Chapitre 479
[Traducteur — Night]
[Relecteur — Gun]
Chapitre 479 : Au-delà de l’orbite (5)
La salle de contrôle du Vaisseau terrestre se trouvait à plusieurs centaines de mètres au-dessus de la surface.
Elle était bien plus vaste que prévu.
« Qu’est-ce que… Elle doit vraiment être aussi grande ? »
Elle faisait au moins plusieurs centaines de pyeong.
Mais la majeure partie de cet immense espace était vide, ce qui laissait penser qu’il faudrait beaucoup d’argent pour l’équiper entièrement.
« Le siège du capitaine se trouve là. »
La Terre, qui était entrée dans la salle de contrôle avant Yeongwoo, désigna un siège métallique situé dans la partie ouest.
Installé sur une grande plateforme circulaire, il était manifestement conçu pour pivoter à 360 degrés.
« Pas très impressionnant, comme siège de capitaine. »
« D’après ce que je sais, plus la classe d’un vaisseau planétaire est élevée, plus le siège du capitaine est perfectionné. »
« Enfin, est-ce que le siège a vraiment de l’importance ? Tant que tout fonctionne, c’est l’essentiel. »
Le regard de Yeongwoo se posa ensuite sur l’imposant appareil installé au centre de la salle de contrôle.
Il ressemblait à une table ronde, au-dessus de laquelle flottaient de faibles hologrammes. On aurait dit qu’il servait à définir la destination du vaisseau.
« C’est là qu’on choisit où aller ? »
« Exact. Ça affiche l’espace auquel on peut accéder. »
En gros, c’est là que se génère la carte de l’espace.
« Attends, alors qui pilote vraiment ce truc ? »
« Piloter ? Je déplace mon propre corps. Du moment que je connais la destination, je peux m’y rendre moi-même. »
« Ah, ça marche comme ça. »
Yeongwoo comme la Terre n’étaient pas très familiers avec les vaisseaux planétaires. Après tout, c’était une première pour eux.
« Et les coordonnées de Doatel ? C’est une planète que tu connais déjà ? »
La Terre secoua la tête.
« Pas du tout. Je ne connais pas cette planète. Elle n’a même jamais croisé mon ancienne orbite. »
« …Hein ? Alors comment tu fais pour choisir Doatel comme destination ? »
« Eh bien… »
Estimant qu’il serait plus rapide de lui montrer que de lui expliquer, la Terre agita la main dans les airs pour activer le dispositif de navigation.
Vrrrrrr… !
Dans un grondement mécanique, la table centrale se mit à tourner. Peu après, une représentation holographique de l’espace apparut au-dessus et se mit elle aussi à tourner à toute vitesse.
« Qu’est-ce qu’elle fait ? »
« Elle cherche Doatel. »
« Attends, donc même sans les coordonnées, on peut trouver une planète avec son seul nom ? »
« En gros, oui. Il suffit d’avoir son nom pour la rechercher. Mais pour obtenir ses coordonnées exactes, les données de la planète doivent être publiques. »
La Terre expliqua que la plupart des petits corps célestes étaient contraints de rendre leurs coordonnées publiques, comme elle l’avait été quand elle était encore une planète.
« Alors c’est ça que voulait dire le Président. »
On ne peut parcourir l’univers qu’à la mesure de ce qu’on connaît.
Et c’était littéralement vrai.
« Attends, alors il y a des planètes dont les coordonnées sont privées ? »
« Bien sûr. Si une planète a atteint un certain statut et gagné son indépendance, ou si elle a été créée artificiellement, ses coordonnées peuvent tout à fait rester privées. »
« Des planètes créées artificiellement ? »
« Comme la Planète mécanisée de l’Architecte, par exemple. L’Architecte l’a créée lui-même, et ses coordonnées sont privées. »
« Ah. »
L’Architecte — Remu.
Sa Tour des machines, où il étudiait l’Ordonnateur, avait elle aussi été construite sur une planète artificielle.
« Donc, on peut fabriquer des planètes. »
Le statut d’entité de niveau 4 selon le droit interstellaire lui parut d’autant plus impressionnant.
Cela dit, Remu n’était pas vraiment une entité de niveau 4 ordinaire : il avait jadis croisé le fer avec le Président, même alors que le « Prestige » le bridait.
« Alors, le seul moyen de connaître des coordonnées cachées, c’est de les obtenir de la planète elle-même ? »
À la question de Yeongwoo, la Terre croisa les bras.
« Je ne connais pas tout l’univers — je ne suis qu’un petit corps céleste —, mais je sais une chose : le secret parfait n’existe pas. »
« Qu’est-ce que tu veux dire ? »
« Si seul le propriétaire connaît les coordonnées, alors tu as raison. Mais… »
La Terre poursuivit en expliquant que si les coordonnées avaient un jour été exposées, que ce soit à un invité ou à l’occasion d’une enquête officielle, on pouvait les retrouver.
Les facteurs étaient nombreux.
« Bref, il nous faut quand même trouver quelqu’un qui connaît les coordonnées. »
« Exactement. C’est pour ça qu’il est si difficile d’obtenir des coordonnées privées. Et c’est aussi ce qui rend les vaisseaux planétaires si particuliers. »
« Parce que leurs coordonnées changent constamment ? »
« Exact. Qu’on les traque ou qu’un gouvernement les pourchasse, tout ce qu’on peut connaître, c’est leur position à un instant donné. On ne peut que suivre leur trace. »
Bien sûr, si les poursuivants disposaient d’une puissance écrasante — au point de mobiliser toute la galaxie contre le vaisseau planétaire —, ce serait une autre histoire.
Mais quelqu’un en était-il capable dans cet univers ?
« Et l’immatriculation du vaisseau, alors ? La dernière fois, l’administration a envoyé des types qui ressemblaient à des lézards. Ça a un rapport avec les coordonnées ? »
« Pour cette partie-là, je ne suis pas vraiment sûre. Mais le gouvernement doit probablement essayer de suivre régulièrement les coordonnées des vaisseaux. C’est plus facile à gérer comme ça. »
« Hmm, il faudra qu’on en parle avec ces fonctionnaires pour en avoir le cœur net. »
Alors que Yeongwoo et la Terre terminaient leur discussion, Moro et Parina entrèrent dans la salle de contrôle par la porte du fond.
« C’est plus grand que je ne le pensais. »
Moro eut la même réaction que Yeongwoo.
Après avoir parcouru du regard la salle de contrôle presque entièrement vide, il demanda à la Terre :
« Pourquoi tous ces sièges sont-ils vides ? »
« Euh… Je ne suis pas encore complètement activée, alors je n’en suis pas sûre. Mais je crois qu’on peut ajouter d’autres sièges. »
Yeongwoo intervint :
« Ils sont peut-être prévus pour les canons secondaires. Pour l’instant, on n’a qu’un canon principal. »
« Tu penses vraiment comme un bandit. Mais ça se tient. »
Tandis que la Terre parlait, des coordonnées apparurent sur le dispositif de navigation. Elle se tourna vers Moro et annonça :
« Nous avons trouvé les coordonnées de destination. Départ imminent. »
Puis elle désigna plusieurs sièges derrière le siège du capitaine.
« La salle de contrôle peut beaucoup secouer, alors je vous conseille de vous asseoir. »
Parina désigna alors le siège le plus orné — celui du capitaine.
« Et celui-là ? Mère a le Prestige le plus élevé ici. Elle ne devrait pas prendre le siège le plus prestigieux ? »
Mais la Terre secoua aussitôt la tête.
« Seul le capitaine peut s’asseoir sur le siège du capitaine. Ce n’est pas une règle, c’est simplement le fonctionnement du système. »
Autrement dit, la Terre n’y tenait pas particulièrement, mais le système exigeait que seul le capitaine enregistré puisse s’y asseoir.
De plus, le siège du capitaine donnait accès à des fonctions essentielles : le freinage et l’accélération d’urgence du vaisseau planétaire, qui ne s’activaient que lorsque le propriétaire était assis dessus.
« Ce salaud est le propriétaire légitime du Vaisseau terrestre, alors ça ne me dérange pas. Et puis, j’ai déjà mon propre trône. »
Peut-être parce que le lancement inaugural du Vaisseau terrestre était imminent, Moro laissa étonnamment passer l’affaire sans insister.
« Bref, allons-y. Toute la galaxie a déjà senti notre présence. »
« Oui, compris. Je vais d’abord lancer le transfert interplanétaire. »
Le transfert interplanétaire était la forme la plus élémentaire de voyage interstellaire.
Il consistait à rejoindre le système planétaire le plus proche en distance spatiale.
Comme si l’on passait d’une pierre à l’autre en traversant un cours d’eau.
Ainsi, plus la destination était éloignée du point de départ, plus il fallait traverser de systèmes planétaires et plus le risque que le vaisseau planétaire soit repéré augmentait.
《Notre planète va maintenant quitter son orbite naturelle. Nous recommandons à tous les résidents de se préparer à des secousses inhabituelles, à des chocs et à tout autre événement imprévisible.》
Après cette dernière annonce publique, plutôt inquiétante, la Terre se tourna vers Yeongwoo.
« …Capitaine. »
« …Quoi ? »
« Veuillez donner l’ordre de départ. »
Sur ces mots, la Terre désigna le siège du capitaine.
« Q-Qu’est-ce que tu fabriques, tout à coup ? Capitaine ? »
Tandis que Yeongwoo, déconcerté, se dirigeait vers le siège du capitaine, l’Administrateur Kubu apparut derrière lui.
[Traducteur — Night]
[Relecteur — Gun]
Frouf.
— Tous les vaisseaux ont un capitaine. Mais comme le Vaisseau terrestre n’en a pas encore, la personne de plus haut rang à bord — le propriétaire — doit temporairement assurer l’intérim.
« Donc, en gros, le propriétaire est aussi le capitaine ? »
— Le propriétaire est le maître du vaisseau. Le capitaine en est le commandant. Ce sont deux rôles bien distincts.
« Alors, je fais fonction de capitaine à partir de maintenant ? »
— Jusqu’à ce qu’un nouveau capitaine soit recruté, oui.
« Un nouveau capitaine… ? »
Il devait s’agir de quelqu’un qui avait de l’expérience en combat spatial.
Et il était logique qu’une personne plus expérimentée en navigation spatiale commande le vaisseau.
« Je ne savais même pas que ça existait… »
Tandis que Yeongwoo restait là, abasourdi, Jiseon, qui se tenait tranquillement dans un coin, prit la parole.
— Trouver un capitaine compétent ne sera pas facile. Surtout qu’il ne s’agit pas d’un vaisseau ordinaire, mais d’un vaisseau planétaire, et même d’un vaisseau pirate.
« … »
Yeongwoo n’eut rien à répondre.
La Terre lui donna alors un nouveau petit coup.
« Capitaine, veuillez donner l’ordre de départ. »
« Attends, pourquoi tu me vouvoies tout à coup ? Parle normalement. »
« Le protocole exige qu’on vouvoie le capitaine quand on lui présente une demande, espèce de propriétaire dingue. »
« Ah. »
Enfin assis dans le fauteuil du propriétaire, Yeongwoo balaya du regard l’immense salle de contrôle.
La salle était entièrement enveloppée d’une membrane transparente, du sol au plafond et d’un mur à l’autre. Tout était transparent, sauf le sol.
Il ne voyait donc que le ciel bleu et les nuages blancs, ce qui rendait difficile de croire qu’il était assis dans la salle de contrôle d’un vaisseau planétaire prêt à s’élancer dans l’espace.
« Euh… Comment je donne l’ordre de départ ? »
À cet instant, une sphère bleue lumineuse apparut près de l’accoudoir droit de son siège.
« Ça doit être le bouton de lancement. »
Il le devinait sans même qu’on le lui explique.
Il posa la paume sur la sphère.
TAP.
Soudain, les parois transparentes qui donnaient sur l’extérieur devinrent d’un noir absolu.
Frouuf !
« Hein ?! »
Surpris, Yeongwoo écarquilla les yeux. La Terre, le visage soudain très grave, désigna l’obscurité totale devant eux.
« C’est le mode lancement. Ce que vous voyez, c’est l’espace juste devant nous. »
« L’espace ? Mais on devrait au moins voir quelques étoiles, non ? »
Yeongwoo cligna rapidement des yeux devant la vue assombrie au-delà de la salle de contrôle.
La Terre leva un doigt et désigna le haut.
« La source lumineuse masque les étoiles. »
La lumière intense du soleil dissimulait les autres lueurs.
« C’est pour ça qu’il existe un mode de correction visuelle. »
D’un mouvement du doigt de la Terre, la vue scintilla. Enfin, l’univers que Yeongwoo espérait voir apparut devant lui.
Frouuf !
Un cosmos constellé d’étoiles, étincelant de lumières à l’infini.
« Il y a aussi un mode combat, mais nous n’en aurons probablement pas besoin pour l’instant. Notre premier saut nous mène dans un endroit ami, après tout. »
« Un endroit ami ? »
« Nous allons rejoindre le système planétaire de Proxima. Une fois sur place, nous tracerons notre prochain saut. »
« Ah, c’est pour ça que tu m’as dit d’acheter le module de voyage entre systèmes stellaires. »
Comprenant un peu mieux le fonctionnement du vaisseau planétaire, Yeongwoo fit légèrement pivoter sa paume sur la sphère lumineuse.
La vue précédemment corrigée redevint alors noire comme les ténèbres.
« Bon, essayons ce truc de “saut spatial”. »
« Appuyez simplement sur le bouton de puissance, capitaine. »
Sur ces mots, Yeongwoo leva la main droite.
Frouf.
Puis il écrasa violemment la sphère bleue.
BOUM !
La vue extérieure de la salle de contrôle s’embrasa soudain de lumière irisée et, comme la Terre l’avait annoncé, de violentes secousses ébranlèrent toute la planète.
VROOOUM… !
« Hé ! La planète ne va pas exploser à ce rythme ?! »
« Ce sera pire quand nous entrerons dans la zone de relais. À partir de maintenant, l’humanité connaîtra des cieux holographiques et des séismes spatiaux comme elle respire. Nos autres planètes aussi, bien sûr. »
« Quoi ?! »
Alors que Yeongwoo criait, incrédule, un tunnel apparut soudain devant la salle de contrôle.
Un passage à travers l’espace, qui transporterait cet absurde corps céleste jusqu’à Proxima Centauri.
« Agrippez-vous bien aux accoudoirs. Vous aurez l’impression de faire du parachutisme. »
La Terre s’était déjà cramponnée aux deux accoudoirs de l’unité de navigation et une formidable sensation de vitesse commença à submerger tous ceux qui se trouvaient à bord.
[Traducteur — Night]
[Relecteur — Gun]