Chapitre 477
[Traducteur — Night]
[Relecteur — Gun]
Chapitre 477 : Au-delà de l’orbite (3)
— Hmph.
Maon claqua la langue.
Tout cela ressemblait à un rêve.
Même réunies au même endroit, les grandes maisons nobles de la galaxie inférieure se faisaient racketter par une vulgaire créature, pas vrai ?
Enfin, elles étaient venues visiter la planète d’une bande de voleurs.
Mais tout de même, se faire soutirer de l’argent par une maison naissante moins d’un jour après leur arrivée…
— C’est donc vrai… Ce qu’il a dit est en train de se produire.
Il faisait allusion à l’affirmation de Yeongwoo, qui prétendait « croître de l’équivalent de cent millions d’années chaque jour ».
Ils venaient à peine de faire connaissance quelques heures plus tôt, et voilà que ce garçon faisait déjà les poches des seigneurs nobles.
Une telle croissance était vraiment stupéfiante.
Et tous les seigneurs présents, Maon compris, venaient d’assister à un spectacle extraordinaire : des astres se réorganisaient pour le bien de ce Vaisseau planétaire.
Combien de fois, dans une vie, avait-on l’occasion d’assister à un événement aussi rare ?
Maon aurait donc pu lui offrir un modeste présent, en signe de gratitude ou de félicitations, si Yeongwoo s’était contenté de le demander.
Mais donner de l’argent de son plein gré et se le faire extorquer, c’était complètement différent.
— Petit vaurien, Jeong Yeongwoo !
« … ? »
— Ton arrogance pourrait érafler les cieux. Comment peux-tu être aussi insolent ?
Même Maon, qui s’était allié à Yeongwoo, ne pouvait tolérer un tel manque de respect.
— Oui, tu as acquis une puissance considérable. Si nous essayions de te poursuivre, nous subirions des pertes énormes.
« Quoi… ? »
Yeongwoo ne put s’empêcher de tressaillir.
Si Maon disait vrai, cela signifiait qu’il existait un moyen de suivre le Vaisseau planétaire.
Et les reproches de Maon continuèrent.
— Tu n’es plus seulement le chef d’une maison : tu es responsable de la survie de tout ce système planétaire. Pourtant, je ne vois pas l’ombre d’une dignité chez toi.
« … »
Il était le chef d’une bande de pirates de l’espace, après tout, mais Yeongwoo lui-même ne trouva rien à répondre.
Car, question bonnes manières, Maon n’avait pas tort.
— S’emparer de force des biens d’autrui… C’est peut-être la loi de cet univers qui vénère la force. Mais même la puissance doit avoir de la tenue.
Maon serra le poing et le tendit vers Yeongwoo.
— Ta puissance est-elle une lame qui frappe à l’aveuglette, sans distinguer les amis des ennemis ? Oui, il y a eu quelques incidents regrettables, mais ces affaires sont réglées. Nous pensions être venus ici en invités.
Il faisait référence aux conflits que Yeongwoo avait eus auparavant avec Bioto et Emel.
Le différend avec Bioto avait été réglé par la négociation, et Maon était intervenu pour apaiser les tensions avec Emel.
Réclamer de l’argent après tout ça, c’était aller trop loin.
— …
À ces mots, Jiseon, qui observait la scène en silence, s’avança vivement devant Maon.
— Mon seigneur, mon fils a agi sans réfléchir. Il ne semble pas encore prêt à commander un Vaisseau planétaire. Mais je crois que son état d’esprit a changé, à présent.
Puis elle lança un regard perçant à son fils.
Un regard qui disait : « Répare tout de suite tes bêtises. »
Yeongwoo balaya les seigneurs du regard, puis s’avança lentement, l’air au bord des larmes.
BOUM !
Il jeta l’Aratubank au sol.
Mais même à cet instant, il garda fermement Bâtard dans sa main droite.
« J’ai vraiment manqué de réflexion, mes seigneurs ! Je vous en prie, giflez-moi, cet idiot ! »
Yeongwoo lança ces mots en s’inclinant si bas qu’il faillit se jeter par terre, mais personne ne s’avança pour le frapper.
À moins de vouloir le tuer, à quoi bon gifler le propriétaire d’un Vaisseau planétaire ?
Personne ne voulait se faire un ennemi de celui qui tirait un système planétaire entier à travers l’espace.
Et surtout…
— …
Ils se méfiaient tous de la Présidente Dogo, qui observait la situation en silence, à distance.
« … Snif ! »
Finalement, Yeongwoo cessa ses sanglots exagérés, se redressa lentement et dévisagea les seigneurs.
Il vérifiait que même le seigneur adjoint de Shirach n’avait pas osé le gifler.
Puis…
« Je suis sincère. Je vous prie de m’excuser d’avoir tenté d’extorquer de l’argent à mes invités. »
Il s’inclina devant les nobles rassemblés, Maon compris.
« Mais… »
— … Mais ?
Maon avait l’air de dire : « Évidemment qu’il y a un “mais”. »
« Il y a ici une personne. Non, exactement une personne qui n’est pas mon invitée. »
Maon se massa la tempe douloureuse et demanda :
— Et de qui s’agit-il ?
« Emel. Le seigneur adjoint de Shirach. »
Emel montra les dents, comme s’il attendait ce moment depuis le début.
— Tu es vraiment cinglé, espèce de déchet. Tu comptes aller jusqu’au bout ?
« Espèce d’ordure, même après y avoir réfléchi trois fois, je ne te considère pas comme un invité. Tu as vraiment essayé de me tuer. »
— Sale chien… !
Provoqué par le ton grossier de Yeongwoo, Emel porta la main à sa taille.
Mais il ne parvint pas à dégainer son arme.
Il ne pouvait pas faire comme si la Présidente Dogo n’était pas dans la pièce.
— Quel minable écœurant, qui ne doit sa survie qu’à une chance absurde.
« C’est ça, l’essence même du personnage principal. »
Yeongwoo tourna alors les yeux vers la Terre.
« Alors, de combien d’argent avons-nous besoin ? »
『… Quoi ?』
« Il n’y a rien dans notre vaisseau à part des canons. Combien faudrait-il pour l’équiper du nécessaire de base ? »
『Tu es complètement fou ?』
Parler des dépenses devant ceux qui allaient finir par payer la note ?
En dehors de ça, il était vrai que faire fonctionner un Vaisseau planétaire coûtait très cher.
Le Vaisseau terrestre, dans son état actuel, n’était franchement qu’un tas de ferraille : une boîte vide.
『On peut partir tel quel, mais la propulsion est faible. Si nous devons accélérer rapidement, il faudra la renforcer. Et puis, il y a…』
[Traducteur — Night]
[Relecteur — Gun]
La Terre se mit à énumérer une dépense exorbitante après l’autre.
『Le vaisseau est déjà équipé d’une fonction de distorsion à l’échelle planétaire. Nous n’avons donc pas besoin d’acheter de droits de transit pour traverser les secteurs intermédiaires. Mais si nous voulons nous déplacer à l’échelle d’un système stellaire, c’est une autre histoire.』
En clair, même dans son état actuel, le Vaisseau planétaire surpassait de loin les vaisseaux ordinaires en matière de voyages interstellaires ; mais pour aller encore plus loin, il faudrait investir des sommes considérables.
« Et quoi d’autre ? »
« Eh bien, il y a encore beaucoup de choses à financer… »
En disant cela, la Terre jeta un coup d’œil à Emel.
Pas par peur, mais parce que, à son échelle humaine — non, planétaire —, elle se sentait coupable.
Mais à cet instant, un espace s’ouvrit entre les étoiles et les seigneurs, et l’Administrateur Kubu apparut, ajoutant un autre article au panier.
— Mon seigneur, si je puis me permettre, il nous faudra une salle de connexion.
« Une salle de connexion ? »
Yeongwoo inclina la tête, déconcerté par ce terme inconnu, et Kubu cligna de ses grands yeux.
— Les Vaisseaux planétaires n’ont pas de coordonnées fixes accessibles au public, ce qui les rend difficiles à localiser.
« … D’accord ? »
— Ce qui signifie qu’il nous sera très difficile de recevoir des messages.
« Ah. »
Cela se tenait.
Comme il était impossible de déterminer la position actuelle du Vaisseau planétaire, personne ne pouvait lui envoyer de messages depuis l’extérieur.
« Si nous avons du mal à recevoir des messages, nous ne pourrons pas non plus recevoir de propositions d’investissement ou de demandes commerciales. »
— Exact. Bien sûr, si nous activons le communicateur spatial que nous possédons, nous pourrons nous connecter temporairement au réseau de communication voisin.
Kubu expliqua toutefois que cela révélerait indirectement la position du Vaisseau planétaire et que les communications ne seraient possibles que tant que le communicateur resterait actif.
En somme, s’ils voulaient savoir qui, dans l’univers, cherchait à contacter le Vaisseau terrestre, ils devaient installer ce qu’on appelait une salle de connexion.
« Très bien. Ça a l’air indispensable. Alors, combien coûtera tout ce qu’on vient de mentionner ? »
Kubu roula des yeux et regarda la Terre.
— La personne concernée est la mieux placée pour le savoir.
Peu après, la Terre jeta un regard en coin aux seigneurs, l’air embarrassée.
« Dix milliards trois cents millions. »
« Quoi ? On n’a presque rien acheté, et ça coûte déjà autant ? »
Bien sûr, Yeongwoo disposait actuellement d’une somme colossale : treize milliards.
Il pouvait donc facilement payer la dépense lui-même…
« Mais ça veut dire que je vais devoir demander dix milliards au seigneur adjoint ?! »
Yeongwoo cria, et le visage d’Emel se déforma.
Mais, vu la tension qui régnait parmi les autres seigneurs, il ne pouvait pas en dire davantage.
Bioto, le seigneur de Satral, avait déjà pris les devants pour calmer la situation.
— Est-ce que ça vaut vraiment la peine d’envenimer les choses ici ? Ces dix milliards… Pour Shirach, ce n’est probablement pas grand-chose. Payons et n’en parlons plus.
Ayant lui-même été délesté de cinq milliards par Yeongwoo, il entraînait maintenant quelqu’un d’autre dans sa chute.
Et, au bout du compte, il fallait bien que quelqu’un se retrouve avec cette fichue « contribution aux festivités » sur les bras.
— … Hmm.
— Ce n’est pas une décision facile.
Les autres seigneurs, eux non plus, ne voulaient pas rester dans la même pièce que ces êtres célestes intimidants ou la Présidente Dogo. Ils firent donc discrètement pression sur Emel pour qu’il se sacrifie.
Et Dogo représentait tout autant un poids pour Emel.
Le problème, c’était qu’il devait désormais payer dix milliards, ne serait-ce que pour quitter les lieux.
« Nous ferions mieux de partir bientôt. »
Proxima parla enfin à voix basse, les yeux fixés sur un point dans l’air.
Moro semblait elle aussi avoir senti quelque chose et s’adressa d’urgence à Yeongwoo.
『Dépêche-toi.』
« Quoi ? »
『Que tu récupères l’argent ou autre chose, dépêche-toi. Nous devons partir.』
En tant qu’étoile, elle n’aurait pas parlé si légèrement de « partir » : ils devaient quitter l’orbite de toute urgence.
Yeongwoo dut donc demander :
« Pourquoi ? Quelqu’un arrive ? »
À cet instant, les frères Centauri, qui étaient restés silencieux jusque-là, relevèrent lentement la tête l’un après l’autre.
『Le cœur galactique a détecté une transformation céleste.』
『Si nous restons ici, nous ignorons ce qui pourrait arriver. Mieux vaut partir. Nous nous en allons.』
Les frères Centauri coupèrent rapidement les ponts avec le Vaisseau terrestre.
Comme ils n’avaient pas besoin de l’autorisation de Dogo et que le champ gravitationnel du Vaisseau planétaire ne risquait pas d’endommager leurs vaisseaux, ils s’illuminèrent aussitôt d’un éclat blanc et se téléportèrent vers leurs systèmes stellaires respectifs.
À présent, les seigneurs de la galaxie inférieure, terrifiés, se tournèrent vers Emel.
— S-Seigneur !
— Ils ont dit qu’ils partaient ! Vous n’allez pas rester à bord de ce vaisseau, quand même ?
— Je vous en prie… !
Ils finirent par supplier Emel de payer, et, pour ne rien arranger, Yeongwoo lança l’avertissement final.
« Départ dans cinq secondes ! Si vous voulez encore rentrer chez vous, c’est maintenant qu’il faut vous décider ! »
[Traducteur — Night]
[Relecteur — Gun]