
« Ah, donc, pendant que les autres jettent un truc par terre et se téléportent aussitôt, moi, je ne peux pas faire ça ? »
« À moins de préparer un vaisseau d’amarrage séparé, c’est exact. »
« Alors je n’aurai qu’à faire en sorte de n’avoir aucune raison de fuir. »
Il y avait là un double sens.
Après tout, il existait au moins deux façons de ne pas avoir à fuir.
La première consistait à se tenir à carreau et à éviter les ennuis.
Et la seconde…
Éliminer les ennuis à la source.
C’était la méthode du Président.
C’était aussi celle que Yeongwoo préférait, mais, du moins pour aujourd’hui, à Doatel, il comptait se retenir.
« Prenez-en une aussi, mère. Il faudra bien que vous reveniez. »
— Bien sûr.
Yeongwoo et Jiseon tinrent donc chacun une pierre de retour dans leur main. La Terre observa le paysage par la fenêtre, puis ajouta une dernière remarque.
« S’il vous arrive quelque chose à l’intérieur de Doatel, demandez-moi de venir vous secourir. »
En tant que représentant de la planète, Yeongwoo pouvait communiquer par la pensée avec la Terre.
Autrement dit, dans le pire des cas, la Terre lui disait de l’appeler directement à l’aide.
« On pourra encore communiquer par la pensée quand je serai sur Doatel ? »
« Ce n’est pas si loin, alors ça devrait être possible. »
« Quand même, au cas où ça ne marcherait pas, je ferais mieux de régler une alarme. »
« Une alarme ? »
« Si je ne suis pas revenu ou si je n’ai pas envoyé de signal à l’heure prévue, vous commencez le bombardement. »
Sur ces mots, Yeongwoo tapota sa montre pour régler une alarme.
« Disons trois heures. »
« Vous voulez que je commence à tirer si je n’ai pas de nouvelles de vous d’ici trois heures ? »
« Oui. »
« Mais ça pourrait déclencher une guerre à grande échelle avec la flotte de réfugiés, là-bas, vous savez ? »
« … Espèce d’abruti. »
Yeongwoo fronça les sourcils. Cette fois, Moro prit le parti de la Terre.
« Si tu n’es pas revenu au bout de trois heures, c’est qu’il n’y a que deux possibilités : tu es mort, ou on t’a dépouillé de tout et emprisonné. »
« Exactement. »
« Et pour une chance sur deux, tu veux risquer la vie de tout le monde ici ? »
« Attends… Tu veux dire que si je ne reviens pas, vous alliez simplement m’abandonner ? C’est moi le propriétaire et le capitaine : comment ça pourrait être permis ? »
« Comme tu le sais, le pouvoir de définir notre cap est réparti entre trois personnes. Je ne vois donc pas pourquoi ce serait impossible. »
Aux paroles de Moro, l’Administrateur Kubu ouvrit prudemment les yeux.
— Dans le cas particulier où le propriétaire disparaît ou ne peut plus remplir son rôle, l’héritier désigné ou un membre de sa famille agit en son nom.
En termes simples, si Yeongwoo et Jiseon ne pouvaient pas revenir de Doatel, Jeonggu, seul descendant direct de la lignée Renaissance, deviendrait le nouveau propriétaire.
Cependant, cela entraînerait d’importants changements dans la configuration du vaisseau planétaire. L’absence de Yeongwoo serait donc une véritable catastrophe.
« … Hein ? Je suis l’héritier ? »
Jeonggu secoua frénétiquement la tête, l’air terrifié, et Yeongwoo laissa échapper un soupir.
« Pas besoin de t’inquiéter. Ce n’est pas comme si on allait envahir la Planète de Mara ou quoi que ce soit. »
À peine Yeongwoo eut-il fini de parler que le vaisseau d’escorte de Doatel arriva enfin à proximité.
Il venait d’atteindre un point juste à l’extérieur de l’atmosphère du Vaisseau terrestre.
Kubu cligna deux fois des yeux en le voyant.
— Après avoir demandé si l’entrée planétaire est autorisée, s’ils ouvrent un canal d’amarrage au lieu de demander à monter à bord, c’est qu’ils vous escortent comme un prisonnier.
« Un canal d’amarrage ? »
— C’est une sorte de tunnel de transfert à courte portée. S’ils ouvrent un canal d’amarrage et que nous acceptons la connexion, nous pouvons passer d’ici à leur vaisseau d’escorte sur-le-champ.
« Ah, donc en gros, ils disent : “On ne va pas entrer dans la zone dangereuse, alors venez ici.” C’est ça ? »
— Exactement.
« Mais je doute qu’ils m’escortent comme un prisonnier. »
Yeongwoo pointa du doigt le vaisseau d’escorte au-dehors, l’air de dire « attendons de voir », lorsqu’un message système apparut au centre de la salle de contrôle.
「Petit vaisseau |Doatel-4024| : ouverture d’un canal d’amarrage.」
[Traducteur — Night]
[Relecteur — Gun]