Chapitre 466
[Traducteur — Night]
[Relecteur — Gun]
Chapitre 466 : Ami (3)
Huit contre un.
Avec une telle supériorité numérique, la victoire semblait assurée…
Même face à Emel, l’un des Épéistes les plus puissants de la Galaxie inférieure.
Pourtant, les chefs des maisons nobles n’osaient pas agir à la légère.
— Tu veux qu’on se batte ensemble… ?
—……
— Euh… le problème, c’est que…
Même les familles de la galaxie avaient une sorte de savoir-vivre à respecter.
Et leur adversaire n’était autre que Shirach, une maison prestigieuse de la Galaxie inférieure.
Se jeter dans la bataille sous prétexte qu’une occasion rare se présentait de s’en prendre au chef adjoint de Shirach risquait d’avoir des conséquences désastreuses.
Ces chefs dirigeaient des maisons qui avaient traversé des milliers d’années ; ils n’avaient rien à voir avec Yeongwoo, impulsif et imprévisible, issu d’une puissance toute récente.
— Tu ne comprends simplement pas ce qu’est Shirach. Nous ne voulons pas subir les conséquences d’une telle décision.
Bioto finit par donner franchement son avis et se retirer. Les autres chefs, qui avaient eux aussi beaucoup à perdre, ne bougèrent pas davantage.
« Quoi ? Vous allez laisser passer cette occasion en or ? »
À l’inverse, Yeongwoo avait déjà croisé le fer avec Emel et réduit à néant toute chance d’entretenir des relations amicales avec Shirach. Il n’avait donc plus rien à perdre.
« Tant pis, alors. On va s’amuser tout seuls… ! »
Une déclaration audacieuse, incroyable de la part d’une maison qui n’existait même pas depuis une journée entière.
Yeongwoo leva alors sa garde avec Aratubank et chargea. Emel redressa ses deux épées, l’air désormais grave.
Il le savait à présent : il ne fallait pas sous-estimer cet adversaire.
—… Complètement fou.
Même avec le nom de Shirach derrière lui, il allait se faire rouer de coups à sept contre un.
C’était de la folie, au sens littéral.
Pour ne rien arranger, son adversaire était si brutal qu’il n’avait aucun respect pour les maisons nobles… ni la moindre peur d’elles.
Le genre de type qui ne reculerait certainement pas devant l’idée de tabasser un chef adjoint.
—…….
Une étrange peur commença à lui remonter le long de l’échine.
Emel croisa les épées en réponse et lança d’un ton assuré :
— Approche, misérable… !
Mais il n’acheva pas sa phrase.
« Hiaaa ! »
Yeongtae s’était faufilé sur le côté et lui avait décoché un coup de pied bas en plein dans la cuisse.
Flop !
— Guh ! Depuis quand… ?
Il avait été distrait par Yeongwoo qui chargeait droit devant lui.
Mais tout cela n’avait duré qu’une fraction de seconde.
Il avait suffi de ce bref instant pour porter l’attaque.
Et ce n’était pas seulement un combat à deux contre un… Ils étaient sept.
« Crève ! »
Une présence féroce et un éclair rouge surgirent au-dessus de la tête d’Emel.
—… ?
Sentant le danger, Emel leva vivement les yeux…
Une immense épée écarlate se trouvait déjà à quelques centimètres de son visage.
Kang Hongtae descendait du ciel en abattant sa lame de toutes ses forces.
— Tss !
Pris de court, Emel leva une épée pour parer le coup de Hongtae…
Mais trois autres présences apparurent alors autour de lui.
Vlan ! Vlan ! Vlan !
Yeongwoo, Taejoon et Song Jungho — qui avait pris forme humaine — attaquaient tous en même temps.
—…….
Qu’est-ce qu’il devait parer en premier ?
La confusion se lisait clairement sur le visage d’Emel.
Puis il prit une décision.
Clang !
Il bloqua l’attaque de Yeongwoo avec son épée libre et pivota pour éviter de justesse le coup de Jungho…
À ses yeux, le plus dangereux était Yeongwoo, qui maniait une arme mythique, suivi de Jungho, ressuscité.
Ce qui signifiait que Taejoon, le dernier assaillant…
« Hein… ? »
Ne représentait pas une menace qu’il avait envisagée.
Le poing de Taejoon s’écrasa dans le dos d’Emel.
BOUM !
Sous la puissance du choc, le corps d’Emel fila entre Yeongwoo et Jungho comme une balle.
Et à cet instant, Emel comprit…
Qu’il ne fallait prendre à la légère aucune attaque de l’équipe de Yeongwoo.
CRAC !
Emel roula violemment sur plusieurs dizaines de mètres,
puis planta son épée dans le sol pour stopper son élan.
Vlan !
Il se remit vite debout et reprit sa posture de combat.
« Merde… Il est encore prêt à se battre ? »
Impressionné par la volonté de son adversaire, le Général Kim Younghyeom se caressa les moustaches avec sa patte avant.
À l’inverse de ses amis, qui restaient confiants, Yeongwoo fixait Emel avec une pointe d’inquiétude.
« On est maintenant désavantagés. »
« Quoi ? »
« Ce type est largement au-dessus de votre niveau. Normalement, il aurait suffi que vous croisiez son regard pour vous pisser dessus. »
« … Qu’est-ce que tu viens de dire ? »
« Mais grâce au bonus, cette réaction a été retardée. »
Autrement dit, le temps jouait en faveur d’Emel.
Malgré leurs sept assaillants, le combat n’était toujours pas terminé : preuve qu’au vu de sa seule puissance, la victoire d’Emel était inévitable.
Yeongwoo soupçonnait même Taejoon d’avoir à moitié fait exprès de projeter Emel au loin.
Après tout, la distance qui les séparait avait considérablement augmenté.
Et bien des choses pouvaient changer le temps qu’ils mettraient à la réduire de nouveau.
« Vous voyez un compte à rebours ou quelque chose du genre devant vous ? Je ne sais pas combien de temps il nous reste… »
marmonna Yeongwoo en serrant Bâtard.
Le Général Kim secoua la tête.
« Un compte à rebours ? Je ne vois rien de tel. Juste l’icône d’amélioration. »
« Quand elle disparaîtra, on aura perdu. Je dirais qu’il nous reste une minute, tout au plus. »
« Dans ce cas, on ne devrait pas attaquer sans attendre ? »
« Exactement. Il faut en finir au cours des deux prochains échanges. Ah… si seulement on était huit… À huit, je crois qu’on aurait pu y arriver. »
Au moment où Yeongwoo marmonnait cette pensée ignoble, digne du méchant qu’il était…
Une étrange présence commença à s’élever aux abords du District de Gwangjin.
Grrrr… !
« … Qu’est-ce qu’il y a encore ? »
Yeongwoo n’avait pas prévu ça.
Les Épéistes les plus puissants de l’ouest et du nord de Séoul fonçaient à présent vers Gwangjin, accompagnés de guerriers mutants.
« … Ah oui. J’imagine que quelques retardataires allaient forcément se pointer aujourd’hui. »
Comme l’altercation avec Bioto avait été retransmise sur toute la planète ce matin-là, même les Épéistes les plus puissants de Séoul savaient que les chefs des maisons nobles se trouvaient dans le District de Gwangjin.
Et pourtant, ils fonçaient droit dans cette mêlée.
Il n’y avait qu’une explication : affronter un mutant du neuvième jour, c’était tout simplement trop difficile.
En réalité, trois d’entre eux avaient déclaré forfait aujourd’hui.
Eunpyeong, Mapo et Seongbuk.
« Hé, Yeongwoo ! »
« Aidez-nous… Hein ? »
[Traducteur — Night]
[Relecteur — Gun]
L’Épéiste le plus puissant de Seongbuk ouvrit de grands yeux en voyant que non seulement les chefs des maisons étaient là, mais que six mutants avaient déjà investi le terrain.
Mais un problème encore plus grave surgit.
La présence des mutants qui les suivaient s’intensifia soudain.
Frouf !
« Hein ? Qu’est-ce qui se passe ? »
« Si je ne suis pas le seul… leurs mouvements… »
Ils étaient bel et bien devenus plus rapides ; le sabreur de Mapo ne se faisait pas d’illusions.
Dès que le groupe entra dans le District de Gwangjin, les mutants qui le suivaient commencèrent à subir les effets de la « Première Calamité ».
« Oh, cette puissance… Elle déborde ! »
« Qu’est-ce que c’est que cet endroit ? »
À peine eurent-ils pénétré dans le District de Gwangjin que les mutants sentirent leur puissance de combat s’intensifier, et leurs yeux s’écarquillèrent.
Et tout cela…
—……
… faisait peser une pression immense sur Emel, déjà engagé dans un duel à sept contre un.
À ses yeux, le combat allait bientôt se transformer en affrontement à dix contre un.
— D’où sortent toutes ces créatures ?
Comme Emel ne connaissait pas la situation sur Terre, il ne pouvait que supposer que ces misérables créatures allaient continuer à recevoir des renforts.
Il n’eut donc d’autre choix que de lever les yeux vers le ciel.
Fouish !
Il tendit le bras droit bien droit vers le haut.
En voyant cela, Maon, qui s’appuyait contre la sphère, se redressa brusquement.
— Hé, 07 ! Rappelle tes subordonnés ! Ce combat insensé s’arrête maintenant !
« Qu’est-ce que tu racontes ? Ce n’est pas la fin du combat, c’est seulement le début. Tu ne crois pas qu’il est temps de respecter ton serment ? »
Quand Yeongwoo exigea plutôt la participation de Maon, le vieux chef de maison tordit la mâchoire de frustration.
— Le jeune seigneur… réclame l’arme décisive du clan. Si on l’utilise, ce ne sera plus un duel.
Yeongwoo fronça profondément les sourcils.
« Si ce n’est plus un duel, tu veux dire que ça deviendra une guerre ? »
Bien sûr, la position d’Emel n’était pas entièrement incompréhensible.
Shirach avait régné comme la maison la plus puissante de la Galaxie inférieure pendant des centaines de millions d’années.
Il était hors de question qu’une maison récemment apparue salisse sa réputation.
Maon s’avança alors au milieu du champ de bataille, passant devant les autres chefs.
— Si nous agissons maintenant, nous éviterons le pire ! Rappelle tes forces !
Alors qu’il parlait, trois mutants tout juste apparus se rapprochaient de plus en plus.
Maon avait compris avec perspicacité que si Emel invoquait l’arme ultime du clan, c’était parce que le nombre de mutants ne cessait d’augmenter.
« Et la défense mutuelle ? »
— Je respecte déjà mon serment envers toi.
Maon voulait dire par là que tenter d’arrêter ce combat constituait en réalité la meilleure forme de « défense ».
— Vaincre le jeune seigneur ne reviendra pas à vaincre toute la maison Shirach. Cela ne fera qu’entraîner un désastre encore plus grand.
Si le jeune seigneur tombait ici, leur prochain combat serait contre Shirach au complet.
Et Maon avait jugé que ce scénario était le pire possible.
« Ah oui ? Donc si tu te joignais au combat, on pourrait battre ce type ? »
Même au milieu de ce chaos, Yeongwoo avait saisi le sous-entendu des paroles de Maon.
Maon ferma les yeux, puis fit brusquement pivoter le haut de son corps dans un large mouvement circulaire.
« … ! »
Surpris, Yeongwoo leva instinctivement Bâtard pour frapper.
KLANG !
Un grincement strident retentit juste derrière Maon.
« Hein ! »
Dans ce bref instant, Emel, qui avait récupéré l’arme ultime du clan, avait lancé un coup d’épée à Yeongwoo… mais Maon était parvenu à le bloquer juste à temps.
CRAC !
À un mètre à peine du front de Yeongwoo, une immense épée bleu marine et le bras mécanique de Maon étaient pris dans un bras de fer.
« Waouh, c’est… l’arme ultime de Shirach ? »
À présent qu’il la voyait de près, la prétendue arme ultime de Shirach était une gigantesque épée bleu marine à la courbure étrange.
À vrai dire, elle ressemblait moins à une épée qu’à un épais morceau taillé dans une racine d’arbre géant. Des orbes d’un blanc éclatant étaient incrustés sur toute la largeur de sa lame.
—… Maon.
Emel lança un regard furieux à son aîné.
Maon observa son bras mécanique qui reculait lentement et marmonna d’une voix basse :
— Comme on pouvait s’y attendre de Shirach… Mon bras va bientôt céder.
—…….
C’était presque une menace.
À première vue, on aurait dit que le jeune seigneur de Shirach avait blessé le chef de Tisef.
Autrement dit, c’était un avertissement : n’aggrave pas davantage la situation.
— Est-ce que ça en vaut vraiment la peine ?
La voix d’Emel restait froide et meurtrière.
Mais Maon gardait un léger sourire.
— Un serment ne se mesure pas sur une balance.
Un véritable serment se respecte sans condition, sans en calculer la valeur.
C’était sa façon de dire que son intervention était inévitable.
— Tu ferais mieux de penser à l’avenir. Cette planète est bien trop chaotique pour qu’on puisse y mener un duel honorable dans les règles.
« Une planète bien trop chaotique. »
Intrigués par cette étrange formule, Yeongwoo et Emel inclinèrent la tête.
C’est alors qu’un phénomène étrange se produisit dans le ciel au-dessus du District de Gwangjin.
Frouf !
L’espace se déforma, comme si une immense lentille avait été suspendue dans les airs.
« Hein… ? »
Même en le voyant de ses propres yeux, Yeongwoo cligna des paupières, incrédule.
La Terre, qui était restée silencieuse pendant un moment, lui adressa alors de nouveau la parole.
○ L’heure est venue.
« … L’heure de quoi ? »
○ Ton beau-père arrive.
[Traducteur — Night]
[Relecteur — Gun]